Santé de la procréation, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent

Entre 1990 et 2013, la mortalité maternelle dans le monde a chuté de plus de 540 000 décès à 289 000, soit une baisse de 45 %. Si pratiquement toutes les régions du monde ont réalisé des progrès considérables, de nombreux pays, surtout en Afrique subsaharienne, ne sont pas parvenus à atteindre le cinquième objectif du Millénaire pour le développement (OMD) consistant à réduire le taux de mortalité maternelle de 75 % entre 1990 et 2015.

Un tiers de la totalité des décès maternels dans le monde sont concentrés dans deux pays : en 2013, près de 17 % (50 000) d'entre eux se sont produits en Inde et 14 % (40 000) au Nigéria. Par ailleurs, parmi les 40 pays qui enregistrent les taux de mortalité maternelle les plus élevés, 36 se trouvent en Afrique subsaharienne.

Nombre de pays à faible revenu continuent de souffrir de taux élevés de fécondité et de mortalité maternelle, ces deux indicateurs étant étroitement liés à des niveaux importants de mortalité infantile et d'inégalités entre les sexes. Plus d'un quart des jeunes filles et des femmes d'Afrique subsaharienne n'ont pas accès à des services de planification familiale, ce qui favorise les grossesses non désirées ainsi que la propagation du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles. 

Dans le cadre du troisième des Objectifs de développement durable (ODD) qui entreront en vigueur à la fin de l’année 2015, la communauté mondiale de la santé s’attachera à atteindre trois cibles spécifiques au domaine de la santé génésique, maternelle et infantile :

3.1 D’ici à 2030, faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes.

3.2 D’ici à 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans, tous les pays devant chercher à ramener la mortalité néonatale à 12 pour 1 000 naissances vivantes au plus et la mortalité des enfants de moins de 5 ans à 25 pour 1 000 naissances vivantes au plus.

3.7 D’ici à 2030, assurer l’accès de tous à des services de soins de santé sexuelle et génésique, y compris à des fins de planification familiale, d’information et d’éducation, et la prise en compte de la santé génésique dans les stratégies et programmes nationaux.

Par ailleurs, l’action menée pour atteindre ces cibles s’effectuera en collaboration avec celle entreprise dans le cadre de la cible 3.8, qui porte sur la couverture santé universelle : « Faire en sorte que chacun bénéficie d’une assurance-santé, comprenant une protection contre les risques financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable. »

Dernière mise à jour: sept. 08, 2015

Garantir un accès universel à des services de santé génésique et de planification familiale de qualité est essentiel pour améliorer les résultats sur le plan du développement humain, et il s'agit de l'une des principales priorités du pôle Santé, nutrition et population de la Banque mondiale.

En juillet 2015, les Nations Unies, le Groupe de la Banque mondiale et les gouvernements du Canada, de la Norvège et des États-Unis ont lancé, aux côtés de responsables nationaux et mondiaux du secteur de la santé, le Mécanisme de financement mondial en soutien à l'initiative « Chaque femme, chaque enfant » (GFF). Le GFF (a) est un dispositif de financement clé à l'appui de la Stratégie mondiale pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents du secrétaire général des Nations Unies. Il s'agit d'un partenariat de financement piloté par les pays qui réunit les différentes parties prenantes, sous le leadership et le contrôle des gouvernements nationaux, avec l’objectif d’accélérer les efforts déployés pour mettre fin aux décès évitables de mères, de nouveau-nés, d’enfants et d’adolescents d'ici 2030, grâce à la mise en œuvre de financements intelligents, à l’échelle appropriée et durables.

Le GFF constitue une dimension essentielle du changement de paradigme à l'œuvre en matière de financement du développement, en mettant l'accent sur le rôle essentiel mais en pleine mutation que joue l'aide publique au développement pour mobiliser les ressources intérieures et les flux de capitaux privés ainsi que pour se focaliser sur les résultats. Il pourrait ainsi ouvrir la voie aux nouvelles formes de financement qu’exigent les ODD pour l'après-2015.

Dernière mise à jour: sept. 08, 2015

Entre 2003 et 2013, l'Association internationale de développement (IDA), le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, a :

  • fourni à plus de 117 millions de personnes un accès aux services de base en matière de santé, de nutrition ou de santé génésique ;
  • formé plus de 2,6 millions de professionnels de santé ;
  • construit, rénové et/ou équipé plus de 10 000 centres de santé ;
  • vacciné près de 600 millions d'enfants ;
  • fourni des soins prénatals à plus de 194 millions de femmes enceintes lors de leur visite chez un prestataire de soins ;
  • veillé à ce que plus de 29 millions d'accouchements soient réalisés par des professionnels de santé qualifiés ;
  • veillé à ce que plus de 210 millions de femmes enceintes/allaitantes, d'adolescentes et/ou d'enfants de moins de cinq ans bénéficient des services de base en matière de nutrition ;
  • acheté et/ou distribué plus de 149 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide à effet durable pour lutter contre le paludisme ;
  • acheté et/ou distribué plus de 386 millions de préservatifs ;
  • fourni des traitements contre la tuberculose à plus de 7,6 millions d'individus, conformément aux recommandations de la stratégie DOTS de l'OMS ;
  • veillé à ce que plus de 1,3 million d'adultes et d'enfants bénéficient d’une thérapie associant des antirétroviraux.
     

De nombreux pays font également état de résultats remarquables :

  • Afghanistan : le nombre de décès de nouveau-nés a baissé de 22 % et la mortalité infantile de 26 % en 3 ans.
  • Bénin : sur la période 2007-2011, 2 millions de moustiquaires imprégnées ont été distribuées à des femmes enceintes et à des enfants de moins de 5 ans.
  • Géorgie : la couverture santé des femmes pauvres en âge de procréer a progressé de 29 % et celle des enfants de moins de 5 ans a bondi de 59 %.
  • Ghana : l'amélioration des soins de santé maternelle et infantile a permis de faire reculer la mortalité des enfants de moins de 5 ans à 80 pour 1 000 naissances vivantes en 2008, contre 111 en 2003.
  • Lesotho : la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant est passée de 5 % en 2005 à 31 % en 2009. Le pays a également enregistré une augmentation de 10 % du taux de prévalence des contraceptifs entre 2004 et 2009.
  • Burkina Faso : le taux de prévalence des contraceptifs a plus que doublé, passant de 15 % à 33 %, et le nombre d'accouchements médicalement assistés a augmenté de 67 % en 2010 à 82 % en 2013.

 

Dernière mise à jour: sept. 08, 2015