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Amy Stilwell
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Sécurité alimentaire et nutritionnelle - Vue d'ensemble

Alors que les cours mondiaux des produits alimentaires restent proches de leurs records historiques, la volatilité des prix alimentaires doit être considérée comme la « nouvelle norme ».

Seules une détermination, une coordination et une vigilance constantes de la communauté internationale permettront de gérer cette instabilité et d’aider les gouvernements à adopter des politiques pour soulager les populations.

Certains pays dépourvus d’amortisseurs sociaux efficaces pour lutter contre une pauvreté généralisée réagissent désormais à cette volatilité chronique des prix en amplifiant les subventions à la consommation de produits alimentaires, alors que celles-ci ont souvent un effet contreproductif avéré.

Face à des prix alimentaires élevés, les familles pauvres ont tendance à consommer des produits moins chers et moins nutritifs ainsi qu’à retirer leurs enfants de l’école. Cette réaction peut avoir des conséquences désastreuses et durables sur le bien-être social, physique et mental de millions de jeunes.

La malnutrition favorise les maladies chez les nourrissons, les enfants et leurs mères, limite les capacités d’apprentissage, réduit la productivité et accroît la mortalité. Un tiers des décès d’enfants dans le monde sont dus à des carences nutritionnelles, sachant que jusqu’à 80 % de la structuration du cerveau interviennent pendant les 1 000 premiers jours de la vie.

L’investissement dans l’agriculture et le développement rural continue d’être une priorité pour le Groupe de la Banque mondiale ; ses nouveaux engagements en direction de l’agriculture et des secteurs connexes se sont chiffrés à 8 milliards de dollars sur l’exercice 2013.

Dernière mise à jour: sept. 02, 2013

Conseils stratégiques. À leur demande, la Banque mondiale a engagé un dialogue avec plus de 40 pays sur les politiques à mener face aux crises alimentaires de 2008 et 2010 et à la « nouvelle norme » que constituent la volatilité et la cherté des denrées alimentaires. Son intervention s’organise autour d’une évaluation rapide de la situation du pays, un dialogue à haut niveau, une politique de communication et des analyses de fond. Pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, la Banque mondiale a publié, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (FIDA), un rapport intitulé Renforcer la sécurité alimentaire dans les pays arabes. Elle a engagé d’autres travaux analytiques sur les réactions à la volatilité des prix alimentaires, qui ont ensuite fait l’objet d’une synthèse dans une publication économique et sectorielle consacrée à cette question, Responding to Higher and More Volatile World Food Prices (a).

Renforcement de la nutrition. La Banque mondiale améliore la collaboration internationale pour la production et l’échange de savoirs sur tout ce qui touche à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la nutrition, avec la plateforme SecureNutrition (a). Engagés dans un mouvement visant au renforcement de la nutrition (Scaling Up Nutrition, ou SUN), 100 partenaires (dont la Banque mondiale) ont validé le Cadre d’action pour le renforcement de la nutrition destiné à lutter contre la sous-alimentation.

Un appui financier accéléré. En mai 2008, le Conseil des Administrateurs a approuvé le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP). Bénéficiant d’une dotation initiale de 1,2 milliard de dollars, ce mécanisme de financement rapide a permis aux pays les plus démunis et les plus vulnérables d’accéder à un soutien financier et de bénéficier de conseils techniques et stratégiques. En 2009, la Banque mondiale a relevé le plafond du GFRP à 2 milliards de dollars et a prolongé le dispositif jusqu’en juin 2012, pour pouvoir réagir rapidement aux appels à l’aide de pays durement frappés par les flambées de prix. Depuis juillet 2012, l’aide d’urgence de la Banque mondiale transite par le « guichet de financement des ripostes aux crises » de l’Association internationale de développement (IDA) et un tout nouveau « mécanisme de riposte immédiate », future rampe de lancement pour ce type d’aide.

Dernière mise à jour: sept. 02, 2013

À ce jour, le GFRP avait financé des opérations pour un montant de 1,6 milliard de dollars, bénéficiant à pratiquement 66 millions de personnes vulnérables dans 49 pays (environ 89 % des fonds approuvés ont été décaissés). Outre les ressources de la Banque mondiale (1,24 milliard de dollars, dont 96 % ont été déboursés), le GFRP a reçu des dons mobilisés par le biais de trois fonds fiduciaires financés par des ressources extérieures.

Les ressources ainsi mises à disposition ont un impact considérable sur le terrain. Au Niger, les rendements obtenus sur des parcelles de riz irriguées et traitées avec les doses d’engrais préconisées ont dépassé de 116 % le rendement de référence moyen par hectare (5,4 tonnes/ha contre 2,5 t/ha), une performance qui a bénéficié à 33 coopératives et 20 784 cultivateurs. Au Nicaragua, 609 000 repas ont été distribués à des enfants d’âge préscolaire et scolarisés en primaire, entraînant une augmentation du taux d’assiduité scolaire dans les zones visées.

En septembre 2009, le G-20 a demandé à la Banque mondiale de mettre en place un mécanisme multilatéral pour concrétiser les promesses de dons en faveur de la sécurité alimentaire à long terme, formulées au mois de juillet précédent à L’Aquila. Lancé en avril 2010, le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) (a) a pour objectif d’apporter aux stratégies nationales et régionales pour la sécurité agricole et alimentaire les ressources qui leur manquent. Huit pays et la Fondation Bill et Melinda Gates se sont engagés à verser environ 1,3 milliard de dollars sur les trois prochaines années, dont 1,1 milliard a été débloqué. Depuis mai 2010, le guichet du secteur public du GAFSP a versé 912 millions de dollars à 25 pays.

Au Rwanda (a), l’appui du GAFSP en 2012 a contribué à faire passer la proportion des terres protégées de l’érosion de 15 à 41 % dans la première zone couverte par les aides, tandis que les ventes nettes provenant des activités agricoles menées sur les coteaux non irrigués ciblés par les aides ont atteint 1 925 dollars par hectare, soit plus de 90 % de plus que la valeur de référence de 1 000 dollars/ha. En Sierra Leone (a), le GAFSP a permis d’aider 193 centres d’activité agricole à s’organiser, de réhabiliter les dispositifs d’irrigation sur 321 ha de marais dans les vallées intérieures et d’améliorer les capacités des services publics de vulgarisation agricole au niveau des districts.

De plus, par le biais de la Société financière internationale (IFC), le GAFSP soutient 6 projets d’investissement et 11 projets de service-conseil conçus pour accroître les activités du secteur privé dans les pays qui bénéficient de son aide. Il a ainsi alloué 5 millions de dollars à Root Capital, un fonds d’investissement social qui s’attaque au « segment manquant » dans les dispositifs de financement, 20 millions de dollars au Programme mondial de crédit-stockage soutenu par l’IFC et 10,6 millions de dollars à la société Velocity Diary en Éthiopie. Le deuxième appel à propositions pour le guichet du secteur privé du GAFSP, clôturé en janvier 2013, a reçu 89 dossiers et a déjà donné lieu à un investissement de 6 millions de dollars dans l’entreprise de transformation de fruits éthiopienne africaJUICE. Il s’agit de maximiser les synergies entre les deux guichets afin d’assurer la complémentarité entre financements du GAFSP.

Hausse des investissements dans l’agriculture. En 2013, les nouveaux engagements du Groupe de la Banque mondiale pour l’agriculture et les secteurs connexes se sont chiffrés à 8 milliards de dollars. Au niveau de la BIRD et de l’IDA, ces engagements ont progressé pour représenter 12 % du montant total des financements tous secteurs confondus, contre une moyenne de 9 % sur les exercices 2010-12. Les investissements de l’IFC dans l’agro-industrie ont quant à eux atteint un niveau record de 4,4 milliards de dollars. L’ensemble de ces financements sont à la hauteur des projections du Plan d’action pour l’agriculture 2013-2015 du Groupe de la Banque mondiale, qui vise un niveau de 8 à 10 milliards de dollars. L’aide de la Banque mondiale (BIRD et IDA) en direction de l’agriculture en Afrique subsaharienne a été particulièrement soutenue puisqu’elle a atteint 1,4 milliard de dollars, soit une hausse de 35 % par rapport aux exercices 2010-12.

Produits d’assurance sur les marchés financiers et stratégies de gestion des risques. Dans les pays en développement, toute une palette d’outils techniques, financiers et de gestion peut permettre aux agriculteurs, aux entreprises agro-alimentaires et aux pouvoirs publics d’atténuer, de transférer et de prévenir les risques. La Banque mondiale soutient le développement et la mise en œuvre de stratégies de gestion des risques (a) dans le secteur agricole et les chaînes d’approvisionnement d’un nombre croissant de pays en développement, par le biais d’une assistance technique, de transfert de compétences et de formations.

Promotion de la recherche pour combler le manque de connaissances. En collaboration avec d’autres organismes et institutions, la Banque mondiale a engagé un programme d’analyse exhaustif. Elle maintient en outre son soutien au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) (a). En 2012, un nouveau fonds fiduciaire multidonateurs relevant du CGIAR, installé dans les locaux de la Banque mondiale qui en assure l’administration, a été constitué afin d’harmoniser les investissements des bailleurs de fonds.

La réponse concertée de la Banque mondiale et de ses partenaires à la volatilité des prix alimentaires. La Banque mondiale s’investit activement au sein de l’Équipe spéciale de haut niveau des Nations Unies sur la crise mondiale de la sécurité alimentaire, à travers notamment un soutien financier apporté par le biais du Mécanisme d’octroi de dons pour le développement et sa participation à la révision du Cadre global d’action des Nations Unies. Elle contribue aussi à formuler des recommandations sur l’agriculture et la sécurité alimentaire à l’intention du G-20 et, en collaboration avec ses partenaires, elle met en œuvre les initiatives du G-20 pour lutter contre la volatilité des prix alimentaires, dont le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) (a) conçu pour améliorer la transparence des marchés agricoles mondiaux. Enfin, elle prend régulièrement part au Groupe de travail des banques multilatérales de développement sur l’eau et la sécurité alimentaire.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur : www.banquemondiale.org/themes/crise-alimentaire

Dernière mise à jour: sept. 02, 2013
Rapport trimestriel


Élaborés par le Groupe pour la réduction de la pauvreté et pour l'équité de la Banque mondiale, le rapport Food Price Watch cherche à attirer l'attention sur l'évolution des prix alimentaires intérieurs dans les pays à revenu faible et intermédiaire ainsi que sur leurs implications pour les politiques publiques.
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Dans le Groupe Banque mondiale

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