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Dernière mise à jour — 30 janvier 2023

L’inflation des prix alimentaires intérieurs reste élevée à travers le monde. Les données disponibles entre septembre et décembre 2022 font état d’une forte inflation dans la quasi-totalité des pays à revenu faible ou intermédiaire : 83,3 % des économies à faible revenu, 90,5 % des économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 91 % des économies à revenu intermédiaire supérieur ont enregistré des taux d’inflation supérieurs à 5 %, un grand nombre d’entre elles affichant même une inflation à deux chiffres. La part des pays à revenu élevé touchés par la montée de l’inflation dans l’alimentation atteint désormais 85,7 %. Les pays les plus touchés se situent en Afrique, en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie du Sud, en Europe et en Asie centrale.

Téléchargez notre dernière fiche d'information sur la montée de l'insécurité alimentaire et notre action (a)

Les indices des prix agricoles et des céréales ont clôturé à respectivement plus 1 % et plus 2 % par rapport aux niveaux enregistrés il y a deux semaines, tandis que l’indice des exportations est resté inchangé. Les cours du maïs et du riz, qui ont respectivement gagné 3 % et 4 %, ont tiré à la hausse l’indice des céréales, alors que les prix du blé ont cédé 1 %. En glissement annuel, les prix affichent une hausse de 10 et 16 % respectivement pour le maïs et le riz, et une baisse de 3 % pour le blé. Par rapport aux prix enregistrés en janvier 2021, les cours du maïs et du blé enregistrent respectivement une hausse de 31 % et 12 %, et ceux du riz une baisse de 5 %. (Se reporter aux fiches de données [a] actualisées tous les mois pour suivre l’évolution des indices des prix des produits de base agricoles et alimentaires)

Après la flambée du début de l'année 2022, les prix des engrais sont en baisse, tout en se maintenant à des niveaux historiquement élevés. La décrue des prix s'explique en grande partie par la faiblesse de la demande, elle-même imputable aux problèmes de disponibilité et de coût. Les marchés des engrais sont également touchés par des tensions au niveau de l’offre, liées notamment à un déficit de production en Europe, aux ruptures d’approvisionnement dues aux sanctions économiques contre la Russie et le Bélarus et aux restrictions commerciales imposées par la Chine.

Selon des données publiées au mois de janvier, l’indice FAO des prix des produits alimentaires, qui mesure les variations mensuelles des cours internationaux d’un panier de denrées, poursuit sa baisse pour le neuvième mois consécutif, avec une valeur moyenne de 132,4 points en décembre 2022, soit un fléchissement de respectivement 2,6 points et 1,3 point par rapport à novembre 2022 et décembre 2021. Cette tendance s'explique par la forte baisse des prix mondiaux des huiles végétales et par la légère diminution des prix des céréales et de la viande, qui n’ont été qu'en partie compensées par l'augmentation des prix du sucre et des produits laitiers. Toutefois, sur l'ensemble de l'année 2022, l'indice FAO s'est établi en moyenne à 143,7 points, soit 18 points de plus qu'en 2021.

Dans un communiqué de presse conjoint (a), cinq agences de l’ONU ont appelé à la mise en place de mesures urgentes dans le cadre du Plan d'action mondial contre l'émaciation des enfants, afin de protéger les enfants vulnérables dans les 15 pays les plus durement touchés par une crise alimentaire et nutritionnelle sans précédent. Dans ces pays, plus de 30 millions d’enfants souffrent d’émaciation (malnutrition aiguë) et 8 millions d’entre eux souffrent d’émaciation sévère, la forme la plus grave de dénutrition. Les conflits, les chocs climatiques, la pandémie de COVID-19 et l’augmentation du coût de la vie sont à l’origine de cette progression de la malnutrition aiguë, faute d'accès à des soins de santé, des programmes nutritionnels et d’autres services essentiels.

On assiste, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, à une vague de mesures sur les exportations et les importations de denrées. La crise alimentaire mondiale a été en partie aggravée par l’intensification des restrictions commerciales mises en place par les pays dans le but d'accroître l’offre intérieure et de faire baisser les prix. Au mois de décembre 2022, 19 pays avaient imposé 23 interdictions d'exportation sur certains produits agricoles et huit pays avaient adopté 12 mesures de restriction des exportations.

Selon la mise à jour semestrielle du Rapport mondial sur les crises alimentaires 2022 (a), le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire aiguë et nécessitant une aide humanitaire d’urgence devrait atteindre 205 millions dans 45 pays.

 

L’action de la Banque mondiale

Afin de lutter contre la crise qui touche la sécurité alimentaire, la Banque mondiale a annoncé en mai 2022 qu'elle allait déployer une réponse de grande envergure comprenant notamment une enveloppe de 30 milliards de dollars sur une période de 15 mois, dont 12 milliards en faveur de nouveaux projets. Entre les mois d’avril et de septembre, la Banque a engagé 8,1 milliards de dollars pour de nouvelles opérations dans 47 pays, ce soutien étant principalement dirigé vers l’Afrique, l’une des régions les plus durement touchées par la crise alimentaire. Ces financements s’attacheront notamment à encourager la production de nourriture et d’engrais, à améliorer les systèmes alimentaires, à faciliter les échanges et à soutenir les ménages et les producteurs vulnérables :

  1. Au Tadjikistan, une aide supplémentaire de 50 millions de dollars (a) contribuera à atténuer les effets de l'insécurité alimentaire et nutritionnelle sur les ménages et à renforcer la résilience de l’agriculture.
  2. En Jordanie, un projet d’un montant de 125 millions de dollars (a) a pour objectif de renforcer le développement du secteur agricole tout en améliorant la résilience climatique, en accroissant la compétitivité et l’inclusion et en assurant la sécurité alimentaire à moyen et long terme.
  3. En Bolivie, un projet d’un montant de 300 millions de dollars permettra d’améliorer la sécurité alimentaire, l'accès aux marchés et l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes.
  4. Un prêt de 315 millions de dollars aidera le Tchad, le Ghana et la Sierra Leone à mieux faire face à l'insécurité alimentaire et à améliorer la résilience de leurs systèmes agricoles.
  5. Le projet d’appui d’urgence pour la sécurité alimentaire et la résilience, d’un montant de 500 millions de dollars, va accompagner les efforts déployés par l’Égypte en vue d'assurer la continuité de l’approvisionnement en pain des ménages pauvres et vulnérables, renforcer la résilience du pays aux crises alimentaires et soutenir des réformes nécessaires pour améliorer les résultats en matière de nutrition.
  6. Un prêt de 130 millions de dollars en faveur de la Tunisie vise à atténuer les répercussions de la guerre en Ukraine en finançant des importations de blé tendre qui sont vitales pour le pays et en fournissant un soutien d’urgence pour couvrir les importations d’orge pour la production laitière et les besoins en semences des petits exploitants agricoles pour la prochaine campagne céréalière.
  7. Le programme de résilience des systèmes alimentaires pour l'Afrique de l’Est et australe, doté de 2,3 milliards de dollars, aide les pays de la région à accroître la résilience de leurs systèmes alimentaires et leur capacité à agir contre la montée de l'insécurité alimentaire. Il permettra d’améliorer les stratégies interorganisations de riposte aux crises alimentaires, d’intensifier les efforts à moyen et long terme en faveur d'une production agricole résiliente, d'un développement durable des ressources naturelles et d'un accès élargi au marché, et de mettre davantage l'accent sur la résilience des systèmes alimentaires dans l'élaboration des politiques.

Au mois de mai, le Groupe de la Banque mondiale et la présidence du G7 ont officialisé le lancement de l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire (a), une initiative conjointe qui vise à mobiliser une action immédiate et concertée face à cette crise. Cette Alliance a mis au point un tableau de bord sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde, qui est accessible au grand public et fournit des informations actualisées aux décideurs mondiaux et locaux pour aider à améliorer la coordination des moyens financiers et des mesures mises en œuvre en réponse à la crise alimentaire.

Les dirigeants du FMI, du Groupe de la Banque mondiale, de l’OMS, de la FAO et du PAM ont publié une deuxième déclaration commune sur la crise mondiale en matière de sécurité alimentaire et de nutrition. Ils constatent notamment des progrès considérables dans les quatre domaines clés que sont la fourniture d’une aide immédiate aux personnes vulnérables, la facilitation du commerce et de l’approvisionnement international en denrées alimentaires, la stimulation de la production et l’investissement dans une agriculture résiliente face au changement climatique.

Dernière mise à jour: janv. 30, 2023

Le point sur l'inflation alimentaire

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