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  • Les programmes de développement piloté par la communauté se fondent sur les principes de transparence, de participation, de responsabilisation et de renforcement des capacités locales. 

    L’expérience montre que les populations pauvres sont en mesure de s’organiser efficacement si elles disposent de règles transparentes et clairement énoncées, de l’accès à l’information et d’un soutien technique et financier adapté : les communautés peuvent ainsi définir leurs priorités et résoudre des problèmes locaux en collaborant avec les autorités locales et diverses institutions pour construire de petites infrastructures et fournir des services de base. 

    La Banque mondiale est convaincue que les programmes de développement communautaire concourent activement à une réelle réduction de la pauvreté et à la mise en œuvre de stratégies de développement durable. 

    Dans un grand nombre de pays, ces opérations constituent le seul filet social disponible pour venir en aide à temps et efficacement aux populations isolées et vulnérables. Elles ont largement fait la preuve de leur capacité à apporter des aides financières avec rapidité et souplesse à la suite de catastrophes ou de crises d'ampleur mondiale, comme celle provoquée par le nouveau coronavirus (COVID-19). Sachant que les responsables communautaires sont plus à même de connaître les besoins spécifiques de chaque collectivité, il pourra s'agir par exemple de verser, en plus des transferts monétaires destinés aux ménages, des subventions à des villages ou des quartiers urbains qui viendront soutenir les plans d’urgence définis au niveau de la communauté.  

    La Banque mondiale aide les gouvernements à concevoir, mettre en œuvre et évaluer ce type de programmes dans une grande variété de pays à revenu faible et intermédiaire, y compris dans des États fragiles ou en proie à des conflits et à la violence. Les programmes de développement communautaire répondent à des besoins urgents dans des domaines tels que l’accès à l’eau potable, la construction de routes rurales, l’édification d’écoles ou de structures médicales, la nutrition des mères et des enfants ou encore le soutien aux microentreprises. Ils ont à maintes reprises fait preuve de leur capacité à améliorer l’accès à des infrastructures et des services de qualité et rentables, de telle sorte qu’ils bénéficient d’un large appui de la collectivité. 

    Dernière mise à jour: mars 19, 2021

  • Depuis quelques décennies, de nombreux gouvernements considèrent que le développement piloté par la communauté est un aspect opérationnel clé de leur stratégie de lutte contre la pauvreté et les inégalités. Cette démarche de partenariat avec les populations et les autorités locales, notamment en donnant aux groupes communautaires le contrôle direct des ressources, a permis de mettre en place des services de base et, quand les projets se poursuivent dans le temps, de réduire sensiblement la pauvreté parmi les populations et les groupes les plus démunis.  

    En juin 2020, la Banque mondiale finançait 327 projets de développement communautaire en cours dans 90 pays — dont 71 pays soutenus par l’Association internationale de développement (IDA) —, pour un montant total d’engagements de 33 milliards de dollars (dont 65 % de financements de l’IDA). En outre, différents prêteurs et donateurs ont apporté un montant supplémentaire de 33,8 milliards de dollars. Les démarches de développement communautaire sont particulièrement importantes dans les situations de fragilité, conflit et violence. En juin 2020, ce type de projet concernait 27 des 37 pays (73 %) figurant sur la liste des situations fragiles (a), ainsi que 15 autres pays qui connaissent des conflits infranationaux, accueillent des populations déplacées ou des réfugiés ou sortent d’un conflit. 

    Les programmes de développement communautaire ont évolué au fil du temps et se sont adaptés à des contextes locaux très divers. Ils ont permis d’obtenir des résultats tangibles sur le terrain dans certaines des régions du monde les plus reculées et les plus difficiles d’accès.  

    Pour aller encore plus loin, la Banque mondiale exploite toutes les possibilités qu’offrent ces approches, notamment pour s’engager davantage dans les situations de fragilité, de conflit et de violence, et pour mieux cerner de nouvelles possibilités d’action dans les domaines clés suivants : 

    • Répondre aux conséquences de la COVID-19, en soutien aux mesures de prévention, d’aide et de redressement. Les leçons tirées des précédentes pandémies, notamment des flambées d'Ebola de 2014-2016, mettent en évidence l'importance des réponses sociales pour la gestion des crises et le redressement, en complément des interventions sanitaires. S’agissant de la COVID-19, la collaboration entre les communautés, les systèmes de santé, les autorités locales et le secteur privé peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la propagation du virus, l'atténuation des conséquences de la pandémie et le soutien à la reprise de l'économie locale. Ces partenariats peuvent notamment appuyer la prévention grâce à des campagnes de communication et de promotion des changements de comportements, apporter une réponse d’urgence de court terme, amortir les chocs économiques et renforcer la résilience future. Les projets de développement communautaire déjà en place peuvent servir de base et d’appui à une action immédiate, tout en offrant la possibilité de soutenir un redressement et renforcer la résilience à plus long terme. 

    • Soutenir le développement économique local. Au vu de la réussite de programmes pilotés par la communauté en Asie du Sud et en Amérique latine et Caraïbes, des travaux sont en cours pour étendre le recours aux démarches de développement communautaire à l’appui du développement économique local. Cette évolution, qui répond à une demande qui ne cesse de croître, y compris dans les pays à revenu intermédiaire et les pays urbanisés, consiste notamment à soutenir les investissements ciblant le marché et les possibilités offertes par les chaînes de valeur, mais aussi à améliorer l’accès à la finance au niveau local. 

    • Intervenir dans des situations de fragilité, de conflit et de violence. Les programmes de développement communautaire se sont avérés particulièrement efficaces dans ce type de contexte. Une étude menée en 2016 par le Groupe indépendant d’évaluation (IEG) du Groupe de la Banque mondiale a révélé qu’ils comptaient parmi ses activités opérationnelles les plus fréquentes dans les pays en proie à la fragilité, au conflit et à la violence. Cela s’explique en partie par la capacité des programmes de développement communautaire à atteindre efficacement et sur une grande échelle des zones reculées ou peu sûres, et par leur capacité à fournir des résultats rapides et inclusifs. L’importance de la fourniture de services inclusifs pour prévenir les conflits a été soulignée dans la récente étude phare de l’ONU et de la Banque mondiale, Chemins pour la paix, et l’institution a lancé un programme mondial d’innovation et d’apprentissage pour favoriser la contribution des programmes pilotés par les communautés à la prévention des conflits.  

    • Exploiter les possibilités de convergence avec les programmes sectoriels et les réformes de décentralisation. Un projet de développement communautaire bien mené peut constituer une plateforme de développement local à même d’accompagner les programmes sectoriels, tant sur le plan du ciblage que de la maîtrise des coûts, de la qualité des services et de la responsabilisation globale. Il favorisera en effet l’ancrage des principes de transparence, de responsabilité et de participation dans l’ensemble du système de gouvernance infranational, mais sous réserve cependant que le climat politique soit propice aux réformes, notamment en matière de décentralisation budgétaire. 

    • Lutter contre les effets du changement climatique sur les populations vulnérables (a). Sous l’effet des dérèglements du climat, des millions de personnes vulnérables risquent d'être exposées à des difficultés accrues et multiples : événements météorologiques extrêmes, risques sanitaires, insécurité alimentaire et hydrique, précarisation des moyens de subsistance, migrations... La Banque mondiale appuie des démarches de développement communautaire et des mécanismes de financement pour le climat décentralisés qui donnent aux communautés les moyens de mener un programme d'action climatique axé sur leurs objectifs de développement tout en promouvant, au niveau des parties prenantes locales, une plus grande transparence et responsabilisation sur les fonds climatiques. 

    La Banque mondiale soutient ces pistes d’action en réalisant des études analytiques ciblées, en fournissant une assistance technique à des programmes de premier plan dans le monde entier, en appuyant les processus d’assurance qualité grâce à l’échange d’informations et de connaissances, et en encourageant le développement des compétences de son personnel.  

    Dernière mise à jour: mars 19, 2021

  • Ces dernières années, l’appui fourni par la Banque mondiale au développement communautaire a de plus en plus privilégié la création de plateformes nationales pour améliorer l’offre de services publics et lutter contre la pauvreté. La plupart des programmes, au départ limités à des opérations autonomes à petite échelle, se sont progressivement élargis à un périmètre plus vaste, souvent national. Ils s’inscrivent désormais dans le cadre de véritables stratégies de décentralisation et ont contribué à lever des obstacles multisectoriels. 

    Indonésie : lancé en 2018 et tirant parti de dispositifs efficaces créés dans le cadre de programmes communautaires précédents, le projet d’investissement dans la nutrition et la petite enfance (a) est une initiative phare du gouvernement indonésien pour prévenir le retard de croissance chez les enfants et investir dans le capital humain. Cette initiative intersectorielle sert la mise en œuvre d’une stratégie nationale visant à accélérer la prévention des retards de croissance. Le vice-président indonésien a donné le coup d’envoi de cette stratégie en août 2017. Elle implique 23 ministères, 514 gouvernements régionaux et 75 000 villages afin de combiner des interventions prioritaires en faveur des familles comptant des femmes enceintes et des enfants âgés de moins de deux ans, dans les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation de la petite enfance, de la protection sociale, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. 

    Afghanistan : le projet de charte du citoyen (a) prévoit dans sa première phase d’offrir à dix millions de personnes l’accès à des services de base pour l’eau, les routes, l’irrigation, l’électricité et le suivi des services de l’éducation et de la santé. Le projet s’appuie sur une approche participative de développement piloté par les communautés afin de mieux satisfaire les citoyens et accroître leur confiance dans l’État. Il a déjà bénéficié à 13,6 millions de personnes et 7 172 autres projets sont en cours dans les secteurs de l’eau, de l’irrigation, de l’électricité, des transports, de l’école et autres. Les taux de participation aux élections des conseils locaux de développement sont élevés (77 % dans l’ensemble) et encore plus chez les femmes (78 %), les personnes handicapées, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les rapatriés (83 %). Un financement supplémentaire a été approuvé pour soutenir une réponse d’urgence à la crise des déplacements régionaux à laquelle l’Afghanistan doit faire face en raison de l’afflux prévisible de plus d’un million de rapatriés en provenance du Pakistan et d’autres pays. 

    Le projet s’inscrit dans la continuité du programme de solidarité nationale (a), principale initiative publique de développement piloté par les communautés, dont le financement avoisine les 2,5 milliards de dollars. Le programme a concerné plus de 33 000 conseils locaux de développement élus par la communauté dans 34 provinces du pays et il a permis de financer plus de 81 000 projets d’infrastructures de proximité dans les secteurs de l’accès à l’eau et l’assainissement, les routes en milieu rural, l’irrigation, l’énergie, la santé et l’éducation. De 2003 à 2016, le programme a contribué à l’obtention des résultats suivants : construction ou remise en état de près de 53 600 kilomètres de routes ; accès à une source d’eau améliorée pour plus de 11,7 millions de personnes grâce à la construction d’environ 86 300 points d’eau collectifs, ce qui a permis de réduire de 5 % le temps passé par les familles, et surtout par les femmes, à l’approvisionnement en eau ; production de 32 mégawatts d’électricité ; irrigation de plus de 524 000 hectares de terres ; construction de 2 000 salles de classe. Ces travaux essentiels d’infrastructures rurales ont créé des emplois temporaires représentant plus de 52 millions de jours de travail.  

    Ce programme a fait l’objet d’une évaluation d’impact indépendante qui a mis en évidence une hausse de la fréquentation scolaire, une meilleure qualité de l’éducation des filles, une augmentation de 15 % de l’utilisation des sources d’eau protégées, une réduction de 5 % du temps passé par les familles à s’approvisionner en eau, une progression de 26 % de la consommation électrique et un meilleur accès des femmes à l’éducation, aux soins et aux services d’assistance. 

    L’Afghanistan utilise actuellement le projet de charte du citoyen (a) afin de mobiliser les habitants autour de campagnes de sensibilisation sur la COVID-19. Les chefs de village diffusent des informations d'importance vitale lors de petits rassemblements pendant lesquels les participants observent une stricte distanciation sociale et d'autres mesures de prévention. Le gouvernement étend actuellement le périmètre de ce programme, de même que celui d'un autre projet de développement communautaire baptisé REACH (a), pour couvrir 90 % du pays, soit 34 millions de personnes. 

    Bolivie : doté d’un financement de 40 millions de dollars, le projet d’investissement communautaire dans les zones rurales (a) a pour objectif de lutter contre l’extrême pauvreté des petits agriculteurs, en particulier parmi les populations autochtones. Lancé fin 2011, ce projet a abouti à un transfert de prérogatives et de ressources au profit de 362 620 habitants de 656 communautés rurales particulièrement vulnérables (30 % de plus que l’objectif initial de 500 communautés) et soutenu 880 sous-projets d’amélioration de l’accès des ménages ruraux à des infrastructures productives et essentielles. À ce jour, le projet a élargi l’accès aux infrastructures routières au profit de 29 866 personnes et accru ou amélioré les capacités d’irrigation pour 73 638 bénéficiaires. En 2015, le gouvernement bolivien a reçu un crédit additionnel de 60 millions de dollars (a) pour étendre et renforcer la réussite du projet, qui bénéficiera à 200 000 personnes supplémentaires. 

    Maroc : l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a été lancée en 2005 pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres et vulnérables, en leur assurant de meilleures possibilités de développement économique, un accès plus facile à des services sociaux et essentiels et une gouvernance améliorée. La phase 2 de l’INDH (2011-2015) a étendu la couverture démographique et géographique à 1 234 localités (contre 667 initialement), et porté le budget de 1,2 à 2,1 milliards de dollars en l’espace de cinq ans. 

    La Banque mondiale a appuyé la seconde phase de l’INDH dans le cadre de sa première opération de prêt-programme pour les résultats (a), en mettant l’accent sur l’élargissement de l’accès aux services et l’amélioration de la qualité, le renforcement d’une gouvernance locale participative et de la responsabilité sociale, une plus grande inclusion économique et un soutien au développement des capacités et des systèmes. Entre 2005 et 2015, le financement de plus de 45 000 sous-projets pilotés par les communautés a permis à plus de dix millions de bénéficiaires d’accéder à des infrastructures et des services sociaux et économiques essentiels, mais aussi de bénéficier de formations.  

    L’évaluation d’impact de l’INDH a révélé une augmentation de 86 % du nombre de ménages ayant accès à un meilleur approvisionnement en eau, un taux de passage dans la classe supérieure de 84 % chez les filles scolarisées dans des internats soutenus par le projet, une progression de 21 % du revenu moyen des ménages et une hausse de 62 % de l’accès aux infrastructures de base telles que les routes, l’électricité, l’assainissement, les écoles et les centres de santé locaux. 

    Nigéria : le projet de développement communautaire et social (a) a apporté son concours à plus de 15 111 microprojets pilotés par des communautés, bénéficiant directement à au moins 9,3 millions d’habitants répartis dans 30 États. L’évaluation d’impact de cette opération montre qu’elle a eu les effets suivants : réduction de la mortalité maternelle et infantile ; hausse de la scolarisation et de l’assiduité des élèves ; diminution de la distance à parcourir, donc du coût et des délais nécessaires pour accéder à l’eau, aux services de santé et à l’électricité ; accroissement des revenus des agriculteurs. La réussite du projet a conduit certains États et autorités locales à adopter l’approche de développement communautaire et à augmenter leurs dotations budgétaires aux activités pilotées par les communautés. La Banque mondiale a approuvé un prêt additionnel de 75 millions de dollars pour élargir et améliorer l’offre de services sociaux, notamment en faveur des populations déplacées fuyant le conflit qui sévit dans le nord-est du pays. 

    Il est désormais établi que la mise en œuvre de projets de développement communautaire est positive dans les pays fragiles et touchés par des conflits ainsi qu’à la suite de catastrophes naturelles, car elle permet de rétablir rapidement, efficacement et de façon modulable des services essentiels, y compris dans des zones peu sûres ou très difficiles d’accès. Des programmes de ce type ont notamment été mis en œuvre dans plusieurs États fragiles et touchés par un conflit en Afrique (a) — par exemple en Côte d’IvoireRépublique démocratique du CongoGuinée-BissauLibéria (a), Mali et Soudan du Sud (a) — ainsi qu’en Afghanistan, au Myanmar (a) et dans les Îles Salomon (a). 

    Dernière mise à jour: mars 19, 2021





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