Madagascar
EN CHIFFRES : MADAGASCAR
APERÇU : MADAGASCAR
L’activité économique se redresse progressivement après un premier trimestre 2026 difficile, marqué par les évolutions du contexte politique, le passage de deux cyclones et les tensions au Moyen-Orient. Après avoir ralenti à 6,8 % en glissement annuel en mars, l’inflation a de nouveau accéléré pour atteindre 8,6 % en juin, sous l’effet de la hausse des prix des produits alimentaires hors riz et de l’énergie. En réponse, la Banque centrale a relevé son taux directeur de 50 points de base, à 12,5 %, en août.
La hausse des prix du pétrole et le recours accru à la production thermique d’électricité ont entraîné une augmentation des importations de carburants, tandis que les exportations de produits clés, notamment le nickel, la vanille et les produits textiles, sont restées atones. Cette situation a contribué au maintien d’un important déficit du compte courant.
Depuis les années 2010, la croissance économique s’établit en moyenne autour de 3 % par an, un rythme insuffisant pour créer suffisamment d’emplois et réduire sensiblement la pauvreté dans un contexte de forte croissance démographique, estimée à 2,4 % par an.
À moyen terme, la croissance devrait être soutenue par les efforts de reconstruction après les cyclones et par l’accélération des investissements dans les infrastructures. Toutefois, la faible création d’emplois, le niveau élevé de pauvreté, estimé à 66,5 % en 2025, ainsi que la vulnérabilité du pays aux chocs climatiques et à la conjoncture économique mondiale soulignent l’urgence de poursuivre les réformes structurelles afin de favoriser une croissance plus résiliente et inclusive.
Madagascar continue de faire face à des défis structurels profonds qui freinent son développement. La croissance reste limitée par la prédominance de secteurs à faible productivité, notamment l’agriculture de subsistance, des infrastructures insuffisantes, des catastrophes naturelles récurrentes, un accès restreint aux services de base et une vulnérabilité accrue au changement climatique. L’accumulation de capital humain demeure faible, avec un indice de capital humain de 0,39, parmi les plus bas au monde.
La pauvreté extrême affecte encore une large part de la population, plaçant le pays parmi les économies les plus vulnérables. Si la pauvreté rurale reste un défi majeur, les zones urbaines ont connu une dégradation marquée des conditions de vie au cours de la dernière décennie. La légère baisse des inégalités, avec un coefficient de Gini passé de 38,2 en 2012 à 36,8 en 2022, reflète principalement l’augmentation de la pauvreté urbaine plutôt qu’une amélioration généralisée du bien‑être.
Stimuler une croissance plus résiliente nécessitera des réformes ambitieuses pour améliorer la gouvernance, renforcer la résilience aux chocs, élargir l’accès aux infrastructures de base (énergie, transport, numérique) et créer des emplois mieux rémunérés. Cela suppose d’accroître la productivité agricole, de renforcer l’intégration aux marchés et la concurrence dans les chaînes de valeur d’exportation, tout en investissant durablement dans le capital humain.
En septembre 2026, le portefeuille de la Banque mondiale à Madagascar s’élevait à 4,5 milliards de dollars, répartis entre 16 projets nationaux et 5 opérations régionales. Le secteur des infrastructures représentait la part la plus importante du portefeuille, avec 44 % des engagements (2 milliards de dollars), suivi du développement humain avec 25 % (1,1 milliard de dollars), du développement durable avec 21 % (956 millions de dollars) et de la croissance équitable, de la finance et des institutions avec 10 % (446 millions de dollars).
Partenaires
Le Groupe de la Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec de nombreux partenaires au développement à Madagascar, notamment la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’UNICEF, l’UNOPS, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Centre international de la pomme de terre (CIP), AfricaRice, l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Alliance Gavi, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Catholic Relief Services (CRS), la Fondation Tany Meva et l’Union européenne.
Quelque 760 000 ménages et entreprises ont obtenu un accès à l’électricité grâce à des solutions raccordées au réseau et hors réseau; 1 500 kilomètres de lignes électriques ont été déployés et 610 centres de santé électrifiés.
À Antananarivo, de nouvelles infrastructures ont accru de 43 200 m³/j la capacité d’approvisionnement en eau potable et raccordé 59 000 personnes au réseau. Dans le Sud, une conduite d’adduction réhabilitée fournit de l’eau potable à 50 000 personnes, 320 points d’eau modernisés et trois unités de dessalement desservent 340 000 personnes.
Depuis 2022, 80 millions de dollars d’investissements privés ont été mobilisés dans le tourisme, l’agro-industrie et le numérique, générant 16 000 emplois. 200 PME et 22 000 producteurs ont été soutenus, contribuant à une hausse de 35 % des revenus des petits exploitants agricoles. Dix sites touristiques ont été aménagés, 124 kilomètres de routes d’accès remis en état et 20 000 travailleurs formés.
Après les cyclones Gezani et Fytia de février 2026, 60 millions de dollars ont été mobilisés pour les interventions d’urgence et le relèvement. Une assistance monétaire a bénéficié à 150 000 ménages, 100 000 personnes ont participé à des programmes de travail contre rémunération, 35 000 ménages ont reçu des semences et 50 000 enfants un appui nutritionnel. Les services essentiels ont été maintenus et la reconstruction se poursuit, notamment dans les écoles, les centres de santé et à l’Université de Barikadimy.
Les systèmes d’identification nationale ont été renforcés et les programmes de protection sociale étendus. Le registre social national couvre aujourd’hui 2,6 millions de ménages.
La sécurité alimentaire et les moyens de subsistance en milieu rural ont été renforcés grâce à des transferts monétaires bénéficiant à 2,5 millions de ménages vulnérables, à la protection de 600 000 ha contre les invasions acridiennes, à la réhabilitation de 3 550 ha d’infrastructures d’irrigation et à l’appui apporté à 96 000 agriculteurs touchés par la sécheresse. La réhabilitation des périmètres irrigués devrait permettre la production de 10 650 tonnes supplémentaires de riz. En outre, 240 000 élèves de neuf régions et 23 districts bénéficient chaque jour de repas scolaires nutritifs.
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