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LES POINTS MARQUANTS
- Jusqu’à la rentrée scolaire de 2019, la République démocratique du Congo était l’un des seuls pays au monde où l’école primaire était encore payante.
- Grâce à la réforme sur la gratuité de l’enseignement primaire, 2,5 millions d’enfants supplémentaires ont pu retrouver le chemin de l’école et près de 23 millions de personnes pourraient sortir de la pauvreté d’ici 2050.
- La Banque mondiale aide à supporter le coût de cette réforme qui est estimé à plus d’un milliard de dollars par an.
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KINSHASA, le 12 juin 2020— Pour passer le temps, Kandindi Kengela aime s’installer dehors, devant sa petite table en plastique bleue et feuilleter ses cahiers. Comme tous les enfants congolais, il est confiné chez lui depuis plus de trois mois pour éviter la propagation du coronavirus et a hâte de retourner à l’école. « Étudier, c’est ce qui me rend heureux », affirme cet élève de 5e année primaire à Kananga, une ville du Kasai Central. « Ça me permettra de devenir chauffeur, pilote ou même président de la République. »
Même si Victorine Tshibola, sa maman, est contente que Kandindi l’aide de temps en temps à entretenir leurs champs, elle s’inquiète et commence aussi à trouver le temps long. Agricultrice, elle élève seule ses six enfants depuis le décès de son mari et accorde une importance toute particulière à leur instruction : « J’ai perdu mes parents très jeune. et je n’ai pas eu la chance de finir mes études, faute de moyens », explique-t-elle. « Je tiens à ce que mes enfants y parviennent, parce que l’école ouvre l’esprit, rend indépendant et aide à s’épanouir dans la vie. »
Victorine est d’autant plus préoccupée que ses enfants ont déjà été privés d’école l’année dernière. « Je n’avais pas assez d’argent pour payer les frais de scolarité », confie-t-elle. « Il a fallu choisir entre les nourrir ou les faire étudier. »
Quand les parents doivent supporter le coût de l’école
Jusqu’à la dernière rentrée scolaire de septembre 2019, la République démocratique du Congo (RDC) était l’un des seuls pays au monde où l’école primaire était encore payante. Au cours des deux dernières décennies, les ménages congolais ont financé les deux tiers des services éducatifs essentiels que l’État n’arrivait plus à prendre en charge, notamment les salaires des enseignants et du personnel administratif ainsi que les coûts de fonctionnement des établissements scolaires. En moyenne, les parents devaient dépenser près de 65 dollars, par an et par enfant, au primaire. Une somme que les familles les plus vulnérables ne pouvaient pas toujours débourser. 64 % des ménages interrogés lors d’une enquête effectuée en 2018, ont indiqué que les frais élevés de scolarité étaient le principal obstacle à la scolarisation de leurs enfants. De fait, cette année-là, quatre millions d'enfants en âge d'aller à l'école primaire n’étaient pas scolarisés.
Crise de l’apprentissage et crise du COVID-19
Au-delà des difficultés d’accès universel à l’éducation, le système éducatif congolais est confronté à la faible qualité de l’enseignement. En 2018, le taux d'achèvement du cycle primaire était de 67 % — contre une moyenne mondiale de 90 % —et 86 % des enfants congolais de 10 ans étaient incapables de comprendre un texte simple adapté à leur âge.
Avec 36 millions d’habitants âgés de moins de 14 ans (46 % de la population totale), le coût de la réforme est estimé à plus d’un milliard de dollars par an. Afin de soutenir cette réforme sur le long terme, la Banque mondiale a mobilisé 800 millions de dollars sur quatre ans à travers le nouveau Projet sur l’équité et le renforcement du système éducatif (PERSE). « Le développement de la République démocratique du Congo passe inévitablement par la mise en place d’un système éducatif intégré, fiable et inclusif », souligne Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo. « La gratuité de l’enseignement contribuera à cet objectif.»
Investir aujourd’hui dans l’école gratuite pour tous, c’est bâtir un avenir meilleur pour la RDC. C’est une étape essentielle pour transmettre aux jeunes les compétences dont ils auront besoin pour réussir leur vie et contribuer à la transformation économique de leur pays.
À 7 ans, Joyce Sosongo Litamba l’a déjà compris. Haute comme trois pommes, cette élève d’une école primaire publique de Kinshasa sait déjà ce qu’elle veut faire dans la vie : « Quand je serai grande, je serai institutrice pour éduquer les enfants afin qu’ils deviennent intelligents et qu’ils puissent aider leurs familles plus tard »
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