Tchad - Vue d'ensemble

  • Pays sahélien et enclavé d’Afrique centrale, le Tchad fait face à des défis sécuritaires liés aux conflits dans les pays limitrophes et aux conséquences du changement climatique, notamment à l’accélération de la désertification et à l’assèchement du lac Tchad.

    Situation politique

    Le président Idriss Déby Itno et son parti, le Mouvement patriotique du salut (MPS), dominent la scène politique tchadienne depuis leur accession au pouvoir en décembre 1990. La nouvelle constitution, promulguée en 2018, permet au président de se représenter, au terme de son mandat actuel en 2021, pour deux autres mandats consécutifs de six ans.

    Repoussées plusieurs fois, les élections législatives et municipales devraient se tenir au premier trimestre 2020.

    Situation économique

    • Pays producteur de pétrole depuis 2003, le Tchad est devenu très dépendant de cette ressource. L’économie tchadienne, qui reposait auparavant sur l’agriculture, a vu son PIB par habitant augmenter de 497 dollars environ en 2001-2002 (soit moins de la moitié de la moyenne de l’Afrique subsaharienne) à près de 823 dollars en 2017.
    • Après deux années de profonde récession dues à la chute du prix du pétrole, l’économie est légèrement répartie à la hausse en 2018, avec une croissance du PIB qui devrait atteindre 2,6 % grâce à la hausse des prix du pétrole, de la production pétrolière et de la production agricole.
    • Le déficit du compte courant extérieur a chuté de 6,6 % à 4,7 % entre 2018 et 2019, en raison de la hausse des prix du pétrole et des exportations de cette matière première. L’État poursuit ses efforts d’assainissement budgétaire en mobilisant les recettes et en limitant les dépenses récurrentes.
    • En juin 2018, le Tchad a finalisé la restructuration de son prêt commercial auprès de la compagnie pétrolière Glencore, garanti par des titres pétroliers. Cet accord et l’apurement prévu des arriérés devraient réduire le ratio de la dette publique au PIB de 51,9 % en 2017 à 41,2 % en 2020. Le risque de surendettement extérieur reste néanmoins élevé.
    • À moyen termes, les exportations de pétrole resteront un moteur essentiel de la croissance du PIB. En outre, la privatisation de l’entreprise publique cotonnière devrait permettre d’améliorer sensiblement la contribution du secteur agricole à la croissance du PIB.
    • La croissance devrait être plus modérée en 2019, du fait de la baisse anticipée du prix du pétrole. Toutefois, l’augmentation attendue de la production pétrolière stimulera l’investissement et les exportations en 2020.
    • L’économie tchadienne reste fragile et exposée à des risques importants, comme la volatilité des cours du pétrole et l’insécurité régionale. Le Tchad gagnerait à investir dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’éducation et la santé pour atténuer ces risques.

    Situation sociale et enjeux de développement

    • Avec plus de 450 000 réfugiés en provenance du Soudan, de la République centrafricaine et du Nigéria, le Tchad continue de subir les conséquences des tensions dans les pays voisins et accueille un nombre important de réfugiés, qui représentent près de 4 % de sa population totale.
    • Alors que le Tchad avait enregistré des progrès sur le front de la lutte contre la pauvreté, dont le taux national avait baissé de 55 à 47 % entre 2003 et 2011, le nombre de personnes pauvres devrait augmenter de 4,7 à 6,3 millions entre 2011 et 2019.
    • Le Tchad est dernier dans le classement de l’Indice du capital humain de la Banque mondiale. Un enfant né aujourd’hui au Tchad sera 29 % moins productif à l’âge adulte qu’un enfant ayant reçu une instruction de qualité et bénéficié de services de santé adaptés. Par ailleurs, un enfant tchadien sur cinq n’atteindra pas sa 5e année et 40 % des enfants souffrent d’un retard de croissance, ce qui risque d’avoir des conséquences durables sur leur développement cognitif. Entre l’âge de 4 ans et 18 ans, les enfants tchadiens ne passent en moyenne que 5 ans sur les bancs de l’école.
    • Avec 856 décès pour 100 000 naissances vivantes, le Tchad possède un des taux les plus élevés de mortalité maternelle en Afrique centrale.  Un phénomène aggravé par le nombre élevé de grossesses précoces (164,5 naissances pour 1 000 adolescentes de 15 à 19 ans) qui sont souvent suivies de complications pour les adolescentes.

    Dernière mise à jour: 29 oct. 2019

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Tchad

    L’action de la Banque mondiale au Tchad est déterminée par un  Cadre de partenariat (CPF) réévalué et renouvelé en moyenne tous les quatre ans. Élaboré en 2016, le cadre actuel court jusqu’en 2020. La Banque mondiale effectuera bientôt un diagnostic de la situation économique et sociale du Tchad pour préparer sa prochaine stratégie de soutien au développement au Tchad. Aligné sur les priorités du gouvernement le CPF actuel vise notamment à :

    • améliorer la gestion des ressources publiques ;
    • augmenter la productivité agricole et les chaînes de valeur ;
    • renforcer le capital humain (santé, nutrition, éducation) et la réduction de la vulnérabilité.

    Le Groupe de la Banque mondiale, à travers l’Association internationale de développement (IDA), finance actuellement 11 projets nationaux pour un engagement total de 358 millions de dollars et 4 projets régionaux à hauteur de 127 millions de dollars. Afin d’aider les pays du Sahel à stabiliser la région et accélérer leur développement, la Banque mondiale est membre de l’Alliance Sahel lancée en juillet 2017, dans le but de renforcer la coordination des partenaires pour une aide plus rapide, plus efficace et mieux ciblée en faveur des zones vulnérables.

    La Société financière internationale (IFC), filiale de la Banque mondiale dédiée au développement du secteur privé a investi dans les secteurs des télécommunications mobiles (Milicom), de la santé (Clinique Providence) et dans les industries et services. En collaboration avec la Banque mondiale, IFC assiste le gouvernement tchadien dans la mise en œuvre des réformes nécessaires à l’amélioration du climat des affaires.

    IFC explore aussi les possibilités de renforcement des filières agricoles telles que le coton, la gomme arabique, le sésame et l’élevage. Et fourni des services de conseils et d’assistance techniques améliorer l’accès au financement au Tchad.

    Dernière mise à jour: 29 oct. 2019

  • Voici quelques-uns des résultats obtenus grâce au soutien du Groupe de la Banque mondiale :

    CAPITAL HUMAIN

    En mobilisant tous les acteurs de la société, le Projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel, vise Permettre aux fillettes, adolescentes et femmes vivant dans des conditions difficiles de s’épanouir et d’atteindre leur véritable potentiel économique en leur donnant accès à une instruction de qualité et à des services de santé reproductive, maternelle et infantiles adéquats :

    • plus de plus de 13 000 jeunes filles vulnérables ont bénéficié d’un appui (kit scolaire, hébergement, paiement des frais de scolarité, soutien scolaire…) ;
    • dans les trois régions du Lac,  de Kanem et Salamat, le nombre de filles accédant au niveau secondaire a augmenté de23 % tandis que le taux d’abandon a diminué de moitié ;
    • 397 espaces sûrs scolaires ont été créés (ciblant des milliers d’adolescentes) ;
    • 168 femmes ont bénéficié de formation en énergies renouvelables et 112 autres de formation en conduite et maintenance d’engins lourds de production agricole.

    Grâce au Projet de réforme du secteur éducatif (PARSET) qui vise à améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans les écoles primaires et secondaires :

    • plus de 500 salles de classe ont été construites et équipées ;
    • près de 3 millions de manuels scolaires ont été achetés et distribués aux écoles ;
    • 20 000 élèves (dont 60 % de filles) ont appris à lire et à écrire ;
    • près de 13 000 enseignants communautaires ont été formés ;
    • un nouveau centre national d’élaboration des programmes scolaires (centre des curricula) a été créé ;
    • le taux global d’enfants scolarisés est passé de 87 % en 2003/2004 à 96 % en 2007/2008.

    En vue d’établir un système de protection sociale ciblant les ménages les plus vulnérables, le projet filets sociaux procède à des transferts monétaires et à des activités d’argent contre travail :

    • dans le Bahr el GAZAL 1550 ménages ont bénéficié des transferts monétaires non conditionnels et 1400 ménages des transferts adaptatifs pour réduire l’insécurité alimentaire due `a la sècheresse ;
    • dans le Logone Occidental, 4650 ménages ont bénéficié de transferts monétaires non conditionnels ;
    • À N’Djamena, 9000 ménages pauvres sont appuyés à travers le programme Argent Contre Travail dans trois communes d’arrondissements (7ème, 8ème et 9ème).

    ÉCONOMIE ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

    Le Projet d’urgence de réponse à la crise de l’agriculture et de l’élevage en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), vient en aide aux réfugiés centrafricains, aux rapatriés et aux communautés d’accueil dans le sud du Tchad. Avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) il met aussi en œuvre une initiative pilote qui vise à favoriser l'intégration de deux camps de réfugiés (Gondje et Amboko) aux villages environnants.

    Grâce au volet du projet qui porte sur une aide alimentaire ciblée a été mis en œuvre par le PAM :

    • 32 460 bénéficiaires (dont 50 % de femmes) ont reçu des bons alimentaires (contre une cible initiale de 31 200 personnes) ;
    • 2 520 enfants entre 6 et 59 mois ont reçu des compléments nutritifs afin de lutter contre les cas de malnutrition aiguë modérée ;

    Le volet portant sur la production agricole et la stabilisation du cheptel est mis en œuvre par la FAO :

    • 32 261 ménages ont reçu des fournitures essentielles (semences pluviales, engrais, matériel agricole, etc.) pour la production maraîchère durant la saison sèche au 31 décembre 2018 sur 28 969 prévus, soit un taux de réalisation de 91,62 % ;
    • 10 996 groupements ont été formés en technique de production au 31 décembre 2018 avec un taux de réalisation de 137,63% ;
    • 10 000 ménages ont bénéficié d’un transfert global de technologie pour la production agricole ;
    • la production des cultures maraîchères a connu une augmentation de 296,6 %, passant de 10 000 tonnes à 29 664 tonnes ;
    • 250 kilomètres de couloirs de transhumance ont été identifiés.

    Dernière mise à jour: 29 oct. 2019

  • Le Groupe de la Banque mondiale est un membre actif du Comité des partenaires techniques et financiers (CPTF) qui réunit la plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement et humanitaires présents au Tchad en vue de renforcer la coordination des interventions dans l’esprit de la Déclaration de Paris et des Conférences d’Accra et de Busan sur l’efficacité de l’aide.

    Dernière mise à jour: 29 oct. 2019

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FINANCEMENTS

Tchad: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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