Comores
EN CHIFFRES : COMOROS
APERÇU : COMORES
L’activité économique aux Comores a été affectée en 2026 par le conflit au Moyen-Orient. La croissance est estimée à 3,2 % et l’inflation à 6,1 %, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, et pesant sur la consommation des ménages malgré une progression de 13,5 % des transferts de fonds entre janvier et avril. L’investissement reste soutenu par la construction de nouveaux hôtels et la poursuite de projets routiers et aéroportuaires. Les importations ont augmenté de 26,4 % au premier trimestre, tandis que les réserves internationales ont atteint 395 millions de dollars (9,4 mois d’importations).
Le taux de pauvreté devrait reculer à 16,5 % en 2026 (au seuil de 4,20 dollars/j en PPA de 2021), même si l’inflation ralentit les progrès réalisés.
Les pressions budgétaires se sont accrues sous l’effet des dépenses liées aux Jeux des îles de l’océan Indien et des subventions aux carburants. Les taxes commerciales représentent environ 60 % des recettes intérieures. En 2026, le gouvernement a lancé un marché des bons du Trésor qui a suscité une demande encourageante. Selon l’analyse conjointe FMI-Banque mondiale de janvier 2026, les Comores demeurent exposées à un risque élevé de surendettement.
La croissance devrait atteindre 4,0 % en 2027 avant de se modérer à 3,5 % en 2028. Le déficit budgétaire devrait se réduire à 2,3 % du PIB d’ici 2028, tandis que la dette publique passerait de 27,2 % du PIB en 2025 à 30,1 % en 2028. Le déficit du compte courant devrait se creuser à 2,7 % du PIB en 2027 avant de se résorber en 2028. Les principaux risques proviennent d’une nouvelle hausse des prix des matières premières, des passifs éventuels des entreprises publiques et d’un épisode climatique sévère lié à El Niño. Le renforcement de la viabilité budgétaire nécessitera une mobilisation accrue des recettes, une restructuration des engagements des entreprises publiques et une réforme des subventions aux carburants.
L’économie reste largement portée par les transferts de fonds et la consommation intérieure, tandis que l’investissement privé demeure contraint par une intermédiation financière limitée et des risques de crédit élevés. La forte présence des entreprises publiques dans des secteurs clés pèse sur la concurrence et accentue les pressions budgétaires. Parallèlement, le renforcement du capital humain reste une priorité, l’accès à une éducation de qualité, aux soins de santé et à la protection sociale demeurant inégal.
Les Comores sont exposées aux risques climatiques, comme l’a illustré le cyclone Kenneth en 2019, ayant causé des dommages équivalents à 14 % du PIB et touché plus de 40 % de la population. Des infrastructures insuffisantes, combinées à des faiblesses de gouvernance et à une mobilisation limitée des recettes intérieures, limitent l’espace budgétaire disponible pour les investissements productifs. Pour sortir du piège de la faible croissance, les Comores bénéficieraient de réformes structurantes centrées sur l’amélioration de la gouvernance, la résilience climatique, l’expansion des infrastructures essentielles, la stimulation de la productivité agricole, le développement du secteur privé créateur d’emplois et l’investissement dans le capital humain.
L’engagement du Groupe de la Banque mondiale (GBM) aux Comores est guidé par le Cadre de partenariat avec le pays (CPF) pour la période 2020‑2025, élaboré en consultation avec le gouvernement, la société civile, le secteur privé, et des représentants des différentes îles. Aligné sur le Plan national pour l’émergence des Comores (2020‑2030), le CPF s’articule autour de quatre objectifs stratégiques : le renforcement du capital humain, le soutien à la reprise économique et à la résilience face aux catastrophes, l’amélioration de l’environnement des affaires et de la gouvernance, ainsi que le renforcement de la connectivité.
L’engagement du GBM a contribué à faire avancer plusieurs priorités nationales, notamment les réformes économiques et budgétaires, l’amélioration de la qualité des soins de santé, la réduction de la malnutrition chronique et l’élargissement de l’accès à l’énergie.
La Banque mondiale finance actuellement 15 projets aux Comores pour un montant total de 453,72 millions de dollars, dont quatre opérations régionales, couvrant la santé, la protection sociale, l’éducation, la reprise post‑catastrophe, l’énergie, les transports, l’eau, l’agriculture, la résilience climatique, l’inclusion financière et le développement statistique. La Banque mondiale a également appuyé les réponses du gouvernement face à des crises majeures, telles que le cyclone Kenneth en 2019, la pandémie de COVID‑19 et les répercussions de la guerre en Ukraine.
Un nouveau CPF du GBM sera préparé afin d’orienter l’engagement pour les dix prochaines années. Il mettra l’accent sur les principaux catalyseurs de l’économie —stabilité macroéconomique, capital humain et accès à l’énergie, à l’eau et à l’assainissement — ainsi que sur les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, tels que l’agro‑industrie, l’économie bleue et le tourisme, afin de soutenir la transformation économique des Comores.
Partenaires
La Banque mondiale travaille en étroite coordination avec la France, l’Union européenne, le Fonds monétaire international, les agences des Nations Unies, la Banque islamique de développement, la Banque africaine de développement et le Fonds de l’OPEP afin d’assurer l’alignement et la complémentarité des interventions des partenaires au développement aux Comores.
Le projet Filet de sécurité réactif et résilient aux chocs étend les transferts monétaires adaptatifs aux chocs, renforce l’inclusion économique et élargit la couverture du Registre social national. Il bénéficiera à 350 000 personnes et fournira des transferts monétaires d’urgence à environ 55 000 ménages.
Le projet Vaccin COVID‑19 et renforcement du système de santé a renforcé la réponse aux urgences sanitaires, notamment lors de l’épidémie de cholera et permis la vaccination de 53 % de la population. Il a également modernisé la chaîne du froid et réhabilité 30 établissements de santé et entrepôts alimentés à l’énergie solaire.
Le projet Reprise et résilience post‑Kenneth a renforcé la préparation aux catastrophes grâce à des logements résistants aux cyclones, à la modernisation des routes, à la protection côtière et à des infrastructures communautaires favorisant la résilience locale et la création d’emplois. Le programme REPAIR a permis un soutien financier rapide après le cyclone Chido, tandis que la composante Réponse d’urgence aux crises a facilité la restauration des services essentiels.
Le projet Résilience nationale de l’eau améliore l’approvisionnement en eau à Moroni grâce à la modernisation des infrastructures, à la diversification des sources d’eau et à des réformes de gouvernance. Il a permis l’approvisionnement en eau de l’hôpital El‑Maarouf et prévoit, en synergie avec le projet régional de résilience climatique, prévoit des mesures de résilience climatique, notamment des systèmes d’alerte précoce, des pompes solaires, deux réservoirs supplémentaires de 2 500 m³ et de nouvelles sources d’eau.
Le projet d’inclusion financière aux Comores a élargi l’accès aux services financiers, modernisé les infrastructures de paiement et renforcé la supervision bancaire ainsi que le cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
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