Handicap - Vue d'ensemble

Un milliard d'individus, soit 15 % de la population mondiale, souffrent d'un handicap. Chez un cinquième d’entre eux, c'est-à-dire entre 110 et 190 millions de personnes, il s’agit d'un handicap grave. Par ailleurs, la prévalence du handicap est plus importante dans les pays en développement.

La situation socioéconomique des personnes handicapées est marquée par des inégalités par rapport au reste de la population : niveau d'instruction moins élevé, moins bons résultats en matière de santé, taux de chômage et de pauvreté plus élevés.

L’environnement économique, législatif, social et géographique qui caractérise un pays peut créer ou entretenir des entraves à la participation des personnes handicapées à la vie économique, sociale et citoyenne. Ces entraves se situent notamment au niveau de l'inaccessibilité des bâtiments, des moyens de transport et des technologies de l'information et de la communication, de l'inadéquation des normes, des services et des financements dans ces domaines, et de l'insuffisance des données et des capacités analytiques pour mettre en œuvre des politiques efficaces et reposant sur des données probantes.

Pauvreté et handicap s’entretiennent mutuellement. La pauvreté accroît le risque de handicap pour des raisons de malnutrition, d’accès insuffisant à l’éducation et aux soins de santé, de conditions de travail dangereuses, d’environnement pollué et de manque d’accès à une eau propre et à des services d’assainissement. Parallèlement, le handicap aggrave les risques de pauvreté en réduisant les possibilités d’accès à l’éducation, à l’emploi et à un salaire correct, alors que le coût de la vie est plus élevé pour une personne souffrant de handicap.

La prise de conscience de la nécessité d’un développement intégrant les personnes handicapées est de plus en plus grande au sein de la communauté internationale. La Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) encourage la pleine intégration des handicapés dans la société. Elle mentionne spécifiquement, à cet égard, le rôle du développement international. À ce jour, 182 pays ont signé la CDPH et 153 l’ont ratifiée, ce qui a permis l’entrée en vigueur de la convention et l’obligation pour les États participants de l’appliquer dans leur législation nationale. Un nombre croissant de donateurs bilatéraux ont, ces dernières années, développé des stratégies pour intégrer la question du handicap dans leur aide internationale. De même, à l’échelon des pays, le nombre de lois et dispositions constitutionnelles anti-discrimination va croissant. 

 

Conformément à son double objectif qui vise à mettre fin à l’extrême pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée, l’intégration des personnes handicapées et le renforcement de l’égalité des chances sont au cœur des activités menées par le Groupe de la Banque mondiale afin de favoriser l’émergence de communautés durables et inclusives.

Afin de renforcer son action, le Groupe de la Banque mondiale a nommé un conseiller Handicap (a) en décembre 2014. En outre, une plateforme est en cours de mise en place afin d’améliorer la prise en compte des questions relatives au handicap dans toutes les opérations de la Banque. Cette plateforme facilitera les échanges entre les différents secteurs concernés — transport, eau et assainissement, santé, éducation, protection sociale, fragilités, conflits et violences —, mais aussi avec les équipes de l’IFC pour s’inspirer des approches du secteur privé.

Les actions prioritaires consisteront à renforcer les compétences du personnel afin d’étendre la portée des interventions et de définir de nouveaux axes dans les projets et programmes, ainsi qu’à intégrer les questions relatives au handicap dans les processus internes et élaborer des notes d’orientation en la matière.

Le nouveau Cadre environnemental et social actuellement en cours d’examen contient des dispositions précises pour garantir la prise en compte et la protection des intérêts des personnes handicapées, en exigeant notamment que l’évaluation sociale de l’emprunteur tienne spécifiquement compte du handicap. Par ailleurs, les organisations représentant les personnes handicapées et des experts de l’intégration du handicap ont été étroitement associés aux consultations sur la réforme des politiques de sauvegarde. 

Le rôle des partenariats s’exerce sur plusieurs plans : au niveau stratégique, dans la mise au point des cadres institutionnels et réglementaires nécessaires et, au niveau des projets, au travers d’actions conjointes associant la société civile, les personnes handicapées et les organisations communautaires pour promouvoir l’intégration des personnes souffrant d’un handicap.

Ainsi, le partenariat de la Banque mondiale avec le Fonds japonais pour l’élaboration des politiques et la valorisation des ressources humaines (PHRD) a permis de financer des interventions en faveur de l’intégration des questions de handicap dans plusieurs projets de la Banque mondiale.

Le Groupe de la Banque mondiale a renouvelé son engagement auprès du Groupe de soutien inter-agences (IASG) pour la mise en œuvre de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). En sa qualité d’observateur, la Banque mondiale promeut la prise en compte de la CDPH dans les travaux des organismes de l’ONU. L’IASG diffuse à ces dernières des orientations stratégiques sur la prise en compte du handicap et favorise la diffusion des connaissances et le partage des bonnes pratiques en la matière. 

La Banque mondiale intègre le handicap dans le développement par le biais de travaux d’analyse et d’activités de collecte de données et de partage des bonnes pratiques. En collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a publié en 2011 le tout premier Rapport mondial sur le handicap, qui a apporté des contributions significatives aux débats internationaux sur le handicap et le développement.

Toujours avec l’OMS, la Banque mondiale met également au point une enquête-type sur le handicap (a), qui viendra combler le manque de données précises et comparables dans ce domaine aussi bien au niveau national qu'international. Le Rapport mondial sur le handicap a identifié ce manque comme l'un des principaux obstacles à une meilleure compréhension du handicap ainsi qu'à l'élaboration et à la mise en œuvre de politiques d'insertion.

La Banque conduit par ailleurs des études empiriques indépendantes sur la pauvreté et le handicap dans les pays en développement, sur le handicap et l'éducation, et sur le handicap et le marché du travail (voir par exemple l’étude Disability and Poverty in Developing Countries: A Snapshot from the World Health Survey).

À l’échelon régional, la Banque a notamment publié un guide pratique sur l’amélioration de l’accès aux transports publics des personnes à mobilité réduite (a) au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cet ouvrage, qui repose notamment sur les enseignements pratiques tirés de l’expérience opérationnelle, contient des conseils et des informations utiles pour l’adoption et la mise en œuvre de technologies et de pratiques peu onéreuses dans le secteur du transport.  

L’intégration des questions de handicap dans les opérations de la Banque concerne un large éventail de secteurs. Il s’agit en particulier de la promotion de l’accès aux infrastructures et aux services sociaux, de la rééducation, du développement des compétences, de la création d’opportunités économiques, de la collaboration avec les organisations de personnes handicapées, de l’attention soutenue à apporter aux personnes handicapées les plus vulnérables (les femmes et les enfants notamment) et des actions visant à influencer les politiques et le développement institutionnel.

Burundi : Grâce au Projet d’urgence de démobilisation et réintégration transitoire, d’anciens combattants handicapés ont pu bénéficier de soins médicaux et d’un soutien pour leur réinsertion, notamment la fourniture de logements accessibles et équipés à 150 anciens combattants lourdement handicapés dans 12 villes du pays. Des dispositifs de récupération de l’eau et les raccordements nécessaires ont été installés sur cinq sites disposant de systèmes d’alimentation en eau potable, et une installation nouvelle spécifique a été créée sur un autre site. Cinq sites seront alimentés en électricité, là où le réseau électrique est accessible. Tous les logements sont équipés de panneaux solaires. Au total, 3 307 anciens combattants handicapés ont bénéficié d’un traitement médical incluant une assistance psychologique.

Inde : Le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural au Rajasthan et le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural dans le Nord-Est ont élargi les perspectives économiques des populations rurales et des groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes souffrant de handicap physique, par le biais de groupes d’entraide. Une initiative portant sur la formation et la sensibilisation des enseignants avait pour but de développer l’intégration d’enfants handicapés au système scolaire, y compris ceux présentant des troubles de l’apprentissage. Parallèlement, le Projet d’autonomisation et de réduction de la pauvreté au Tamil Nadu a permis de fournir des services d’assistance aux personnes atteintes de déficiences intellectuelles et de troubles du développement.

Égypte : Le Projet de réhabilitation du terminal 2 de l’aéroport du Caire a financé le coût de la modernisation pour améliorer les installations de l’aéroport, qui est à présent accessible aux personnes handicapées.

Népal : L’objectif du Projet de développement de la formation professionnelle était de renforcer les actions de formation technique visant spécifiquement les groupes défavorisés, entre autres les personnes handicapées, en apportant un soutien aux programmes de formation courts de personnes âgées de 16 à 40 ans. Cette formation était financée par le projet à hauteur de 60 à 80 %, mais la prise en charge était de 100 % pour les stagiaires handicapés.

République kirghize : La Banque mondiale a financé la création d’infrastructures communautaires, telles que des dispensaires et des écoles, en veillant à leur accessibilité par des personnes handicapées.

Indonésie : Le Programme national pour l’autonomisation des communautés (Peduli) est mené en collaboration avec des organisations de la société civile. Il cible les groupes marginalisés et prévoit un renforcement des capacités ainsi que l’octroi de financements à des organisations de personnes handicapées.

Malawi et Érythrée : La mise en place de filets de protection sociale et le Projet intégré pour le développement du jeune enfant ont permis d’offrir des services d’éducation et des soins de santé aux enfants handicapés.

Maroc : Dans le cadre d’un prêt à l’appui des politiques de développement au Maroc, la Banque a aidé le gouvernement à établir un plan d’action sur l’accessibilité et les transports urbains. Des interventions prioritaires ont été définies dans les grandes villes et le code de la construction a été révisé pour promouvoir l’accessibilité. Un séminaire a été organisé pour renforcer l’implication des décideurs et responsables ministériels et, aujourd’hui, les recommandations du plan national sont intégrées aux projets de transport et à d’autres interventions.

Iraq : Le Projet Urgence handicap a financé l’amélioration des services de rééducation et de fourniture de prothèses aux personnes handicapées.

 




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