Burundi
EN CHIFFRES : BURUNDI
APERÇU : BURUNDI
Situé dans la région des Grands Lacs d’Afrique, le Burundi est entouré par la Tanzanie à l’est, la République démocratique du Congo à l’ouest, le Rwanda au nord et bordé par le lac Tanganyika au sud-ouest. Avec une population estimée à 14 millions d’habitants, le pays est densément peuplé, avec un ratio de densité estimé à 442 personnes par Km2. Le Burundi est enclavé avec une économie à faible revenu où 85 % de sa population travaille dans le secteur agricole.
En 2024, le Gouvernement a élaboré un nouveau cadre national de développement : la vision du Burundi « Pays émergent d’ici 2040 et pays développé d’ici 2060 ». Pour opérationnaliser cette vision, le Gouvernement a actualisé le Plan National de Développement (PND), qui vise à transformer l’économie burundaise pour une croissance forte, durable et inclusive, créant de bons emplois pour tous et améliorant le bien-être social.
Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, domine la scène politique depuis 2005. À la suite des élections législatives de 2025, le parti au pouvoir a obtenu 100 des 103 sièges à l’Assemblée nationale et 10 des 13 sièges au Sénat. Les élections présidentielles sont prévues pour 2027.
Un nouveau découpage administratif est entré en vigueur en juillet 2025. Le Burundi est passé de 18 provinces à 5 provinces et de 119 communes à 42 communes en vue de renforcer la décentralisation et promouvoir une administration de proximité.
L'économie burundaise est dominée par les services (51 % du PIB), suivis par l'agriculture (31,6 %) et l'industrie (17,4 %).
La croissance réelle du PIB s’est établie à 4,2 % en 2025, un niveau comparable aux 4,1 % enregistré en 2024, soutenue par la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’augmentation des dépenses publiques courantes. Du côté de l’offre, tous les secteurs ont contribué positivement à la croissance. Les services sont restés le principal moteur, portés par la résilience des services commerciaux, des communications et des services publics. La production agricole a bénéficié de conditions pluviométriques favorables, tandis que l’activité industrielle s’est renforcée grâce à une amélioration de l’approvisionnement en électricité, malgré les perturbations dues aux pénuries de carburant et aux tensions persistantes sur le marché des changes. Du côté de la demande, la croissance a été largement soutenue par les dépenses publiques et par une reprise de l’investissement.
L’inflation moyenne est restée élevée en 2025, à 34 %, et a fortement reculé depuis, pour s’établir à 8,4 % en août 2026, sous l’effet de récoltes favorables qui ont atténué les prix alimentaires et le Programme de stabilisation macroéconomique 2025-2027, qui a mis fin au financement du déficit par la banque centrale. Les pressions inflationnistes persistent néanmoins en raison des pénuries de carburant, de la hausse des prix mondiaux de l’énergie, des risques climatiques liés à El Niño et de l’écart important entre les taux de change des marchés officiel et parallèle.
La situation budgétaire s’est améliorée en 2025, le déficit budgétaire se réduisant à 4,6 % du PIB, contre 6,4 % en 2024, grâce à une meilleure mobilisation des recettes et à des dépenses globalement stables. La dette publique a diminué pour s’établir à 67 % du PIB, mais elle reste concentrée dans les emprunts intérieurs à court terme, (71 % du total). Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant s’est réduit à 9,3 % du PIB, contre 11,5 % en 2024, soutenu par l’augmentation des exportations minières et de café, tandis que les réserves internationales sont demeurées faibles.
Les perspectives macroéconomiques restent globalement favorables, avec une croissance projetée à 4,2 % en 2026 et à environ 4,7 % en 2027-2028, soutenue par les exportations minières et de café ainsi que par le renforcement des capacités énergétiques.
Opportunités
Le climat et les sols riches du Burundi offrent des opportunités aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) pour développer et transformer des produits à plus forte valeur ajoutée destinés à l’exportation vers les marchés régionaux et mondiaux, à condition de lever les principales contraintes qui pèsent sur l’environnement général des affaires et l’écosystème agro-industriel.
Le Burundi pourrait pleinement exploiter son potentiel minier pour stimuler la croissance, créer des emplois et générer des revenus pour l’État. L’exploitation minière artisanale et à petite échelle, à forte intensité de main-d’œuvre, constitue déjà une source majeure de recettes en devises. Parallèlement, le Burundi met en œuvre des réformes juridiques, réglementaires et politiques pour promouvoir le développement de projets miniers à grande échelle. À court terme, garantir la stabilité macroéconomique et la compétitivité, ainsi que relancer les réformes de l’environnement des affaires, peut attirer les investissements et stimuler la croissance.
L’économie du Burundi se caractérise par la prédominance d’activités à faible productivité, avec 85 % des emplois dans l’agriculture de subsistance. Cette dépendance à l’agriculture de subsistance signifie qu’une grande partie de la population se consacre à des activités agricoles principalement pour sa propre consommation, plutôt que pour des fins commerciales. Par conséquent, le secteur agricole contribue peu au PIB et à la croissance économique du pays.
Le GBM a intensifié son soutien technique et financier pour accompagner la vision du Gouvernement du Burundi. Grâce à une combinaison de financements, d’expertise en matière de politiques, de connaissances et de partenariats avec le secteur privé, les institutions du GBM visent à soutenir une économie plus résiliente et à jeter les bases d’une croissance inclusive et durable.
Un nouveau Cadre de Partenariat-Pays (CPP) 2026-2031 est en cours de préparation. S’appuyant sur les progrès réalisés, le nouveau CPP offre au GBM l’opportunité de mieux intégrer les interventions de toutes ses institutions afin d’accompagner le Burundi dans la réalisation des ambitions définies dans sa Vision 2040-2060.
Le Burundi bénéficie de financements sous forme de dons à travers l’Association internationale de développement (IDA). Le portefeuille actuel comprend 13 projets nationaux et 3 projets régionaux pour un montant de 1,6 milliard de dollars américain. La répartition par secteur est : Infrastructures (25 %), Population (41 %), Planète (12 %), Digital (5 %), Prospérité (17%).
La Société financière internationale (IFC) a élargi ses activités au Burundi, et se concentre sur trois secteurs prioritaires : la finance, l’agro-industrie et l’énergie durable. IFC collabore avec plusieurs institutions financières pour accroître l’accès au financement des petites entreprises et du commerce. Son engagement dans le secteur bancaire est de 18,4 millions de dollars américain. IFC appuie des projets de faisabilité pour la production et la distribution d’énergie, pour un montant de 8 millions de dollars américain.
L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a un portefeuille de 24,6 millions de dollars américains (MIGA- $14.58 million et IFC-$9.68 million) et couvre cinq projets. MIGA a soutenu Trade and Development Bank, dont le Burundi est membre, au moyen de garanties visant à développer les activités de financement du commerce. Dans le cadre de la Plateforme de garanties, MIGA renforcera la collaboration au sein du Groupe afin de réduire les risques liés aux investissements étrangers, de mobiliser des capitaux privés, de soutenir les investissements alignés sur les objectifs climatiques et de favoriser la croissance économique ainsi que la création d’emplois.
Le projet Cash for jobs connu localement comme MERANKABANDI, a contribué à la création d’emplois et d’opportunités économiques durables pour les bénéficiaires, à travers une approche intégrée combinant transferts monétaires, inclusion financière et appui à l’auto‑emploi. L’ensemble des bénéficiaires ont été organisés en Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (VSLA), dont 71 % en groupements pré‑coopératifs, constituant une base structurante pour la pérennisation des emplois créés. L’ensemble des bénéficiaires a élaboré et présenté des plans d’affaires, ayant conduit à l’octroi de subventions individuelles de 200 USD, complétées par des transferts monétaires réguliers pendant deux ans équivalents à 300 USD. Un an après le versement des subventions, 95 % des investissements demeurent opérationnels, principalement dans les secteurs de l’élevage, de l’agriculture, du petit commerce et des services.
Le Projet de développement communautaire intégré, PRODECI- Turikumwe élargit les possibilités économiques offertes aux réfugiés et aux communautés hôte grâce à son appui à plus de 2 000 microentreprises, dont plus de la moitié appartiennent à des femmes et dont 93 % sont toujours actives un an après avoir bénéficié de cet accompagnement. Les entreprises accompagnées ont diversifié leurs activités, augmenté leurs revenus et renforcé leur résilience. Le projet a accompagné 134 coopératives (contre un objectif final de 110) ; celles-ci regroupent près de 8 000 membres, dont plus de 4 400 femmes, et plusieurs sont gérées conjointement par des réfugiés et les communautés hôte.
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