Le changement climatique ne faiblit pas et ses conséquences sur le bien-être humain et la pauvreté sont chaque jour plus évidentes. S'il n'est pas maîtrisé, il poussera 132 millions de personnes dans la pauvreté au cours des dix prochaines années et réduira à néant des progrès de développement durement acquis.
Alors même que les pays doivent désormais faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de COVID-19, ils continuent d’être confrontés à des dérèglements climatiques qui obligent les populations à abandonner leur foyer ou les exposent à l’insécurité alimentaire, à la déforestation et aux pertes de biodiversité.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les catastrophes naturelles coûtent environ 18 milliards de dollars par an rien qu'en raison des dégâts causés aux infrastructures de production d'électricité et de transport. Plus largement, elles provoquent des perturbations dans la vie des ménages et des entreprises, dont le coût s'élève à au moins 390 milliards de dollars par an.
Les pays les plus menacés risquent fort de voir leurs systèmes de santé débordés ou anéantis, leurs fonds d'urgence épuisés et difficiles à reconstituer dans un cadre budgétaire contraint, alors qu'ils doivent faire face à la vulnérabilité économique croissante des personnes et des communautés.
Néanmoins, les pays ont désormais une occasion historique de s'engager sur la voie d'un développement écologique, résilient et inclusif. Les décisions prises aujourd'hui détermineront dans quelle mesure le monde fera de nouveaux progrès en matière de développement, de création d'emplois durables et de transformation économique résiliente et sobre en carbone.
Réaliser les bons investissements dès maintenant peut entraîner des résultats à court terme — emplois et croissance économique — ainsi que des bénéfices à plus long terme pour les populations, notamment la décarbonation de l’économie et une résilience accrue.
Les programmes de relance bas carbone favorisent la création de nouveaux emplois durables, inclusifs et équitables.
Les tendances actuelles dans le domaine du développement durable pourraient bien aboutir demain à une transition vers la neutralité carbone et tous les pays, y compris les plus pauvres et vulnérables, pourraient en retirer les bénéfices.
Le Groupe de la Banque mondiale a un rôle évident à jouer : soutenir ses pays clients afin qu'ils soient préparés à ces changements à venir, leur permettre de bâtir des économies climato-intelligentes et leur éviter d'être privés des avantages économiques, sociaux et sanitaires procurés par ce processus de transformation mondial.
La bonne nouvelle pour tous les pays, c'est que l'ambition climatique favorise aussi l'économie.
Ainsi, chaque dollar investi dans des infrastructures résilientes génère un bénéfice de quatre dollars. La forte rentabilité d'une telle amélioration des infrastructures est donc un argument économique de poids.
À ce jour, 64 pays ou entités infranationales ont mis en œuvre ou prévu de lancer des initiatives visant à fixer un prix pour le carbone.
Si l'augmentation rapide des financements est indispensable, les budgets publics seuls ne seront pas suffisants. Outre ses contributions directes, le Groupe de la Banque mondiale répond également à la demande des pays en mobilisant l'investissement privé et en aidant à créer des marchés bas carbone là où ils n'existent pas.
Avec d'autres banques multilatérales de développement et les Fonds d'investissement climatiques (CIF) (a), la Banque mondiale finance le plus grand complexe à énergie solaire concentrée du monde (a). Capable de produire 580 mégawatts (MW) d'énergie propre, le complexe Noor, au Maroc, desservira bientôt 1,1 million d’habitants et contribuera à renforcer l'intérêt pour la technologie solaire thermodynamique dans le monde.
L'Inde est l'un des premiers pays à déployer à grande échelle des climatiseurs à haut rendement énergétique, dans le cadre d'un programme d'achats groupés mené par la compagnie Energy Efficiency Service Limited (EESL). Un premier achat de 100 000 unités, dont le rendement est supérieur de 30 % à la moyenne du marché, a permis de faire baisser les coûts de 15 %. La Banque mondiale apporte son soutien à la compagnie publique au travers d'une assistance technique et de prêts.
Bien que le montant des financements en faveur de l'adaptation au changement climatique ait augmenté de 35 % au cours des dernières années, ils ne sont toujours pas à la hauteur des besoins, en particulier dans les pays en développement. Il reste beaucoup de progrès à faire pour convaincre de la rentabilité de l'adaptation et, ainsi, réussir à débloquer des capitaux privés et leur permettre de financer les priorités nationales et locales dans ce domaine. Le Groupe de la Banque mondiale a conçu un plan d'action (a) pour aider les gouvernements à créer les conditions propices à l'accroissement des investissements privés dans l'adaptation et la résilience.
Dernière mise à jour: mars 23, 2021