Afrique - Vue d'ensemble

Vue d’ensemble

L’Afrique est l’une des régions du monde dont la croissance est la plus rapide, mais elle pâtit aujourd’hui fortement de la conjoncture mondiale et de difficultés d’ordre interne. Sa croissance s’est tassée à 3,0 % en 2015, contre 4,5 % en 2014, ce qui correspond à son taux le plus faible depuis 2009. De plus, l’expansion démographique freine la progression du PIB par habitant. Si l’on observe des écarts d’un pays à l’autre (tout particulièrement entre les États riches en ressources naturelles et les autres), la croissance de l’Afrique est, dans l’ensemble, encore inférieure à son niveau d’avant la crise. Ce ralentissement rend d’autant plus difficile la lutte contre la pauvreté. Bien qu’elle ait reculé de 57 % en 1990 à 43 % en 2012,  l’incidence de l’extrême pauvreté reste élevée. Globalement, la croissance favorise moins le recul de la pauvreté en Afrique que partout ailleurs dans le monde.

La fin du super-cycle des matières premières a entraîné une forte baisse des cours du pétrole, du gaz, des métaux et des minerais. En tant qu’exportateur net de produits de base, l’Afrique est profondément affectée par cette baisse, qui pèse sur son solde courant et son solde budgétaire.

Le continent est par ailleurs confronté à une hausse de la violence et des conflits armés, qui entraîne une aggravation des déplacements forcés de populations. En outre, les trafics, la piraterie et l’extrémisme religieux sont autant de nouvelles menaces qui sont à l’origine de fragilités persistantes dans de nombreuses régions du continent. La propagation du virus Ebola a été endiguée dans une large mesure, mais le risque de pandémie est toujours élevé. Les leçons tirées de cette crise montrent l’importance d’un renforcement des systèmes de santé, ainsi que des moyens de surveillance des maladies et de coordination à l’échelle régionale. Le changement climatique constitue un autre risque pour l’Afrique. Alors que cette région du monde est celle qui émet le moins de carbone, c’est celle qui souffre le plus des effets de l’évolution du climat sur la sécheresse, l’érosion des côtes et les inondations.

Cette vulnérabilité aux chocs accroît l’incertitude, ce qui renchérit la pratique des affaires en Afrique et nuit à la productivité et à la croissance. Il est crucial de remédier à ces facteurs de vulnérabilité et d’améliorer la résilience pour maintenir une croissance vigoureuse, pour pérenniser les avancées de la lutte contre la pauvreté et pour atteindre les objectifs de développement. Si l’Afrique veut continuer à progresser en direction de ses objectifs de développement et parvenir à une transformation structurelle, elle doit saisir les opportunités de croissance significative qui s’offrent à elle.

Dernière mise à jour: 10 mai 2016

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique, qui s’inscrit dans le cadre du nouveau programme de la communauté internationale pour le financement du développement, mise sur des opportunités de croissance et de réduction de la pauvreté qui permettent de soutenir la transformation structurelle, la diversification économique et l’inclusion.

L’Afrique compte des pays à faible revenu, des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et des pays à revenu élevé. Sur ce continent, on trouve 18 pays fragiles ou en situation de conflit, et 13 petits États. La Banque propose un large éventail d’instruments, traditionnels et innovants, adaptés aux besoins divers de ces pays. Ses priorités stratégiques sont les suivantes :

La productivité agricole. La nécessité d’accélérer le rythme des progrès dans ce domaine est encore et toujours d’actualité en Afrique. Le soutien aux petits exploitants notamment, par des investissements dans la technologie, la finance rurale et l’accès aux marchés, fait partie des priorités. Mais il convient aussi de promouvoir les investissements dans l’agroalimentaire et d’améliorer la gestion des terres et de l’eau en adoptant des pratiques modernes d’irrigation, en prévenant les conflits autour des ressources hydriques et en déployant des solutions agricoles climato-intelligentes.

L’accès à une énergie fiable et abordable. Étant donné que l’insuffisance des capacités électriques constitue le premier des obstacles infrastructurels qui freinent le développement de l’Afrique, l’amélioration de l’accès à une énergie fiable, durable et d’un coût abordable est l’un des grands objectifs de la Banque dans la région.

Ce sont les Africains pauvres qui risquent d’être le plus affectés par le changement climatique, et en particulier par l’évolution des températures et de la pluviosité. L’investissement dans des mesures d’adaptation au changement climatique et dans la gestion des risques de catastrophes continuera de figurer parmi les grandes priorités. Pour accroître leur résilience, il faudra aider les pays non seulement à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter, mais aussi à assurer la sécurité alimentaire de leurs habitants. Le Business plan pour le climat en Afrique, présenté lors de la COP21, énonce un programme de travail dans ces deux domaines.

L’intégration régionale. En Afrique, l’intégration régionale reste un maillon central de la stratégie de la Banque pour améliorer la connectivité, mettre à profit les économies d’échelle et renforcer la productivité.

L’urbanisation. Un développement urbain intégré, qui remédiera à la fois aux problèmes d’alimentation en eau et d’assainissement, de transport, de logement, d’énergie et de gouvernance, sera indispensable pour faire rimer urbanisation avec hausse de la productivité et des revenus. À ce titre, il tient une place centrale dans les actions que la Banque mène en Afrique.

La qualité du capital humain. Au cours des 10 prochaines années, 11 millions de jeunes entreront chaque année sur le marché du travail en Afrique. Tous doivent maîtriser les compétences requises et recevoir une formation adaptée. Or, il existe toujours un décalage entre leur profil et les attentes des employeurs. Pour remédier à ce problème, la Banque a engagé des initiatives destinées à relancer l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques dans la région.

Le savoir est la clé des efforts déployés par la Banque pour obtenir de meilleurs résultats de développement et pour rendre l’aide plus efficace. Les rapports périodiques sur la situation économique d’un pays, élaborés en concertation avec les clients et d’autres parties prenantes, permettent des échanges de fond sur les grands enjeux. Des analyses sont également en cours sur la transformation structurelle, les vulnérabilités macroéconomiques, la fragilité et la pauvreté, ou sur des sujets plus spécifiques comme la gestion des terres arides, le Sahel et ses difficultés particulières, le développement de la Corne de l’Afrique ou l’exploitation des retombées positives de la réforme foncière, l’urbanisation et la pression démographique.

Dernière mise à jour: 10 mai 2016

En mars 2016, le Groupe de la Banque mondiale avait approuvé 4,27 milliards de dollars de prêts de la BIRD et de l’IDA en faveur de l’Afrique subsaharienne (dont une garantie), pour 51 projets. Cette aide inclut un engagement de l’IDA de 3,8 milliards de dollars pour 44 projets et des prêts de la BIRD totalisant 570 millions de dollars pour 7 opérations.

Voici quelques exemples de réalisations qui ont permis de faire avancer le développement :

Projet gazier Sankofa au Ghana. Ce projet bénéficie de la plus importante garantie accordée jusqu’ici par le Groupe de la Banque mondiale : 125 millions de dollars, apporté par l’intermédiaire de l’IDA, et un prêt de 200 millions de dollars de la BIRD. Il permettra de mobiliser 7,9 milliards de dollars d’investissements du secteur privé. Il devrait offrir un rendement potentiel très élevé, dynamiser considérablement la croissance et produire des effets positifs de grande ampleur au Ghana.

Crédit pour la facilitation des échanges et l’amélioration de la compétitivité au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Cette première opération régionale à l’appui des politiques de développement approuvée par la Banque abaissera le coût des échanges en harmonisant les politiques commerciales de ces deux pays.

Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel. Les moyens de subsistance des populations pastorales souffrent de la forte variabilité du climat, des épizooties internationales et des conflits récurrents avec les agriculteurs non nomades concernant l’accès aux ressources. Quelque 2 millions de personnes devraient bénéficier de ce programme régional, qui couvre 6 pays.

L’enveloppe de financement de l’IDA destinée aux pays les plus pauvres permet à des pays fragiles ou en situation de conflit d’obtenir des moyens pour remédier aux causes de leur fragilité et pour accompagner leur transition vers une gouvernance solide. Ce type de financement a été récemment approuvé pour la Guinée-Bissau et Madagascar.

Le Groupe de la Banque mondiale, qui est l’un des principaux bailleurs de fonds de l’enseignement supérieur dans la région, mobilise son savoir et sa capacité de leadership pour soutenir les efforts des pays en faveur de l’éducation. Un projet de 150 millions de dollars destiné à soutenir la création de centres d’excellence dans l’enseignement supérieur en Afrique finance 19 pôles universitaires en vue de promouvoir l’enseignement post-secondaire en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Cette initiative contribuera à favoriser la spécialisation régionale parmi les universités participantes dans plusieurs disciplines (mathématiques, sciences, ingénierie, technologies de l’information et de la communication) afin de relever les défis qui se posent à l’échelle de la région.

Dernière mise à jour: 10 mai 2016

La mise en œuvre de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique repose sur la mobilisation de ses propres instruments de financement, ainsi que sur les autres leviers que constituent les partenariats et le savoir. La Banque mondiale travaille en étroite concertation avec les Nations Unies et divers partenaires multilatéraux et bilatéraux. Il collabore avec des organisations régionales et infrarégionales africaines, telles que l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la CAE, la CEDEAO, la CEMAC et la SADC, qui jouent un rôle essentiel dans nombre de programmes régionaux et infrarégionaux et dans le soutien à l’intégration économique. Le Groupe de la Banque mondiale a également noué de solides partenariats avec le secteur privé, des groupes de réflexion, des parlementaires et des organisations de la société civile africaine.

La mobilisation des partenaires dans le but d’approfondir et d’accélérer l’aide à l’Afrique constitue une grande priorité et nécessite une collaboration plus soutenue avec de nouveaux acteurs du développement : Brésil, Chine et Inde, fonds mondiaux, fonds arabes et fondations privées.

La Région Afrique peut également s’appuyer sur la force collective du Groupe de la Banque mondiale, en se rapprochant de l’IFC et de la MIGA pour des projets dans les domaines prioritaires que sont, entre autres, l’énergie, l’agroalimentaire, l’eau et les transports.

La Banque renforcera son partenariat avec la Millenium Challenge Corporation (MCC)/États-Unis, et avec les organismes de développement arabes qui réalisent la majeure partie de leurs investissements en Afrique.

Dernière mise à jour: 10 mai 2016


20 pays
ont des taux de population urbaine supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne
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