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Programme mondial pour la vie sauvage

3 mars 2016

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Magda Lovei / World Bank

Un partenariat mondial pour la préservation de la faune et de la flore sauvages, la prévention du crime lié aux espèces sauvages et le développement durable

Pourquoi avoir créé le Programme mondial pour la vie sauvage ?

Le trafic d’animaux constitue une menace d’ampleur mondiale. Le problème est particulièrement grave en Afrique, où des espèces emblématiques (l’éléphant, le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir, le pangolin) sont au bord de l’extinction à cause du braconnage. En 2013, plus de 20 000 éléphants ont été massacrés pour leur ivoire, tandis que l’on a assisté ces dernières années à une explosion du braconnage des rhinocéros : le nombre de rhinocéros chassés illégalement en Afrique du Sud est passé de 13 à 1 175 entre 2007 et 2015, soit une hausse de plus de 8 900 %. Le braconnage et le prélèvement d’espèces végétales protégées atteignent des niveaux tels que cette forme de criminalité se classe désormais au quatrième rang des trafics les plus lucratifs, après les stupéfiants, les êtres humains et les armements.

La présence de la flore et de la faune dans des zones protégées est ce qui permet à un écosystème de fonctionner et de préserver le capital naturel (sol, forêt, air, eau, etc.). Le braconnage et les autres crimes perpétrés contre des ressources naturelles ont pour conséquence de détériorer l’environnement et de nuire aux services que fournit un écosystème, ce qui met en péril la survie des communautés qui dépendent de ces services pour assurer leurs moyens de subsistance, se chauffer et s’alimenter. Selon une étude de la Banque mondiale de 2014 (a), le coût de cette criminalité environnementale pour les pays en développement se chiffrerait à plus de 70 milliards de dollars par an.

Afin de faire face à une crise de plus en plus aiguë et de répondre à l’urgence d’une action internationale, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a lancé en juin 2015 le « Partenariat mondial pour la préservation de la faune et de la flore sauvages, la prévention du crime lié aux espèces sauvages et le développement durable », également connu sous le nom de Programme mondial pour la vie sauvage (ou GWP selon son acronyme en anglais).

Quel est l’objectif du Programme mondial pour la vie sauvage ?

Le GWP est un partenariat mondial placé sous la direction de la Banque mondiale et ayant pour but de promouvoir la préservation de la faune et de la flore et le développement durable en luttant contre le commerce illégal des espèces sauvages. Ce programme, qui s’étendra sur sept ans, est doté d’un financement de 91 millions de dollars qui permettra de mobiliser 513 millions de dollars supplémentaires auprès d’un grand éventail de partenaires, avec l’objectif de promouvoir des investissements en Afrique et en Asie. En abordant la crise du braconnage de manière globale, via des projets nationaux divers et une opération internationale de plus grande ampleur, il vise à réduire à la fois l’offre et la demande qui alimentent le trafic tout en protégeant les espèces et leurs habitats par le biais d’un aménagement intégré des paysages.

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Le GWP s’attachera en priorité et dans l’immédiat à combattre le braconnage, le trafic et la criminalité liée aux espèces sauvages. Il mettra également l’accent sur l’amélioration de la gestion et de la conservation de la faune, le développement des moyens de subsistance par le biais du tourisme et l’amélioration de la gouvernance sur toute la chaîne d’approvisionnement des produits dérivés d’espèces sauvages protégées. Le programme apportera aussi son soutien à des politiques de gestion intégrée des paysages et de zonage pour le contrôle de l’occupation des sols, ainsi qu’à l’application de pratiques optimales en matière de gestion des ressources naturelles.

Par le biais de ses projets nationaux et de son projet mondial, le GWP s’emploiera à :

  • Promouvoir une gestion des ressources naturelles et un développement du tourisme axés sur les populations locales dans des contextes politiques souvent difficiles.
  • Aider les pays à atteindre leurs objectifs de biodiversité en soutenant la mise en œuvre des mesures prioritaires recensées dans leurs stratégies et plans d’action nationaux de promotion de la biodiversité, le Plan d’action pour les éléphants et d’autres stratégies nationales relatives aux espèces sauvages et au tourisme.
  • Accélérer l’acquisition des connaissances en mettant en place une banque d’informations en ligne et des ateliers de formation et de renforcement des capacités afin de veiller à la circulation des savoirs entre les pays, leurs partenaires et les autres parties prenantes, et en s’efforçant de favoriser les possibilités de partage des connaissances au niveau régional et mondial.
  • Intensifier la collaboration en s’attachant à encourager la coopération intergouvernementale, à exploiter les outils de suivi-évaluation et les technologies géospatiales, à renforcer le partage du renseignement afin de suivre la trace des criminels, à collaborer dans le domaine de la lutte contre le blanchiment des capitaux, à tirer les leçons de l’expérience, à appliquer des pratiques optimales et à innover dans les stratégies de communication ; le programme comprendra en outre un volet axé sur la promotion des meilleures pratiques pour le secteur portuaire et la collaboration entre les pays africains et asiatiques et les organismes impliqués dans la lutte contre le transport maritime de produits dérivés d’espèces sauvages, dont l’ivoire tout particulièrement.
  • Renforcer les partenariats en créant des synergies avec le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), qui réunit depuis 2010 le Secrétariat de la CITES, Interpol, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Organisation mondiale des douanes et le Groupe de la Banque mondiale.
  • Mettre en place un cadre de suivi et d’évaluation en élaborant et en déployant un système en mesure de contrôler les avancées du programme et de fournir un outil d’intégration qui favorisera les synergies parmi les projets nationaux.
  • Travailler avec le Secrétariat et les agences de mise en œuvre du FEM afin de veiller à la bonne coordination des projets entre eux et en dehors du programme. Le GWP constituera un mécanisme important pour la mise en œuvre du programme n° 3 de la Stratégie pour la diversité de FEM-6 (2014-2018), qui vise à prévenir l’extinction d’espèces que l’on sait menacées. Il cible également d’autres domaines d’intervention au titre de FEM-6 : la diversité biologique, la dégradation des sols, le changement climatique et la gestion durable des forêts.
  • Promouvoir la coordination des donateurs : dans le cadre des efforts déjà entrepris pour collaborer avec les principaux bailleurs de fonds internationaux, le programme permettra de faire un état de lieux des financements internationaux destinés à la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages. Cet état des lieux pourra servir de référence à la communauté des donateurs afin d’établir, en consultation avec les pays bénéficiaires, les objectifs de financement futurs dans ce domaine. Ce processus facilitera la diffusion des enseignements acquis et permettra d’orienter les efforts stratégiques en vue de remédier aux déficits de financement dans des domaines d’intervention prioritaires.

 

Quels sont les pays partenaires du GWP ?

Les dix premiers pays à avoir décidé de consacrer une partie de leur allocation STAR (au titre de FEM-6) à des projets nationaux de lutte contre la crise des espèces sauvages sont les suivants : le Botswana, le Cameroun, l’Éthiopie, la République du Congo, le Gabon, l’Inde, l’Indonésie, le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie. Les agences du FEM qui participent à ce partenariat sont la Banque asiatique de développement, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds mondial pour la nature (WWF). En tant que chef de file du programme, la Banque mondiale sera responsable de la création et de la mise en place d’une plateforme de coordination et de connaissance efficace pour les projets nationaux. Le programme comprendra prochainement 11 projets nationaux supplémentaires.

Financement et gouvernance

Le GWP est financé par le FEM et supervisé par un comité directeur. Ce comité, présidé depuis 2015 par la Banque mondiale, est composé du Secrétariat du FEM et des agences citées précédemment, ainsi que de plusieurs institutions associées de premier plan (le réseau TRAFFIC, l’organisation WildAid et la Wildlife Conservation Society).

Pour en savoir plus sur le GWP, veuillez contacter Mme Claudia Sobrevila, chef de programme pour le GWP : csobrevila@worldbank.org

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EXPERTS

Claudia Sobrevila

Program Manager for the Global Partnership on Wildlife Conservation and Crime Prevention for Sustainable Development