Côte d'Ivoire: présentation

Le pays en bref

Depuis quatre ans, la Côte d’Ivoire connaît un succès économique remarquable, illustré par une croissance rapide du PIB qui a fait reculer la pauvreté. Le gouvernement a adopté un nouveau programme national de développement (PND) pour la période 2016-2020 (qui fait suite au plan précédent couvrant les années 2012 à 2016) et prévoit de grandes réformes structurelles pour stimuler une croissance soutenue et inclusive, tirée par le secteur privé. Ce plan vise à faire accéder le pays au rang des économies émergentes en 2020, avec une réduction substantielle du taux de pauvreté. En avril 2016, lors d’une réunion du Groupe consultatif pour le financement du PND, les bailleurs de fonds ont promis une aide de 15,4 milliards de dollars sous la forme de dons et de crédits. Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à doubler son soutien au cours des quatre prochaines années, pour le porter à environ 5 milliards de dollars.

Contexte politique

La situation politique en Côte d’Ivoire a connu une évolution positive ces derniers mois. La réélection sans heurt du président Alassane Ouattara en octobre 2015 a confirmé la stabilité du pays depuis 2011 et la résolution de la crise politique. En mai 2016, le président Ouattara a nommé un comité composé de dix experts et chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui prévoit notamment d’abroger la clause controversée sur la nationalité des candidats à l’élection présidentielle et de créer un poste de vice-président. Le texte, approuvé par le gouvernement le 28 septembre 2016, a suscité des critiques au sein des formations d’opposition et des organisations de la société civile en raison d’un processus qu’elles jugent non consensuel. Alors que le document final doit être soumis à un référendum national le 30 octobre 2016, l’appel au boycott lancé par l’opposition suscite des inquiétudes sur le niveau de participation au scrutin. Des élections législatives doivent également avoir lieu en décembre 2016.

Situation économique

La Côte d’Ivoire a enregistré ces dernières années une croissance économique sans précédent qui s’est accompagnée d’une bonne maîtrise du solde budgétaire et extérieur. L’économie s’est fortement redressée à la suite de la crise post-électorale de 2010, avec un taux de croissance du PIB de 8,5 % par an en moyenne entre 2012 et 2015, soit l’une des meilleures performances en Afrique subsaharienne. Cette croissance a été tirée par l’agriculture, les services et l’industrie, ainsi que par la hausse de la demande intérieure et un essor des investissements. En dépit d’un ralentissement de la production agricole en 2016, l’économie ivoirienne devrait continuer de progresser à un rythme soutenu, avec des prévisions de croissance du PIB réel de 7,8 % en 2016 et 8 % en 2017.

Situation sociale

Entre 1985 et 2008, l’ampleur et l’intensité de la pauvreté s’étaient considérablement accentuées, avec une augmentation du taux de pauvreté de 10 à 49 % environ. Selon la dernière enquête sur la mesure des niveaux de vie réalisée en 2015 par la Banque mondiale, l’incidence de la pauvreté a reculé d’environ 51 % en 2011 à 46 % en 2015 ; cette amélioration, qui est le résultat du redressement économique récent, a concerné aussi bien le milieu rural que les zones urbaines. Néanmoins, la pauvreté demeure un phénomène majoritairement rural, qui se manifeste dans les inégalités d’accès aux services essentiels et les disparités hommes-femmes et qui nourrit les clivages entre groupes de revenu mais aussi entre population urbaine et rurale.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire

Le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec la Côte d’Ivoire le 29 septembre 2015. Aux termes de ce cadre, qui couvre les quatre prochaines années et vise à aider la Côte d’Ivoire à se doter d’une économie compétitive, équitable et solidaire, la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) prévoient respectivement un programme de prêts et d’investissements pouvant atteindre jusqu’à 1 milliard de dollars pour chacune des deux institutions ; de son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) est prête à étudier de nouvelles garanties.

Le cadre de partenariat s’articule autour des deux trajectoires et cinq conditions préalables identifiées dans le diagnostic-pays systématique pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. Les deux trajectoires visent respectivement à créer des emplois de meilleure qualité en s’appuyant sur une croissance tirée par le secteur privé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et d’autres secteurs, et à renforcer le capital humain pour installer une croissance inclusive, en améliorant l’efficacité et la qualité des dépenses d’éducation, de santé et de protection sociale et en élargissant l’accès aux services essentiels tout en rehaussant la qualité de la main-d’œuvre indispensable à l’essor du secteur privé. Pour cela, cinq grandes conditions doivent être réunies : a) stabilité sociale et politique durable ; b) stabilité macroéconomique et viabilité de la dette ; c) réforme agraire ; d) développement d’un secteur financier inclusif ; et e) renforcement de la gouvernance.

Au 31 août 2016, la Côte d’Ivoire comptait neuf projets en cours, pour un montant total de 526 millions de dollars.

Société financière internationale (IFC)

Depuis la fin de la crise, en 2011, IFC a élargi son soutien aux secteurs financier, agroalimentaire et infrastructurel. Au cours des quatre dernières années, ses financements en Côte d’Ivoire se sont élevés à 1 milliard de dollars, dont la moitié ont été engagés pour son propre compte. IFC et ses partenaires ont notamment investi dans les projets de centrale électrique d’Azito III et CIPREL IV, qui ont permis d’augmenter la capacité du réseau électrique de 370 mégawatts. Ils financent actuellement près de 50 % de l’énergie produite en Côte d’Ivoire.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

La MIGA a contribué à attirer des investissements privés en Côte d’Ivoire alors que ce pays, bénéficiaire de l’aide de l’IDA, était encore considéré comme à risque. Le montant total de ses engagements actuels s’établit à 823 millions de dollars, au profit de projets essentiels dans le domaine de l’énergie et des infrastructures. En 2012, la MIGA a émis une garantie de 145 millions de dollars pour le pont à péage Henri-Konan-Bédié, un projet ambitieux qui devrait avoir des retombées positives majeures en matière de création d’emplois, de fluidité de la circulation et de réduction de la consommation et des coûts d’énergie. La MIGA soutient par ailleurs l’expansion en amont du gisement pétrolier Block CI-27, grâce à des améliorations systémiques apportées à la plateforme offshore Foxtrot et à l’ajout de la plateforme Marlin, dans le but d’approvisionner le marché local en gaz naturel sec de manière fiable et constante. La MIGA garantit aussi la conversion et l’agrandissement de la centrale Azito et le projet hôtelier Azalai.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

La stratégie d’aide du Groupe de la Banque mondiale vise à accroître l’investissement et à stimuler la croissance, tout en améliorant les indicateurs sociaux. Voici deux exemples de projets qui ont amélioré les conditions de vie de la population ivoirienne.

Projet d’urgence de renouvellement des infrastructures était parvenu, à la fin février 2016, à élargir l’accès à des routes praticables en toute saison à plus de 3,6 millions d’habitants des zones urbaines ciblées (contre environ 3,1 millions avant le lancement du projet). Son volet dédié à l’accès à l’électricité a permis de raccorder 16 600 personnes au réseau électrique dans les zones de Yamoussoukro et Korhogo. En outre, 100 000 personnes sont désormais protégées contre des crues récurrentes, et 1,4 million ont accès à des centres de santé rénovés, tandis que 22 000 élèves des écoles primaires ont bénéficié de la remise en état de leur établissement et que plus de 3,5 millions d’habitants ont à présent accès à des sources d’eau améliorées.

Le Projet de développement des compétences et d’emploi des jeunes (PEJEDEC) est en cours d’exécution. Cette opération a été lancée en 2011 grâce à un don initial de l’IDA s’élevant à 50 millions de dollars, alors que la Côte d’Ivoire émergeait d’une décennie de conflits violents qui avait mené à l’une des plus graves crises post-électorales en Afrique. Elle a bénéficié d’un financement additionnel de 50 millions de dollars approuvé par le Conseil des administrateurs en mars 2015 pour développer les activités qui ont donné des résultats probants.

Au terme de la phase initiale, en juin 2015, le PEJEDEC avait créé des débouchés pour environ 27 000 jeunes en situation précaire, dont 35 % de femmes. Le projet a aussi financé des formations professionnelles visant à améliorer l’employabilité des jeunes et des stages professionnels qui ont amélioré leur chance d’occuper un emploi rémunérateur.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

Les bailleurs de fonds et donateurs ont mis en place 14 groupes de travail dont le fonctionnement est régi par des dispositifs dédiés et des équipes techniques ; ces structures entretiennent une bonne collaboration, surtout pendant les phases de préparation des projets. Les différents bailleurs coopèrent par ailleurs à travers des instruments spécifiques. Ainsi, le Groupe de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE) travaillent en étroite concertation depuis 2011 pour concevoir les opérations à visée politique. Le Groupe de la Banque mondiale œuvre également avec l’UE, l’Agence française de développement (AFD) et d’autres bailleurs de fonds importants, notamment le gouvernement français, pour mettre sur pied des programmes d’investissement dans l’agriculture et dans des programmes de promotion de l’emploi pour les jeunes

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016


FINANCEMENTS

Côte d'Ivoire: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA