Cette page en :
  • Français

Note

Secteurs d’activité compétitifs

31 mars 2015

Le contexte

La croissance économique de ces trente dernières années, fortement tirée par le secteur privé, a été le principal levier de réduction de la pauvreté dans le monde. L’expérience de la Chine, du Viet Nam et d’autres pays à forte croissance démontre de façon éclatante qu’une meilleure compétitivité contribue au dynamisme et à la résilience des économies nationales qui, à leur tour, améliorent les revenus des moins fortunés en proposant davantage d’emplois mieux rémunérés. En outre, les gains de productivité obtenus réduisent l’écart avec les pays les plus avancés.

Partout dans le monde, pouvoirs publics et secteur privé s’attachent à trouver des moyens plus efficaces d’améliorer la compétitivité de leurs secteurs d’activité, car c’est l’une des clés de la réussite des stratégies de croissance. Dans le cadre de ses travaux sur la compétitivité, le Groupe de la Banque mondiale s’intéresse aux politiques et à la croissance de secteurs spécifiques, tels que l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie manufacturière. Il examine aussi les stratégies de croissance territoriale et d’investissement, comme le soutien au développement et à la gestion de zones économiques spéciales, l’encouragement à l’établissement de pôles de croissance et de grappes d’entreprises en liaison avec des investissements majeurs, ou encore le soutien aux stratégies de compétitivité des villes.
 

La stratégie

Agro-industrie

Au moins 63 % des plus pauvres du monde survivent grâce à l’agriculture et près de 80 % vivent dans des régions rurales. Malgré une estimation selon laquelle environ 200 millions de ruraux pauvres iront vivre en zone urbaine dans les 15 prochaines années, les projections de croissance démographique montrent que le nombre absolu de pauvres vivant en zones rurales ne changera guère. Alors que les pays redoublent d’efforts pour améliorer la productivité agricole, de plus en plus de possibilités d’emploi émergent dans l’agro-industrie et il est de plus en plus important que les pays en développement se saisissent de ces opportunités.

 

Le Groupe de la Banque mondiale accompagne les gouvernements et le secteur privé dans l’exploration et l’exploitation de ces opportunités dans l’agro-industrie. Cette action consiste à aider les pays clients à créer ou améliorer l’accès au marché des produits rentables et à renforcer les capacités propices à la croissance. En établissant un diagnostic, la Banque mondiale permet de cartographier les obstacles à la compétitivité, à l’investissement du secteur privé et à l’intégration des acteurs dans les chaînes de valeur de l’agro-industrie. Ces analyses débouchent souvent sur des investissements ciblant la productivité agricole ou à des réformes politiques de plus grande ampleur au niveau local, national ou régional. Le conseil et le soutien financier de la Banque mondiale aide les gouvernements à tirer le meilleur parti des ouvertures commerciales et favorise les projets privés dans le secteur agro-industriel, grâce à une meilleure compétitivité et à une présence plus forte sur le marché.

Tourisme

Le tourisme est aujourd’hui un secteur économique diversifié et complexe. C’est l’un des plus performants au monde sur le plan économique puisqu’il représente 9 % du PIB mondial, 5 % du total des investissements et un emploi sur 11 dans le monde. Dans les pays en développement, le tourisme est souvent perçu comme l’un des principaux leviers de croissance économique. Le nombre d’emplois créés par l’industrie touristique peut être très important, car ce secteur a de gros besoins de main d’œuvre et emploie un grand nombre de jeunes et de femmes. Le tourisme se développe fréquemment dans des régions reculées où le travail est rare, ce qui pare son rôle de toutes les qualités auprès des populations pauvres et marginalisées.

Le Groupe de la Banque mondiale accompagne les gouvernements et le secteur privé dans les phases critiques du processus de développement du tourisme. Des diagnostics sectoriels précis et des évaluations rapides aident les pays à élaborer des réponses globales qui renforcent la compétitivité. La Banque mondiale fournit en outre une assistance financière et technique pour la mise en œuvre de ces solutions.

Industrie manufacturière

Au cours des 65 dernières années, sur les 13 pays ayant affiché une croissance positive pendant au moins 25 ans, 10 d’entre eux la doivent essentiellement à l’industrie manufacturière. La demande mondiale de produits manufacturés devrait s’accroître dans les dix ans qui viennent, tout particulièrement dans les pays en développement. Cette tendance ouvre des perspectives à ces pays dont l’industrie manufacturière pourra se développer, s’ouvrir à des marchés internationaux tout en répondant à la demande domestique.

La Groupe de la Banque mondiale aide les pays clients et le secteur privé à consolider la croissance, la création d’emploi, l’inclusion sociale et la productivité dans les secteurs manufacturiers, en agissant sur les principaux leviers de la compétitivité. Ce soutien se traduit par des diagnostics minutieux et des propositions de solutions globales, ainsi que par une assistance technique et/ou par des financements à l’échelon des secteurs ou des entreprises.

Croissance territoriale

Outre ses travaux sur les politiques et la croissance sectorielles, le Groupe de la Banque mondiale aide les gouvernements des pays clients à concevoir des stratégies de croissance territoriale qui favoriseront l’investissement, créeront de l’emploi et amélioreront l’efficacité industrielle grâce à la mutualisation des infrastructures.

Ces dernières années, de nombreux pays ont appliqué diverses stratégies pour tenter de pallier les déficiences du marché et de la gouvernance sectorielle et intersectorielle. C’est par exemple le cas des stratégies de croissance territoriale qui visent à créer des pôles et couloirs de croissance, ainsi que des zones économiques spéciales. Ce type d’approche renforce la coordination, privilégie les investissements spécifiques et les réformes politiques qui optimiseront l’implication financière du secteur privé. Ces stratégies peuvent prévoir la mutualisation d’infrastructures et de services ciblant des secteurs spécifiques, la coordination de réformes à différents échelons et des facilités de rassemblement des acteurs du secteur public et du secteur privé. Lorsqu’ils sont utilisés à bon escient, les outils de croissance territoriale peuvent renforcer les investissements du secteur privé dans des domaines d’excellence et à forte productivité, ce qui, combiné à des relations intersectorielles appropriées, entraîne des retombées positives pour l’économie en général.

La Banque mondiale accompagne les pays dans l’élaboration de stratégies de croissance sur mesure afin de susciter et de multiplier les investissements durables et les créations d’emplois. Elle travaille en général avec les responsables des ministères de l’industrie, du commerce ou des travaux publics, ainsi qu’avec les organismes gestionnaires des zones économiques spéciales et les agences de promotion de l’investissement. Le Groupe de la Banque mondiale aide ainsi les pays à identifier les outils de croissance territoriale disponibles, à choisir les plus appropriés et à optimiser la mise en œuvre des approches retenues.
 

Les résultats

  • Un projet de conseil sur la sécurité alimentaire et les évolutions réglementaires mené en Ukraine a aidé le gouvernement à mettre en œuvre une réforme des modalités d’inspection et des exigences d’enregistrement dans le secteur de l’agro-industrie. Les gains estimés pour le secteur privé s’élèvent à 15 millions de dollars par an. Un soutien similaire à l’industrie céréalière, par le biais d’une réforme des certifications, a permis de générer des économies estimées à 63,3 millions de dollars par an, tout en renforçant la fluidité et la compétitivité des chaînes de valeur.
  • À Madagascar, un projet mené par la Société financière internationale (IFC) vise à développer le tourisme dans les régions d’Atsimo-Andrefana et de Diana en établissant des partenariats public-privé pour le développement de l’aéroport. Les stratégies mises en œuvre portent sur la libéralisation du transport aérien, les systèmes de concession des zones protégées ou encore le renforcement des compétences de marketing et de gestion des destinations touristiques à l’échelon national et régional. Elles prévoient aussi des investissements conséquents du secteur public pour améliorer les réseaux routiers, de distribution d’eau et d’assainissement.
  • Au Brésil, le soutien du Groupe de la Banque mondiale a permis de concrétiser plus rapidement des mesures prises pour développer les investissements directs étrangers dans l’industrie manufacturière des États du nord-est. Un partenariat avec l’agence nationale de promotion de l’investissement (APEX) a débouché sur des investissements supplémentaires de plus de 900 millions de dollars dans les États de Para et du Pernambouc. L’assistance apportée par la Banque mondiale pour déterminer les sous-secteurs au plus fort potentiel d’attraction des investissements directs étrangers a contribué à l’obtention de ces nouvelles ressources financières.
  • Au Bangladesh, le Groupe de la Banque mondiale a contribué à combler le déficit de sites industriels dans le pays. Cette assistance a consisté à préparer l’élaboration d’un cadre institutionnel et réglementaire permettant de créer des zones économiques spéciales ouvertes au secteur privé. Ces dispositions sont à présent entrées en vigueur et deux premières zones économiques spéciales ont été inaugurées. Grâce au programme de conseil en droit du travail financé par la Banque mondiale, le taux de conformité aux normes du travail des entreprises installées dans les zones franches d’exportation est passé de 30 % en 2005 à 93 % aujourd’hui. Par ailleurs, les zones économiques spéciales ont à la fois généré de nouveaux investissements et réduit leurs émissions de gaz à effet de serre.
  • En Afrique du Sud, le Groupe de la Banque mondiale a réalisé une analyse minutieuse de la structure économique de l’agglomération de Johannesburg, à la fois au niveau de l’activité économique globale et de celle de chacune des régions administratives de la ville. Cette analyse a permis d’identifier les secteurs bénéficiant d’un avantage concurrentiel et d’un potentiel de croissance, ce qui a abouti à la définition d’une stratégie de développement économique et d’un cadre d’investissement général pour Johannesburg.