Sécurité alimentaire et nutritionnelle - Vue d'ensemble

La production alimentaire mondiale doit augmenter de 50 % pour pouvoir nourrir les 9 millions d’habitants que comptera la planète d’ici 2050. Alors que les sols, la biodiversité, les océans et les forêts s’épuisent à un rythme sans précédent, il sera indispensable de gérer autrement ces ressources naturelles et de cultiver différemment pour garantir la sécurité alimentaire à tous, et en particulier aux populations les plus pauvres.

La volatilité des cours des produits alimentaires, et les flambées des prix qui en découlent, sont désormais la norme. Face à des prix alimentaires élevés, les familles pauvres ont tendance à consommer des produits moins chers et moins nutritifs ainsi qu’à retirer leurs enfants de l’école, ce qui peut avoir des conséquences graves et durables sur le bien-être social, physique et mental de millions de jeunes. La malnutrition favorise les maladies chez les nourrissons, les enfants et leurs mères, limite les capacités d’apprentissage, réduit la productivité et accroît la mortalité. Un tiers des décès d’enfants dans le monde sont dus à des carences nutritionnelles.

L’investissement dans l’agriculture et le développement rural, afin de soutenir la production alimentaire et la nutrition, fait partie des priorités du Groupe de la Banque mondiale. L’institution collabore avec ses partenaires pour améliorer la sécurité alimentaire et bâtir un système capable de nourrir tous les habitants du monde, où qu’ils vivent et tous les jours. Ses activités portent notamment sur la promotion de techniques agricoles climato-intelligentes et d’actions de restauration des terres agricoles dégradées, le développement de cultures plus résilientes et nutritives et sur l’amélioration du stockage et du transport des aliments pour réduire les pertes.

Dernière mise à jour: mars 21, 2016

Hausse des investissements dans l’agriculture. En 2015, les nouveaux engagements du Groupe de la Banque mondiale pour l’agriculture et les secteurs connexes se sont chiffrés à 8 milliards de dollars. Au niveau de la BIRD et de l’IDA, ces engagements ont été portés à 4,7 milliards de dollars, contre 4,3 et 3,6 milliards respectivement sur les exercices 2014 et 2013. Les investissements de l’IFC se sont élevés à 3,2 milliards de dollars. L’ensemble de ces engagements est à la hauteur de l’objectif du Groupe, qui vise un niveau de financements de 8 à 10 milliards de dollars par an. Les volumes d’aide de la Banque mondiale (BIRD et IDA) ont été particulièrement importants en direction de l’agriculture en Afrique subsaharienne (1,4 milliard de dollars) et en Asie du Sud (1,6 milliard de dollars).

Le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) (a) a pour objectif d’apporter aux stratégies nationales et régionales pour la sécurité agricole et alimentaire les ressources qui leur manquent. Neuf pays et la Fondation Bill & Melinda Gates se sont engagés à verser environ 1,4 milliard de dollars sur trois ans, dont 1,2 milliard a été reçu. Depuis mai 2010, le guichet du secteur public du GAFSP a versé 912 millions de dollars à 25 pays ; environ 13 % de ce montant est consacré à des activités liées à la nutrition dans 15 pays. Par ailleurs, le GAFSP apporte son soutien à 16 projets d’investissement et 21 projets de service-conseil conçus pour promouvoir la sécurité alimentaire et l’emploi rural dans les pays les plus pauvres. Parmi ces projets, figurent un prêt de 10 millions de dollars en faveur de la première entreprise commerciale de transformation des fruits du Malawi (Malawi Mangoes), un financement de 4 millions de dollars destiné à appuyer le développement des centres de collecte et de traitement du lait (fonctionnant à l’énergie solaire) de la société Pearl Dairy, en Ouganda, et un financement de 10 millions de dollars qui vise à aider les cultivateurs de café au Honduras et au Nicaragua à augmenter leurs capacités de production.

Dialogue de haut niveau et travaux d’analyse. La Banque mondiale a engagé un dialogue avec plus de 40 pays sur les politiques à mener face à la volatilité des prix alimentaires. Ses outils consistent en des diagnostiques rapides de la situation des pays, des concertations de haut niveau, des politiques de communication, des analyses de fond et des instruments de suivi. Pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, la Banque mondiale a publié, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (FIDA), un rapport intitulé Renforcer la sécurité alimentaire dans les pays arabes. Dans un autre rapport, intitulé Responding to Higher and More Volatile World Food Prices (a), elle présente ses interventions face à la volatilité des prix alimentaires.

Produits d’assurance sur les marchés financiers et stratégies de gestion des risques. Dans les pays en développement, toute une palette d’outils techniques, financiers et de gestion peut permettre aux agriculteurs, aux entreprises agro-alimentaires et aux pouvoirs publics d’atténuer, de transférer et de prévenir les risques. La Banque soutient le développement et la mise en œuvre de stratégies de gestion des risques (a) dans le secteur agricole et les chaînes d’approvisionnement par le biais d’une assistance technique et de formations.

Promotion de la recherche pour combler le manque de connaissances. En collaboration avec d’autres organismes, la Banque a engagé un programme d’analyse exhaustif. Elle maintient en outre son soutien au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) (a). La Banque améliore aussi la collaboration internationale autour de la nutrition et de ses facteurs sous-jacents, dont l’agriculture, avec la plateforme SecureNutrition (a).

Un appui financier accéléré. À la suite de la crise alimentaire de 2008, la Banque a lancé le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP) afin de venir en aide aux pays durement affectés par la flambée des prix. Le GFRP est parvenu à toucher 70 millions de personnes dans 49 pays, grâce à un financement d’urgence de 1,6 milliard de dollars destinés à soutenir les activités agricoles et la distribution de semences et d’engrais ainsi que la mise en place de programmes d’alimentation scolaire.

Une action coordonnée avec les partenaires de développement. La Banque contribue à formuler des recommandations sur l’agriculture et la sécurité alimentaire à l’intention du G-20 et appuie ses initiatives pour lutter contre la volatilité des prix alimentaires. Parmi ces initiatives figure le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) (a) conçu pour améliorer la transparence des marchés agricoles mondiaux du maïs, du riz, du soja et du blé et libéraliser l’accès à l’information. La Banque a en outre créé un « observatoire des crises alimentaires » avec pour objectif de suivre les vulnérabilités des pays et de l’économie mondiale à ces crises ainsi que leurs conséquences sociales et politiques et d’identifier les politiques publiques propres à les prévenir, surmonter et atténuer.

Dernière mise à jour: mars 21, 2016

Les ressources mises à disposition dans le cadre du GFRP ont un impact considérable sur le terrain. Au Niger, les rendements obtenus sur des parcelles de riz irriguées et traitées avec les doses d’engrais préconisées ont dépassé de 116 % le rendement de référence moyen par hectare (5,4 tonnes/ha contre 2,5 t/ha), une performance qui a bénéficié à 33 coopératives et 20 784 cultivateurs. Au Nicaragua, 609 000 repas ont été distribués à des enfants d’âge préscolaire et scolarisés en primaire, entraînant une augmentation du taux d’assiduité scolaire dans les zones visées.

Au Bangladesh, les fonds du GAFSP (a) ont permis de former 472 animateurs communautaires et assistants de terrain, qui s’emploient désormais à diffuser des messages de sensibilisation sur la nutrition auprès de la population. Au Rwanda, ils ont contribué à la création de 12 000 jardins potagers et à l’introduction de cultures à rendement élevé et à haute valeur nutritionnelle (pomme de terre et haricot grimpant enrichi en zinc et en fer, notamment). 

Dernière mise à jour: mars 21, 2016


Rapport trimestriel
Food Price Watch

Food Price Watch


Élaborés par le Groupe pour la réduction de la pauvreté et pour l'équité de la Banque mondiale, le rapport Food Price Watch cherche à attirer l'attention sur l'évolution des prix alimentaires intérieurs dans les pays à revenu faible et intermédiaire ainsi que sur leurs implications pour les politiques publiques.






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