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Vue d'ensemble

  • au cours des prochaines années et réduire à néant les progrès de développement durement acquis.

    • Alors même que les pays doivent désormais faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de COVID-19, ils continuent d’être confrontés à des dérèglements climatiques qui obligent les populations à abandonner leur foyer ou les exposent à l’insécurité alimentaire, à la déforestation et aux pertes de biodiversité.
      • Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les catastrophes naturelles coûtent environ 18 milliards de dollars par an rien qu'en raison des dégâts causés aux infrastructures de production d'électricité et de transport.
      • Plus largement, elles provoquent des perturbations dans la vie des ménages et des entreprises, dont le coût s'élève à au moins 390 milliards de dollars par an.
    • Les pays les plus menacés risquent fort de voir leurs systèmes de santé débordés ou anéantis, leurs fonds d'urgence épuisés et difficiles à reconstituer dans un cadre budgétaire contraint, alors qu'ils doivent faire face à la vulnérabilité économique croissante des personnes et des communautés.

    Néanmoins, les pays ont désormais une occasion historique de s'engager sur la voie d'un développement durable, inclusif et résilient.

    • Réaliser les bons investissements dès maintenant peut entraîner des résultats à court terme — emplois et croissance économique — ainsi que des bénéfices à plus long terme pour les populations, notamment la décarbonation de l’économique et une résilience accrue.

    L'action climatique est synonyme de nouveaux débouchés économiques et de création d’emplois.

    • Investir dans des infrastructures résilientes dans les pays en développement pourrait rapporter 4 200 milliards de dollars (a), sachant qu'un dollar investi génère en moyenne un bénéfice de quatre dollars.
    • Une meilleure résilience des infrastructures permet d’éviter des réparations coûteuses et de limiter les multiples conséquences des catastrophes naturelles sur les moyens de subsistance et le bien-être des habitants.
    • La transition vers des économies résilientes et sobres en carbone pourrait créer plus de 65 millions d'emplois nets (a) dans le monde d'ici à 2030.

    L'action climatique aide les pays à se développer de manière durable. La lutte contre le changement climatique s’accompagne de nombreux bienfaits : un air pur et une eau propre, des océans en bonne santé, des villes résilientes et des systèmes alimentaires et agricoles durables.

    • La Banque mondiale a aidé le Mexique et la Colombie à mettre en place des taxes sur le carbone qui maximisent les synergies entre gestion de la pollution atmosphérique et atténuation des effets du changement climatique.
    • Au Viet Nam, elle a soutenu des investissements dans les infrastructures hydrauliques afin de limiter les conséquences des inondations et de l'intrusion d'eau saline et de protéger les ressources hydriques pour l'agriculture, ce qui a profité à 215 000 familles d'agriculteurs.
    • La production et les revenus des bénéficiaires ont augmenté de 30 % en moyenne, ce qui a amélioré la sécurité alimentaire d’environ 50 millions d’habitants dans la région.
    • Les activités de la Banque dans le domaine du développement urbain sont déterminantes pour la résilience des villes. Au Mozambique, elles ont permis de renforcer la protection de la ville côtière de Beira contre les aléas climatiques en réhabilitant son système de drainage des eaux pluviales et en installant des stations de prévention des crues et un bassin de rétention d'eau. Ainsi, lors du passage du cyclone Idai en mars 2019, Beira a subi des inondations moins dévastatrices que d'autres régions du pays.

    L'augmentation rapide des financements est indispensable, mais les budgets publics seuls ne suffiront pas. Outre ses contributions directes, le Groupe de la Banque mondiale répond également à la demande des pays en mobilisant l'investissement privé et en aidant à créer des marchés bas carbone là où ils n'existent pas.

    • Avec d'autres banques multilatérales de développement et les Fonds d'investissement climatiques (CIF) (a), la Banque finance le plus grand complexe à énergie solaire concentrée du monde (a). Capable de produire 580 mégawatts (MW) d'énergie propre, le complexe Noor, au Maroc, desservira bientôt 1,1 million d’habitants et contribuera à renforcer l'intérêt pour la technologie solaire thermodynamique dans le monde. 
    • L'Inde est l'un des premiers pays à déployer à grande échelle des climatiseurs à haut rendement énergétique, dans le cadre d'un programme d'achats groupés mené par la compagnie Energy Efficiency Service Limited (EESL). Un premier achat de 100 000 unités, présentant un rendement supérieur de 30 % à la moyenne du marché, a permis de faire baisser les coûts de 15 %. La Banque mondiale apporte son soutien à la compagnie publique au travers d'une assistance technique et de prêts.

    Les pouvoirs publics doivent agir, notamment en instaurant une tarification du carbone, pour inciter au changement.

    • La tarification du carbone est une politique à la fois simple, équitable et efficace pour faire face au changement climatique. Elle peut également avoir des effets bénéfiques supplémentaires (réduction de la pollution atmosphérique et des embouteillages, par exemple), tout en évitant l’adoption de mesures, de plus en plus coûteuses, destinées à remédier aux impacts délétères des trajectoires de croissance carbonées. La tarification du carbone permet aux entreprises de gérer leurs risques, de planifier leurs investissements dans des processus de production sobres en carbone et d’encourager l’innovation. 
    • Au 1er novembre 2019, 46 pays et 31 entités infranationales mettaient en œuvre ou avaient prévu de mettre en œuvre des initiatives visant à fixer un prix pour le carbone. Pour obtenir les informations les plus récentes, consultez le Carbon Pricing Dashboard (a), un portail en ligne interactif qui s'appuie sur les données et les analyses du rapport annuel de la Banque mondiale consacré aux tendances du marché du carbone, State and Trends of Carbon Pricing (a).

    Dernière mise à jour: sept. 30, 2020

  • Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à aider les pays à atteindre les objectifs de l'accord de Paris.

    • La lutte contre le changement climatique est l'un des thèmes centraux et l'un des fondements stratégiques des engagements de la Banque liés à sa récente augmentation de capital ainsi que des reconstitutions, en cours et passées, du fonds de l’IDA.

    Le Groupe de la Banque mondiale finance les efforts déployés par les pays à la fois pour réduire leurs émissions et s’adapter au risque climatique.

    • Le premier Plan d’action sur le changement climatique (a), adopté par le Groupe de la Banque mondiale en 2016, définissait des objectifs ambitieux pour 2020 : aider les pays clients à augmenter leurs capacités de production de 30 gigawatts dans le domaine des énergies renouvelables, instaurer des systèmes de préalerte pour protéger 100 millions de personnes et élaborer des programmes d’investissements dans une agriculture climato-intelligente pour au moins 40 pays.
    • En décembre 2018, la Banque mondiale a annoncé une nouvelle série d'objectifs climatiques pour 2021-2025 afin d'aider les pays qui entreprennent des actions ambitieuses en faveur du climat, en adoptant un plan d’action dédié à l’adaptation au changement climatique et à la résilience (a). Tous les projets de l'institution font désormais l’objet d’une évaluation des risques climatiques et de catastrophe, ce qui permet de s’assurer qu’ils renforcent la résilience locale.
    • Depuis l’exercice 2018, l’analyse économique de tous les projets de prêts en appui à des investissements qui le nécessitent intègre un prix fictif du carbone. Les prix recommandés par la Banque mondiale ont été actualisés en décembre 2017 et sont cohérents avec l’objectif principal de l’accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5° C.

    • Avec la hausse de leurs financements en appui à l’action climatique, le Groupe de la Banque mondiale et les autres banques multilatérales de développement s’emploient à adopter des approches communes pour le contrôle et le suivi des fonds destinés à soutenir des mesures d'atténuation et d’adaptation dans les pays clients. Ces institutions alignent leurs financements sur l’accord de Paris, en soutenant la concrétisation des contributions déterminées au niveau national et en accompagnant des activités qui favorisent la transition des pays vers une trajectoire de développement sobre en carbone et climato-résiliente.
  • Le Groupe de la Banque mondiale a mis en œuvre avec succès son premier plan d'action contre le changement climatique (2016-2020).

    Avec des engagements de 83 milliards de dollars dans des projets liés au climat au cours des cinq dernières années, le Groupe est aujourd'hui le plus grand bailleur de fonds multilatéral pour les investissements climatiques dans les pays en développement.

    • En 2020, il a engagé 21,4 milliards de dollars en faveur d’investissements liés à l’action climatique, dépassant ainsi ses objectifs pour la deuxième année consécutive.
    • La part des ressources consacrées spécifiquement à l’adaptation par l'IDA/BIRD sur la totalité des financements climatiques est passée de 40 % en 2016 à 52 % en 2020.

    Voici un aperçu des faits marquants des cinq dernières années :

    • 120 millions de personnes dans plus de 50 pays ont pu bénéficier de données hydrométéorologiques et de systèmes d'alerte rapide essentiels pour sauver des vies lors de catastrophes.
    • Plus de 30 pays ont reçu un soutien dans la mise en œuvre ou l'amélioration de leurs contributions nationales présentées dans le cadre de l'accord de Paris, et plus de 35 gouvernements nationaux ou infranationaux ont été accompagnés dans leurs efforts de tarification du carbone.
    • Toutes les nouvelles opérations de la Banque sont passées au crible du risque climatique : les enjeux du climat sont pris en compte à chaque étape de la conception des projets et ils sont désormais intégrés à la totalité des stratégies de développement pluriannuelles élaborées en partenariat avec les pays en développement.
    • La Banque a également étendu son soutien au-delà des secteurs traditionnellement associés à l'action climatique en élargissant la palette de projets climato-intelligents (a), qu’il s’agisse de renforcer le développement numérique et la résilience climatique au Bangladesh, d’intégrer le changement climatique dans la préparation du budget et la planification macroéconomique aux Philippines ou encore d’améliorer l'efficacité des réseaux d'eau et d'électricité alimentant le système de santé en Égypte.
    • Dans le cadre des nouveaux objectifs climatiques pour 2021-2025, et grâce à l'augmentation du capital de la BIRD et à la 19e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-19), le Groupe de la Banque mondiale s'est fixé des objectifs plus ambitieux en matière de financements ayant des effets positifs sur le climat, et il intensifie ses efforts pour intégrer le climat dans ses opérations et l'accompagnement des pays.

    Quelques résultats sectoriels :

    Énergie

    • Actuellement, environ 789 millions de personnes dans le monde vivent sans électricité, principalement dans les zones rurales d'Afrique et d'Asie du Sud. La Banque mondiale s'est engagée à combler ce fossé en aidant les pays à garantir l’accès pour tous à une énergie abordable, fiable, durable et moderne.
    • Au titre de son premier Plan d'action sur le changement climatique, la Banque a aidé ses clients à intégrer dans leurs réseaux 18 GW d'énergie renouvelable variable et à accroître de 16 GW leur capacité de production, avec à la clé 34 GW d'énergie renouvelable supplémentaires au profit des populations, des entreprises et des économies. Dans la continuité d’un soutien de longue date en faveur de l’expansion de l’accès à l’énergie, les financements déployés au cours des trois derniers exercices (2017-2019) ont permis de raccorder plus de 30 millions de personnes au réseau électrique. Au cours de l'exercice 2019, les financements d'IFC en faveur des énergies renouvelables se sont élevés à 2,3 milliards de dollars, dont 545 millions d'investissements propres et 1,8 milliard mobilisés auprès d’autres bailleurs de fonds.
    • En Éthiopie, le Plan national d’électrification porte sur le développement des services « du dernier kilomètre » au profit des ménages, des établissements scolaires et des centres sanitaires de proximité, et met l’accent sur la fiabilité et l’accessibilité financière pour tous. Le Groupe de la Banque mondiale soutient ce plan avec un crédit de 375 millions de dollars de l’IDA (a) qui permettra de raccorder un million de foyers au réseau électrique et d’expérimenter de nouvelles approches hors réseau. En mars 2019, l'Éthiopie a lancé une version actualisée de son plan (NEP 2.0 [a]), qui prévoit un cadre détaillé pour l'intégration de ces technologies au réseau en vue de parvenir à un accès universel à l'horizon 2025.
    • Les Fonds d'investissement climatiques (CIF) (a) ont récemment fêté leur dixième anniversaire. Dotés de 8,5 milliards de dollars, ils sont actifs dans 72 pays. Le complexe solaire thermodynamique à concentration (CSP) de Noor-Ouarzazate, au Maroc (a), figure parmi les plus de 300 projets financés par ces fonds. Il s'agit du plus grand complexe CSP au monde, dont la capacité de production de 580 MW permet d’alimenter en électricité propre deux millions d’habitants et d’assurer un quart de l'objectif de développement de l’énergie solaire que s’est fixé le pays à l'horizon 2020 (2 gigawatts).
    • Les CIF, par l'intermédiaire de leur Fonds pour les technologies propres (CTF) (a), aident l'Inde à développer le secteur photovoltaïque dans le cadre d’un partenariat de 775 millions de dollars. En moins d'un an, le programme a permis d'étoffer de près de 500 MW les capacités de production d'énergie solaire en toiture. À lui seul, ce secteur pourrait permettre de réduire de près de deux milliards de tonnes les émissions de CO2 et de créer près de 50 000 emplois.
    • Le projet de mise en valeur de l'énergie éolienne (a) a soutenu l'expansion de cette énergie renouvelable en Égypte grâce à un financement de 150 millions de dollars du CTF. Outre l'installation d'une centrale éolienne de 250 MW, ce projet a renforcé la capacité du pays à concevoir et mettre en œuvre des programmes d'énergie renouvelable tout en augmentant la participation du secteur privé dans le développement de ces énergies. Il compte près de 1,5 million de bénéficiaires directs, dont 49 % sont des femmes.
    • En Égypte, IFC, la Banque mondiale et un consortium d'autres prêteurs ont engagé 653 millions de dollars pour soutenir la construction du complexe solaire de Benban (a). Avec une capacité de production de 1 650 MW, Benban pourra alimenter des centaines de milliers de foyers et d'entreprises. Ce parc solaire devrait permettre d'éviter deux millions de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre (GES) par an, ce qui équivaut à retirer environ 400 000 voitures de la circulation. Lorsqu'il sera achevé, Benban sera le plus grand complexe solaire du monde, avec plus de 32 centrales contiguës, soit six millions de panneaux photovoltaïques.
    • Au Cameroun, IFC et la Banque mondiale participent à la construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, sur la Sanaga. Cette centrale de 420 MW, d'une valeur de 1,2 milliard d'euros et exploitée par le secteur privé, permettra d’accroître de 30 % la capacité de production d'électricité du Cameroun et de créer jusqu'à 1 500 emplois directs.
    • En Cisjordanie, IFC et ses partenaires financent un projet d'un montant de 32 millions de dollars visant à installer des panneaux solaires sur les toits de 500 établissements scolaires publics, afin d'alimenter plus de 16 000 foyers (a). Ce projet, unique en son genre, renforcera les capacités du secteur des énergies renouvelables et remédiera aux pénuries d'électricité et aux coupures de courant récurrentes en exploitant une source d'énergie locale. Les écoles seront gratuitement alimentées en électricité et, pour certaines d’entre elles, rétribuées pour l'hébergement des installations. La majeure partie de l'électricité produite par les panneaux solaires sera injectée dans les systèmes de distribution locaux à un tarif compétitif, en permettant d’alimenter les ménages et les entreprises. L'aide accordée par la Banque mondiale pourra aller jusqu'à 2 millions de dollars au titre du mécanisme de cofinancement des investissements (ICF).
    • Le programme Scaling Solar (a) aide des économies émergentes — Zambie, Sénégal, Togo, Madagascar, Côte d’Ivoire, Ouzbékistan et Afghanistan — à développer rapidement et pour un coût abordable des centrales solaires à l’échelle industrielle. Il réunit un ensemble de services d’investissement et de conseil du Groupe de la Banque mondiale afin de créer, dans chaque pays, un marché viable pour le solaire. Ce « guichet unique » vise à rendre opérationnels et compétitifs des projets de raccordement au réseau financés par des capitaux privés et à raccourcir les délais entre la préparation du projet et son bouclage financier. Le 11 mars 2019, la première centrale solaire du programme, d'une capacité totale de 54 MW, a été inaugurée à Lusaka, en Zambie (a). En 2019, le programme s'est étendu pour la première fois au-delà de l'Afrique, précisément en Ouzbékistan (a).
    • En avril 2020, l'Initiative carbone pour le développement (Ci-Dev) (a) a procédé à sa troisième émission de crédits carbone pour son programme de biodigesteurs en Afrique de l'Ouest. Cette action permettra de développer le programme national de biogaz du Burkina Faso, qui a obtenu un total de 86 000 unités de réduction certifiée des émissions à ce jour. Les biodigesteurs transforment les déchets animaux, d'une part en combustible propre pouvant être utilisé pour la cuisine et, d'autre part, en engrais riche en nutriments pour l'agriculture. Ces crédits permettront de soutenir et d'intensifier le programme national, de partager des informations sur les avantages des biodigesteurs pour cuisiner sans polluer et améliorer l'agriculture, et de former des ouvriers à la construction de ces structures.
    • Deux nouveaux contrats d'achat de crédits carbone ont été signés, en mars et août 2020, entre le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone (CPF) et la Caixa Econômica Federal (CAIXA) (a), la deuxième banque du Brésil. Les sociétés de gestion des déchets participantes s'engagent à exploiter des sites de traitement respectant les exigences rigoureuses du Mécanisme de développement propre de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) (a), en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de la collecte et de la destruction du méthane. Dans le cadre des nouveaux contrats, elles continueront d'obtenir des crédits carbone et franchiront une étape supplémentaire en produisant de l'électricité à partir du méthane collecté, remplaçant ainsi la consommation d'électricité produite à partir de combustibles fossiles. Ainsi, les sites de traitement des déchets de Rio de Janeiro et de Pernambuco entendent réduire les émissions de GES d'environ 0,86 million de tonnes de CO2 entre 2019 et 2020.

     

    Adaptation et résilience

    • En janvier 2019, le Groupe de la Banque mondiale a lancé son Plan d’action sur l’adaptation au changement climatique et la résilience. Sur l’exercice 2020, la Banque mondiale a engagé 9 milliards de dollars dans des investissements en faveur de l’adaptation. Aujourd’hui, ses financements climatiques sont pour un peu plus de la moitié (52 %) destinés à l’adaptation, signe de sa volonté d’aider les pays à faire face à l’évolution du climat tout en réduisant leurs futures émissions.
    • La Banque mondiale a amplifié les investissements et les analyses portant sur la résilience des infrastructures face au changement climatique et aux catastrophes naturelles. Selon le rapport phare, Lifelines:The Resilient Infrastructure Opportunity, des infrastructures plus résilientes permettent non seulement d'éviter des dommages coûteux, mais aussi de limiter les conséquences des catastrophes naturelles sur les moyens de subsistance et le bien-être des populations. Les outils et les approches développés dans le cadre de cette étude sont déjà appliqués dans un certain nombre de pays qui ont demandé une assistance technique spécialisée dans ce domaine.
    • Quelques exemples de travaux en cours avec le soutien de la Facilité mondiale pour la réduction des catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a) :
      • Lancée dans 16 villes du littoral, l’Initiative pour la résilience des villes côtières en Afrique (CityCORE) (a) utilise des technologies de pointe (télédétection et apprentissage automatique) pour collecter des informations sur les capacités institutionnelles et réaliser une analyse cartographique des aléas, du degré d'exposition et des vulnérabilités existantes afin de permettre un diagnostic rapide des risques et d'éclairer les choix d'investissement.
      • En Bosnie-Herzégovine, la GFDRR a aidé les autorités à intégrer la gestion des risques de catastrophe dans leurs méthodes de gestion du réseau routier, ce qui a conduit à un financement de 65 millions de dollars de la BIRD pour contribuer à l'amélioration des infrastructures de transport du pays.
      • L'Indonésie a récemment terminé la modélisation des risques d'inondation pour trois villes très exposées, Bima, Manado et Pontianak. Cette démarche permettra d'établir un diagnostic complet de la résilience urbaine ainsi qu'un plan d'action, et pourrait servir de base à un programme national de résilience aux inondations urbaines soutenu par la Banque mondiale.
      • Pour assurer un avenir plus résilient et durable à la ville de Panama, exposée aux crues et à l'élévation du niveau de la mer, des investissements d'envergure et multisectoriels sont nécessaires. La GFDRR a aidé les autorités municipales à privilégier des solutions naturelles pour mieux gérer les risques de catastrophe et renforcer la résilience.
      • Construite sur un estuaire et à faible altitude au-dessus de la mer, Colombo, la capitale du Sri Lanka, est très vulnérable aux risques de crues exacerbés par le changement climatique et une utilisation erratique des terres. Avec le soutien de la GFDRR, le pays a mis au point une base de données géolocalisées pour mieux intégrer les risques de catastrophe dans la planification des infrastructures.
      • Au Yémen, dans le cadre des efforts de renforcement de la résilience et de l'inclusion sociale, la GFDRR travaille avec des femmes et des communautés locales pour recenser des mécanismes de gestion des risques de conflit et de catastrophe. Ces travaux orientent également les processus de décision liés au rétablissement des services urbains essentiels pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement, l'électricité et les transports.
    • Aux côtés du Groupe de la Banque mondiale, la GFDDR aide les pays à faire face à la pandémie de COVID-19. Cet appui repose sur le soutien fourni depuis plusieurs années par la GFDRR en vue d'aider les pays à concevoir et mettre en œuvre des instruments financiers qui permettent aux pays d'accéder rapidement à des fonds d'urgence en cas de catastrophe : option de tirage différé en cas de catastrophe (Cat DDO) (a) ou encore composantes d'intervention d'urgence conditionnelle (CERC). Au Maroc, à partir de 2016, la GFDRR a ainsi débloqué 607 000 dollars pour soutenir un projet intégré de gestion des risques de catastrophe et de résilience, qui a permis de mettre en place une Cat DDO de 275 millions de dollars en 2019, dont le décaissement a été finalement déclenché pour répondre à la crise du coronavirus.
    • Le Niger, en partenariat avec les CIF et la Banque mondiale, jette les bases d'un avenir plus résilient grâce à l’amélioration de la gestion de près de 39 000 hectares de terres sylvopastorales et de plus de 4 700 hectares de terres agricoles. Cette initiative a permis d'augmenter de 62 % le rendement des cultures dans les zones ciblées. Parallèlement, ces investissements dotent 231 communautés de techniques de renforcement de la résilience qui favorisent des pratiques agricoles climato-intelligentes et améliorent l'accès à des informations météorologiques plus précises.
    • Dans le cadre du projet d'amélioration de la gestion des données et des informations climatiques (a) financé par les CIF, le gouvernement jamaïcain modernise le réseau de surveillance hydrométrique du pays en mettant en place une large panoplie d'infrastructures et d'équipements essentiels : installation de 35 stations météorologiques automatiques, de 54 pluviomètres et contrôleurs de débit des cours d'eau, de 16 sondes de mesure de l'humidité du sol, d'une salle de crise pour la surveillance de l'eau et d'un dispositif de jauge des marées. Le projet comporte par ailleurs un volet d'éducation au changement climatique (a) qui a permis de réaliser des progrès significatifs dans la promotion de la sensibilisation à ces phénomènes à l'échelon national et local.

     

    Transport

    • Le secteur des transports est actuellement responsable d'environ un quart des émissions mondiales de GES liées à l'énergie et de 16 % des émissions totales. La décarbonation des transports est donc une condition essentielle pour permettre aux pays de respecter leurs engagements pour le climat. Parallèlement, les infrastructures de transport sont particulièrement exposées au risque climatique. Des phénomènes météorologiques comme les crues ou les glissements de terrain peuvent rapidement paralyser les réseaux de transport, avec de graves répercussions sur la vie économique et les efforts de redressement. Les changements à long terme de la température et du régime pluviométrique ont également tendance à réduire la durée de vie et la fiabilité des moyens de transport.
    • Pour remédier à ces problèmes, la Banque soutient un large éventail de projets de transport climato-intelligents dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Sur les exercices 2017-20, elle a engagé un montant total de 3,7 milliards de dollars pour le développement d’infrastructures, de politiques et de mesures de planification sobres en carbone et résilientes dans le secteur des transports. Au cours de l'exercice 2020, 58 % des financements alloués à des projets de transport par la BIRD et l'IDA, soit environ 1,9 milliard de dollars, ont eu des effets connexes positifs sur le plan de l'atténuation des émissions ou de l'adaptation au changement climatique.
    • Au Sénégal, la Banque mondiale travaille avec ses partenaires à la conception d’un nouveau système de transport intelligent pour la ville de Dakar, qui permettra d’acheminer 300 000 voyageurs par jour. Le projet pilote de système de bus rapides sur voie réservée (BTR) améliorera les conditions de déplacement et raccourcira de moitié le temps de trajet moyen aux heures de pointe. D’après la contribution nationale déterminée par le Sénégal dans le cadre de l’accord de Paris, il jouera un rôle central dans la réduction des émissions de carbone liées au transport dans le pays.
    • En Inde, le volume du trafic sur un réseau routier long de 5,5 millions de kilomètres, augmente rapidement, tout comme les émissions, la pollution et les accidents. Le projet de routes nationales vertes (a), doté d'une enveloppe de 500 millions de dollars et approuvé en mars 2020, contribuera à l’intégration de technologies de sécurité et écologiques dans le réseau routier. La conception et l'aménagement de tronçons d’une longueur totale de 783 km permettront de faire la démonstration de la possibilité d’optimiser les ressources, de renforcer la résilience aux aléas climatiques et d’incorporer les enjeux écologiques et sécuritaires. Globalement, le projet permettra d'éviter l'émission de près de 12 500 tonnes d'équivalent CO2 par an entre 2024 et 2043.
    • Privilégier le ferroutage ou les voies navigables permet de réduire sensiblement l'empreinte carbone globale du secteur des transports. Ainsi, en Inde, la Banque a alloué 375 millions de dollars pour le développement d’une voie navigable moderne de 1 360 kilomètres sur le Gange (a). Ce projet devrait permettre d’éviter le rejet de 162 000 tonnes d’émissions de carbone chaque année.
    • Au Bangladesh, le Mécanisme de soutien à la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national participe au développement du secteur du transport fluvial (a). Dans le cadre d'un projet pilote, une partie des marchandises transportées sur l'axe Dacca-Chittagong est transférée sur les voies navigables fluviales (a), une solution qui devrait permettre de réduire les émissions, de diminuer les coûts de transaction pour les fournisseurs et d'améliorer la fiabilité et l'efficacité du transport de marchandises dans le pays.
    • Face au risque climatique grandissant, la Banque mondiale collabore avec ses pays clients pour concevoir des infrastructures de transport plus résistantes, améliorer leur entretien et établir des liaisons de substitution entre des points stratégiques. Au Mozambique, après le passage des cyclones Idai et Kenneth, le projet de développement intégré des routes rurales (a), doté de 110 millions de dollars, a permis de rétablir les liens entre les agriculteurs et les consommateurs et de restaurer l’accès aux services d'éducation et de santé pour les localités sinistrées, favorisant ainsi le redressement du pays. Toujours au Mozambique, les CIF et la Banque mondiale appuient les travaux techniques de conception de routes résistantes aux aléas climatiques pour favoriser la réhabilitation et le renforcement de plus de 300 km de routes et d'infrastructures vitales endommagées par les inondations. Cette démarche a permis de réviser les normes et spécifications nationales en matière de conception routière et elle a été adoptée par le gouvernement dans tout le pays.
    • Le projet d'amélioration de la logistique ferroviaire en Turquie (a), approuvé en juin 2020 avec un montant de 350 millions de dollars, vise à réduire le recours aux camions et véhicules lourds en transférant le transport des marchandises de la route au rail. Outre son intérêt économique — les prix du transport de fret par la route sont 2,6 fois plus élevés à la tonne que ceux du fret ferroviaire dans le pays —, cette démarche a l’avantage de réduire les émissions de carbone, ce qui faciliterait la réalisation des engagements pris par le pays au titre de sa contribution nationale à l’accord de Paris.
    • En raison de leur taille et de leur situation géographique, les petits États insulaires en développement sont particulièrement vulnérables aux dérèglements du climat. La Banque a fortement accru son aide au secteur des transports dans nombre de ces pays afin de renforcer leur résilience climatique, en s’attachant en priorité aux mesures d'adaptation. Par exemple, le Programme de résilience climatique des transports dans le Pacifique est actuellement mis en œuvre dans quatre pays : Samoa, Tonga, Tuvalu et Vanuatu. D'autres pays devraient se joindre au programme dans une deuxième phase.
    • À Bogota, IFC soutient le développement du téléphérique TransMicable (a), qui relie les quartiers défavorisés au réseau de bus principal, ainsi que l'extension du réseau de bus rapides TransMilenio, avec un financement de 140 millions de dollars. Le téléphérique a permis de ramener de 2 heures à 13 minutes les temps de trajet pour les résidents les plus pauvres et d'améliorer l'accès au marché du travail. IFC aide également la capitale de la Colombie à améliorer ses normes environnementales et sociales, en particulier grâce à un programme de mobilisation communautaire mené dans l'un des quartiers les plus pauvres de la ville afin d'atténuer les risques, d'améliorer les résultats sur le plan du développement et d'attirer des capitaux privés.
    • En Ukraine, les récentes réformes de décentralisation ont conféré aux municipalités une plus grande autonomie budgétaire et renforcé leur capacité à lever des fonds, ouvrant ainsi la voie à un projet pilote d'IFC dans la ville de Marioupol. IFC a accordé un prêt de 12,5 millions d'euros à la municipalité pour l'achat de 64 bus modernes à plancher bas et à grande capacité (a) et pour la modernisation des infrastructures connexes : dépôt de bus, outils et équipements pour les ateliers de maintenance, système de planification et de gestion du trafic. Par ailleurs, IFC fournit des services de conseil pour améliorer les aspects réglementaires et la structure de gouvernance du système de transport public municipal, afin de parvenir à la viabilité financière tout en offrant un filet de sécurité aux personnes vulnérables et pauvres.
    • En janvier 2020, un programme de mise à la casse et de recyclage de véhicules en Égypte (a), soutenu par le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone (CPF) (a) de la Banque mondiale, a versé tous les crédits carbone prévus au titre du contrat avec les participants au CPF. Pour la seule ville du Caire, plus de 46 000 nouveaux taxis, soit plus de 90 % de la flotte de la ville, sont venus remplacer des véhicules âgés pour certains de plus de 50 ans. Ce projet a permis de réduire les accidents et les émissions de polluants qui nuisent à la qualité de l'air et à la santé humaine. Entre 2013 et 2018, il a également évité le rejet de l'équivalent de plus de 340 000 tonnes de dioxyde de carbone.

    Alimentation et agriculture

    • En 2020, 52 % des investissements de la Banque mondiale dans le secteur agricole financent directement des mesures d'atténuation et d'adaptation.
    • Le changement climatique est l'un des principaux responsables de l'invasion actuelle de criquets pèlerins. Des conditions météorologiques inhabituelles, exacerbées par les dérèglements du climat, ont créé les conditions idéales pour une prolifération de ces ravageurs. L'augmentation des températures dans l'océan Indien occidental en 2019 a donné lieu à des précipitations anormalement abondantes, créant des conditions humides idéales pour l'éclosion et la reproduction des insectes, et de violents cyclones dans des zones habituellement arides d'Afrique et du Moyen-Orient ont contribué à disperser les essaims. Le Groupe de la Banque mondiale s'efforce d'apporter une aide modulable aux pays touchés par cette invasion acridienne (a). Face à l’urgence des besoins et pour soutenir la riposte des pays, il fournira des financements, accompagnés de conseils et d'une assistance technique sur les actions à mener.
    • Au Niger, IFC et les CIF se sont associés à Netafim, leader mondial dans les technologies de micro-irrigation, dans le cadre d’un partenariat triennal en soutien à un programme d'irrigation (a). Des systèmes d'irrigation au goutte-à-goutte de petite taille sont installés sur des parcelles de terrain allant de 250 à 2 500 mètres carrés dans tout le pays. Cette technique, entièrement alimentée par des pompes à énergie solaire, amène lentement l'eau vers les racines des plantes, goutte à goutte. Netafim a formé à ce jour plus de 300 agriculteurs à l'utilisation de cette technologie, dont plus de la moitié sont des femmes. Les agriculteurs participant au programme ont déclaré avoir augmenté leur revenu de plus de 200 dollars par saison et avoir réalisé entre 30 et 55 % d'économies d'eau.
    • Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) regroupe 13 pays et de multiples partenaires de la région. Il soutient la mise au point de variétés de cultures vivrières (riz, banane plantain, maïs, etc.) adaptées aux contraintes du changement climatique. La collaboration avec les coopératives et les agents de vulgarisation a permis de mettre au point et de distribuer aux agriculteurs 233 variétés de cultures, d’introduire des techniques climato-intelligentes pour les traitements d’après récolte et la transformation des produits agricoles, et de former les agriculteurs à des pratiques comme le compostage et l’agroforesterie. Les agriculteurs ont également désormais accès à des systèmes plus efficaces de récupération de l’eau. En juillet 2019, ce programme avait renforcé la résilience et la productivité de plus de 9,6 millions d’habitants et 7,6 millions d’hectares de terres agricoles, tout en contribuant à une agriculture durable. La production et les revenus des bénéficiaires ont augmenté de 30 % en moyenne, ce qui contribue à améliorer la sécurité alimentaire d’environ 50 millions de personnes dans la région.
    • En mars 2017, IFC a engagé, dans le cadre du Programme mondial de crédit-stockage, un prêt de plus de 40 millions de dollars au profit de Sofitex, une société d'exportation de produits agricoles du Burkina Faso. Le projet est aligné sur l'Initiative pour l'irrigation au Sahel de la Banque mondiale et soutient les engagements pris par le pays au titre de sa contribution à l’accord de Paris. Le prêt permet aux agriculteurs d'utiliser des installations de stockage performantes afin de réduire les pertes après récolte. Il prévoit aussi des services de conseil pour aider les agriculteurs clients de la Sofitex à accroître de respectivement 40 % et 30 % environ leurs rendements de coton et de maïs, sans exploiter les ressources en eau du sous-sol.
    • Un investissement de 10,6 millions de dollars des CIF pour expérimenter des pratiques agricoles à faible émission de carbone dans le Cerrado brésilien (a) a suscité un vif intérêt parmi les 7 800 agriculteurs et éleveurs qui y ont participé activement. Le projet a permis de remettre en état plus de 378 000 hectares de pâturages dégradés, soit une superficie supérieure à celle de la plus grande ville du Brésil, São Paulo.  

     

    Forêts et paysages

    • La Banque mondiale a mis en place des fonds dédiés au financement de paiements basés sur les résultats pour la réduction des émissions de GES provenant des secteurs de la foresterie et de l'utilisation des terres. Ces fonds, qui financent des projets dans près de 50 pays, sont dotés d’un montant total supérieur à 1,5 milliard de dollars. Ces initiatives portent non seulement sur la mise en œuvre de mesures de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts et sur le développement d'activités d'utilisation durable des terres, mais elles procurent également aux parties prenantes des avantages connexes sur le plan social et de la lutte contre la pauvreté, en mettant notamment l'accent sur le rôle et la participation des femmes et des populations autochtones.
    • Le Chili (a), la République démocratique du Congo, le Ghana (a) et le Mozambique — des pays dotés de ressources forestières capitales pour la planète — ont signé avec la Banque mondiale des accords historiques qui récompensent les efforts déployés par les populations locales pour réduire les émissions de carbone en luttant contre le déboisement et la dégradation des forêts. Ces quatre contrats d’achat de crédits de réduction d’émissions permettront le versement d’un montant pouvant aller jusqu'à 181 millions de dollars. Les paiements proviendront du Fonds carbone du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) (a), mis en place par la Banque mondiale. Plusieurs autres pays devraient mettre la dernière main à leurs programmes de réduction des émissions et suivre le même chemin en signant des contrats similaires, dont la valeur totale est estimée à environ 800 millions de dollars d'ici la fin de 2020.
    • Depuis des décennies, la chasse illégale et la surpêche dans la région d'Orinoquia, en Colombie (a), ont contribué à une importante perte de biodiversité. La mobilisation de sources de financement (a) pourrait cependant favoriser de nouvelles options économiques pour les communautés locales, tout en contribuant à préserver l'énorme valeur que représente la région en termes de biodiversité, de stockage du carbone et d’écosystèmes. L’Initiative pour la gestion durable des paysages forestiers du Fonds BioCarbone (ISFL) (a) entend soutenir ces efforts en créant un environnement propice à la croissance économique de la région d'Orinoquia, en harmonie avec la préservation de l'environnement.
    • Les programmes d'utilisation des terres axés sur les résultats récompensent les parties prenantes pour leurs efforts de réduction des émissions, de gestion durable des terres et de protection des écosystèmes. Les bonnes mesures d'incitation gérées par les bonnes personnes peuvent garantir un succès durable, mais concrétiser cette combinaison gagnante exige une réflexion approfondie, en particulier pour les programmes à grande échelle comme ceux soutenus par le FCPF et l’ISFL. La Banque a récemment produit un ensemble d'outils et de documents d'aide (a) pour accompagner pas à pas la préparation d’accords de partage des bénéfices équitables et efficaces.
    • Grâce au Mécanisme spécial de dons en faveur des peuples autochtones et des populations locales, soutenu par les CIF et doté de 76,5 millions de dollars, les communautés sont encouragées à proposer et à conduire des concertations et des actions en faveur d’une exploitation durable des ressources forestières. Ce dispositif fait partie du Programme d'investissement forestier (FIP) des CIF (a), dont les activités à travers le monde ont permis de réduire les émissions de l'équivalent de 12,3 millions de tonnes de dioxyde de carbone et d’assurer la gestion durable de plus de 30 millions d'hectares de forêts, au profit de plus de 1,3 million de bénéficiaires.
    • Villes
    • La Banque mondiale finance des activités de développement urbain dans plus de 140 pays. Sur l’exercice 2020, elle a investi 4,5 milliards de dollars dans la gestion du risque de catastrophe.
    • Le Groupe de la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement mettent en œuvre le City Climate Finance Gap Fund (a), un nouveau partenariat qui soutient le développement de villes écologiques, inclusives, résilientes, créatives et compétitives dans les pays en développement. Grâce au soutien des donateurs, à des conseils techniques et des financements ciblés d'au moins 100 millions d'euros, le fonds s'attachera à mobiliser environ 4 milliards d'euros pour aider les villes à transformer leurs ambitions climatiques en projets prêts à être financés.
    • Lancé en juin 2017, le Programme pour la résilience des villes (CRP) (a) est une initiative multidonateurs qui repose sur un partenariat entre la Banque mondiale et la GFDRR, et dont l’objectif est d'intensifier les financements consacrés à la résilience urbaine. Il s’attache à favoriser le passage d'une approche de la résilience urbaine cloisonnée et axée sur des projets isolés, à des programmes de services techniques et financiers à plus long terme, plus complets et multidisciplinaires. L’enjeu est de constituer une réserve de projets viables à l’échelon de la ville afin d'en renforcer la résilience.
    • Afin d’initier le dialogue avec les municipalités et de les aider à planifier efficacement leurs besoins, le CRP a produit à ce jour 41 « City Scans », des diagnostics qui fournissent un ensemble de cartes, de statistiques et d'analyses territoriales pour mieux appréhender l'environnement bâti et les risques.
    • La résilience urbaine est indissociable des enjeux écologiques. La Plateforme mondiale pour des villes durables (GPSC) (a) de la Banque mondiale est un réseau de collaboration et de partage de connaissances qui regroupe 28 villes dans 11 pays. L’enveloppe de 151 millions de dollars de financements apportée par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a permis de mobiliser 2,4 milliards de dollars en cofinancement de projets. La plateforme favorise l’accès à des solutions intégrées et à des connaissances de pointe pour les villes qui cherchent à améliorer leur résilience et leur viabilité urbaine globale. Elle fournit pour cela des indicateurs et des outils, une aide à la planification et à la gestion urbaines intégrées et une assistance pour améliorer les capacités de financement des villes.
    • Le potentiel de la construction écologique dans les villes des marchés émergents se chiffre à 24 700 milliards de dollars (a) d'ici à 2030 selon des travaux menés par IFC, qui montrent aussi comment les bailleurs de fonds, les pouvoirs publics, les promoteurs et les propriétaires immobiliers peuvent être le fer de lance de ce marché inexploité.
    • IFC a également mis au point un instrument de certification écologique pour les bâtiments résidentiels, publics et commerciaux, baptisé EDGE (a) et disponible à ce jour dans 160 pays émergents. Cette initiative vise à stimuler la demande de constructions respectueuses de l’environnement, tout en renforçant la capacité des promoteurs et des banques à répondre aux besoins du marché de l’écoconstruction. En septembre 2020, près de 7,7 millions de mètres carrés de surface au sol ont été certifiés EDGE, ce qui représente une diminution de plus de 130 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
    • Le montant cumulé des engagements d'IFC dans les bâtiments verts (investissements pour son propre compte et fonds mobilisés) s'élève à 3,9 milliards de dollars. Sur l’exercice 2020, IFC a investi directement 362 millions de dollars en faveur du secteur de l’écoconstruction et permis de mobiliser 215 millions supplémentaires, soit un financement total de 577 millions de dollars.
    • Avec l'aide du programme de la Banque mondiale sur les villes et le changement climatique, cofinancé par les CIF, la ville de Beira, au Mozambique (a), met en œuvre un programme d'infrastructures vertes pour renforcer sa résilience aux événements climatiques extrêmes et aux inondations dévastatrices, et améliorer les conditions de vie de ses habitants. La ville a ainsi amélioré son système de drainage des eaux pluviales, ce qui a permis de réduire de 70 % les risques d'inondation, et a adopté une approche inspirée par la nature pour prévenir ces catastrophes. Elle a planté 7 000 arbres, créé un jardin botanique, réhabilité des zones de mangrove et construit des infrastructures de loisirs. Cette initiative est aujourd'hui une source de fierté pour Beira, car il s'agit du plus grand programme d'infrastructures vertes de la région. Elle a permis de transformer les berges de la rivière Chiveve en un parc urbain qui fournit des services écosystémiques (biodiversité, drainage, refroidissement urbain et atténuation des inondations), ainsi que des opportunités économiques et récréatives pour les habitants de Beira.

    Partenariats innovants

    • En avril 2019, à l'occasion des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, les ministres des Finances de plus de vingt pays ont lancé une nouvelle coalition pour intensifier l'action collective contre le changement climatique et ses conséquences. Cette nouvelle Coalition des ministres des Finances pour l'action climatique a approuvé six principes directeurs, dits « principes d'Helsinki » (a), destinés à promouvoir les interventions climatiques nationales, au moyen notamment des outils de politique budgétaire et de gestion des finances publiques. Elle rassemble à présent plus de 50 pays membres, qui représentent 30 % du PIB mondial. Les ministres des Finances se sont aussi réunis lors de la COP25 et ils ont lancé le Plan d'action de Santiago (a) qui détaille une feuille de route pour chacun des principes d'Helsinki.
    • La Coalition des leaders de la tarification du carbone (CPLC) (a), une initiative du Groupe de la Banque mondiale, réunit des dirigeants de pays et de collectivités territoriales ainsi que des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile pour promouvoir l'adoption de mesures de tarification efficace du carbone afin de soutenir des plans d'action climatiques ambitieux et de contribuer à un développement durable.
      • La CPLC réunit un groupe d'experts de haut niveau issus des secteurs public et privé et de la société civile afin de rechercher les moyens d'atteindre les objectifs de neutralité carbone, notamment en mettant l'action sur le rôle de la tarification du carbone.
      • La Commission de haut niveau sur la tarification et la compétitivité du carbone (a), composée de PDG et de cadres dirigeants de grandes entreprises mondiales, ainsi que d'anciens hauts fonctionnaires et de représentants du monde universitaire, a publié un rapport phare en septembre 2019, appelant les industriels et les pouvoirs publics à adopter des politiques ambitieuses en matière de prix du carbone. Alors que de plus en plus d'entreprises élaborent des stratégies bas carbone, les politiques publiques doivent accompagner ces initiatives en vue d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques, de susciter l'innovation et la création d'emploi, et de traiter les questions de compétitivité.
      • Aux côtés du Partenariat pour la préparation du marché du carbone (PMR), la Coalition apporte son soutien au Carbon Pricing Dashboard (a), un portail en ligne interactif qui fournit des informations actualisées sur les dispositifs de tarification du carbone en cours ou à venir à travers le monde.
    • Le Partenariat pour la mise en place de marchés du carbone (PMI) (a), qui s’inscrit dans la continuité des activités de préparation, a été lancé lors de la COP25 par la Banque mondiale en collaboration avec plusieurs partenaires : Allemagne, Canada, Chili, Colombie, Commission européenne, Espagne, Finlande, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Suisse et Viet Nam. Ce nouveau partenariat proposera une assistance technique pour aider les pays à concevoir, expérimenter et mettre en œuvre des instruments de tarification du carbone et de gestion du marché. Il apportera son soutien à au moins dix pays en développement et appuiera la préparation de vingt autres pays.
    • Le Groupe de la Banque mondiale organise chaque année la conférence Innovate4Climate (a), principale manifestation mondiale consacrée à l'action contre le changement climatique, qui s’est imposée comme un rendez-vous incontournable pour le partage de connaissances techniques de haute qualité. Lancée en 2017, elle accueille des leaders gouvernementaux et des dirigeants mondiaux du monde de l'industrie, des affaires, de la finance et de la technologie, qui se réunissent pour imaginer la prochaine génération de solutions climato-intelligentes susceptibles de transformer l'économie mondiale.
    • Dans le cadre d’un fonds fiduciaire multidonateurs dédié à des campagnes de communication sur la lutte contre le changement climatique (CCC MDTF), le partenariat mondial Connect4Climate (C4C) (a) réunit plus de 500 organisations dans le but d'accélérer l'action climatique au niveau mondial et local grâce à la sensibilisation, à un soutien opérationnel, à la recherche et au renforcement des capacités. En appliquant des méthodes de communication créatives, C4C peut mobiliser et motiver différents publics, tout en privilégiant la participation des jeunes et en s'appuyant sur des industries influentes, comme le cinéma, la mode, la musique et le sport, afin de susciter un réel changement de comportement.
      • C4C produit actuellement la série #Youth4ClimateLive (a) en collaboration avec le ministère italien de l'Environnement, de la Terre et de la Mer et le bureau de l'Envoyé du Secrétaire général des Nations Unies pour la jeunesse, dans le cadre des initiatives organisées en vue de la pré-COP26 de 2021 à Milan, en Italie, et de la COP26. Tous les mois, chaque épisode rassemble un groupe très diversifié de jeunes enthousiastes et à l'avant-garde de l'action en faveur du climat pour des conversations intergénérationnelles et interactives avec des décideurs politiques et des experts.
      • Le documentaire Great Green Wall (a) suit la quête épique de la musicienne malienne Inna Modja le long de la Grande Muraille Verte de l'Afrique, un projet qui porte l’ambition de faire pousser un « mur » de 8 000 kilomètres de verdure sur toute la largeur du continent pour restaurer des terres productives et donner un avenir à des millions de personnes. C4C s'est associé à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) afin de promouvoir ce documentaire conçu pour renforcer l’adhésion à ce projet et aider les jeunes Africains à participer à la régénération et au renouvellement de leur terre.   
      • À l’occasion de l'Assemblée du FEM au Viet Nam et de la COP25 à Madrid, C4C a proposé des espaces numériques (a) destinés à promouvoir l'action climatique auprès d’un public mondial. Il a également soutenu les célébrations du 30e anniversaire du GIEC (a) à Bologne, en facilitant l’organisation d’événements de haut niveau associant politique, science et art.
      • Lors de la COP25 à Madrid, C4C a lancé la campagne #WeAreAction, symbolisée par un nœud papillon vert (a) et proposant des contenus vidéos destinés aux jeunes (a), des vénements organisés en marge de la conférence (a) et une série de portraits Instagram présentant de jeunes leaders de l'action climatique du monde entier.
      • C4C a contribué à la production du documentaire Youth Unstoppable (a), qui retrace la montée du mouvement mondial de la jeunesse pour le climat et continue à inciter les jeunes du monde entier à agir. Lors de la COP24 en Pologne, C4C a invité le réalisateur Slater Jewell-Kemker et Greta Thunberg (a) à discuter du rôle de la jeunesse dans la promotion de solutions innovantes pour le climat.
      • Lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, C4C s'est associé au Youth Climate Lab (a) pour organiser un atelier interactif consacré à la question des financements pour le climat, auquel ont participé plus de 100 jeunes du monde entier. Les résultats de cet atelier innovant ont été présentés lors du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, ce qui a ainsi permis de faire entendre la voix et les propositions des jeunes dans le cadre officiel des Nations Unies.
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Le plan d'action sur le changement climatique



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