Skip to Main Navigation
ARTICLE 13 juillet 2020

Croissance inclusive : une priorité pour l'égalité des chances des minorités ethniques

Image

Jessica Belmont / Banque mondiale


Cet article fait partie d'une série consacrée à l'importance de l'inclusion sociale et à la nécessité d'une action mondiale concertée pour garantir à chacun l'égalité des chances pour une vie digne et autonome. Notre objectif est de mettre en lumière les difficultés, les perspectives, les témoignages et les expériences de celles et ceux qui sont marginalisés. Suivez-nous avec le hashtag #EveryoneEqual pour découvrir les nouveaux articles mis en ligne.

pour accéder à des chances et des responsabilités égales par rapport au reste de la population.

Qu'il s'agisse des personnes d'ascendance africaine en Amérique latine, des Roms en Europe ou des populations autochtones au Viet Nam, les groupes ou minorités vulnérables sont souvent plus exposés aux conséquences néfastes des crises. La discrimination généralisée qui s'ajoute à certaines difficultés d'accès aux systèmes de santé, à l'éducation ou à l'emploi entrave leur capacité à faire face aux crises, une réalité que la pandémie de COVID-19 (coronavirus) a exposée au grand jour.

, quel que soit son sexe, son origine, sa religion, son appartenance ethnique, son âge, son orientation sexuelle ou son handicap.

L'objectif du Groupe de la Banque mondiale visant à promouvoir une prospérité partagée met l'accent sur le bien-être des 40 % les plus pauvres dans chaque pays, une catégorie de population qui compte une proportion importante de ces groupes marginalisés. Puisqu'elle renforce l'égalité des chances et favorise la mobilité sociale, la croissance inclusive doit être considérée comme une priorité pour l’amélioration de la situation des minorités raciales et ethniques.

Il s’agit concrètement d’améliorer l'accès à des emplois décents, à de meilleurs services et à des moyens de subsistance plus sûrs, soit autant de moyens qui permettent d’aider les personnes traditionnellement exclues à participer pleinement à la société et à vivre dignement. À cette fin, la Banque s'appuie sur des décennies d'expérience, de connaissances opérationnelles et de recherches sur les conséquences de l'exclusion et sur l’importance de mettre l’accent sur l'engagement auprès des citoyens ainsi que l'inclusion des femmes, des peuples autochtones, des personnes handicapées et des minorités sexuelles et de genre. En outre, la Banque s’attache à gérer les risques environnementaux et sociaux liés à ses projets grâce à son Cadre environnemental et social, qui prévoit des dispositions de non-discrimination à l'égard des personnes et groupes défavorisés ou vulnérables.

Face à la pandémie de COVID-19, le Groupe de la Banque mondiale a déjà fourni une aide d'urgence à plus de 100 pays en développement où vivent 70 % des habitants de la planète. Le volet social de ces opérations englobe des dispositifs de protection sociale classiques ainsi que des interventions axées sur le développement communautaire et la sécurité alimentaire (a). Dans tous les cas, la Banque est consciente de l'importance d'adopter des approches socialement équitables, sachant que les groupes vulnérables sont plus exposés et peuvent avoir besoin d'un soutien renforcé en cas de crise.

Les descendants d'Africains en Amérique latine 

Un Latino-Américain sur quatre se déclare d'ascendance africaine. Soit plus de 130 millions d’habitants qui sont les héritiers d'un passé d'exclusion et qui rencontrent d'importantes difficultés dans l'accès aux services essentiels, notamment l'éducation et l'emploi. Ces personnes sont 2,5 fois plus susceptibles de souffrir de pauvreté chronique, de gagner moins pour le même emploi, et elles sont fréquemment victimes de violence.

La Banque travaille depuis de nombreuses années avec les pays d'Amérique latine pour combattre ces inégalités. Ainsi au Costa Rica, notre soutien permet d'élargir les perspectives économiques des personnes d'origine africaine et d'autres groupes marginalisés. Il vise à évaluer les lacunes existantes en matière d'accessibilité numérique parmi ces populations, notamment les étudiants, les enseignants et les personnes handicapées, puis à définir les mesures à prendre pour y remédier. Un autre projet intègre des mesures d'adaptation climato-intelligentes dans les programmes de formation destinés aux communautés d'ascendance africaine, ce qui contribue à renforcer leur confiance dans des systèmes qui, traditionnellement, ne les intégraient pas.

Malgré des progrès significatifs au cours des dix dernières années, Une étude récente menée par le pôle Protection sociale de la Banque mondiale (a) permet d'approfondir notre compréhension des facteurs expliquant l'exclusion persistante des personnes d'ascendance africaine, ce qui est une condition préalable à la mise en place de solutions adaptées.

Les Roms en Europe 

Les Roms constituent la minorité ethnique la plus importante d'Europe, mais c'est aussi l'un des groupes les plus défavorisés et socialement exclus. Discriminés depuis des siècles, les 10 à 12 millions de Roms vivant en Europe (a) sont victimes d’un racisme et d'une exclusion systémiques. Cette situation a engendré un cercle vicieux d'inégalités et d'aspirations contrariées qui, à son tour, a alimenté la pauvreté et entraîné des disparités sociales et économiques profondes et persistantes entre les Roms et le reste de la population. En Europe de l'Est, par exemple, sept familles roms sur dix vivent dans une grande pauvreté. Bien que nombre d'entre elles résident dans des pays à revenu intermédiaire supérieur et à revenu élevé, ces familles font toujours face à des niveaux de pauvreté, de faim et de privation comparables à ceux des régions les plus déshéritées du monde.

La Banque mondiale soutient l'inclusion des Roms (a) depuis plus de deux décennies. Dans un premier temps, son action a surtout porté sur la production de données et d'éléments probants permettant de mieux cerner la situation socio-économique des Roms. Tandis que cet effort se poursuit, la Banque s'attache aussi de plus en plus à faire en sorte que l'intégration des Roms soit mieux prise en compte dans ses activités de financement et de conseil sur les politiques publiques. Donner aux communautés et aux organisations roms les moyens de recenser leurs besoins et de contribuer à l'élaboration de solutions est un élément important de cette démarche. Ainsi en Roumanie, la Banque a créé un organe de réflexion sur les Roms rassemblant des organisations de la société civile afin de tenir compte des préoccupations et des perspectives de ces populations dans son portefeuille de projets et de mieux faire entendre la voix des Roms dans les concertations sur l’action à mener.

Au-delà de l'impératif moral, l'intégration des Roms est aussi un choix économique judicieux. En effet, les Roms sont une population jeune et représentent une part croissante des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Investir dans l'intégration des Roms permettrait non seulement d'aider ces pays à accélérer leur croissance, mais aussi de contrer les effets du déclin de la population en âge de travailler dû au vieillissement démographique, à l'émigration et à la baisse du taux de fécondité.

Les populations autochtones 

Autre groupe vulnérable, les populations autochtones subissent au quotidien des niveaux élevés d'inégalité et d'exclusion. Environ 15 % des personnes extrêmement pauvres dans le monde, soit 476 millions d’habitants, sont issues de populations autochtones. Leur espérance de vie est jusqu'à 20 ans inférieure à celle du reste de la population mondiale. Elles vivent souvent dans des régions inaccessibles ou reculées, ce qui complique leur accès aux services de base, notamment internet ou l'identification numérique, que bien d'autres considèrent comme des acquis. 

La Banque mondiale s'efforce de remédier aux conséquences de cet héritage d'inégalité et d'exclusion qui a rendu les peuples autochtones plus vulnérables aux crises, et en particulier aux épidémies telles que celle du coronavirus.

Par exemple, dans le cadre du soutien apporté au Viet Nam (a), la Banque mondiale a renforcé la participation économique des minorités ethniques autochtones, des femmes et des groupes vulnérables (a) grâce à une démarche multisectorielle axée sur des activités sources de revenus et de moyens de subsistance. Ce projet (a) repose sur une approche de développement pilotée par la communauté qui donne davantage de place et de voix aux femmes. Par ailleurs, le recours aux langues parlées par les minorités ethniques dans les réunions de village, les formations et les supports de communication a permis une planification et une mise en œuvre plus inclusives du projet.

Un autre projet mené au Guatemala vise à améliorer le développement et la nutrition des jeunes enfants au sein des communautés autochtones (a) en formant les mères et les personnes qui s'occupent d'eux. Il permet d'aboutir à de meilleures capacités cognitives et linguistiques chez les enfants et à un plus grand respect des femmes par leur communauté.

Ces actions menées dans le monde entier s'inscrivent dans le cadre du large soutien de la Banque mondiale en faveur du développement social, l'accent étant mis sur la nécessité de placer les personnes au cœur des projets. Les dispositions de son Cadre environnemental et social lui permettent de mieux gérer les risques sociaux des projets, dans le souci constant d’associer les parties prenantes et l’objectif ultime de soutenir les populations locales et de leur donner les moyens de construire leurs propres solutions. 



Api
Api