Afrique - Vue d'ensemble

La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,2 % en 2015, contre 4,6 % en 2014. La baisse de 0,4 point de pourcentage s’explique par une révision à la baisse des projections de croissance pour l’Angola, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Cependant, en dépit du ralentissement observé dans les principales économies du continent, le produit intérieur brut (PIB) de la région devrait repartir à la hausse en 2016 et 2017, avec une croissance moyenne de 4,6 % et 5 % respectivement. Cette progression sera tirée par la demande intérieure, elle-même portée par la poursuite des investissements d’infrastructure et la consommation des ménages, laquelle bénéficie de la baisse des prix pétroliers. Elle sera également soutenue par la demande extérieure, en raison de l’amélioration des perspectives de croissance dans les pays à revenu élevé.

L’évolution de la consommation différera selon que les pays sont exportateurs ou importateurs de pétrole. Chez les premiers, la croissance de la consommation des ménages devrait ralentir dans la mesure où les coupes opérées dans les subventions afin d’atténuer les pressions budgétaires entraîneront une hausse des coûts du carburant. Le pouvoir d’achat des ménages devrait également fléchir en raison de la faiblesse des monnaies, celle-ci ayant pour conséquence de faire augmenter le coût des importations dans les monnaies locales.

À l’inverse, on anticipe que la baisse des prix pétroliers entraînera une baisse de l’inflation dans les pays importateurs, ce qui aura pour effet de renforcer le pouvoir d’achat des consommateurs et de soutenir la demande intérieure. Un effet qui pourrait toutefois être en partie neutralisé par la dépréciation monétaire et son incidence sur le niveau des prix.

Le montant des transferts d’argent des migrants à destination de l’Afrique subsaharienne devraient ralentir en 2015, sous l’effet notamment de l’appréciation du dollar, avant de grimper à nouveau progressivement en 2016–17. Quant aux investissements directs étrangers (IDE), ils ne devraient guère contribuer à la croissance en raison du ralentissement des investissements chinois et du bas niveau des prix des produits de base.

Dans les pays exportateurs de pétrole, la situation budgétaire devrait rester tendue tout au long de l’année 2015. Si l’on observe dans les budgets révisés de l’Angola et du Nigéria que les dépenses en capital sont la première cible des économies budgétaires, on note aussi une réduction des dépenses courantes. En dépit de ces ajustements, et en raison du faible niveau des recettes, les déficits budgétaires de ces pays risquent toutefois de rester élevés. Il devrait en être de même pour les pays importateurs de pétrole, où la hausse persistante des dépenses en biens, en services et en salaires grèvera le budget.

Les perspectives économiques de la région continuent d’être exposées à des risques de révision à la baisse. Les principales menaces endogènes qui pèsent sur l’Afrique subsaharienne en 2015 relèvent de facteurs politiques, avec la tenue d’élections dans un certain nombre de pays alors que d’autres sont le théâtre de mouvements insurrectionnels ou terroristes.

En outre, la précarité des systèmes de santé demeure préoccupante. L’épidémie d’Ebola a démontré l’urgence de disposer de systèmes sanitaires plus efficaces, mieux financés et plus résilients sur le continent, afin d’enrayer les maladies contagieuses comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. Le développement de services de santé de base de qualité fait toujours partie des priorités.

Sur le plan extérieur, un ralentissement plus marqué que prévu en Chine, la poursuite de l’effondrement des cours du baril, un coup d’arrêt à la reprise en Europe ou une brusque détérioration de la liquidité mondiale constituent les principaux risques.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2015

La stratégie du Groupe de la Banque en Afrique pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée s’articule autour de plusieurs domaines prioritaires, depuis la conception et la mise en œuvre de plans de redressement économique au soutien aux petits exploitants en passant par une aide budgétaire pour la délivrance des services de base, l’extension des filets de protection sociale ou la sécurité alimentaire.

L’intégration régionale en Afrique reste un maillon central de la stratégie de la Banque pour améliorer la connectivité, tirer parti des économies d’échelle et renforcer la productivité.

Alors que l’insuffisance des capacités électriques constitue le premier des obstacles infrastructurels qui freinent le développement de l’Afrique, l’amélioration de l’accès à une énergie abordable, fiable et durable constitue l’un des grands objectifs de la Banque dans la région.

Les connaissances sont par ailleurs la clé de ses efforts pour obtenir de meilleurs résultats de développement et rendre l’aide plus efficace. Les rapports périodiques sur la situation économique d’un pays, élaborés en concertation avec les clients et d’autres parties prenantes, permettent d’avoir des échanges de fond sur les grands enjeux de politique. Des travaux analytiques sont également en cours, sur la transformation structurelle, les vulnérabilités macroéconomiques, la fragilité et la pauvreté ou des domaines plus spécifiques comme la gestion des terres arides, le Sahel et ses difficultés particulières, le développement de la Corne de l’Afrique ou l’exploitation des retombées positives de la réforme foncière, de l’urbanisation et de la pression démographique.

Un développement urbain intégré, en mesure de résoudre les problèmes d’alimentation en eau et d’assainissement, de transport, de logement, d’énergie et de gouvernance, sera en outre indispensable pour faire rimer urbanisation avec hausse de la productivité et des revenus, et cet enjeu figure à ce titre au centre des travaux la Banque en Afrique.

La nécessité de doper la productivité et la production agricoles dans la région et d’accélérer le rythme des progrès dans ce domaine est encore et toujours d’actualité. Le soutien aux petits exploitants notamment, à travers des investissements dans la technologie, la finance rurale et l’accès aux marchés, fait partie des priorités. Mais il convient aussi de donner un coup de fouet aux investissements dans l’agroalimentaire et d’améliorer la gestion des terres et de l’eau en adoptant des pratiques modernes d’irrigation, en prévenant les conflits autour des sources et en appliquant des solutions agricoles climato-intelligentes.

Au cours des 10 prochaines années, 11 millions de jeunes gens entreront chaque année sur le marché du travail en Afrique. Tous doivent maîtriser les compétences requises et recevoir une formation adaptée. Or, il existe toujours un décalage entre le profil des étudiants africains et les attentes des employeurs. Pour remédier à ce problème, la Banque a lancé des initiatives de relance de l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques dans la région.

Des systèmes complets et rentables de protection sociale aideront les pauvres et les populations vulnérables à supporter les aléas climatiques et s’extraire de l’extrême pauvreté. Les pays confrontés à l’obligation d’ajuster leurs politiques macroéconomiques face aux chocs doivent impérativement avoir au préalable identifié les populations vulnérables pour leur éviter de subir le contrecoup de tels ajustements.

Les Africains pauvres seront particulièrement touchés par le changement climatique, et notamment les variations de température et de régimes de précipitations. L’investissement dans des techniques d’adaptation au changement climatique et la gestion des risques de catastrophe continue de faire partie des priorités.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2015

Au cours de cet exercice, la Banque a approuvé 11,6 milliards de dollars de financements en faveur de l’Afrique subsaharienne, répartis en 103 projets. Ce montant se compose de 1,2 milliard de dollars de prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de 10,4 milliards de dollars d’engagements de l’Association internationale de développement (IDA). Les financements alloués à l’intégration régionale en Afrique subsaharienne se sont élevés à 2,3 milliards de dollars. L’aide de l’IDA finance les secteurs suivants : infrastructure régionale ; lutte contre les violences sexuelles et sexistes et santé des femmes ; échanges et intégration économique ; et biens publics régionaux (laboratoires de surveillance des maladies, par exemple).

La BIRD, l’IFC et la MIGA collaborent actuellement à un plan énergétique conjoint en faveur du Nigéria dans le cadre duquel les trois instituions s’attachent à mobiliser tout l’éventail des produits et de l’expertise du Groupe de la Banque mondiale afin d’attirer des investissements privés. Ce plan vise à soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie du Nigéria et à aider celui-ci à accroître d’environ 1 000 MW la capacité de production installée.

La Banque apporte également son appui à la réalisation du projet régional de centrale hydroélectrique des chutes de Rusumo (d’une puissance de 80 MW) au Burundi, au Rwanda et en Tanzanie.

Dans le cadre de son soutien aux petits exploitants, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé des projets visant à développer des chaînes de valeur compétitives et à orientation commerciale au Cameroun, et à accroître et intensifier la productivité des secteurs de l’agriculture et de l’élevage au Rwanda.

Il a par ailleurs mobilisé plus de 1,6 milliard de dollars d’aide en faveur de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone à la suite de l’épidémie d’Ebola en 2014. Ces dons de l’IDA aide ces trois pays à fournir des services de traitement et de soin, contenir et prévenir la propagation des infections, permettre aux populations locales de faire face à l’impact économique de la crise, et améliorer les systèmes de santé publique.

Enfin, le Groupe de la Banque mondiale, qui figure parmi les principaux bailleurs de fonds de l’enseignement supérieur dans la région, mobilise ses connaissances et sa faculté d’initiative pour soutenir les efforts des pays en faveur de l’éducation. Un projet de 150 millions de dollars visant à promouvoir des centres d’excellence dans l’enseignement supérieur finance 19 pôles universitaires en vue de soutenir l’éducation postsecondaire en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Cette initiative contribuera à favoriser la spécialisation régionale parmi les universités participantes dans plusieurs disciplines (mathématiques, sciences, ingénierie et TIC) afin de relever les défis qui se posent à l’échelle de la région.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2015

La mise en œuvre de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique repose sur la mobilisation de ses propres instruments de financement ainsi que sur les autres leviers que constituent les partenariats et les connaissances. Le Groupe de la Banque mondiale travaille en étroite concertation avec l’ONU et divers partenaires, multilatéraux et bilatéraux. Il collabore avec des organisations africaines régionales et infrarégionales, telles que l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la CAE, la CEDEAO, le CEMAC et la SADC, qui jouent un rôle essentiel dans les programmes régionaux et infrarégionaux mis en place au service de l’intégration économique. Il a également développé de solides partenariats avec le secteur privé, des groupes de réflexion, des parlementaires et des organisations de la société civile africaines.

La mobilisation des partenaires dans le but d’approfondir et d’accélérer l’aide à l’Afrique constitue une grande priorité et nécessite une collaboration plus soutenue avec les acteurs du développement non traditionnels : Brésil, Chine et Inde, fonds mondiaux, fonds arabes et fondations privées.

La Région Afrique peut également s’appuyer sur la force collective du Groupe de la Banque mondiale, en se rapprochant de l’IFC et de la MIGA pour des projets dans les domaines prioritaires que sont, entre autres, l’énergie, l’agroalimentaire, l’eau ou les transports.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2015


10,045 millions
Le montant total des transferts d’argent vers le Nigéria par les travailleurs émigrés
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