Afrique - Vue d'ensemble

Vue d’ensemble

Après avoir ralenti à 3 % en 2015, la croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait continuer de baisser en 2016, pour atteindre son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans, et se situer en-dessous du taux de croissance démographique. Ce net recul s’explique par les difficultés des plus grandes économies et principaux exportateurs de matières premières de la région (Afrique du Sud, Angola et Nigéria) qui restent confrontés à la baisse des cours mondiaux, au durcissement des conditions de financement et à la sécheresse. Néanmoins, plus d’un quart des pays du continent résistent à cette conjoncture défavorable et connaissent un bon dynamisme économique. Si l’on observe des écarts d’un pays à l’autre (tout particulièrement entre les pays riches en ressources naturelles et les autres), la croissance de l’Afrique est, dans l’ensemble, encore inférieure à son niveau d’avant la crise financière de 2008. Ce ralentissement freine la lutte contre la pauvreté. Bien qu’elle ait reculé de 57 % à 43 % entre 1990 et 2012, l’incidence de l’extrême pauvreté demeure élevée. En Afrique, la croissance a un impact plus limité sur la pauvreté que partout ailleurs dans le monde.

Malgré un léger rebond, les cours des matières premières devraient rester largement inférieurs à leur pic de 2011-14 à cause de la faiblesse de la reprise mondiale. Face à des besoins financiers croissants, les exportateurs de produits de base ont commencé à s’adapter, mais leurs efforts sont encore insuffisants. L’Afrique subsaharienne devrait toutefois enregistrer une légère reprise en 2017 et 2018.

Le continent est par ailleurs confronté à une hausse de la violence et des conflits armés, qui obligent de plus en plus d’Africains à fuir leur foyer. En outre, les trafics en tout genre, la piraterie et l’extrémisme religieux sont autant de nouvelles sources de fragilités persistantes dans de nombreuses régions du continent. Les leçons tirées de l’épidémie d’Ebola montrent le besoin urgent de renforcer les systèmes de santé et de veille sanitaire pour prévenir les pandémies et coordonner une action régionale pour y faire face. Le changement climatique constitue un autre risque pour l’Afrique. Alors que cette région du monde émet le moins de carbone, c’est elle qui souffre le plus des effets de l’évolution du climat : sécheresse, érosion des côtes et inondations.

Cette vulnérabilité aux chocs accroît l’incertitude, coûte cher à l’économie africaine et nuit à la productivité. Il faut impérativement s’attaquer à ces facteurs de fragilité et rendre l’économie plus résiliente pour maintenir une croissance vigoureuse, pérenniser les avancées en matière de lutte contre la pauvreté et atteindre les objectifs de développement. Si l’Afrique veut atteindre ses objectifs de développement et parvenir à une transformation structurelle, elle doit saisir son potentiel de croissance.

Dernière mise à jour: 07 oct. 2016

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique mise sur le développement économique et la réduction de la pauvreté. Elle soutient la transformation structurelle et la diversification de l’économie pour générer une croissance qui profite à tous les Africains. Le continent compte des pays à faible revenu, des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et des pays à revenu élevé. On recense par ailleurs 18 pays fragiles ou en situation de conflit, et 13 petits États.

La Banque fournit un large éventail d’instruments, traditionnels et innovants, adaptés aux besoins divers de ces pays.

Ses priorités stratégiques sont les suivantes :

La productivité agricole. La nécessité d’accélérer le rythme des progrès dans ce domaine est encore et toujours d’actualité en Afrique. Le soutien aux petits exploitants notamment, par des investissements dans la technologie, la finance rurale et l’accès aux marchés, fait partie des priorités. Mais il convient aussi de promouvoir les investissements dans l’agroalimentaire et d’améliorer la gestion des terres et de l’eau en adoptant des pratiques modernes d’irrigation, en prévenant les conflits autour des ressources hydriques et en déployant des solutions agricoles climato-intelligentes.

L’accès à une énergie fiable et abordable. Étant donné que l’insuffisance des capacités électriques est le premier obstacle au développement de l’Afrique, l’amélioration de l’accès à une énergie fiable, durable et abordable est l’un des grands objectifs de la Banque dans la région.

Ce sont les Africains pauvres qui risquent d’être le plus affectés par le changement climatique, et en particulier par l’évolution des températures et de la pluviométrie. L’investissement dans des mesures d’adaptation au changement climatique et dans la gestion des risques de catastrophes naturelles continuera de figurer parmi les grandes priorités de l’institution. Pour accroître leur résilience, il faudra aider non seulement les pays à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter, mais aussi à assurer la sécurité alimentaire de leurs habitants. Le Business plan pour le climat en Afrique, présenté lors de la COP21, énonce un programme de travail dans ces deux domaines.

L’intégration régionale. En Afrique, l’intégration régionale reste un maillon central de la stratégie de la Banque pour améliorer la connectivité, mettre à profit les économies d’échelle et renforcer la productivité.

L’urbanisation. Un développement urbain intégré, qui remédiera à la fois aux problèmes d’alimentation en eau et d’assainissement, de transport, de logement, d’énergie et de gouvernance, sera indispensable pour faire rimer urbanisation avec hausse de la productivité et des revenus. À ce titre, il tient une place centrale dans les actions que la Banque mène en Afrique.

La qualité du capital humain. Au cours des 10 prochaines années, 11 millions de jeunes entreront chaque année sur le marché du travail en Afrique. Tous doivent maîtriser les compétences requises et recevoir une formation adaptée. Or, il existe toujours un décalage entre leur profil et les attentes des employeurs. Pour remédier à ce problème, la Banque a engagé des initiatives destinées à relancer l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques dans la région.

Le savoir est la clé des efforts déployés par la Banque pour obtenir de meilleurs résultats de développement et pour améliorer l’efficacité de son aide. Les rapports périodiques sur la situation économique d’un pays, élaborés en concertation avec les clients et d’autres parties prenantes, permettent des échanges de fond sur les grands enjeux. Des analyses sont également en cours sur la transformation structurelle, les vulnérabilités macroéconomiques, la fragilité et la pauvreté, ou sur des sujets plus spécifiques comme la gestion des terres arides, le Sahel et ses difficultés particulières, le développement de la Corne de l’Afrique ou encore l’exploitation des retombées positives de la réforme foncière, l’urbanisation et la pression démographique.

Dernière mise à jour: 07 oct. 2016

En juin 2016, la Banque avait approuvé 9,3 milliards de dollars pour la région, répartis sur 110 projets pour cet exercice, dont 669 millions de prêts de la BIRD et 8,7 milliards de dollars d’engagements de l’IDA. Ces investissements viseront principalement à accroître la productivité agricole, à améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable, à accroître la résilience au changement climatique, à renforcer les États fragiles et touchés par des conflits, et à promouvoir un système éducatif de qualité. Pendant cet exercice, la Banque a également apporté une importante contribution à la production et à la diffusion du savoir.

Voici quelques exemples de réalisations qui ont permis de faire avancer le développement :

Hausse de la productivité agricole

En Afrique, 65 % de la main-d’œuvre est employée dans l’agriculture. Alors que certains pays pâtissent du repli des cours des matières premières, le développement de ce secteur peut contribuer à la diversification économique des pays. Pour améliorer le niveau de vie de 2 millions d’éleveurs, sur les 50 millions (estimations) que compte la région, le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, d’un montant de 248 millions de dollars, vise précisément à améliorer l’accès aux principaux moyens de production, services et marchés dans six pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad). Il a aussi pour objectif de renforcer la riposte locale aux crises et aux situations d’urgence dans ce secteur. Mis en œuvre sur une période de six ans, ce projet s’adressera en priorité aux femmes et aux jeunes.

Amélioration de l’accès à une énergie fiable et abordable

Alors que l’Afrique affiche un potentiel considérable dans les énergies renouvelables, notamment d’origine hydraulique, solaire et géothermique, elle accuse toujours un retard sur les autres régions en ce qui concerne l’accès à l’électricité. Pendant cet exercice, la Banque a débloqué 700 millions de dollars pour le projet gazier Sankofa au Ghana, qui exploitera des ressources gazières offshore situées à 60 kilomètres de la côte occidentale. Ce gaz permettra de produire jusqu’à 1 000 mégawatts d’électricité, soit environ 40 % de la capacité de production actuelle du Ghana, et, de mobiliser ainsi 7,9 milliards de dollars d’investissements du secteur privé. Ce projet devrait générer d’importantes recettes fiscales et avoir de nombreux effets positifs pour l’économie et la population ghanéennes.

Adaptation au changement climatique et renforcement de la résilience

En avril 2016, la Banque mondiale et ses partenaires ont convenu de créer l’Observatoire du littoral ouest-africain afin d’améliorer la base de connaissances sur l'érosion côtière, les inondations et autres risques induits par le changement climatique auxquels les États côtiers et insulaires d'Afrique occidentale sont exposés. Cet observatoire renforcera les capacités nationales et régionales et épaulera les pays dans leurs efforts visant à accroître la résilience de leur littoral face au changement climatique.

Appui aux pays fragiles et touchés par un conflit

L’enveloppe de financement de l’IDA destinée aux pays les plus pauvres permet à des pays fragiles ou en situation de conflit de lutter contre les facteurs fragilité et d’améliorer leur gouvernance. Ce type de financement a été approuvé cette année pour la Guinée-Bissau et Madagascar, où il appuiera des réformes essentielles, notamment pour promouvoir une gestion plus transparente et responsable des finances publiques.

Les initiatives communes de la Banque mondiale et de l’ONU dans la région des Grands Lacs, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique appuient des efforts transfrontières destinés à remédier aux causes sous-jacentes de la fragilité. Face au problème urgent des déplacements de populations dans la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique, la Banque mène deux opérations pour aider les pays à gérer les crises actuelles en prenant en charge les personnes déplacées de force et en soutenant les populations qui les accueillent.

Développement du capital humain

Un projet de 140 millions de dollars destiné à soutenir la création de centres d’excellence dans l’enseignement supérieur en Afrique finance 24 centres triés sur le volet en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Il renforcera les capacités de ces centres dans le domaine de la formation, de la recherche appliquée et du transfert de savoir dans des secteurs prioritaires, tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et les statistiques appliquées.

Dernière mise à jour: 07 oct. 2016

La mise en œuvre de la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique repose sur la mobilisation de ses propres instruments de financement, ainsi que sur d’autres leviers tels que les partenariats et le savoir. La Banque mondiale travaille en étroite concertation avec les Nations unies et divers partenaires multilatéraux et bilatéraux. Elle collabore avec des organisations régionales et infrarégionales africaines, telles que l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la CAE, la CEDEAO, la CEMAC et la SADC, qui jouent un rôle essentiel dans nombre de programmes régionaux et infrarégionaux et dans le soutien à l’intégration économique. Le Groupe de la Banque mondiale a également noué de solides partenariats avec le secteur privé, des groupes de réflexion, des parlementaires et des organisations de la société civile africaine.

La mobilisation des partenaires dans le but d’approfondir et d’accélérer l’aide à l’Afrique constitue une priorité majeure et nécessite une collaboration plus soutenue avec de nouveaux acteurs du développement : Brésil, Chine et Inde, fonds mondiaux, fonds arabes et fondations privées.

La Région Afrique peut également s’appuyer sur la force collective du Groupe de la Banque mondiale en se rapprochant de l’IFC et de la MIGA pour des projets dans les domaines prioritaires que sont, entre autres, l’énergie, l’agroalimentaire, l’eau et les transports.

La Banque renforcera son partenariat avec l’agence américaine Millenium Challenge Corporation et avec les institutions arabes de développement qui réalisent la majeure partie de leurs investissements en Afrique.

Dernière mise à jour: 07 oct. 2016





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