COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

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    Photo: Andrea Borgarello / Banque mondiale - TerrAfrica

    Les océans sont non seulement source d’emplois et de nourriture, mais ils soutiennent également la croissance économique, régulent le climat et contribuent au bien-être des communautés côtières.

    Un grand nombre d’habitants dans le monde, en particulier parmi les plus démunis, dépendent de la bonne santé des océans pour travailler et se nourrir. Aussi est-il plus qu’urgent d’exploiter, de gérer et de protéger durablement cette ressource naturelle. Selon l’OCDE, les océans apportent chaque année à l’économie mondiale une valeur ajoutée de 1 500 milliards de dollars.

    La FAO estime que près de 60 millions de personnes dans le monde sont employées dans la pêche et l’aquaculture ; la majorité d’entre elles vivent dans des pays en développement et pratiquent une pêche de capture artisanale. En 2016, la production halieutique et aquacole mondiale a représenté environ 171 millions de tonnes avec une valeur à la « première vente » estimée à 362 milliards de dollars, les exportations générant plus de 152 milliards de dollars, dont 54 % provenant de pays en développement. En outre, pour quelque 3,2 milliards de personnes, le poisson constitue près de 20 % de l'apport moyen en protéines animales, et cette proportion est encore plus élevée dans les pays pauvres.

    La santé des océans, des côtes et des écosystèmes d’eau douce est primordiale pour la croissance économique et la production alimentaire, mais elle est également essentielle à la lutte contre le réchauffement climatique. Les mangroves et autres habitats végétaux marins sont des « puits de carbone bleu » qui peuvent fixer 25 % (a) des émissions de CO2, mais aussi des remparts contre les tempêtes et les inondations côtières. Inversement, le réchauffement des océans et le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère entraînent une acidification des océans qui menace leur équilibre et leur productivité.

    Or si les ressources marines stimulent la croissance et la richesse, les activités humaines les poussent au bord de la catastrophe. Les stocks de poissons ont diminué en raison de la surpêche. La proportion des stocks exploités à un niveau non biologiquement durable, qui était de 10 % en 1974, atteignait 33 % en 2015 tandis qu’environ 60 % des stocks étaient exploités au maximum. En cause, notamment, la pêche illicite, non réglementée et non déclarée, qui se chiffre à quelque 26 millions de tonnes de poisson par an, soit plus de 15 % des prises totales. Par ailleurs, la surpêche et la surcapacité représentent un manque à gagner de près de 80 milliards de dollars par an (a). Les habitats halieutiques pâtissent eux aussi de la pollution, de l’aménagement du littoral et des pratiques de pêche destructrices qui entravent la reconstitution des stocks de poissons.

    Grâce à une meilleure gestion des pêches, à des investissements dans l’aquaculture durable et à la protection des habitats essentiels, il est possible de restaurer la productivité des océans et d’engendrer des bénéfices pour des milliards de personnes dans les pays en développement, tout en assurant aux populations côtières croissance, sécurité alimentaire et emplois pour l’avenir.

    Les océans sont particulièrement menacés par la pollution plastique. Chaque année, environ 8 millions de tonnes de plastique provenant de sources terrestres finissent dans les océans. On retrouve des microplastiques dans le monde entier, dans la chaîne alimentaire, l'air, les océans, l'eau de pluie et la glace dans l'Arctique. La pollution par le plastique porte atteinte aux économies, aux écosystèmes et à la sécurité alimentaire, et pourrait avoir des répercussions sur la santé publique. La lutte contre la pollution plastique est complexe, multisectorielle et spécifique à chaque pays ; elle nécessite de mettre un terme aux rejets en améliorant la gestion des déchets solides, en créant des économies circulaires (suivant les principes des « 3R » : réduire, réutiliser, recycler) et en encourageant le nettoyage et le ramassage des déchets.

    COVID-19

    La propagation de l'épidémie de coronavirus (COVID-19) a un impact majeur sur les économies et les populations du monde entier, y compris celles dont la subsistance est tributaire des océans.

    Ainsi, la pêche, qui joue un rôle essentiel pour la sécurité alimentaire, est menacée si elle n'est pas gérée de manière durable. La hausse des niveaux de pêche, en encourageant un plus grand nombre de personnes à se lancer dans cette activité, est un dangereux précédent qui a fait son apparition dans d'autres crises et qui menace gravement la durabilité de la pêche et des emplois qu'elle procure. Par ailleurs, la désorganisation des chaînes d’approvisionnement risque de compromettre la capacité des pêcheurs à vendre leurs prises et à gagner leur vie. Grâce aux activités et aux opérations déjà mises en place dans ce secteur, la Banque mondiale peut aider ses pays clients à faire face à cette menace nouvelle et à préserver la bonne gestion des pêches.

    Les autres secteurs touchés sont l'écotourisme et le tourisme côtier, où ceux qui en dépendent doivent faire face à la perte de leur source de subsistance ou sont confrontés, s’ils travaillent encore, à la baisse de leurs revenus et à un risque accru pour leur santé et leur sécurité. Un arrêt prolongé du tourisme aura des conséquences considérables pour les pays dont l'économie nationale est tributaire de ce secteur.

    La Banque mondiale peut aider à soutenir les communautés locales par des investissements judicieux qui permettront de fournir rapidement un appui aux moyens de subsistance dans les secteurs de la pêche, du tourisme et de l'écotourisme. Elle est bien placée pour soutenir les petites entreprises, ce qui permettrait d'alléger les pressions économiques dues à la perte d'emplois dans le secteur formel et d'inclure rapidement les catégories vulnérables et les femmes dans l'activité économique.

    La subsistance et la sécurité alimentaire des populations côtières, en particulier dans les petits États insulaires en développement, sont fortement tributaires des ressources marines. La participation de ces communautés à la conservation, à la restauration et à la gestion durable des habitats naturels peut générer des revenus indispensables à court terme, tout en renforçant la résilience socio-économique des pays qui s'efforcent de revitaliser leurs économies côtières.

    La pandémie de coronavirus amène également à opérer des choix difficiles à court terme entre la santé et l'environnement, en entraînant une surutilisation des plastiques à usage unique et une production accrue de déchets médicaux, qui risquent de finir dans les océans. Le Groupe de la Banque mondiale est particulièrement bien placé pour lutter contre ce problème et continuera à le faire. Il finance la gestion des déchets solides, le recyclage, la production propre et les réformes politiques en faveur de la tarification du carbone et de la croissance verte. Il soutient également les pays en transition vers une économie circulaire comme le Bangladesh, le Maroc, le Pakistan et la République démocratique populaire lao. Dans les environnements pauvres en capacité, où les systèmes de traitement des déchets sont saturés ou défaillants, la mer ou les fleuves servent de décharges pour les déchets médicaux. Cette situation est extrêmement dangereuse pour les êtres humains et la vie marine. La Banque mondiale va intensifier son soutien aux activités de gestion des déchets médicaux dans le cadre des projets d'urgence liés à la pandémie de COVID-19. L'équipe Environnement de la Banque mondiale renforce et améliore la gestion des déchets médicaux et fournit du matériel et des capacités aux prestataires de soins de santé (en utilisant les directives sur la santé et la sécurité au travail).

  • Le Groupe de la Banque mondiale aide les pays à promouvoir une solide gouvernance des ressources marines et côtières afin qu’elles contribuent davantage à une croissance durable et inclusive. Il s’agit de favoriser la pêche et l’aquaculture durables, d’établir des aires côtières et marines protégées, de lutter contre la pollution (a), d’intégrer la gestion des ressources côtières et de développer les connaissances et les capacités qui améliorent la santé des océans.

    La Banque mondiale et bon nombre de ses partenaires ont adopté une démarche dite de l’« économie bleue » pour protéger les océans. Celle-ci favorise la croissance économique, l’inclusion sociale et la préservation ou l’amélioration des moyens de subsistance, tout en assurant la viabilité environnementale des océans et des zones côtières.

    En mars 2020, le portefeuille d’activités de la Banque mondiale dans le secteur des océans avoisine les 5,6 milliards de dollars.

    Ses engagements en faveur de l’économie bleue sont étayés par le dispositif PROBLUE (a), qui œuvre pour des océans sains et productifs, ainsi que pour la réalisation du 14e Objectif de développement durable (ODD 14). Le fonds PROBLUE s’inscrit dans la droite ligne du double objectif de la Banque mondiale visant à mettre fin à l’extrême pauvreté et à accroître durablement les revenus et le bien-être des populations démunies. Ce fonds fiduciaire multidonateurs s’articule autour de quatre grands thèmes :

    1.    Pêche et aquaculture : améliorer les pêcheries en remédiant aux causes à l’origine de la surpêche et en favorisant un développement plus durable de l’aquaculture ;

    2.    Pollution marine : lutter contre la pollution provenant de sources marines ou terrestres qui menace la santé des océans, notamment les détritus et les plastiques ;

    3.    Secteurs marins : assurer le développement durable de secteurs marins essentiels comme le tourisme, le transport maritime et les énergies marines renouvelables ;

    4.    Gestion du paysage marin : renforcer les capacités des gouvernements à gérer leurs ressources marines, y compris par des solutions basées sur la nature, et à mobiliser des financements auprès du secteur privé.

    La Banque finance également des programmes régionaux qui portent sur la gestion des pêcheries dans les îles du Pacifique (a), en Afrique de l’Ouest et dans le sud-ouest de l’océan Indien, un partenariat visant à renforcer la gouvernance des stocks de poissons migrateurs dans les zones situées au-delà des zones de juridiction nationale ou entre ces zones (a), ainsi que sur un programme régional d’assistance technique pour lutter contre l’érosion du littoral ouest-africain.

    La Banque contribue par ailleurs à l’approfondissement des connaissances sur les océans et la pêche avec toute une série de publications : Climate Change and Marine Fisheries in Africa: Assessing Vulnerability and Strengthening Adaptation Capacity, Fish to 2030: Prospects for Fisheries and Aquaculture, Trade in Fishing Services Report, The Sunken Billions Revisited: Progress and Challenges in Global Marine Fisheries (qui fait suite au rapport Les milliards engloutis : la justification économique pour une réforme des pêches) et The Potential of the Blue Economy Report (2017). Ce dernier rapport consacré à l’économie bleue analyse les bénéfices à long terme d’une exploitation durable des ressources marines pour les petits États insulaires en développement et les pays côtiers les moins avancés. L’édition 2017 du Little Green Data Book — une publication de la Banque mondiale rassemblant des données sur l’environnement — traite de l’économie bleue et fournit des indicateurs sur la pêche de capture, la production aquacole et les secteurs marins. Le rapport What a Waste 2.0 (2018) se penche sur la situation de la gestion des déchets solides aux niveaux mondial, régional et des villes. 

    Paru en 2019, le rapport intitulé Marine Pollution in the Caribbean:Not a Minute to Waste évalue le degré et les conséquences de la pollution marine dans les Caraïbes et propose des pistes d’action pour améliorer la résilience de cette région alors qu’elle cherche à s’orienter vers l’économie bleue.

    Enfin, à l’image du partenariat PROBLUE, la Banque s’attache à fédérer les parties prenantes pour mobiliser des investissements en faveur des océans, promouvoir des réformes positives et veiller à ce que la santé des océans demeure une priorité des objectifs mondiaux de développement. 

  • Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA), qui comprend 17 pays côtiers allant de la Mauritanie au Gabon, a pour objectif d’améliorer la gestion des risques communs, d’origine naturelle et humaine, qui pèsent sur les populations côtières. L’objectif est de permettre à ces pays d'obtenir les financements et l’expertise dont ils ont besoin pour parvenir à assurer une gestion durable de leur littoral, avec comme angle d’attaque la lutte contre l’érosion et les inondations. Le programme est composé d'une série de projets d'investissement dans la résilience côtière et d'une plateforme dédiée.

    • Le projet d’investissement dans la résilience du littoral ouest-africain a été approuvé par la Banque mondiale en avril 2018. Avec une aide de 190 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) et un financement de 20,25 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), il est destiné dans un premier temps à six pays : Bénin, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal et Togo. Des préparatifs sont en cours pour lancer des projets au Ghana et au Nigéria. Le programme WACA collabore avec des institutions régionales, notamment l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la Convention d’Abidjan, le Centre de suivi écologique de Dakar et l’Union internationale pour la conservation de la nature.
    • La plateforme WACA a trois fonctions : faciliter et accroître l'accès aux connaissances, à l'expertise, aux bonnes pratiques mondiales et à l'assistance technique ; mobiliser et financer les investissements en faveur de la résilience côtière ; et fournir un espace de dialogue pour faciliter la participation d'autres partenaires clés, y compris le secteur privé. Actuellement, des partenaires en Espagne, en France, au Japon, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves se sont engagés à accroître les financements nécessaires à la résilience côtière dans le cadre du WACA Marketplace.

    Au Viet Nam, le projet de ressources côtières à l’appui du développement durable (a) vise à améliorer la gestion durable de la pêche côtière. Il a permis de promouvoir un aménagement territorial intégré des zones littorales, d’adopter de meilleures pratiques de biosécurité en aquaculture et de conclure des accords de cogestion pour la pêche de capture côtière. Ainsi, à la fin du projet, 50 « zones de bonnes pratiques aquacoles » pour l’élevage de crevettes avaient été créées, auxquelles participent 9 375 ménages répartis au sein de 251 regroupements couvrant une superficie totale de 12 537 hectares. Ces zones ont été conçues pour remédier aux problèmes de maladies, de pollution de l'eau et de faible productivité qui caractérisaient les élevages de crevettes avant le projet. Le suivi des risques environnementaux causés par une mauvaise gestion des eaux usées et des déchets solides provenant de ces élevages a été l'un des facteurs clés de l'amélioration du secteur. En octobre 2018, 86 % des élevages dans ces zones pratiquaient un traitement des eaux usées conforme aux normes nationales de gestion environnementale et 93 % des élevages manipulaient correctement la vase des étangs après les récoltes, contre 9 % avant le projet. Le projet a également permis de financer du matériel de laboratoire supplémentaire, de moderniser les installations sanitaires et de dispenser une formation afin de mieux lutter contre les infections et les épidémies dans les provinces ciblées. Le délai entre la notification d'une maladie et la maîtrise effective de l'épidémie a été réduit pour passer de plus de 10 jours (avant) à moins de 4 jours (après).

    En Roumanie, le projet intégré de lutte contre la pollution des nutriments (a) a pour but de respecter les exigences de la directive européenne sur les nitrates en réduisant les rejets de nutriments dans les plans d’eau, en encourageant les changements de comportement à l’échelon communal et régional et en renforçant les capacités institutionnelles et de réglementation. Le projet vient aussi en appui aux mesures prises pour réduire durablement les rejets de nutriments dans les cours d’eau qui se jettent dans le Danube et la mer Noire grâce à la gestion intégrée des terres et des eaux. En protégeant la mer Noire de la pollution, il s’agit de développer une économie bleue plus productive, plus saine, plus résiliente et plus durable. Plus d’une centaine de communes ont bénéficié d’un soutien dans le cadre de la première phase du projet, avec l’installation de 11 réseaux d’assainissement et systèmes de traitement des eaux usées, la plantation de 182 hectares au profit de 57 communautés, la fourniture de matériel de laboratoire pour tester la qualité de l’eau et la construction de la première usine pilote de Roumanie pour la production de biogaz à partir du lisier. Ces interventions ont contribué, ces dix dernières années, à une amélioration tangible de la qualité de l’eau et de l’écosystème dans le bassin du Danube et de la mer Noire. Et, au fil des ans, les émissions d’azote et de phosphore ont diminué respectivement de 20 et 50 %.

    En Inde, le projet de gestion intégrée des zones côtières (a) finance le renforcement des capacités au niveau du pays et de ses États en matière d’aménagement du territoire, ainsi que des investissements pilotes dans la gestion de la pollution, la protection des ressources et l’amélioration des moyens de subsistance. Cette opération met en place une méthode pionnière de cartographie des risques sur l’intégralité des côtes indiennes, dans le but d’améliorer la gestion de l’espace côtier et de réduire au minimum les vulnérabilités grâce à des plans de protection du littoral et d’utilisation des sols. À ce jour, 1,7 million de personnes en ont bénéficié, dont près de la moitié sont des femmes. Quelque 16 500 hectares de mangroves ont été plantés, ce qui en fait l’un des plus grands projets de restauration d’habitats mené par la Banque mondiale. Des stations d’épuration des eaux usées desservant environ un million de personnes ont été construites, en vue d’arrêter le déversement dans l’océan de plus de 80 millions de litres d’eaux usées non traitées chaque jour et de protéger plus de 400 km de littoral.

    Le secteur de la pêche au Mozambique dispose d'un vaste potentiel de croissance et peut stimuler la production économique en offrant des rendements nettement supérieurs et en contribuant à la réduction de la pauvreté. Le projet Mais Peixe Sustentável est mené dans le cadre du programme SwioFish (a), et relève plus précisément de ses activités relatives à la gestion intégrée des paysages. Il vise à réduire la pauvreté rurale, à accroître la prospérité partagée et à promouvoir le développement en encourageant les investissements dans les chaînes de valeur de la pêche et de l'aquaculture durables. Depuis son lancement en février 2019, plus d'un millier de ménages de pêcheurs artisanaux ont déjà bénéficié du projet.

    Plus grand archipel au monde, l'Indonésie abrite un riche écosystème océanique au potentiel économique immense. Depuis plus de deux décennies, le projet de restauration et de gestion des récifs coralliens (a) (COREMAP) aide le gouvernement indonésien à tirer parti des avantages de l'économie bleue. Durant ses premières phases, le COREMAP a aidé efficacement les communautés à gérer leurs propres ressources côtières. Le projet, qui est actuellement dans sa troisième phase, renforce la capacité de recherche océanographique de l'Indonésie en modernisant les laboratoires, en formant des scientifiques et en surveillant les écosystèmes à l'échelle nationale. Il améliore également l'efficacité de la gestion dans les aires marines protégées d'importance nationale dans les îles Raja Ampat, en Papouasie occidentale et dans la mer de Sawu, ainsi que dans les petites îles de la Sonde orientales, grâce à des initiatives d'écotourisme, à la surveillance communautaire contre la pêche illégale et à la conservation des espèces menacées.

    Le Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest (PRAO) (Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mauritanie, Sénégal et Sierra Leone, ainsi que la Commission sous régionale des pêches) a pour objectif d’accroître durablement la contribution des ressources halieutiques marines à l’économie de la région, et ce, grâce à un renforcement de la gouvernance des pêcheries, à une réduction de la pêche illégale et à une augmentation de la valeur ajoutée localement aux produits de la pêche. Le secteur de la pêche revêt une importance cruciale pour les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest. On estime à 2,5 milliards de dollars le montant des poissons capturés légalement chaque année dans les eaux ouest-africaines et à 3 millions le nombre de personnes employées par cette industrie. Le poisson est également une source essentielle et abordable de protéines et de macronutriments pour de nombreux Africains : pour certains pays d'Afrique de l'Ouest, il représente jusqu'à 60 % de l'apport en protéines et neuf pays d'Afrique subsaharienne figurent parmi les 20 premiers pays du monde à être dépendants du poisson. Lancé en 2010 avec quatre pays, le programme a été étendu à huit pays pour une enveloppe financière totale de près de 160 millions de dollars (IDA et FEM). À Cabo Verde, en Guinée-Bissau, au Libéria, au Sénégal et en Sierra Leone, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée a considérablement reculé, ce qui a eu des effets bénéfiques directs sur les moyens de subsistance de la population. Dans tous les pays, l’encadrement juridique de la pêche est désormais plus respectueux des normes internationales, et 37 000 pirogues ont été immatriculées. Le programme a jeté les bases d'un modèle efficace pour la gestion communautaire des pêches. La taille des poissons a augmenté sur tous les sites, et la transparence s'est améliorée. Des fours à fumage plus propres ont permis de faire baisser les toxines de 73 %, de réduire les besoins en combustible et d’améliorer la qualité du poisson. En Sierra Leone, les recettes publiques issues des licences accordées aux pêcheurs ont été multipliées par dix.

    Au Pérou (a), la Banque mondiale s’est associée aux autorités nationales pour accélérer l’adoption d’une nouvelle réglementation visant à réduire les surcapacités de la flotte de pêche à l’anchois (a). En décembre 2012, 329 navires en bois et en acier avaient été retirés du service, soit environ 30 % de la flotte. L’État a indemnisé les travailleurs concernés et les a aidés à changer d’activité. Les prélèvements d’anchois respectent des quotas définis en fonction de données scientifiques afin de préserver la ressource. Par conséquent, les pêcheurs indépendants qui ont poursuivi leurs activités ont amélioré la qualité de leurs produits et ils ont pu négocier une augmentation de 200 % du prix de vente de leurs prises.

    En 2018, la Banque mondiale a octroyé à la Grenade le premier crédit à l’appui des politiques de développement en faveur de la résilience budgétaire et de la croissance bleue (a), un financement de 30 millions de dollars destiné à renforcer la gestion marine et côtière. Ce crédit aidera le pays à passer à une économie bleue afin d'alimenter une croissance durable. Pour y parvenir, il prévoit notamment d'interdire les sacs en plastique à usage unique, les conteneurs et les ustensiles en polystyrène et de créer une aire marine protégée.

    Aux Caraïbes, le secteur de la pêche est une source majeure de revenus et apporte une contribution significative à la sécurité alimentaire dans la région, ainsi qu'au secteur du tourisme dont dépendent de nombreuses îles. Le redressement rapide du secteur de la pêche après une catastrophe est essentiel pour la sécurité alimentaire de nombreuses communautés de la région. Le secteur de la pêche peut désormais compter sur un produit d'assurance paramétrique développé spécifiquement pour les pêcheurs des Caraïbes par le Fonds pour la durabilité des océans et de l'aquaculture dans les Caraïbes (COAST) (a). Ce fonds a été lancé dans deux pays : la Grenade et Sainte-Lucie. Avec le soutien financier du Département d'État américain, la Banque mondiale, le Mécanisme d'assurance contre les risques liés aux catastrophes dans les Caraïbes (CCRIF SPC) et le Mécanisme régional des pêches des Caraïbes (CRFM) ont mis au point cette toute première assurance paramétrique pour le secteur de la pêche, qui vise à renforcer la résilience face aux conséquences des catastrophes climatiques.