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Fiche d’information 08 avril 2021

COVID-19 (coronavirus) : l’action de la Banque mondiale en Afrique

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Plus d'un an après le début de la pandémie de COVID-19, de nombreux pays d’Afrique ont pu résister à la tourmente provoquée par la pandémie de COVID-19 et leurs perspectives économiques sont plus optimistes qu’en octobre 2020 grâce à la conjonction de plusieurs facteurs : le virus s’est propagé plus lentement que prévu et a fait moins de victimes que dans le reste du monde. Cela tient aussi à l’adoption par les gouvernements de mesures vigoureuses pour préserver les vies et les moyens de subsistance, et à un rétablissement plus rapide que prévu des cours des matières premières. La pandémie continue cependant de toucher durement les populations africaines, avec des répercussions qui auraient entraîné jusqu’à 40 millions d’individus dans l’extrême pauvreté. Les femmes, les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et ceux employés dans le secteur informel sont particulièrement pénalisés faute d’accès à des filets sociaux et des sources de revenus.

Dans beaucoup de pays africains, les gouvernements ont saisi cette occasion pour accélérer des réformes et des investissements indispensables à leur développement à long terme. Le chemin vers la reprise sera long, et la dynamique économique variera selon les pays et les sous-régions. En réponse à la pandémie, le Groupe de la Banque mondiale prévoit de déployer jusqu'à 160 milliards de dollars de financements afin d’aider plus de 100 pays dans le monde à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie. Ce montant comprend 50 milliards de dollars destinés aux pays africains.

En Afrique, l’action de la Banque mondiale s’articule autour de quatre axes principaux : sauver des vies, protéger les populations pauvres, préserver et créer des emplois, et reconstruire sur de meilleures bases.

Depuis le début de la pandémie en mars 2020, la Banque a débloqué près de 24,7 milliards de dollars en faveur de la lutte contre la crise de la COVID-19, notamment en lançant de nouveaux projets dans les secteurs de la santé, de la protection sociale et de la relance économique ou en réaffectant des ressources existantes.

Sauver des vies

La Banque mondiale s’est mobilisée rapidement pour aider les pays africains à renforcer leur action contre la pandémie et leurs systèmes de santé, avant d’intensifier ses efforts sur le front de l’achat et du déploiement des vaccins anti-COVID.

Alors qu’un grand nombre de pays africains ont mis en place des plans de vaccination, l'approvisionnement en doses suffisantes est une priorité pour la région. Selon les estimations de la Banque mondiale, chaque mois de retard dans la vaccination se traduit par une perte de 13,8 milliards de dollars sur le PIB africain. 

La Banque prépare actuellement des projets de financement d’urgence des vaccins dans une trentaine de pays d’Afrique — République démocratique du Congo (RDC), Éthiopie, Guinée-Bissau, Rwanda, Sénégal et Tchad, notamment —, pour un montant total de 1,85 milliard de dollars. Ces projets s’attachent à assurer un accès équitable aux vaccins en faisant en sorte que les pays disposent de ressources financières pour se procurer des doses ; réaliser un diagnostic de l'état de préparation des pays afin d'identifier les lacunes et de prendre des mesures pour veiller à la vaccination du plus grand nombre possible de personnes ; renforcer l'infrastructure, et en particulier les équipements de la chaîne du froid, la formation des ressources humaines et les transports ; mettre en place des systèmes de collecte de données pour assurer le suivi de l'impact réel des efforts de vaccination ; et soutenir des campagnes de sensibilisation pour changer les comportements, lutter contre la défiance vis-à-vis des vaccins et accroître la demande dans la population.

Les financements consacrés aux vaccins font suite à une première série de projets d’urgence COVID-19 lancés dans 36 pays (pour un montant total de 988 millions de dollars) avec l’objectif de renforcer la prévention, améliorer le dépistage et procurer du matériel médical (respirateurs portables, équipements de protection individuelle, masques), mettre en place des structures de soins et consolider la participation des communautés, les systèmes de santé et la coordination. Des ressources supplémentaires (190 millions de dollars environ) sont aussi mobilisées à travers la restructuration de projets et des opérations en cours dans le secteur de la santé.

Afin d’améliorer la collaboration transfrontalière en matière de veille sanitaire et d’intervention d’urgence, la Banque appuie des institutions régionales telles que les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) et la Commission de l’Union africaine. Dans 16 pays d’Afrique subsaharienne, le programme de renforcement des systèmes régionaux de surveillance des maladies (REDISSE) permet de renforcer les capacités de tests des laboratoires, mieux prévenir et contrôler les infections, communiquer sur les risques de contagion et assurer une coordination internationale.

La Banque mondiale s’emploie en outre à redéployer des ressources dans le cadre d’opérations en cours dans les domaines de la santé, du développement urbain et de la résilience, ce qui a donné lieu à l’activation des composantes d’intervention d’urgence de projets existants dans 16 pays, pour un montant total de 337 millions de dollars. Les Seychelles, le Kenya et Madagascar ont bénéficié de l’activation des options de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO), avec le décaissement de 135 millions de dollars au total.



Protéger les populations pauvres

Afin de protéger les populations pauvres et vulnérables et de remédier aux conséquences de la pandémie sur leurs moyens de subsistance, la Banque aide les pays africains à :

·         Étendre et adapter les programmes de filets sociaux : depuis le début de la pandémie, la Banque mondiale a approuvé plus de 4,1 milliards de dollars de nouveaux financements dans la région en faveur de programmes de protection sociale, dans le but de lutter contre la pauvreté chronique grâce au versement d’allocations monétaires et de venir en aide aux ménages qui ont perdu leurs moyens de subsistance à la suite de la pandémie. Parce qu’ils procurent de l’argent liquide aux ménages, les filets sociaux peuvent préserver l’activité économique locale, surtout dans un secteur aussi vital que l’alimentation. Ainsi, au Togo, le programme de transferts monétaires Novissi assure la distribution d’allocations d’urgence sans contact auprès des familles les plus pauvres à l'aide d'images satellites et de services d'argent mobile. De même, en RDC, des dispositifs d’aide ciblent les citadins pauvres en exploitant des données collectées via la téléphonie mobile et en s’attachant à prioriser les travailleurs « invisibles » de l’économie informelle. Au Niger, les transferts monétaires ont contribué à la résilience des foyers face au changement climatique (a) en permettant de diversifier les sources de revenus, d’encourager l’épargne et d’éviter des décisions mal avisées, prises dans l’urgence. Au Malawi, les autorités remplacent les kiosques à eau manuels par des systèmes automatiques (a) afin de limiter les files d'attente et les risques d’infection à la COVID-19, tout en réduisant le coût de l’eau.

·         Maintenir la sécurité alimentaire en aidant les agriculteurs à accroître leur production pour satisfaire les besoins des populations locales et en soutenant les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Parallèlement, les pouvoirs publics s'efforcent de faire face à l’augmentation des prix alimentaires de ces derniers mois. En Côte d’Ivoire, un financement a permis de procurer des aides au revenu à 320 000 agriculteurs et de préserver 5 000 emplois locaux dans des installations de transformation. Au Tchad, un projet s’emploie à constituer des banques de céréales et à distribuer des graines et des kits alimentaires pour subvenir à l’alimentation des familles pauvres pendant la crise. Au Kenya, la technologie numérique est mise à contribution par le biais d’une collaboration avec 15 start-up spécialisées dans l’agriculture connectée (AgTech) afin de faciliter, entre autres services, la livraison des intrants, les tests de sol et l’assurance des récoltes. À Madagascar, un projet de la Banque mondiale accompagne des communautés agricoles pénalisées par les restrictions de circulation liées à la pandémie en finançant la remise en état de routes de desserte et des travaux à forte intensité de main-d’œuvre afin de relancer la production agricole.

Préserver et créer des emplois

Principales pourvoyeuses d’emplois, les micro, petites et moyennes entreprises ont été particulièrement touchées par la crise dans l'ensemble de la région, où le secteur informel occupe une place prédominante dans le marché du travail. Les pays s’emploient à lancer ou étendre des chantiers de travaux publics ou des programmes de développement urbain en vue de faciliter la création d’emplois dans les territoires défavorisés. Ainsi, en République centrafricaine, la Banque mondiale appuie le plus vaste programme de « travail contre rémunération » du pays, qui a déjà permis de produire plus de 2 millions de masques. L’objectif est d’atteindre une production totale de 10 millions d’unités, pour offrir deux masques gratuits à chaque habitant, avec à la clé la création d’activités génératrices de revenus au profit de 18 000 couturiers et 300 entreprises locales. De même, au Kenya, le projet d’amélioration des implantations sauvages (a) a créé plus de 26 000 emplois à travers la mise en place d'activités rémunératrices pour les jeunes — nettoyage des rues et des systèmes de drainage, par exemple — qui ont en même temps permis d'améliorer la propreté des quartiers et les infrastructures urbaines.

Mettre les femmes au cœur des programmes de paiement numérique peut aider les pays à atténuer les risques d’exclusion et réduire l’impact de la pandémie sur la population féminine. En Zambie, le projet GEWEL (a) aide les femmes les plus démunies à accéder à des moyens de subsistance et les filles défavorisées issues de ménages extrêmement pauvres à accéder à l’éducation secondaire. Plus de 34 000 femmes ont déjà bénéficié de ce programme. En Sierra Leone, le projet pour la compétitivité agroindustrielle (a) fournit des subventions aux PME dirigées par des femmes afin d’aider à la continuité et la résilience des activités. 

Parce que le secteur privé joue un rôle essentiel pour limiter la crise économique et soutenir la reprise, la Société financière internationale (IFC), l’institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, s’emploie à aider les entreprises à traverser la pandémie et à surmonter les effets économiques et financiers de la crise sanitaire. Afin d’aider ses clients dans la région qui sont touchés par la pandémie, IFC s’appuie notamment sur son dispositif mondial de financement accéléré COVID-19, doté de 8 milliards de dollars. Il s’agit notamment d’augmenter les financements pour les petites entreprises, de développer les infrastructures numériques, de contribuer au maintien des chaînes d’approvisionnement agricoles et de répondre aux besoins en fonds de roulement des fabricants locaux. Par ailleurs, IFC a également créé une nouvelle Plateforme mondiale pour la santé (a) dans le but d’aider les pays en développement à combattre la pandémie en leur facilitant l'accès à des fournitures médicales indispensables et en renforçant la résilience de leurs systèmes de soins. Enfin, IFC apporte aussi des services de conseil qui aident ses clients, dont notamment des institutions financières, à gérer les risques en ces temps de pandémie, accompagnent la conversion des fabricants de l’industrie textile à la production d’équipement de protection individuelle, et guident le secteur du tourisme pour traverser cette passe difficile. 


Reconstruire sur de meilleures bases

Parallèlement à la nécessité de faire face aux conséquences immédiates de la pandémie de COVID-19, la réponse de la Banque et son appui aux pays mettent aussi l’accent sur la reprise. Plus de 20 pays d’Afrique subsaharienne ont sollicité une assistance de la Banque mondiale sous la forme de soutien budgétaire ou d’opérations à l’appui de politiques de développement afin de les aider à gérer les conséquences de la pandémie sur les finances publiques. Ces opérations visent à aider les gouvernements à atténuer les effets de la pandémie tout en promouvant des réformes qui créeront les conditions propices au redressement économique. Au 25 mars 2021, la Banque mondiale avait approuvé 31 opérations destinées à soutenir les processus de reprise en Afrique subsaharienne, avec plus de 4,4 milliards de dollars de financements mobilisés par l’Association internationale de développement (IDA) et 1 milliard de dollars apportés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).   

Assurer l’avenir, c’est aussi maintenir des services publics essentiels, notamment en matière de nutrition, d’éducation, de santé et d’eau et assainissement. Les services énergétiques jouent aussi un rôle déterminant dans la lutte contre la pandémie, tant pour fournir de l’électricité aux structures de santé que pour garantir l’accès à de l’eau salubre pour les gestes indispensables d’hygiène ou encore offrir des services de technologies de l’information et de la communication dans le contexte des mesures de distanciation physique. Des initiatives sont en cours pour augmenter les investissements dans le solaire, l’éolien et d’autres énergies renouvelables, ce qui sera essentiel pour étayer la reprise économique.

La poursuite des services éducatifs est également au centre de l’action de la Banque face à la pandémie. En Sierra Leone, le gouvernement a été en mesure de mettre sur pied un programme d’enseignement par radio (a) qui a permis de fournir des possibilités d’apprentissage à distance à environ 1,4 million d'élèves, dont 700 000 filles, et lancé des campagnes de sensibilisation sur les risques d’infection et la prévention contre la COVID-19, l’inclusion des filles et le retour en classe. En Ouganda, le projet de riposte à la COVID-19 assure le transport des enseignants de leur domicile aux stations de radio et leur fournit des ressources pour les aider à préparer leurs cours et les dispenser par le canal de la radio ou de la télévision.

Étant donné le temps nécessaire à la reprise des échanges mondiaux, les pays africains doivent promouvoir le développement de chaînes de valeur régionales tout en développant les fondements et les capacités nécessaires à une implication plus complète du continent. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a un rôle important à jouer pour réduire les coûts de production associés aux tarifs douaniers, les barrières non tarifaires et les problèmes de facilitation des échanges. La ZLECAf peut aussi aider à organiser la production à l’échelle de la région, développer le commerce au sein de la région et développer la résilience des chaînes d’approvisionnement.  

Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont appelé les créanciers bilatéraux publics à octroyer une suspension de dette aux pays éligibles aux financements de l’IDA — les plus pauvres de la planète — pour leur permettre de dégager des marges de manœuvre financière face à la pandémie de COVID-19. Lors des Réunions de printemps 2020, les gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI ainsi que les ministres des Finances du G7 et du G20 se sont dits favorables au lancement de cette initiative le 1er mai. Cette initiative constitue une composante importante de la réponse mondiale mobilisée pour atténuer les conséquences de la pandémie sur les populations les plus pauvres et vulnérables d’Afrique et pour faire en sorte que les gouvernements disposent des ressources nécessaires pour prendre les mesures rapides et vigoureuses qui permettront de protéger les vies humaines et les moyens de subsistance. Selon les Statistiques de la dette internationale (IDS) publiées par la Banque mondiale, les pays africains ont versé 34,1 milliards de dollars au titre du service de la dette en 2019, dont 10,4 milliards à des créanciers bilatéraux publics. Au 1er avril 2021, 30 pays d’Afrique subsaharienne avaient demandé à participer à l’Initiative de suspension du service de la dette.


Tandis que les répercussions sociales et économiques de la pandémie de COVID-19 n’ont pas fini de se faire sentir dans la région, il est capital de disposer de données en temps réel pour guider les choix de politique publique. C’est pourquoi, afin d’aider les gouvernements à surveiller l’évolution de la crise et à y faire face efficacement, la Banque intensifie actuellement ses travaux de suivi à haute fréquence des principaux indicateurs économiques et de l’impact de la pandémie sur les entreprises et les ménages ainsi que sur les prix des produits alimentaires.


Fiche mise à jour le 8 avril 2021