Côte d'Ivoire: présentation

Le pays en bref

Depuis quatre ans, la Côte d’Ivoire connaît un succès économique remarquable, illustré par une croissance rapide du PIB qui a fait reculer la pauvreté. Le gouvernement a adopté un nouveau programme national de développement (PND) pour la période 2016-2020 qui entend transformer la Côte d’Ivoire en une économie à revenu intermédiaire d’ici 2020 et réduire fortement le taux de pauvreté. En avril 2016, lors d’une réunion du Groupe consultatif pour le financement du PND, les bailleurs de fonds ont promis une aide de 15,4 milliards de dollars sous la forme de dons et de prêts. Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à doubler son soutien au cours des quatre prochaines années, pour le porter à environ cinq milliards de dollars.

Contexte politique

La stabilité politique a été rétablie avec la réélection sans heurts du président Ouattara en octobre 2015 pour un second mandat de cinq ans, suivie d’un référendum en octobre 2016 qui a permis l’établissement d’une 3e République. En décembre 2016, les Ivoiriens se sont rendus pacifiquement aux urnes pour élire leurs députés à l’Assemblée nationale. Cependant, les premiers mois de l’année 2017 ont été marqués par des revendications sociales et des mutineries qui ont amené le gouvernement à engager des discussions avec les principales organisations syndicales et les mutins. Par ailleurs, l’ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a été acquittée des chefs d’accusation de « crime contre l’humanité » et de « crime de guerre » qui pesaient sur elle.

Situation économique

L’économie ivoirienne continue de bien se porter et la plupart des voyants économiques et financiers du pays sont au vert. La petite baisse de croissance économique en 2016 (légèrement en deçà de 8 %) s’explique par le repli du secteur agricole qui a souffert de conditions climatiques défavorables. Les autres secteurs ont enregistré de bonnes performances comme les télécommunications, la finance, le transport, l’énergie et le commerce. Les perspectives pour les trois prochaines années sont positives avec un taux de croissance qui devrait converger vers 7,5 % en 2019.

Situation sociale

Pour réussir la diversification de son économie, la Côte d’Ivoire devra développer son capital humain afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail. En effet, la production de produits et de services modernes requiert des compétences qui manquent encore à la main-d’œuvre locale.

Le principal enjeu social sera de maintenir l’économie ivoirienne sur une trajectoire de croissance forte afin de réduire significativement les inégalités. En 2014, le pays se trouvait ainsi au 172e rang sur 188 pays dans l’indice de développement humain calculé par l’ONU. Entre 1985 et 2011, l’ampleur et l’intensité de la pauvreté ont crû fortement, le taux de pauvreté passant d’environ 10 % à 51 % de la population. Toutefois, selon la dernière enquête sur les niveaux de vie réalisée par la Banque mondiale, l’incidence de la pauvreté a reculé à 46 % en 2015 grâce au redressement économique récent. 

Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

L’action du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire

Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec la Côte d’Ivoire le 29 septembre 2015. Ce cadre, qui couvre les quatre prochaines années, aidera le pays à se doter d’une économie compétitive, équitable et solidaire. Au total, la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) prévoient chacune un programme de prêts et d’investissements de 1 milliard de dollars, et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) est prête à étudier de nouvelles garanties.

Le cadre de partenariat poursuit deux objectifs principaux. Le premier : créer des emplois de meilleure qualité en s’appuyant sur une croissance tirée par le secteur privé, notamment dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Le second : renforcer le capital humain pour générer une croissance inclusive et améliorer la qualité des dépenses sociales afin d’élargir l’accès aux services essentiels. Cinq conditions préalables devront été réunies pour atteindre ces objectifs :

·         la stabilité sociale et politique ;

·         la stabilité macroéconomique et la soutenabilité de la dette publique ;

·         la réforme agraire ;

·         le développement d’un secteur financier inclusif ;

·          le renforcement de la gouvernance.

Au 31 mars  2017, le Groupe de la Banque mondiale finance 16 projets actifs en Côte d’Ivoire. En comptant les projets en préparation, les engagements financiers atteignent plus de 2,3 milliards de dollars.  Le Groupe de la Banque mondiale a récemment approuvé le plus grand prêt octroyé jusqu’ici à la Côte d’Ivoire (325 millions de dollars) pour accroître l’accès à l’électricité, en particulier dans les zones rurales.

Société financière internationale (IFC)

Au cours des quatre dernières années, l’IFC a investi 1 milliard de dollars en Côte d’Ivoire, dont la moitié sur fonds propres. L’IFC a notamment apporté des garanties pour les centrales électriques Azito III et CIPREL IV, qui ont augmenté la capacité de production électrique du pays de 370 Mégawatts. Aujourd’hui, l’IFC et ses partenaires financent presque 50 % de l’énergie produite en Côte d’Ivoire. Dans le secteur financier, elle assiste les banques à travers le Programme global de financement du commerce (GTFP) pour accroître le soutien qu’elles apportent aux petites et moyennes entreprises, aux coopératives, ainsi qu’aux petits exploitants et  agriculteurs.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

Alors que la Côte d’Ivoire était encore considérée comme un pays à risque, la MIGA a contribué à attirer des investissements privés dans l’énergie. Deux milliards de dollars ont ainsi été investis depuis la fin de la crise postélectorale en 2011, notamment pour la conversion du cycle simple de la centrale d’Azito en cycles combinés, qui permettra de doubler ses capacités de production sans consommer plus de gaz.

Elle couvre aussi un emprunt pour financer l’extension de la plateforme internationale de production de gaz et de pétrole Foxtrot. À Abidjan, le pont à péage Henri-Konan-Bédié et l’hôtel Azalaï bénéficient également des garanties de l’Agence. La MIGA envisage d’augmenter son portefeuille d’activité pour les quatre prochaines années.

Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale vise à accroître l’investissement et à stimuler la croissance, tout en améliorant les conditions de vie de la population, notamment au travers des projets présentés ci-dessous.

Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest.

Depuis son démarrage en 2011, ce projet  a permis à plusieurs milliers de femmes vivant en zone rurale d’améliorer leurs conditions de vie. En plus des équipements de transformation agricole, le projet a vulgarisé des technologies permettant d'accroître significativement les rendements des champs de banane plantain, du manioc et du maïs. Des variétés de manioc comme Bocou 1 et Yavo font la fierté de nombreuses coopératives dont la production moyenne est passée de 25 à 35 tonnes à l’hectare, contre 8 à 10 tonnes pour le manioc traditionnel.  

La première phase du projet, qui s’est achevée en 2016, a permis aux populations rurales, notamment en zones forestières, de passer de cultures vivrières, comme la banane plantain et le manioc, à des cultures de rente qui offrent de plus grandes opportunités économiques.

Le Projet de développement des compétences et d’emploi des jeunes (PEJEDEC)

Au lendemain des violences post-électorales d’octobre 2010, la Banque mondiale et le gouvernement ivoirien avaient cherché à mettre en place un programme de création d’emplois afin d’offrir une première opportunité professionnelle à des milliers de jeunes sans qualifications. Ces derniers ont en effet été les premières victimes des troubles politiques qui ont secoué le pays pendant plus de 10 ans. L’objectif  est de permettre à une jeunesse en quête d’emplois et de reconnaissance d’aspirer à un meilleur avenir.  Le PEJEDEC est né de cette réflexion en 2012, avec un premier don de 50 millions de dollars qui a permis à près de 27 500  jeunes de bénéficier du projet en juin 2015. Le projet a ensuite reçu un financement additionnel de 50  millions de dollars (environ 25 milliards de FCFA) qui lui a permis d’élargir son champ d’action en ciblant notamment les femmes et les zones rurales.

Projet d’Assistance Post-Conflit (PAPC)

Clôturé le 30 juin 2016 après 8 ans de mise en œuvre, le PAPC a permis à la Côte d’Ivoire de disposer d’une solide expérience en matière de gestion des demandes des communautés et de gouvernance locale, comblant ainsi son retard par rapport à ses voisins immédiats comme le Burkina Faso. Grâce à un don exceptionnel de la Banque mondiale de 60 milliards de dollars, le PAPC a soutenu les efforts du gouvernement ivoirien pour mettre fin à la longue crise que le pays a traversée.

Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

Les bailleurs de fonds et donateurs ont mis en place 14 groupes de travail dont le fonctionnement est régi par des dispositifs dédiés et des équipes techniques. Ces structures entretiennent une bonne collaboration, surtout pendant les phases de préparation des projets. Le Groupe de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE) travaillent en étroite concertation depuis 2011 pour concevoir et mettre en œuvre leurs appuis à la Côte d’Ivoire. Le Groupe de la Banque mondiale œuvre également avec l’UE, l’Agence française de développement (AFD) et d’autres bailleurs de fonds importants, notamment le gouvernement français, pour mettre sur pied des programmes d’investissement dans l’agriculture et dans des programmes de promotion de l’emploi pour les jeunes

Dernière mise à jour: 17 avr. 2017


FINANCEMENTS

Côte d'Ivoire: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA

Bienvenue