COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Bénin Présentation

  • Partageant ses frontières avec le Togo, le Burkina Faso, le Niger et le Nigéria, le Bénin possède 121 kilomètres de côte le long du golfe de Guinée, compte près de 11,53 millions d’habitants (2018) et enregistre une espérance de vie moyenne de 61,2 ans. L’économie béninoise dépend fortement du commerce informel de réexportation et de transit avec le Nigéria (estimé à environ 20 % du PIB) ainsi que de l’agriculture, notamment le coton, premier produit d’exportation.

    En dépit d’une croissance économique stable et robuste depuis deux décennies, la pauvreté reste répandue et s’explique par un faible niveau du taux de croissance par habitant (en moyenne 1,5 % seulement sur la période 2008–2018). Le taux de pauvreté à l’échelle nationale ressortait à 38,2 % en 2020 contre 40,1 en 2015.

    Une plus forte diversification économique, une gestion plus efficace des dépenses publiques ainsi qu’une répartition géographique plus équitable des ressources permettraient de baisser le taux de pauvreté et de rendre la croissance plus inclusive.

    Situation politique

    Le Bénin bénéficie d’un régime démocratique stable, malgré quelques tensions lors des élections législatives du 28 avril 2019. La dernière élection présidentielle de mars 2016 s’est soldée par la victoire de Patrice Talon, un homme d’affaires multimillionnaire ayant fait fortune dans le coton. Le gouvernement bénéficie actuellement d’une majorité absolue au Parlement (83 députés). Une réforme du système des partis votée en septembre 2018 par l’Assemblée nationale a obligé plusieurs partis et mouvements politiques à fusionner pour se conformer à une nouvelle Charte des partis politiques. Le pays compte désormais une douzaine de partis reconnus par l’État contre plus de 200 partis recensés avant la réforme. Les prochaines élections communales et locales devraient se tenir en mai 2020.

    Situation économique

    • Les perspectives sont négatives à court terme, du fait du ralentissement économique mondial lié au COVID-19. Les canaux de transmissions externes joueront un rôle important notamment le ralentissement de l’économie nigériane, impactée par les faibles cours du pétrole, et la baisse du prix des matières premières, notamment le coton. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), les investisseurs ont déjà retiré 83 milliards de dollars des marchés émergents depuis le début de la crise COVID-19. Les sorties de capitaux risquent de contracter sévèrement les investissements directs étrangers (IDE) et d’augmenter les coûts de financement. Les mécanismes de transmission internes - une réduction de la consommation et des investissements locaux - dépendront du niveau de contagion et des choix de politique publique de riposte à la pandémie.
    • Avant la propagation du coronavirus qui va avoir un impact négatif sur l’activité économique, et les recettes de l’État, le Bénin a enregistré de solides performances économiques entre 2016 et 2019 avec une croissance moyenne du PIB réel de 5,5 %. Mais depuis août 2019, la décision du Nigéria, son principal partenaire économique, de fermer unilatéralement ses frontières terrestres avec ses voisins a porté un coup dur à l’activité économique du Bénin. De fait, malgré une relative résilience, l’activité économique s’est décélérée à 6,4 % en 2019, contre 6,7 % en 2018 (soit un taux de croissance du PIB par habitant de 3,5 %).

     

    • Du côté de l'offre, la croissance a été tirée par l'agriculture, liée à une forte production de coton (+18 %) au premier semestre. L'industrie et les services ont également contribué positivement à la croissance, grâce à l’augmentation de l'électricité produite localement après l'ouverture d'une nouvelle centrale électrique. Du côté de la demande, la consommation et les investissements privés ont le plus contribué à l'activité économique. L'inflation est restée modérée à -0,9 % en 2019 en raison de la production agricole élevée malgré la hausse des prix des carburants.
    • Le déficit budgétaire (dons inclus) a considérablement baissé de 2,9 % à 0,5 % du PIB entre 2018 et 2019 en raison de la sous-exécution des projets financés sur ressources extérieures, qui ont réduit les dépenses d'investissement, tandis que les recettes intérieures et non fiscales ont en partie compensé la réduction des recettes douanières liées à la fermeture de la frontière. Le ratio dette/PIB s’est stabilisé, passant de 41,5 % en 2018 à 41,6 % en 2019. Le risque de surendettement global reste modéré.
    •  Le déficit extérieur courant (dons compris) est passé de -4,6 % en 2018 à -5,1 % du PIB en 2019 en raison de la baisse des prix du coton et de la hausse des importations d'intrants de construction et de produits énergétiques. Les produits exportés étaient principalement du coton et des noix de cajou tandis que les importations étaient dominées par l'énergie, les machines et les matériaux de construction.
    •  À l’instar des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la politique monétaire du Bénin est gérée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui maintient un ancrage fixe entre le franc CFA et l’euro. Les réserves de change de la BCEAO ont atteint 4,9 mois d’importations en 2019, contre 4,5 mois en 2018, essentiellement grâce à la consolidation budgétaire au niveau communautaire et des entrées nettes de capitaux. Le taux de change effectif réel (REER) s'est déprécié de 5 % en 2019, en raison de la dépréciation nominale de l'euro par rapport au dollar américain combinée à une inflation toujours plus faible de l'UEMOA par rapport à ses partenaires commerciaux.

    L’environnement des affaires a fait des progrès dans l’économie formelle, mais reste faible. Le Bénin se situe au 76e rang de l’Indice de performance logistique et au 149e rang sur 190 pays dans le classement Doing Business de la Banque mondiale sur la réglementation des affaires. S’il a récemment progressé en matière de création d’entreprise et de raccordement à l’électricité, le Bénin doit redoubler d’efforts sur le plan de l’accès au crédit. En outre, malgré des progrès, il continue de faire face à des défis majeurs en matière de corruption, se classant au 85e rang sur 180 pays dans l’Indice de perception de la corruption de Transparency International en 2018 avec un score de 40/100.

    Dernière mise à jour: 22 avr. 2020

  • En décembre 2016, la nouvelle équipe au pouvoir a adopté un plan national de développement pour la période 2018-2025 avec l’objectif d’atteindre les cibles prioritaires des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Structuré autour de 45 projets phares, ce plan vise à améliorer la productivité et les conditions de vie de la population.

    Aligné sur le plan de développement du gouvernement, L’action du Groupe de la Banque mondiale au Bénin est déterminée par un cadre de partenariat réévalué et renouvelé en moyenne tous les quatre ou cinq ans. Approuvé en juillet 2018, le cadre actuel couvre la période 2018-2023 et s’articule autour de trois domaines :

    • La transformation structurelle de l’économie pour favoriser la compétitivité et la productivité ;
    • les investissements dans le capital humain ;
    • le renforcement de la résilience et la réduction de la vulnérabilité au climat.

    Les engagements du Groupe de la Banque mondiale s’établissent actuellement à 1,05 milliard de  dollars pour financer 14 projets nationaux. Six projets régionaux financés à hauteur de 202 millions de dollars complètent ce portefeuille. Ces projets concernent de nombreux secteurs : appui budgétaire, tourisme, développement urbain, accès à l’eau potable, développement local et protection sociale, gouvernance, environnement, agriculture, gestion des eaux pluviales, nutrition et développement de la petite enfance, Autonomisation des femmes, énergie.

    Par ailleurs, le 26 juin 2020, la Banque mondiale a débloqué un financement d’urgence de 50 millions de dollars pour aider le Bénin à faire face à la pandémie de COVID-19.

    En réponse à la pandémie du COVID-19, la Banque mondiale a aussi :

    • accéléré la mise en œuvre du projet de surveillance des maladies REDISSE ;
    • mobilisé un montant de 10,4 millions pour un projet d’urgence de riposte.

     

    La Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au développement du secteur privé, articule sa stratégie autour de quatre axes :

    • Établir des partenariats avec des intermédiaires financiers pour améliorer l’accès aux financements pour les entreprises ;
    • aider les institutions financières à renforcer leurs capacités afin de développer ce secteur et stimuler l’activité ;
    • appuyer le développement des infrastructures pour attirer les investissements (dans les activités portuaires, le secteur de l’électricité et des télécommunications) ;
    • renforcer le climat de l’investissement en collaboration avec la Banque mondiale ; et soutenir le développement de partenariats public-privé (PPP) pour assurer l’accès à l’eau en milieu rural, tout en renforçant les capacités locales dans ce secteur.

    Dernière mise à jour: 22 avr. 2020

  • Voici quelques-uns des resultats obtenus dans des domaines clé du développement grâce à des financements de la Banque mondiale.

    Protection sociale

    La Banque a financé un programme pilote de filets sociaux en faveur des ménages les plus pauvres à travers le Projet des services décentralisés conduits par les communautés (PSDCC) :

    • Le versement d’allocations mensuelles de 3 500 francs CFA (soit environ 6 dollars) a aidé les familles des villages concernés à maintenir leurs enfants à l’école et permis ainsi de réduire le travail des enfants béninois, employés comme main-d’œuvre agricole au Nigéria.
    • Les ménages ont en outre bénéficié d’activités génératrices de revenus. Le programme a permis à plus de 13 000 ménages pauvres de 125 villages de bénéficier de transferts monétaires réguliers pour un montant total de 4 millions de dollars.
    • 77 communes du Bénin ont bénéficié de ce projet qui a profité au total à près de 390 000 bénéficiaires directs, dont 49,3% de femmes.
    • 18 000 nouveaux ménages pauvres devraient en profiter d’ici 2022.

    Agriculture

    Lancé en 2012 avec des financements de la Banque mondiale (31 millions de dollars) et du Programme d’intervention d’urgence contre la crise alimentaire mondiale (15 millions de dollars), le Projet d’appui à la diversification agricole (PADA) a permis de redresser et d’améliorer la productivité des filières riz, aquaculture, ananas et noix de cajou et, d’accroître leur valeur ajoutée. En 2017, Il a reçu un financement supplémentaire de 45 millions de dollars.

    • En mars 2020, le nombre total de ses bénéficiaires directs s’élevait à 307 296 personnes, dépassant les 250 000 ciblés par le projet d'ici février 2021. La proportion de femmes atteint 39 %, contre un objectif final de 40 %.
    • Les 269 micro-projets (dont 68 sont dirigés par des femmes) financés par le PADA affichent de bons résultats dans l’ensemble des filières concernées.
    • Des petits systèmes d’irrigation et de drainage ont ainsi été déployés sur 11 828 hectares de terres agricoles, contre un objectif final de 12 678 hectares.
    • En outre, le projet a financé la construction de 200 entrepôts, et 65 aires de séchage, ce qui a contribué à réduire considérablement les pertes post-récolte, en particulier pour les cultures vivrières et les noix de cajou.
    • Pour ce qui concerne l’élevage, le projet a permis de vacciner 714 753 têtes de petits ruminants et 1 773 701 têtes de volailles.

     

    Dernière mise à jour: 22 avr. 2020

  • L’Union européenne, la Banque africaine de développement, les organismes des Nations Unies, les donateurs bilatéraux, le Groupe de la Banque mondiale et le FMI sont les principaux partenaires du Bénin. Des créanciers moins traditionnels, comme la Chine et la Banque islamique de développement, sont aussi de plus en plus actifs. Des missions conjointes annuelles des principaux bailleurs de fonds sont organisées depuis 2004. Elles assurent le suivi de la mise en œuvre des réformes structurelles et sectorielles. Le gouvernement béninois et les bailleurs de fonds effectuent des examens réguliers conjoints au niveau sectoriel.

    Dernière mise à jour: 22 avr. 2020

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FINANCEMENTS

Bénin: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA



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