COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

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publication 01 octobre 2020

L’État de l’économie ivoirienne : comment la Côte d’Ivoire pourrait rebondir après la pandémie de COVID-19 et relancer la croissance

Dernier numéro: 
  • August 2020
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Publié le 14 août 2020, le 10e rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire montre que la pandémie de COVID-19 a durement frappé l’économie du pays, avec un impact considérable sur les ménages et les entreprises. 

Photo: Erick Kaglan, Banque mondiale


LES POINTS MARQUANTS

  • Publié aujourd’hui par la Banque mondiale, le 10e rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire analyse l’impact de la pandémie de coronavirus (COVID-19).
  • La situation sanitaire mondiale a fortement affecté les ménages et les entreprises ivoiriens, par conséquent la croissance économique devrait ralentir pour s’établir à près de 1,8 % en 2020 contre les 7 % attendus.
  • L’économie pourrait se redresser en 2021-2022, tirée par un rebond dans le secteur des services. Par ailleurs, la mise en œuvre de certaines mesures de riposte à la pandémie pourrait stimuler l’exécution de programmes de développement à long terme.

État de l’économie : une bonne performance avant la pandémie de COVID-19 qui risque d’être affectée par la situation sanitaire

Avec une croissance du PIB estimée à 6,9 % en 2019—soit 4,2 % en termes de PIB par habitant— la Côte d’Ivoire est restée l’une des économies les plus performantes d’Afrique subsaharienne, tirée notamment par l’expansion de la classe moyenne, qui a soutenu la demande dans tous les secteurs. Avant l’apparition du COVID-19, les perspectives pour 2020 demeuraient favorables, tablant sur une croissance d’environ 7 %. Un chiffre revu à la baisse, à la suite de la baisse des exportations et des mesures de confinement qui ont limité l’activité économique au cours du premier semestre 2020. La croissance devrait désormais s’établir à environ 1,8 %.

Figure 1: Croissance en Côte d’Ivoire 2016–2019 par rapport à la région

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Source : Indicateurs de dévelopement de la Banque mondiale en mai 2020, calculs des services de la Banque mondiale.

Les mesures de confinement ont fortement pesé sur les entreprises ivoiriennes.

Intitulé La Côte d’Ivoire face à la COVID-19 : l’impact de la situation sanitaire sur les ménages et les entreprises ivoiriennes, le rapport, basée sur une enquête d’avril 2020, constate que l’épidémie de COVID-19 a eu plusieurs répercussions directes sur les entreprises : réduction du temps de travail, baisse des ventes et des revenus, voire cessation totale ou partielle d’activités. Dans l’ensemble, 37,7 % des entreprises ont dû cesser leurs activités (dont 2,4 % définitivement et 35,3 % temporairement). Toutefois, Le rapport relève que le taux de fermeture d’entreprises a été plus élevés parmi les micro entreprises (43 %) que parmi les petites et moyennes entreprises (environ 30 %). Près de 35 % des entreprises exportatrices et 54 % des entreprises détenues majoritairement par des investisseurs étrangers ont fermé.

Par ailleurs, l’impact de la pandémie a été particulièrement important sur les ventes de tout type d’entreprise et dans tous les secteurs. Jusqu’à 94,1 % des entreprises ont enregistré une baisse de leurs ventes au cours des 30 premiers jours après l’apparition de l’épidémie. Seules 0,6 % des entreprises ont enregistré une augmentation, généralement faible, de leurs recettes.

Impact estimé sur les ventes au cours des 30 derniers jours précédant l’enquête

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Source : Calculs des services de la Banque mondiale basés sur l’enquête Cote d’Ivoire Pulse Survey de 2020, Groupe de la Banque mondiale. Note : Données pondérées, estimations de la base de sondage.

La pandémie mondiale a engendré des pertes de revenus importantes pour les ménages et le secteur informel

Se basant sur les résultats d’une enquête auprès de 800 ménages réalisée en avril 2020, le rapport souligne que 71 % des ménages ont déclaré avoir subi une baisse de revenus et ne savent pas comment faire face à leurs dépenses courantes de base. Seulement trois ménages sur dix ont suffisamment d’économies pour payer les charges régulières comme le loyer, les factures d’eau et d’électricité, et la nourriture. Les données de l’enquête montrent clairement que l’impact a été plus important et étendu qu’anticipé et a aggravé les conditions de vie des ménages déjà précaires. À court terme, cet écart de revenu sera difficile à compenser pour de nombreux ménages le programme de soutien du gouvernement sera donc essentiel pour atténuer le choc.

Impact de la pandémie de COVID-19 sur les salaires et les revenusy

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Source : Calculs des services de la Banque mondiale, bases sur les donnes de l’INS, du ministère du Plan et de Développement et du PNUD. : Mesure de l’impact socioéconomique de la COVID-19 sur les ménages en Côte d’Ivoire. Avril 2020.

Si l’épidémie reste localement sous contrôle, la Côte d’Ivoire pourrait renouer avec sa bonne performance en 2021

L'économie ivoirienne pourrait se redresser progressivement en 2021-2022, une fois que le virus sera endigué, grâce à un rebond des services et au rétablissement de la productivité dans l’industrie et l’agriculture. Si les investissements reprennent, ils contribueraient à renouer avec une hausse de la productivité dans l’industrie manufacturière et agroalimentaire, stimulant ainsi les exportations et la consommation privée. Celle-ci pourrait retrouver ses niveaux d’avant la pandémie mondiale et contribuer à la croissance du PIB à hauteur de 5 % en 2021. Une reprise potentielle fin 2020 ou en 2021 dépendra cependant de nombreux facteurs. Notamment, de la rapidité des décaissements des aides gouvernementales, de la maîtrise des pressions budgétaires au niveau domestique et des incertitudes liées au contexte politique ou à de nouveaux chocs exogènes, comme une détérioration des prix des principaux produits de base et la récession mondiale.

Le rapport présente également un ensemble de recommandations de politiques publiques susceptibles d’aider à  sauver des vies,  préserver les moyens de subsistance et  protéger l’avenir. Il propose en particulier au gouvernement de saisir l’occasion de la mise en œuvre du programme de transferts monétaires d’urgence pour accélérer le développement d’un système de protection sociale adaptative. Dans un premier temps, le gouvernement pourrait développer un système informatique de gestion (SIG) qui permettrait d’établir la liste de tous les bénéficiaires du programme d’urgence et de suivre les transferts de fonds. Après la pandémie, le SIG pourrait constituer la base du Registre social unique (RSU) lancé en 2019 pour améliorer la coordination, l’efficacité et l’efficience des programmes de protection sociale et de réduction de la pauvreté.

De même, la mise en place du Fonds d’appui aux acteurs du secteur informel est une opportunité pour développer des outils de base pour appuyer systématiquement ce secteur. Par exemple les autorités pourraient mener un profilage des acteurs du secteur informel pour apprécier leurs principales contraintes, adapter au secteur informel des mesures et services qui visent l’augmentation de la productivité. Ces services pourraient inclure un meilleur accès aux services financiers et aux informations sur le marché, des possibilités de formation (techniques et de gestion) et des instruments de protection sociale adaptés au secteur informel (assurance chômage, assurance vieillesse, etc.)

Enfin, il recommande l’opérationnalisation du Fonds de garantie pour les crédits aux petites et moyennes entreprises (FGCPME) afin qu’il puisse offrir des produits adéquats dans le cadre de la reprise économique. Le gouvernement pourrait également revoir les modifications apportées aux procédures douanières pour augmenter le rendement des échanges commerciaux.