Changement climatique - Vue d'ensemble

Le changement climatique compromet fortement le développement et la lutte contre la pauvreté. Le Groupe de la Banque mondiale est conscient que, faute d’une action résolue aujourd’hui, le réchauffement de la planète pourrait empêcher des millions de personnes d’accéder à la prospérité et anéantir des décennies de développement.

Les scientifiques sont formels : c’est l’être humain qui est la cause du réchauffement de la planète, et l’on observe déjà des transformations de grande ampleur. Chaque année qui s’est écoulée depuis le début du XXIe siècle (2000-2013) a été classée parmi les 15 années les plus chaudes (a) depuis que l’on a commencé à relever les températures il y a 134 ans. L’intensité des événements climatiques extrêmes a en outre augmenté. Et les faits récents nous rappellent qu’aucun pays, qu’il soit riche ou pauvre, n’est aujourd’hui à l’abri des conséquences des catastrophes liées au climat.

Selon le rapport Baissons la chaleur, élaboré par le Postdam Institute for Climate Impact Research à la demande de la Banque mondiale, la température du globe s’élèvera de 4 °C d’ici la fin du siècle. Cette publication dresse un tableau éloquent des effets délétères de ce phénomène sur l’agriculture, les ressources en eau, les écosystèmes et la santé humaine. Aucune région ne sera épargnée, mais celles qui sont le moins en mesure de s’adapter, c’est-à-dire les régions pauvres et les plus vulnérables, seront les plus affectées. Un rapport publié dans le sillage du premier et consacré aux conséquences pour l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est indique que si la planète se réchauffe de 2 °C, ce qui pourrait se produire d’ici 20 à 30 ans, ces régions connaîtront des pénuries alimentaires à grande échelle, des vagues de chaleur sans précédent et des tempêtes plus violentes.

Le Groupe de la Banque mondiale considère que l’on peut et que l’on doit éviter que la planète ne se réchauffe de 4° C. Il faut agir immédiatement pour ralentir la progression des émissions de gaz à effet de serre au cours de la présente décennie et aider les pays à se préparer à une hausse de 2 °C, ainsi qu’à s’adapter aux changements qui s’annoncent déjà.

La Banque renforce ses travaux sur l’atténuation, l’adaptation et la gestion du risque de catastrophe, et envisage de plus en plus ses activités sous le prisme du changement climatique.

Dernière mise à jour: mars 24, 2014

Catalyser l’action climatique

Le Groupe de la Banque mondiale concentre ses efforts dans plusieurs grands domaines d’action qui peuvent permettre de fixer des prix adéquats, de garantir les flux de financement et de réaliser des avancées là où elles sont le plus importantes.

Il faut en particulier construire des villes sobres en carbone et adaptées au changement climatique en recourant à une planification qui permet de limiter les émissions, en évaluant l’efficacité énergétique et mobilisant des financements. Ces efforts doivent cibler les agglomérations en expansion rapide, qui sont responsables de 70 % des émissions polluantes à l’échelle planétaire. Par ailleurs, les progrès en direction d’une agriculture « climato-intelligente » améliorent les rendements des cultures, permettant de nourrir une population mondiale de plus en plus nombreuse, réduisent les émissions et accroissent le stockage du carbone. En accélérant la maîtrise de l’énergie et les investissements dans les énergies renouvelables, on pourra progressivement cesser d’utiliser des combustibles fossiles à forte teneur en carbone. Le Groupe de la Banque mondiale soutient également les mesures qui visent à éliminer les subventions aux combustibles fossiles et à développer la tarification du carbone afin d’établir un juste prix pour les émissions.

Une autre décision importante peut faire rapidement la différence : en limitant les polluants climatiques de courte durée de vie, tels que le noir de carbone provenant des foyers de combustion et des véhicules diesel, ou le méthane produit par les décharges et les industries extractives, les pays peuvent faire coup double, à savoir réduire l’impact de ces polluants sur la cryosphère (régions recouvertes de neige et glaciers), mais aussi le coût pour la santé humaine et pour les cultures agricoles.

La vice-présidence pour le climat, mise en place par le Groupe de la Banque mondiale en janvier dernier, s’emploie à mobiliser à la fois des financements publics et privés, à soutenir des politiques et des investissements adaptés au changement climatique et à aider les pays et les entreprises à s’adapter à l’évolution du climat.

L’action climatique au sein du Groupe de la Banque mondiale

En travaillant avec ses partenaires, le Groupe de la Banque mondiale a su trouver des moyens innovants pour mobiliser des ressources supplémentaires afin de financer des actions climatiques. C’est notamment le cas des Fonds d’investissement climatiques, qui pèsent 8 milliards de dollars et sont destinés à apporter un financement accru, via les banques multilatérales de développement, pour engager des transformations en faveur d’un développement à l’épreuve du changement climatique et à faible intensité de carbone.

La Banque mondiale administre en outre 15 dispositifs de finance carbone qui appuient plus de 140 projets dans une cinquantaine de pays. Depuis 2000, ces initiatives ont permis de réduire les émissions d’environ 187 millions de tonnes d'équivalent de dioxyde de carbone (CO2).

La Société financière internationale (IFC), la branche de la Banque mondiale pour le secteur privé, encourage l’utilisation des énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie et d’autres solutions adaptées à l’évolution du climat dans les pays en développement. Depuis 2005, l’IFC a consacré plus de 11 milliards de dollars à ce type de projets, dont 2,5 milliards de dollars sur l’exercice budgétaire 2013.

La Banque mondiale et l’IFC sont aussi les plus grands émetteurs d’obligations vertes, qui soutiennent des projets liés au changement climatique, par exemple des projets d’accroissement de l’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables. Le service de la Trésorerie de la Banque mondiale a ainsi émis 61 obligations libellées dans 17 monnaies, pour un total de 5,3 milliards de dollars. De son côté, le service de la Trésorerie de l’IFC a émis 3,4 milliards de dollars de titres obligataires, dont deux émissions de référence de 1 milliard de dollars en 2013.

Avec la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR), la Banque aide les pays en développement à devenir moins vulnérables aux risques naturels et à s’adapter au changement climatique en intégrant systématiquement la réduction du risque de catastrophe et l’adaptation au changement climatique dans leurs stratégies de développement.

Un rapport de 2013 consacré au renforcement de la résilience (Building Resilience) note que les pertes et dommages dus aux conditions météorologiques ont augmenté, passant d’une moyenne annuelle d’environ 50 milliards de dollars dans les années 1980 à près de 200 milliards de dollars sur la dernière décennie. Ce rapport souligne par conséquent la nécessité de mieux intégrer les mesures d’adaptation au changement climatique dans les programmes de gestion du risque de catastrophe.

Des portails d’information (Climate Change Knowledge Portal, Climate Finance Options Platform et Platform for Climate-Smart Planning, notamment), ainsi que les formations proposées par l’Institut de la Banque mondiale, apportent aux pays des données, des analyses et des outils de pointe sur le changement climatique.

En ce qui concerne la lutte contre les polluants climatiques de courte durée de vie, la Banque a lancé un examen de son propre portefeuille afin de déterminer comment elle pouvait agir davantage, à travers ses projets, pour réduire ce type d’émissions. Selon le rapport sur l’intégration des polluants climatiques de courte durée de vie dans les activités de la Banque mondiale, 7,7 % des engagements de la Banque mondiale, soit environ 18 milliards de dollars, ont été consacrés à des activités dans ce domaine entre 2007 et 2012.

Un autre rapport publié en 2013, Glaces éphémères, montre qu’en agissant rapidement pour réduire les émissions de polluants climatiques de courte durée de vie, on pourrait ralentir le réchauffement de la cryosphère et, ainsi, sauver des millions de vies.

Après s’être dotée en 2008 d’un cadre stratégique pour le développement et le changement climatique et avoir consacré l’édition 2010 de son Rapport sur le développement dans le monde au changement climatique, la Banque élabore actuellement un nouveau plan d’action climatique qui renforcera la résilience des pays, contribuera à une croissance verte et inclusive, et intègrera les évaluations des risques climatiques dans les décisions d’investissement, sur l’ensemble de son portefeuille.

Dernière mise à jour: mars 24, 2014

Avec l’aide du Groupe de la Banque mondiale, le Népal s’est doté de plus de 1 000 microcentrales hydroélectriques depuis 2007. Ces centrales fournissent une électricité propre, issue d’énergies renouvelables, aux habitants de 52 districts, dans tout le pays. Cette nouvelle source de production d’électricité crée des emplois et de la croissance économique dans les régions rurales et pauvres.

Au Bangladesh, dans le cadre d’un projet d’électrification des zones rurales, plus de 50 000 installations solaires domestiques sont installées chaque mois depuis 2003. Cette initiative financée par la Banque mondiale, qui constitue le programme d’énergie solaire domestique affichant la plus forte croissance au monde, devrait permettre le raccordement de 2,5 millions de personnes d’ici 2018.

Au Chili, l’IFC a investi plus de 450 millions de dollars dans des projets hydroélectriques, éoliens et solaires financés par des capitaux privés. Au total, ces projets ont permis d’éviter l’émission de 1,7 million de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de 200 000 automobiles. L’un d’eux porte sur la création, par SunEdison, du plus grand parc photovoltaïque d’Amérique latine, à Amenecer, dans le désert d’Atacama.

D’autre part, en soutenant une gestion durable des terres, la Banque mondiale aide les agriculteurs et les populations rurales à réduire les émissions polluantes liées aux pratiques agricoles et à s’adapter à l’évolution du climat.

Au Kenya, 60 000 petits agriculteurs ont obtenu des crédits carbone qui leur permettent d’adopter de meilleures pratiques de gestion de leurs terres : remise en état, paillage et limitation du labour afin de ne pas emprisonner le CO2 dans le sol. Ces petits agriculteurs vendent leurs crédits carbone au fonds BioCarbon, qui dispose ainsi d’une dotation de 65 000 dollars à ce jour. Grâce à ce projet, le premier du genre, les rendements des cultures ont déjà augmenté de 20 %.

Au Brésil, un autre projet de financement carbone axé sur la reforestation à Rio de Janeiro contribue à la redynamisation des quartiers et à l’amélioration de la santé publique. En réduisant les émissions de CO2 de plusieurs centaines de tonnes, la reforestation permet de générer des crédits carbone. Le programme pour une ville sobre en carbone lancé par la Banque mondiale et par la municipalité de Rio de Janeiro lors du sommet Rio+20 en 2012 mesurera l’impact de cette initiative sur le climat, ainsi que le volume des crédits carbone générés.

En outre, le Groupe de la Banque mondiale intensifie ses actions visant à intégrer la gestion des risques de catastrophes dans un effort à plus long terme qui a pour objectif d’accroître la résilience des pays vulnérables aux catastrophes et aux risques liés au changement climatique.

Dernière mise à jour: mars 24, 2014


Publication

Changement climatique et adaptation

La série de rapports intitulée « Baissons la chaleur » sonne l’alarme en exposant les données scientifiques les plus récentes sur le climat : en l’absence d’une action concertée, la température du globe augmentera de 4° C par rapport au niveau de l’ère préindustrielle d’ici à la fin du siècle.






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