Côte d'Ivoire: présentation

Le pays en bref

Depuis quatre ans, la Côte d’Ivoire connaît un succès économique impressionnant, illustré par une croissance rapide du PIB qui a fait reculer la pauvreté. Le gouvernement a adopté un nouveau programme national de développement (PND) pour la période 2016-2020, qui prévoit de grandes réformes structurelles visant à stimuler une croissance soutenue et inclusive, tirée par le secteur privé, et à transformer structurellement l’économie. Avec ce plan qui s’appuie sur les leçons tirées de la mise en œuvre du PND précédent (2012-2015), la Côte d’Ivoire espère accéder au rang d’économie émergente en 2020, et réduire substantiellement son taux de pauvreté.

Contexte politique

À la suite des dernières élections présidentielles du 25 octobre 2015 qui l’ont réélu pour cinq ans, le président Ouattara a procédé à un remaniement ministériel le 6 janvier 2016. L’actuel chef d’État ivoirien souhaite consolider les efforts de réconciliation nationale et rédiger une nouvelle Constitution, qui devrait être soumise à un référendum en 2016. Il a aussi annoncé que des élections municipales et législatives auront lieu d’ici la fin de l’année. Parmi les priorités de son gouvernement figurent une meilleure redistribution des richesses et la lutte contre le chômage des jeunes.

Le 13 mars 2016, la station balnéaire de Grand Bassam a été le théâtre d’un attentat meurtrier. Il s’agissait de la première attaque terroriste dans l’histoire du pays.

Situation économique

Alors que la croissance du PIB a atteint 8,4 % en 2015 et devrait passer à 8,5 % en 2016, l’activité économique continue de progresser à un rythme soutenu ; tous les secteurs ont profité d’une demande globale vigoureuse et d’une poussée de l’investissement autant privé que public. En ce qui concerne le secteur agricole, la production a augmenté dans les grandes cultures comme le cacao (36 %), le café (16 %), la noix de cajou (18 %) et la canne à sucre (12 %) ; le secteur a tiré parti d’un régime de prix garantis aux producteurs et de la mise en œuvre de programmes public-privé de stimulation de la production. L’indice général de la production industrielle a bondi de 10,5 %, le secteur manufacturier et la construction se situant respectivement à 10 et 23 %. Dans le secteur des services, l’indice de chiffre d’affaires a grimpé de 7 %, le nombre d’abonnés aux services de télécommunication a augmenté de 14 %, et les indicateurs liés aux services de transport ont eux aussi progressé. Cette évolution est attribuable à la réforme des régimes encadrant l’activité des entreprises, aux programmes d’investissement public et à l’augmentation du revenu des ménages.

Situation sociale

Entre 1985 et 2008, la gravité et la profondeur de la pauvreté se sont considérablement accentuées, avec une augmentation du taux de pauvreté de 10 à 49 % environ. Selon la dernière enquête sur la mesure des niveaux de vie réalisée en 2015 par la Banque mondiale, l’incidence de la pauvreté a reculé d’environ 51 % en 2011 à 46 % en 2015 ; cette amélioration, qui est le résultat du redressement économique récent, a concerné aussi bien les zones rurales que les zones urbaines. Néanmoins, la pauvreté demeure un phénomène majoritairement rural, qui se manifeste dans les inégalités d’accès aux services essentiels et les disparités hommes-femmes et qui nourrit les clivages entre groupes de revenu mais aussi entre les populations urbaine et rurale.

Dernière mise à jour: 12 avr. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire

En septembre 2014, le Groupe de la Banque mondiale a organisé une série de consultations auprès des diverses parties prenantes dans le cadre de l’élaboration de son diagnostic systématique de la situation du pays. Cet exercice visait avant tout à expliquer le déclin du pays et à cerner les facteurs contraignants susceptibles d’entraver une croissance durable et inclusive. Ses conclusions ont servi de base au nouveau cadre de partenariat avec la Côte d’Ivoire qui a été approuvé par le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale le 29 septembre 2015.

Aux termes de ce cadre, qui couvre les quatre prochaines années et vise à aider la Côte d’Ivoire à se doter d’une économie compétitive et inclusive, la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) prévoient respectivement un programme de prêts et d’investissements pouvant atteindre jusqu’à 1 milliard de dollars pour chacune des deux institutions ; de son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) est prête à étudier de nouvelles garanties.

Le cadre s’articule autour des deux axes et cinq conditions préalables identifiées dans le diagnostic systématique pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.

Le premier axe devrait permettre de créer des emplois de meilleure qualité en s’appuyant sur une croissance tirée par le secteur privé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et d’autres secteurs. Le second axe prévoit de renforcer le capital humain pour installer une croissance inclusive, en améliorant l’efficacité et la qualité des dépenses d’éducation, de santé et de protection sociale et en élargissant l’accès aux services essentiels tout en rehaussant la qualité de la main-d’œuvre indispensable à l’essor du secteur privé. Pour cela, la Côte d’Ivoire doit : a) garantir une stabilité sociale et politique durable ; b) faire en sorte que la dette soit stable et viable d’un point de vue macro-économique ; c) réformer l’agriculture ; d) développer un secteur financier inclusif ; et e) renforcer la gouvernance.

Au 28 février 2016, l’engagement total de la Banque mondiale à l’égard de la Côte d’Ivoire (en y incluant les opérations régionales et les fonds fiduciaires) s’élève à 858 millions de dollars et comprend 18 projets. Ce portefeuille se répartit en : huit projets de l'Association internationale de développement (IDA) totalisant 638 millions, cinq fonds fiduciaires représentant 55 millions et cinq projets régionaux dont la valeur combinée est de 165 millions.

Société financière internationale (IFC)

Depuis la fin de la crise de 2011, l’IFC a élargi son soutien aux secteurs financier, agroalimentaire et des infrastructures. Elle s’est engagée à accorder un prêt de 125 millions de dollars au projet Azito III pour renforcer les capacités énergétiques du pays. De plus, l’IFC appuiera l’industrie agricole, en soutenant la grande culture et la production vivrière. Le secteur financier bénéficiera de ses investissements et de son assistance technique, parallèlement au soutien envisagé pour les infrastructures.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

La MIGA a contribué à attirer des investissements privés en Côte d’Ivoire alors que ce pays, bénéficiaire de l’aide de l’IDA, était encore considéré comme très risqué. Le montant total de ses engagements actuels, en valeur brute et nette, s’établit respectivement à 756 millions et 274 millions de dollars, au profit de projets essentiels dans le domaine de l’énergie et des infrastructures. En 2012, la MIGA a émis une garantie de 165 millions de dollars pour le pont à péage Henri-Konan-Bédié, un projet ambitieux qui devrait avoir des retombées positives majeures en matière de création d’emplois, d’amélioration des conditions de circulation et de réduction de la consommation d’énergie et des coûts. La MIGA soutient par ailleurs l’expansion en amont du gisement pétrolier Block CI-27, grâce à des améliorations systémiques apportées à la plateforme offshore Foxtrot et à l’ajout de la plateforme Marlin, dans le but d’assurer un approvisionnement fiable et constant du marché local en gaz naturel sec. La MIGA garantit aussi la conversion et l’agrandissement de la centrale Azito et du projet hôtelier du groupe Azalai.

Dernière mise à jour: 12 avr. 2016

La stratégie d’aide du Groupe de la Banque mondiale vise à accroître l’investissement et à stimuler la croissance, tout en améliorant les indicateurs sociaux. Voici un aperçu de programmes qui ont amélioré les conditions de vie de la population ivoirienne.

Emploi

Le Projet de développement des compétences et d’emploi des jeunes (PEJEDEC), financé par l’IDA à hauteur de 50 millions de dollars, est en cours d’exécution. Cette opération a été lancée en 2010 grâce à un don initial de l’IDA s’élevant à 50 millions de dollars, alors que la Côte d’Ivoire sortait d’une décennie de conflits violents qui avait entraîné l’une des plus graves crises post-électorales en Afrique. Le 26 mars 2015, le Conseil a approuvé un financement additionnel de 50 millions de dollars pour amplifier les activités ayant obtenu de bons résultats.

Au terme du financement initial, en juin 2015, le PEJEDEC a créé des débouchés professionnels pour environ 26 670 jeunes en situation précaire, dont 34 % de femmes. Le projet soutient aussi des formations professionnelles destinées à améliorer les compétences des jeunes en développant notamment des stages  qui améliorent leur chance d’occuper un emploi rémunérateur ; les postes vacants sont affichés sur le site web du projet, et les demandes d’emploi font l’objet d’un processus de sélection transparent.

Paix et reconstruction

Depuis 2007, la Banque mondiale soutient le processus de paix en Côte d’Ivoire à travers le Projet d’assistance post-conflit. Doté au départ de 150 millions de dollars, ce projet financé par l’IDA s’achèvera le 30 juin 2016, après avoir bénéficié d’un financement additionnel de 30 millions. Au mois de janvier 2016, le projet avait aidé 39 350 jeunes vulnérables, en les faisant participer à des activités de réinsertion socioéconomique, et permis d’améliorer les infrastructures sociales et économiques de 928 collectivités. Au total, en janvier 2016, le projet avait profité directement à 600 000 personnes sur les 760 000 visées. Ce projet est l’un des instruments clés dont disposent les autorités ivoiriennes pour consolider la paix, favoriser la reprise économique et renforcer la cohésion sociale.

Infrastructures

Depuis son lancement en novembre 2012, le Projet d’urgence de renouvellement des infrastructures a permis d’améliorer les infrastructures de base dans des zones urbaines et rurales spécifiques (Abidjan, Yamoussoukro, Korhogo, Bouaké, Abengourou et Soubré). Première étape d’un programme global de riposte à la crise, le projet a aidé l’État ivoirien à assumer les coûts d’un programme destiné à aider les capitales de district.  Ce programme de 2 milliards de dollars qui sera échelonné sur 15 ans, est censé restaurer l’accès aux infrastructures et aux services essentiels de qualité dont sont encore privés de nombreuses personnes depuis les derniers troubles politiques et économiques.

Le projet a permis de construire ou de remettre en état 62 kilomètres de routes, ainsi de réaliser des travaux dans les secteurs de électricité, de l’éclairage public, de l’adduction d’eau et de l’assainissement. En outre, 55 écoles et 20 cliniques ont été rénovées. À la fin février 2016, le projet était parvenu à raccorder 16 700 personnes au réseau électrique, soit plus que l’objectif initial de 15 000.

L’infrastructure rurale a profité elle aussi du projet, qui a permis de réparer 1 124 kilomètres de routes (alors que l’objectif initial n’était que de 700). Grâce à des fonds de contrepartie, le gouvernement a financé la construction de 424 kilomètres supplémentaires reliant les régions de Gbèkê et de Gontougo au pont Bassawa-Serebou. Du fait de ces aménagements, 300 villages ont maintenant accès à des routes praticables en toute saison, qui ont servi à acheminer plus de 350 000 tonnes de cacao, 500 000 tonnes d’igname et 70 000 tonnes de noix de cajou vers les agglomérations urbaines et le port de San Pédro.

Dernière mise à jour: 12 avr. 2016

Bien qu’elle soit déjà efficace, la coordination entre bailleurs de fonds au niveau sectoriel pourrait être renforcée pour faire face à l’augmentation de leur aide. À l’heure actuelle, des mécanismes et des équipes techniques ad hoc assurent le fonctionnement de 14 groupes de travail, qui collaborent bien, surtout pendant les phases de préparation des projets. Les bailleurs de fonds coopèrent par ailleurs à travers des instruments spécifiques. Ainsi, le Groupe de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE) travaillent en étroite concertation depuis 2011 pour concevoir les opérations à visée politique. Le Groupe de la Banque mondiale œuvre également avec l’UE, l’Agence française de développement (AFD) et d’autres bailleurs de fonds importants, notamment le gouvernement français, pour mettre sur pied des programmes d’investissement. Avec le renforcement de l’appui et de l’engagement des bailleurs de fonds, l’efficacité de la coordination sectorielle et intersectorielle est plus importante que jamais.

Dernière mise à jour: 12 avr. 2016


FINANCEMENTS

Côte d'Ivoire: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA