Finance carbone et développement - Vue d'ensemble

À l’heure actuelle, le Groupe de la Banque mondiale consacre chaque année, en moyenne, 10,3 milliards de dollars de financements directs à la lutte contre le changement climatique. En octobre 2015, son président Jim Yong Kim a annoncé (a) que la part des financements climatiques dans le portefeuille du Groupe pourrait croître de 21 à 28 % d’ici 2020, afin de faire face à la demande de ses clients. En y ajoutant les cofinancements, cette progression porterait le montant total des projets axés sur le climat à 29 milliards de dollars par an à l’horizon 2020.

Le Groupe de la Banque mondiale et les autres banques multilatérales de développement jouent un rôle clé dans la mobilisation de financements en faveur de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à ses effets. Concrètement, entre 2011 et 2014, ces organismes ont collectivement consacré plus de 100 milliards de dollars (près de 26,5 milliards de dollars par an) à l’action climatique dans les pays en développement et émergents.

En avril 2015, dans la perspective de la COP21, les principales institutions financières d’aide au développement se sont entendues sur des principes communs pour le suivi des ressources consacrées aux mesures d’adaptation et d’atténuation du changement climatique (a). Cet accord contribuera à renforcer la confiance dans les flux financiers, ainsi que la transparence des financements climatiques.

Le Groupe de la Banque mondiale aide par ailleurs les pays à accéder à d’autres sources de financement via le Fonds pour l’environnement mondial (a), les Fonds d’investissement climatiques (a), divers fonds carbone et le Protocole de Montréal (a). Depuis 2011, il a engagé 52 milliards de dollars dans plus de 900 projets liés au climat ; rien que sur l’exercice 2015, 188 investissements ont porté sur le changement climatique et concerné 59 pays.

Le volume total des financements nécessaires pour que les pays deviennent des économies en croissance résilientes et sobres en carbone se chiffre en milliers de milliards de dollars. Selon l’Agence internationale de l’énergie (a), il faudrait décaisser 1 000 milliards de dollars par an d’ici 2050 pour pouvoir financer une transition vers un monde à faibles émissions de carbone.

Le secteur public ne pouvant à lui seul répondre aux besoins du financement climatique, le secteur privé a un rôle crucial à jouer. À cet égard, le Groupe de la Banque mondiale a su trouver des moyens innovants pour mobiliser des ressources supplémentaires en travaillant avec ses partenaires et en levant des sommes importantes auprès du secteur privé.

La Société financière internationale (IFC), la branche du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a commencé en 2005 à assurer le suivi des composantes « climato-intelligentes » de ses activités d’investissement et de conseil. Depuis cette date, l’IFC a alloué environ 13 milliards de dollars au financement à long terme de programmes portant sur les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, l’agriculture durable, les bâtiments écologiques et l’adaptation du secteur privé au changement climatique.

Sur l’exercice 2015, l’IFC a consacré 22 % de ses financements à long terme à des investissements climato-intelligents (contre un objectif de 20 %), soit 2,3 milliards de dollars pour 103 projets répartis dans 31 pays, avec une mobilisation record de 2,2 milliards supplémentaires auprès d’investisseurs privés. Globalement, les projets d’investissement et de services-conseil entrepris en 2015 dans le domaine du climat devraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de 9,6 millions de tonnes par an, ce qui équivaut au retrait de la circulation de 2 millions de voitures.

L’IFC a en particulier alloué 893 millions de dollars aux énergies renouvelables, dont 234 millions à l’éolien et 367 millions au solaire.

Voici quelques exemples de réalisations :

  • En Jordanie, via un investissement de 79,66 millions de dollars et la mobilisation de 107 millions supplémentaires, l’IFC a contribué au financement de la construction de sept parcs solaires photovoltaïques (a) qui permettront à ce pays de promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables et de transformer son secteur énergétique. C’est le plus vaste programme solaire emmené par le secteur privé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
  • À la fin 2014, l’IFC a finalisé un financement de 300 millions de dollars pour le parc éolien de Penonome (Panama) (a), le plus grand d’Amérique centrale. Cette centrale d’une puissance de 337,5 mégawatts devrait générer aux alentours de 5 % des besoins en énergie du Panama et faire baisser les émissions de carbone de 400 000 tonnes par an, ce qui équivaut au retrait de la circulation de 84 000 voitures.
  • En Chine, le financement apporté par l’IFC a permis au China WindPower Group de construire une ferme éolienne de 201 MW à Xiehe (province du Gansu) (a). Il s’agit du premier projet éolien chinois entièrement financé par un consortium bancaire international.

 

En 2015, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) (a) a émis pour 1 milliard de dollars de garanties destinées à des projets climato-intelligents.

La Banque mondiale (a) et l’IFC (a) sont en outre parmi les plus grands émetteurs d’obligations vertes : la Banque mondiale (BIRD) en a émis pour 8,6 milliards de dollars et le service de la Trésorerie de l’IFC pour 3,8 milliards de dollars.

  • Exemple de l’impact des émissions obligataires de la BIRD : au Mexique, un projet visant à améliorer la gestion forestière devrait permettre de réduire la déforestation et la dégradation des forêts sur 1,6 million d’hectares, c’est-à-dire sur une superficie plus vaste que l’État du Connecticut aux États-Unis.
  • Exemple de l’impact des émissions obligataires de la BIRD : en Chine, deux projets axés sur la maîtrise de l’énergie dans l’industrie devraient aboutir à une réduction des émissions de carbone qui équivaudra au retrait de la circulation de 2,7 millions de voitures, selon une formule de calcul appliquée par l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
  • Au Honduras, le produit de ces émissions a servi à financer trois centrales solaires. C’est la preuve que le solaire à l’échelle industrielle est viable et rentable dans ce pays, et qu’il permet de réduire les importations d’hydrocarbures coûteux, d’abaisser les coûts de production moyens et d’accroître la compétitivité du secteur de l’électricité.

Dernière mise à jour: mars 29, 2016

Mener à bien la transition vers une économie sobre en carbone et respecter l’accord sur le climat qui a été conclu lors de la COP21 nécessitera des transformations économiques significatives. Selon les plans d’investissement figurant dans les contributions nationales présentées lors de la COP21 (a), 16 500 milliards de dollars seront nécessaires au cours des 15 prochaines années pour financer l’action climatique.

Pendant la COP21, plus de 180 pays ont soumis leurs contributions à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Parmi ces pays, 140 travaillent avec le Groupe de la Banque mondiale, qui s’emploie à accroître les financements qu’il consacre à l’action climatique et à aider ces pays à faire face à leurs difficultés immédiates, à respecter les engagements pris dans le cadre de leurs contributions nationales et à accéder à d’autres sources de financement.

À cet égard, l’une des réussites les plus remarquables est la création des Fonds d’investissement climatiques (CIF) (a), dotés de 8,3 milliards de dollars. Ils constituent les plus importants fonds climatiques internationaux au monde, et procurent des financements à 72 pays par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement, de manière à permettre les transformations qui mèneront à un développement climato-résilient et à faible intensité de carbone. Environ 4,1 milliards de dollars de financements au titre des CIF investis dans des projets liés aux énergies renouvelables et aux technologies propres du Groupe de la Banque mondiale ont permis de lever 9,8 milliards auprès de la BIRD et de l’IFC, 10,8 milliards de dollars de fonds publics et 14,4 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés. Chaque dollar de financement émanant des CIF permet de lever 10 dollars auprès d’autres sources.

Le Groupe de la Banque mondiale continue de financer activement les projets de ses clients dans le cadre du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) (a) et de son domaine d’intervention « changements climatiques ». À ce jour, près de 2 milliards de dollars ont été investis, et les programmes les plus récents reposent sur une approche intégrée de la lutte contre le changement climatique.

L’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres, joue un rôle de catalyseur en mobilisant d’autres ressources. Par exemple, son Programme pour la résilience dans le Pacifique (PREP) aide plusieurs pays et organisations régionales à faire face au risque climatique et au risque de catastrophe. Le PREP vise à renforcer les systèmes d’alerte avancée multi-aléas, à permettre des investissements résilients et à réduire les risques grâce à des investissements dans l’infrastructure publique et dans la protection financière des pays qu’il couvre : Samoa, Tonga, République des Îles Marshall et Vanuatu.

Pour des projets à fort impact, l’IFC peut, en plus de ses propres fonds, déployer des financements concessionnels provenant du FEM, des CIF et de pays donateurs (tels que le Canada). Depuis l’exercice 2010, 300 millions de dollars émanant de bailleurs de fonds sont venus appuyer plus de 40 projets climato-intelligents et ont permis de lever 1,2 milliard de dollars d’investissements de l’IFC pour son propre compte et 4 milliards de dollars d’autres investisseurs.

Plus de la moitié des engagements pris ont concerné des pays membres de l’IDA. De surcroît, sur l’exercice 2015, l’IFC a alloué 7,2 millions de dollars de financements mixtes (a) à sept projets de services-conseil.

Le Fonds catalyseur pour le climat (CCF) (a), géré par Asset Management Company (AMC), une filiale de l’IFC, a levé plus de 418 millions de dollars auprès d’investisseurs institutionnels et de fonds souverains intéressés par les opportunités liées à la croissance verte.

L’IFC fait aussi appel à des intermédiaires financiers, tels que des banques commerciales, afin d’accorder à des petites et moyennes entreprises (PME) des lignes de crédit pour la lutte contre le changement climatique ou pour le financement du commerce. Depuis 1997, la branche Institutions financières de l’IFC (a) a apporté un appui totalisant 3,8 milliards de dollars à 125 partenaires financiers, dans le cadre de 135 projets axés sur la durabilité et le climat dans 35 pays.

L’enjeu clé de la tarification du carbone                                              

Cela fait plus d’une décennie que le Groupe de la Banque mondiale a lancé le tout premier fonds carbone (a) afin de soutenir la réalisation des objectifs énoncés dans le Protocole de Kyoto (a) et de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

À ce jour, 4,36 milliards de dollars ont été levés via 18 fonds carbone et dispositifs connexes qui financent actuellement 150 projets dans plus de 75 pays clients. Ces projets ont déjà permis d’éliminer l’équivalent de 196 millions de tonnes d’émissions de CO2.

La Banque mondiale et ses partenaires s’emploient actuellement à préparer la prochaine génération de dispositifs de finance carbone. Ceux-ci comprennent notamment l’Initiative carbone pour le développement (Ci-Dev) (a), le Mécanisme pilote de vente aux enchères (PAF) (a) et l’initiative TCAF.

Annoncée lors de la COP21 à Paris et dotée de 500 millions de dollars, l’initiative TCAF (pour Transformative Carbon Asset Facility) accompagnera les pays en développement dans la réalisation de leurs plans de réduction des émissions en les aidant à créer de nouvelles catégories de crédits carbone associées à des incitations à grande échelle.

Le Groupe de la Banque mondiale aide aussi les pays à préparer la mise en place de mécanismes de tarification du carbone via le Partenariat pour le développement des marchés du carbone (PMR) (a), qui fournit une assistance technique et financière à 18 pays :

  • en renforçant le cadre institutionnel et la préparation des pays afin de les aider à choisir, concevoir ou mettre en œuvre des mécanismes de tarification du carbone ;
  • en effectuant un travail technique pour faciliter le partage des expériences et des connaissances, développer des conseils pratiques concernant les problèmes courants, identifier les bonnes pratiques, et renforcer les capacités techniques nécessaires ;
  • en fournissant une assistance en matière d’analyse économique et politique afin de permettre des prises de décisions avisées concernant la sélection et l’introduction de mécanismes de tarification du carbone.

Une étape importante a été franchie en juillet 2015 avec la première adjudication en ligne au titre du PAF (a), consistant à vendre des garanties de prix portant sur des crédits de carbone à des entreprises qui réduisent leurs émissions de méthane. Cette adjudication a été qualifiée de « vente de crédits carbone de l’année » par Environmental Finance Magazine en mars 2016 (a). La deuxième adjudication au titre du PAF est prévue pour mai 2016.

Dernière mise à jour: mars 29, 2016

Depuis l’année 2000, 4,36 milliards de dollars ont été levés via les 18 fonds carbone et dispositifs connexes de la Banque mondiale, et ont servi à financer 150 projets dans plus de 75 pays clients. Ces projets ont déjà permis d’éliminer l’équivalent de 196 millions de tonnes d’émissions de CO2 à ce jour.

Voici quelques-uns de ces dispositifs :

  • Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) (a) : doté d’un capital de 1,1 milliard de dollars, ce fonds finance des actions REDD+ (protection et restauration des stocks de carbone forestier) dans 47 pays en développement et pilote des programmes de rémunération en fonction du taux de réduction des émissions.
  • Initiative pour des paysages forestiers durables (ISFL) du Fonds biocarbone (a) : dotée d’un capital de 360 millions de dollars, cette initiative vise à promouvoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre induites par l’utilisation des sols, la déforestation et la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD+), ainsi qu’à favoriser l’agriculture durable et des politiques et pratiques plus intelligentes en matière d’aménagement du territoire.
  • Partenariat pour le développement des marchés du carbone (PMR) (a) : 127 millions de dollars ont été engagés par 13 pays donateurs au titre du PMR, une initiative qui appuie le renforcement des capacités pour la mise en œuvre d’une politique de tarification du carbone dans 18 pays. Au cours de l’exercice 2016, le PMR a produit un certain nombre de produits du savoir et de rapports techniques, notamment une publication récente intitulée Emissions Trading in Practice: Handbook on Design and Implementation (a), qui a pour objectif d’aider les décideurs, les professionnels des politiques publiques et les autres parties prenantes à mener à bien le processus de conception et de mise en œuvre d’un système d’échange de quotas d’émission.
  • Mécanisme pilote de vente aux enchères (PAF) (a) : fonds conjoint du Groupe de la Banque mondiale et de l’IFC pour lutter contre les émissions de méthane et le changement climatique, le PAF est un mécanisme innovant qui recourt à des enchères afin d’apporter des garanties de prix sur les futurs crédits de carbone d’entreprises privées. Le PAF est doté d’une capitalisation de 53 millions de dollars, apportés par quatre donateurs : l’Allemagne, les États-Unis, la Suède et la Suisse.
  • Sur l’exercice 2015, l’initiative Networked Carbon Markets (NCM) (a) du Groupe de la Banque mondiale a lancé une discussion mondiale sur les services et les institutions qui seront nécessaires après 2020 pour créer un marché international intégré du carbone. L’initiative NCM s’inscrit dans les efforts à long terme engagés par le Groupe de la Banque mondiale pour promouvoir la tarification du carbone et assurer sa mise en place. Elle vient compléter les travaux en cours pour aider les pays à concevoir et mettre en œuvre des systèmes de tarification du carbone.
  • Les CIF (a) ont alloué environ 2,3 milliards (soit 28 % de leur enveloppe) à des projets et programmes qui visent à mobiliser le secteur privé. Selon les estimations, environ 20 milliards de dollars, soit 35 % des 58 milliards de cofinancements attendus au total, devraient venir du secteur privé.
  • L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) (a) a émis sur l’exercice 2015 pour 1 milliard de dollars de garanties destinées à soutenir 12 projets axés sur la maîtrise de l’énergie et sur la lutte contre le changement climatique.
  • Le Fonds catalyseur pour le climat (CCF) (a), géré par Asset Management Company (AMC), une filiale de l’IFC, a levé plus de 418 millions de dollars auprès d’investisseurs institutionnels et de fonds souverains intéressés par les opportunités liées à la croissance verte.

Dernière mise à jour: mars 29, 2016


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Avancer sur la voie de la tarification du carbone

Une quarantaine de pays et 23 villes et autres entités infranationales mettent en œuvre des mécanismes de tarification du carbone qui couvrent environ 12 % des émissions mondiales de GES.






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