Cameroun - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Le Cameroun qui recense 23,4 millions d’habitants, est un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Situé en Afrique centrale, il partage ses frontières avec le Gabon, la Guinée équatoriale, le Nigéria, la République centrafricaine et le Tchad. Les deux régions limitrophes avec le Nigéria (Nord-Ouest et Sud-Ouest) sont anglophones ; le reste du pays est francophone. Le pays est richement doté en ressources naturelles (pétrole et gaz, bois précieux et minerais) et agricoles (café, coton, cacao, maïs et manioc).

    Situation politique

    Le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), domine depuis longtemps la scène politique. Il détient actuellement 148 des 180 sièges de l’Assemblée nationale et 81 des 100 sièges du Sénat (un organe constitué en 2013). La prochaine élection présidentielle devrait avoir lieu en 2018.

    Le Cameroun connaît la paix depuis des décennies, malgré la grande diversité de sa population, la situation devient toutefois de plus en plus difficile dans les régions septentrionales du pays, où le mouvement Boko Haram mène une guerre de basse intensité, et également dans les régions anglophones, au nord-ouest et au sud-ouest du pays, où des mouvements sécessionnistes se font de plus en plus entendre. On estime que 7 500 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Cameroun, qui accueille par ailleurs 45 000 réfugiés nigérians au nord et 131 000 réfugiés provenant de République centrafricaine à l’est.

    Situation sociale

    Avec 8,1 millions de personnes pauvres recensées dans le pays en 2014, le nombre de pauvres a augmenté de 12 % entre 2007 et 2014, en raison d’une croissance démographique plus rapide que le rythme de réduction de la pauvreté. La pauvreté se concentre de plus en plus dans les régions septentrionales du pays, avec 56 % des pauvres vivant dans les régions du Nord et de l’Extrême Nord. 

    Situation économique

    Même si le Cameroun est l’une des économies les plus diversifiées de la CEMAC, son activité économique a ralenti en 2016. La croissance du pays devrait baisser pour atteindre 3,7% fin 2017 contre 4,4% en 2016. Ce tassement s’explique par le ralentissement de la production de pétrole (+3 % en 2016, contre +37 % en 2015), les principaux gisements étant arrivés à maturité, ainsi que par l’épidémie de grippe aviaire, qui a mis à mal la filière avicole locale, en particulier dans la région de l’Ouest, où se concentre 80 % de la production.

    Néanmoins, la poursuite par l’État de la mise en œuvre de son programme de développement des infrastructures, ainsi que ses interventions visant à dynamiser l’agriculture et la sylviculture, ont largement contribué au maintien d’une croissance solide dans les secteurs des travaux publics et des services.

    L’inflation s’est accentuée, atteignant 1,6 % fin juin 2016. Ce chiffre résulte notamment de l’augmentation de la taxe sur l’alcool (+7,4 %), et le tabac dans la loi de finances de 2015. Il tient aussi à la hausse des prix des services, de la restauration et de l’hôtellerie (+4,9 %).

    En avril 2017, le dernier Mémorandum économique de la Banque mondiale, notait que pour devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2035, comme il l’envisage dans son document prospectif Vision 2035, le Cameroun devra accroître sa productivité et permettre au secteur privé de se développer. Il devra en particulier enregistrer une croissance du PIB réel d’environ 8 %, soit 5,7 % par habitant sur la période 2015–2035. Il faudra pour cela que le taux d’investissement passe d’environ 20 % du PIB en 2015 à 30 % en 2035 et que la croissance de la productivité atteigne 2 % sur la même période, partant d’un taux moyen nul au cours de la dernière décennie. Il s’agit là de défis titanesques qui peuvent toutefois être relevés.

    Enjeux du développement

    Le Cameroun connaît des problèmes de gouvernance qui freinent son développement et le rendent moins attractif aux yeux des investisseurs. Il est classé 153e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption 2017 établi par Transparency International, et 163e sur 190 économies dans le dernier rapport Doing Business 2018 sur la réglementation des affaires.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Cameroun

    En 2014, le Cameroun a été jugé solvable par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et fait actuellement partie des pays qui peuvent bénéficier d’un financement mixte : l’enveloppe de l’Association internationale de développement (IDA), au titre d’IDA-18, est d’environ 787 millions de dollars.

    Sur l’exercice 2017, les premières opérations de la BIRD ont concerné un projet de développement du secteur des transports ainsi qu’un projet de réforme du secteur de l’énergie et d’amélioration du réseau de transport et de distribution d’électricité. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) (a) garantit également le développement de l’hydroélectricité sur la Sanaga. L’IDA, le Fonds pour l’environnement mondial et des fonds fiduciaires financeront également 15 opérations nationales représentant un engagement net de 932 millions de dollars.

    La Banque mondiale a adopté un nouveau cadre de partenariat pour la période 2017-2021. Il est aligné sur les objectifs du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) 2010-2013 élaboré par le gouvernement. Ce nouveau cadre s’articule autour de 12 objectifs, regroupés en trois domaines d'intervention :

    • supprimer les multiples pièges de pauvreté dans les zones rurales, en particulier dans les régions septentrionales ;
    • renforcer le développement des infrastructures et du secteur privé et ;
    • améliorer la gouvernance.

    La Banque mondiale appuie le renforcement de la compétitivité du Cameroun dans trois grands secteurs : énergie, transports et télécommunications. Elle s’attache par ailleurs à améliorer le climat des affaires.

    La Banque mondiale contribue également à améliorer la prestation de services dans trois principaux domaines (développement humain, mise en place d’un système de protection sociale et développement local), en privilégiant la modernisation des infrastructures et le renforcement des capacités afin d’améliorer l’accès aux services de base dans les régions du Septentrion.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • Expansion de la production électrique

    La Banque mondiale aide les autorités camerounaises à améliorer l’accès à l’électricité. Le Projet de centrale à gaz de Kribi a permis au pays d’accroître sa capacité de production électrique de 216 MW. Par ailleurs, l’IDA finance l’élaboration du Projet d’hydroélectricité de Lom Pangar, qui exploitera le potentiel hydroélectrique de la Sanaga (ce potentiel pourrait représenter jusqu’à 6 000 MW selon les estimations). De plus, la BIRD travaille actuellement au Projet de construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal amont d’une capacité de 420 MW.

    Amélioration de l’intégration et du commerce au niveau régional

    Le Projet de facilitation du transport et du transit en zone CEMAC est un projet régional de l’IDA, d’un montant de 680 millions de dollars, dont 409 millions (62 %) sont destinés au Cameroun. Il se concentre sur deux principaux corridors de transit : Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Ce projet a notamment permis de réduire le délai de transit moyen des importations depuis la sortie du port de Douala jusqu’à N’Djamena, ainsi que le temps d’attente dans les installations portuaires de Douala.

    Amélioration de la compétitivité agricole

    L’engagement actuel de la Banque mondiale en faveur du secteur agricole se décline en deux opérations financées par l’IDA :

     le Projet d’investissement agricole et de développement des marchés (100 millions de dollars apportés par l’IDA et 25 millions de dollars provenant de la Société financière internationale, IFC), qui vise à transformer les filières d’activités de subsistance du manioc, du maïs et du sorgho, peu productives, en chaînes de valeur commerciales et concurrentielles dans quatre zones agro-écologiques.

    Le projet de développement de l’élevage (pour lequel l’IDA apporte 100 millions de dollars) vise à améliorer la productivité, l’accès aux marchés et les moyens de subsistance des petits éleveurs dans les zones agro-écologiques concernées ; il ciblera notamment les éleveurs nomades de l’Extrême Nord.

    Développement des zones rurales et amélioration des services sociaux

    Financé par l’IDA, le Projet d’appui au programme national de développement participatif (a) est l’un des principaux instruments multi bailleurs utilisés pour mettre en œuvre la stratégie de développement rural du pays. Ce projet aide le gouvernement camerounais à mettre en place et à activer un mécanisme de financement décentralisé afin d’instaurer un développement de proximité participatif dans les zones rurales et d’améliorer l’accès aux services sociaux de base. Il est largement soutenu par les localités et les communautés concernées. Il a contribué à moderniser les infrastructures scolaires dans le pays, à alimenter 270 000 personnes en eau potable et à faciliter l’accès de 20 000 ménages au réseau routier et aux services sociaux de base.

    Amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services de santé

    Le Projet d’investissement à l’appui du secteur de la santé cible des activités au niveau des districts : il fournit des moyens financiers et un système d’incitations à la performance afin d’améliorer les résultats des établissements de santé dans 26 districts, couvrant au total 2,5 millions d’habitants. Les outils de gestion utilisés dans le cadre du dispositif de financement axé sur les performances ont entraîné un changement de comportement chez le personnel de santé, ce qui a permis aux établissements d’améliorer leur gouvernance et de gérer plus efficacement leurs ressources financières.

    En 2016, une première évaluation de l’impact de ce dispositif a constaté une amélioration sensible de l’utilisation et de la qualité des services de santé essentiels (par exemple, le pourcentage d’enfants bénéficiant d’une couverture vaccinale complète est passé de 47 à 88 % dans les zones ciblées).

    Amélioration de la qualité et de l’efficience du système éducatif

    La mise en œuvre du Projet de renforcement des capacités dans le secteur de l’éducation et le financement apporté par l’Initiative pour la mise en œuvre accélérée de l’Éducation pour tous (ETP) ont appuyé diverses activités destinées à améliorer l’équité et la qualité de l’éducation.

    Le Projet d’amélioration de l’équité et de la qualité de l’éducation vise à faciliter le passage d’un système dans lequel les enseignants des écoles publiques sont financés par les familles à un système de contrat entre l’État et les enseignants. Il finance aussi la formation des enseignants titulaires et des enseignants contractuels ainsi que la fourniture de matériel pédagogique.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • Le Cameroun est l’un des pays d’Afrique subsaharienne les moins dépendants de l’aide extérieure. Ses partenaires internationaux – notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE), l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), le Fonds monétaire international (FMI), les Nations unies et l’Allemagne – ont renforcé leur coordination afin d’accélérer la mise en œuvre des principes de la Déclaration de Paris et du Plan d’action de Busan.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

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FINANCEMENTS

Cameroun: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA



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ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business au Cameroun (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

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