Afrique - Vue d'ensemble

  • En 2016, la croissance a fortement ralenti en Afrique subsaharienne pour s’établir à 1,5 % seulement. Selon les prévisions, elle devrait atteindre un taux de 2,5 % en 2017 puis s’améliorer encore en 2018 grâce à la hausse des cours des matières premières et à l’amélioration de la situation intérieure. Il s’agit néanmoins d’une reprise fragile, car elle repose essentiellement sur les trois plus grandes économies de la région (Afrique du Sud, Angola et Nigéria), dont la croissance se redresse après un très net ralentissement en 2016.

    La forte croissance observée dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se maintient, soutenue par des investissements dans les infrastructures. En Afrique orientale, la persistance de la sécheresse, qui sévit depuis 2016 et réduit la production agricole, affecte sérieusement plusieurs pays, en particulier le Kenya. En revanche, d’autres pays connaissent une croissance régulière bien que modérée, tirée par la consommation (Comores), l’investissement dans les infrastructures (Madagascar, Maurice) et le tourisme (Cabo Verde, Seychelles, Maurice).

    Les investissements ne devraient s’accentuer que graduellement en raison du resserrement de la liquidité en devises dans les grands pays exportateurs de pétrole, tandis que les politiques d’assainissement budgétaire devraient ralentir le redressement des exportateurs de métaux. La croissance devrait rester solide et soutenue par la demande intérieure dans les économies peu consommatrices de ressources. Compte tenu de la hausse de la dette et de conditions financières plus difficiles et volatiles, la plupart des pays africains se retrouvent face au défi de devoir engager des dépenses absolument nécessaires à leur développement sans pour autant compromettre la viabilité de leur dette.

    Après un recul de 1,1 % en 2016, le produit intérieur brut (PIB) par habitant devrait rester stable en 2017. En Afrique du Sud, Angola et Nigéria, la hausse très limitée de la croissance induit une persistance de la contraction du PIB par habitant pour la période de prévision. Les taux de pauvreté toujours élevés exigent que l’Afrique subsaharienne renoue rapidement avec une croissance vigoureuse et plus inclusive. Des réformes structurelles sont donc indispensables afin d’améliorer les institutions, de favoriser la croissance du secteur privé, de développer les marchés financiers locaux, de renforcer l’efficacité des services publics, d’améliorer la qualité et la quantité des infrastructures publiques et d’optimiser la mobilisation des ressources nationales. Toutes ces mesures permettront de faciliter une véritable transformation structurelle.

    Différents facteurs risquent de dégrader les prévisions pour la région : des facteurs externes, d’une part, comme un durcissement plus strict que prévu des conditions financières générales et une tendance croissante au protectionnisme et, d’autre part, des facteurs internes tels qu’un enlisement des réformes, des menaces plus fortes sur la sécurité et une incertitude politique liée aux prochaines élections dans certains pays.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • La stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique mise sur des opportunités de croissance et de réduction de la pauvreté qui permettront de soutenir la transformation structurelle, la diversification économique et l’inclusion. L’Afrique compte à la fois des pays à faible revenu, à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et de la tranche supérieure, ainsi que des pays à revenu élevé. On trouve sur ce continent 18 pays fragiles ou en situation de conflit et 13 petits États faiblement peuplés, au territoire restreint et disposant d’un capital humain limité.

    Le Groupe de la Banque mondiale propose un large éventail d’instruments, traditionnels et innovants, adaptés aux besoins divers de ces pays.

    Ses priorités stratégiques sont les suivantes :

    • Productivité agricole: La nécessité d’accélérer le rythme des progrès dans ce domaine est encore et toujours d’actualité en Afrique. Le soutien aux petits exploitants notamment, par des investissements dans la technologie, la finance rurale et l’accès aux marchés, fait partie des priorités. Mais il convient aussi de promouvoir les investissements dans l’agroalimentaire et d’améliorer la gestion des terres et de l’eau en adoptant des pratiques modernes d’irrigation, en prévenant les conflits autour des ressources hydriques et en déployant des solutions agricoles climato-intelligentes.
    • Accès à une énergie fiable et abordable: Étant donné que l’insuffisance des capacités électriques constitue le premier des obstacles infrastructurels qui freinent le développement de l’Afrique, l’amélioration de l’accès à une énergie fiable, durable et d’un coût abordable est l’un des grands objectifs de la Banque mondiale dans la région.
    • Changement climatique: Ce sont les Africains pauvres qui risquent d’être le plus affectés par le changement climatique, et en particulier par l’évolution des températures et de la pluviosité. L’investissement dans des mesures d’adaptation au changement climatique et dans la gestion des risques de catastrophes continuera de figurer parmi les grandes priorités. Pour accroître leur résilience, il faudra aider les pays non seulement à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter, mais aussi à assurer la sécurité alimentaire de leurs habitants. Le Business plan pour le climat en Afrique, présenté lors de la COP21, énonce un programme de travail dans ces deux domaines.
    • Intégration régionale: En Afrique, l’intégration régionale reste un maillon central de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour améliorer les communications, mettre à profit les économies d’échelle et renforcer la productivité.
    • Urbanisation: Le développement urbain intégré est au cœur de l’action de la Banque mondiale en Afrique. En effet remédier à la fois aux problèmes d’alimentation en eau et d’assainissement, de transport, de logement, d’énergie et de gouvernance est un préalable indispensable pour faire rimer urbanisation avec hausse de la productivité et des revenus.
    • Qualité du capital humain: Au cours des 10 prochaines années, 11 millions de jeunes Africains entreront tous les ans sur le marché du travail. Tous doivent maîtriser les compétences nécessaires et recevoir une formation adaptée. Or il existe toujours un décalage entre leur profil et les attentes des employeurs. Pour remédier à ce problème, la Banque a engagé des initiatives destinées à relancer l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques dans la région.
    • Développement des savoirs: Le savoir est un levier essentiel des efforts déployés par le Groupe de la Banque mondiale pour obtenir de meilleurs résultats de développement et pour rendre l’aide plus efficace. Les rapports périodiques sur la situation économique d’un pays, élaborés en concertation avec les clients et d’autres parties prenantes, permettent des échanges de fond sur les grands enjeux. Des analyses sont également en cours sur la transformation structurelle, les vulnérabilités macroéconomiques, la fragilité et la pauvreté, ou sur des sujets plus spécifiques comme la gestion des terres arides, le Sahel et ses difficultés particulières, le développement de la Corne de l’Afrique ou l’exploitation des retombées positives de la réforme foncière, l’urbanisation et la pression démographique.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • En mars 2017, le Groupe de la Banque mondiale avait approuvé 5,9 milliards de dollars pour la région, répartis sur 83 projets (exercices 2017/18) : 1,2 milliard de prêts de la BIRD et 4,7 milliards de dollars d’engagements de l’IDA, dont 975 millions provenant de son Mécanisme de financement complémentaire (SUF). Ces investissements visent principalement à accroître la productivité agricole, à améliorer l’accès à une énergie fiable et d’un coût abordable, à accroître la résilience au changement climatique, à renforcer les États fragiles et touchés par des conflits, et à promouvoir un système éducatif de qualité. Pendant cet exercice, la Banque mondiale a également apporté une importante contribution au développement des savoirs.

    Voici quelques exemples de réalisations qui ont permis de faire progresser le développement :

    • Amélioration des infrastructures pour favoriser les transports et le commerce: En République du Congo, le Projet pro-routes a permis de financer la remise en état de plus de 1 674 kilomètres de routes prioritaires afin de rétablir une liaison entre des villes et des populations qui étaient isolées depuis plus de 20 ans. Grâce à ce projet, les temps de trajet ont été considérablement réduits de même que le coût des transports, ce qui a stimulé la reprise économique. Les agriculteurs sont retournés dans leurs champs, motivés par la possibilité de pouvoir transporter et vendre leurs produits sur les marchés grâce à la réouverture et à l’entretien des routes.
    • Développement de technologies pour prévenir et atténuer les catastrophes liées au changement climatique: Le Projet de cartographie communautaire pour améliorer la résilience aux crues et le développement, mené en Tanzanie, a pour la première fois utilisé des drones pour établir des cartes numériques. Ces cartes permettent d’évaluer la situation des zones inondables autour de Dar es Salaam, d’atténuer l’impact des crues et de proposer des améliorations dans les zones d’habitation informelle. Les drones sont aussi utilisés pour cadastrer les terrains, établir des titres de propriété numériques et les remettre aux petits propriétaires fonciers. La Tanzanie a achevé la cartographie numérique de toute l’île de Zanzibar, qui est ainsi devenue le plus grand territoire au monde entièrement cartographié grâce à l’usage de drones.
    • Hausse de la productivité agricole: En Afrique, 65 % de la main-d’œuvre est employée dans l’agriculture. Alors que certains pays pâtissent du repli des cours des matières premières, le développement de ce secteur peut contribuer à la diversification économique des pays. Pour améliorer le niveau de vie de deux millions d’éleveurs sur les 50 millions (estimations) que compte la région, le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, d’un montant de 248 millions de dollars, vise précisément à améliorer l’accès aux principaux moyens de production, services et marchés dans six pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad). Il a aussi pour objectif de renforcer la riposte locale aux crises et aux situations d’urgence dans ce secteur. Ce projet sur six ans s’adressera en priorité aux femmes et aux jeunes.
    • Promotion de l’autonomie économique des femmes et des jeunes: En Éthiopie, le Projet de développement de l’entrepreneuriat féminin donne accès à des financements et des services d’aide à la création d’entreprise. Plus de 14 000 femmes se sont inscrites au programme et le projet fait des émules : à l’échelon local, des donateurs et des institutions financières investissent des fonds propres pour accélérer et pérenniser le déploiement du programme. En République centrafricaine, un projet original de travail contre rémunération baptisé LONDO (« debout ») fournit des emplois temporaires à 35 000 personnes. Ces emplois contribuent à atténuer la vulnérabilité et à maintenir la stabilité dans ce pays sortant d’un conflit.
    • Soutien au développement des investissements du secteur privé dans l’énergie: La Société financière internationale (IFC), l'institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a financé au Sénégal plus de cinq projets qui ont permis en huit ans de créer 268,5 MW de capacités installées, soit 40 à 50 % de la production de base d’électricité dans le pays. IFC a aussi aidé le Kenya à augmenter sa capacité de production pour un million de clients résidentiels supplémentaires et à étendre la distribution d’électricité à 18 millions d’habitants. En Côte d’Ivoire, de nouveaux projets permettent d’assurer une fourniture fiable d’énergie propre a environ 5,75 millions de clients résidentiels et, au Nigéria, IFC a mobilisé des investissements tout au long de la filière énergétique pour soutenir les réformes du gouvernement.
    • Adaptation au changement climatique et renforcement de la résilience: Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé 11 projets d’appui à l’agriculture climato-intelligente en Afrique, soit un montant total de 1,4 milliard d’engagements de l’IDA. Ces projets permettront de valoriser 725 000 hectares de terres et d’améliorer les moyens d’existence de plus de 1,6 million d’agriculteurs. Au Niger par exemple, un nouveau projet bénéficiera directement à environ 500 000 agriculteurs et agropasteurs dans 44 communes. Il contribuera à développer la distribution et l’utilisation de semences améliorées et résistantes à la sécheresse, et à accroître le nombre d’agriculteurs recourant à l’irrigation. L’objectif est aussi de diffuser les pratiques d’agroforesterie et plus généralement des formes d’agriculture écologiques. Enfin, le projet soutiendra la régénération des terres agropastorales dégradées, la mise en valeur du bétail et d’autres filières à fort potentiel tout en améliorant l’accès des petits agriculteurs aux marchés.
    • Partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour soutenir des initiatives régionales dans la région des Grands Lacs, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique: Face au problème urgent que constituent les déplacements de populations dans la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique, la Banque mondiale mène deux opérations visant à aider les pays à gérer les crises actuelles en venant en aide aux personnes déplacées de force et aux populations qui les accueillent. Ces efforts transfrontières sont destinés à remédier aux causes sous-jacentes de la fragilité.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • Dans la perspective de son double objectif visant à mettre fin à la pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à mobiliser les instruments de financement ainsi que les leviers du savoir et de la collaboration. En partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Union européenne, The Solutions Alliance et la Commission de l’Union africaine, le Groupe de la Banque mondiale soutient la mise en place d’initiatives axées sur le développement pour faire face aux déplacements de populations. Plusieurs de ses programmes sont en cours de déploiement dans la région des Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique. Par ailleurs, la création d’un guichet pour les réfugiés dans le cadre de la 18e reconstitution des ressources de l’IDA devrait permettre d’élargir cette plateforme de collaboration.

    Le Groupe de la Banque mondiale collabore actuellement avec plusieurs partenaires — Agence française de développement, Banque islamique de développement, Groupe de coordination arabe, Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Banque africaine de développement (BAD) et Banque européenne d’investissement (BEI) — pour appuyer le développement de la production et du transport d’hydroélectricité et d’énergie géothermique en Afrique. Il a récemment signé un protocole d’entente avec l’Administration nationale de l’énergie chinoise afin d’identifier les pays prioritaires et les activités à mettre en œuvre dans ce domaine. La Banque soutient par ailleurs la mise en place de la couverture santé universelle en Afrique aux côtés de nombreux partenaires (OMS, JICA, Fonds mondial, BAD, PNUD et CUA).

    La mobilisation des partenaires dans le but d’approfondir et d’accélérer l’aide à l’Afrique constitue une grande priorité et nécessite une collaboration plus soutenue avec de nouveaux acteurs du développement : Brésil, Chine et Inde, fonds mondiaux, fonds arabes et fondations privées.

    La Région Afrique peut également s’appuyer sur la force collective du Groupe de la Banque mondiale en se rapprochant de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour concrétiser des projets dans les domaines prioritaires que sont, entre autres, l’énergie, l’agroalimentaire, l’eau et les transports.

    La Banque renforcera également son partenariat avec la Millenium Challenge Corporation américaine et avec les organismes de développement arabes qui réalisent la majeure partie de leurs investissements en Afrique.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

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