Moyen-Orient & Afrique du Nord - Vue d'ensemble

  • Au cours de l’année écoulée, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) a connu un certain nombre de développements positifs. Après avoir libéré des territoires occupés par l’EI, l’Iraq a amorcé une phase de relèvement et de reconstruction ; d’importantes réformes économiques et sociales majeures se succèdent dans la région, de l’Égypte à l’Arabie saoudite ; avec le concours de la communauté internationale, les réfugiés syriens et les communautés d’accueil au Liban et en Jordanie continuent à faire preuve d’une remarquable résilience ; et la Libye a trouvé un nouvel élan dans la recherche de solutions à la crise du pays. La croissance est par ailleurs repartie à la hausse dans toute la région et devrait se consolider ces prochaines années. Les pays de la région MENA ont, dans une très large majorité, pris des mesures pour réduire ou éliminer les subventions à l’énergie, identifier de nouvelles sources de revenus non pétroliers et élargir la protection sociale afin de protéger les populations défavorisées des répercussions liées aux réformes. La région traverse toutefois de grandes difficultés. La guerre fait rage en Syrie et au Yémen, prélevant un lourd tribut sur les populations et causant d’importants dégâts matériels ; l’avancée du processus de paix au Moyen-Orient reste hasardeuse et certains pays risquent de perdre une génération d’enfants non scolarisés en raison de situations fragiles, de conflits et de la violence.

    PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES

    En 2018, plusieurs facteurs devraient contribuer à un rebond de la croissance économique dans la région MENA : une conjoncture mondiale favorable, la remontée des cours du pétrole, les politiques de stabilisation et les réformes, ainsi que les processus de relèvement et de reconstruction dans une perspective post-conflit. Les prévisions tablent ainsi sur une croissance régionale de 3,1 % en 2018, après la forte baisse enregistrée entre 2016 (4,3 %) et 2017 (2 %). Cette reprise est générale, et concernera la quasi-totalité des pays de la région. Les bonnes performances économiques des pays membres du Conseil de coopération du Golfe devraient se traduire chez les pays exportateurs de pétrole par un taux de croissance de 3 %, soit le double de 2017. La croissance globale des pays importateurs de pétrole devrait quant à elle bénéficier du net rebond enregistré par l’Égypte. Les politiques de stabilisation, les réformes et une expansion des recettes provenant de l’étranger vont probablement réduire les déséquilibres budgétaires et extérieurs en 2018 et au-delà. À court terme, les perspectives restent positives pour la région. La croissance devrait se maintenir au cours des deux prochaines années, et s’établir à 3,3 % et 3,2 % en 2019 et 2020 respectivement. Néanmoins, les tensions géopolitiques, les problèmes liés aux déplacements forcés de populations, et notamment aux réfugiés, et l’alourdissement de la dette pourraient assombrir ces perspectives favorables.

    Dernière mise à jour: 25 avr. 2018

  • Étant donné la situation de conflit et de fragilité qui caractérise aujourd’hui le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, le Groupe de la Banque mondiale a lancé en octobre 2015 une nouvelle stratégie régionale. Même si les perspectives de croissance s’annoncent prometteuses à moyen terme, cette stratégie garde toute sa pertinence, compte tenu de la volonté du Groupe de la Banque mondiale d’appuyer la stabilisation des pays de la région et d’œuvrer à l’établissement d’une croissance inclusive. Au lieu de considérer que les conflits et les violences font partie des fondamentaux de la région et d’agir en fonction, cette nouvelle stratégie fait de la promotion de la paix et de la stabilité sociale un élément central.

    Elle s’articule autour de quatre piliers, qui s’attachent à traiter les causes sous-jacentes des conflits et des violences et à s’attaquer à leurs conséquences par le biais d’interventions de développement favorisant l’inclusion économique et sociale et le partage de la prospérité. Ces piliers sont les suivants :

    (i)  la rénovation du contrat social, pour créer un nouveau modèle de développement reposant sur une plus grande confiance des citoyens, une protection plus efficace des personnes pauvres et vulnérables, une offre de services publics plus inclusive et responsable et le renforcement du secteur privé afin de créer des emplois et des opportunités pour les jeunes de la région ;

    (ii)  la coopération régionale, en particulier autour de biens publics et de secteurs qui sont communs aux pays de la région (éducation, eau et énergie), avec l’objectif de favoriser une confiance et une collaboration accrues entre eux ;

    (iii)  la résilience aux chocs migratoires, pour soutenir le bien-être des réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et des communautés d’accueil, en s’efforçant d’instaurer la confiance et de développer leurs ressources ;

    (iv)  la reconstruction et la reprise, grâce à une approche dynamique qui associe les partenaires extérieurs, mobilise des financements massifs et anticipe le retour de la paix en appuyant un développement de long terme au-delà de la réponse humanitaire.

    Pour mettre en œuvre cette stratégie, le Groupe de la Banque mondiale approfondit et étend sa collaboration avec des acteurs nationaux, régionaux et mondiaux, et notamment avec les Nations Unies et la Banque islamique de développement (BIsD).

    En ce qui concerne les financements, il continuera d’amplifier ses investissements dans la région, tout en s’attachant prioritairement — avec les Nations Unies et la BIsD — à mobiliser des ressources à l’échelle mondiale à travers une nouvelle initiative en faveur de la région MENA, afin de répondre aux immenses besoins de financement de la région. Enfin, ses travaux d’analyse (dans le cadre notamment de services de conseil remboursables, actuellement en essor dans la région) devraient permettre d’éclairer la stratégie et de mobiliser les soutiens en sa faveur, mais aussi de guider son programme d’investissements (plutôt que d’intervenir a posteriori).

    FINANCEMENTS ET TRAVAUX ANALYTIQUES RÉCENTS

    La région MENA continue de solliciter l’appui financier de la Banque mondiale, ses engagements passant de 2,8 milliards de dollars pour l’exercice 2014 à 5,9 milliards de dollars sur 2017, et les activités de prêt totalisant à ce jour 4 milliards de dollars pour l’exercice 2018. Cette demande croissante découle d’une plus grande fragilité de la région depuis 2011, en réponse aux réformes économiques qui faisaient cruellement défaut et aux investissements cruciaux, concernant entre autres la protection sociale (Égypte, Tunisie et Maroc), la reconstruction et les réformes (Iraq), l’afflux de réfugiés (Jordanie et Liban) et les répercussions dues au conflit (Yémen).

    Au cours de l’exercice 2017, les 500 millions de dollars du projet de développement local en Haute-Égypte sont venus appuyer la région la plus vulnérable du pays. Par ailleurs, un prêt d’un milliard de dollars pour la consolidation budgétaire et la viabilité de l’approvisionnement en énergie a accompagné les réformes en matière de subventions et d’infrastructures du secteur privé. Ce prêt représentait un jalon important dans la maximisation des financements pour le développement, une approche qui recourt au secteur privé pour contribuer au financement du développement, tout en optimisant l’affectation de ressources publiques limitées. Sur l’exercice 2018, l’Égypte a bénéficié d’un deuxième prêt de 1,15 milliard de dollars, puis d’un troisième de 500 millions de dollars en faveur de l’éducation.

    En Iraq, le prêt de 1,4 milliard de dollars pour la rationalisation des dépenses publiques et la viabilité de l’approvisionnement en énergie a conforté la stabilité macroéconomique et les réformes dans le secteur de l’énergie et le secteur privé. À ce jour, l’Iraq a obtenu quatre prêts pour 2018 : les deux premiers, d’un montant total de 1,1 milliard de dollars, sont affectés à la reconstruction et aux services de l’eau et les deux autres à la protection sociale. Le Yémen s’est vu octroyer cinq dons (d’une valeur 783 millions de dollars au total), consacrés à la santé, à la nutrition et à la protection sociale.

    En Jordanie, les projets ciblant les réfugiés et les communautés d’accueil comportaient deux volets : un premier prêt de 249 millions de dollars accordé à des conditions concessionnelles entendait favoriser l’emploi et un deuxième de 36 millions de dollars, octroyé aux mêmes conditions, appuyait le secteur de la santé, au titre du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF). La Jordanie a également reçu un prêt de 147 millions de dollars en appui à la réforme de l’éducation. Sur la période 2017, le Groupe de la Banque mondiale a alloué 154 millions de dollars à l’État libanais pour financer le Projet sur le réseau routier et l’emploi, destiné à stimuler l’emploi des réfugiés et des communautés d’accueil, ainsi qu’un prêt de 100 millions de dollars pour la réforme du secteur éducatif.

    Plusieurs études analytiques ont été récemment consacrées à des défis essentiels que la région doit relever, depuis qu’elle entreprend un processus de transitions politiques et économiques majeures. Le dernier numéro du Rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et Afrique du Nord du Groupe de la Banque mondiale se penche sur les différentes opportunités liées à la faiblesse des cours du pétrole et le passage aux énergies renouvelables, afin que la région mette à profit les technologies de pointe et leurs avantages comparatifs, nouveaux tremplins de croissance et de création d’emplois.

    Le rapport intitulé The Toll of War : The Economic and Social Consequences of the Conflict in Syria, portant sur les répercussions du conflit (de 2011 à début 2017), estime que les pertes les plus importantes sont imputables à la perturbation de l’activité économique.

    L’étude intitulée Au-delà de la pénurie : La sécurité de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord constate que les pertes économiques qui résultent d’un approvisionnement en eau et de l’assainissement insuffisants constituent un manque à gagner annuel avoisinant les 21 milliards de dollars et détaille les mesures nécessaires pour améliorer la gestion et la distribution de l’eau.

    Le rapport Shedding Light on Electricity Utilities in the Middle East and North Africa observe qu’en améliorant l’efficacité de ses services publics d’électricité, la région pourrait dégager un niveau d’investissement moyen qui couvrirait les besoins prioritaires du secteur électrique de la région, lesquels représenteraient 3 % du PIB régional.

  • La Banque mondiale continue d’intervenir dans une grande variété de secteurs du développement (jusqu’à la reconstruction en Iraq), tout en s’attachant plus particulièrement à aplanir les difficultés saillantes créées par les crises que connaissent de nombreux pays de la région MENA.

    Au Yémen, la Banque mondiale a mobilisé 1,2 milliard de dollars sous forme de dons d’urgence octroyés par l’IDA et s’est associée à des agences des Nations Unies pour aider les trois quarts de la population en détresse. Pour répondre au risque de famine, la Banque mondiale s’est associée à l’UNICEF et à des entités privées en vue de mettre en œuvre un programme de transferts monétaires d’urgence de 200 millions de dollars. Le programme, qui s’appuie sur le système national de transferts monétaires du Yémen, cible 1,5 million de ménages (soit 8 millions de personnes). Déployées dans les 333 districts du pays, ces allocations sont aujourd’hui parvenues à 1,33 million de familles défavorisées et vulnérables : 44 % des bénéficiaires directs sont des femmes et plus de 75 % des ménages ont destiné cet argent aux seuls achats de nourriture et de médicaments.

    Un projet d’urgence pour la santé et la nutrition a assuré la distribution de médicaments, de fournitures médicales et de vaccins, ainsi que les coûts de fonctionnement de 1 800 dispensaires, dans le but d’apporter des soins de base à quelque 10 millions d’habitants, dans tous les districts du pays.

    Un programme de travail contre rémunération a permis de fournir un emploi temporaire à plus d’un million de Yéménites, contribuant à rétablir la capacité du pays à fournir des services et à réhabiliter les infrastructures.

    La Banque mondiale a aidé le gouvernement iraquien à passer d’une aide d’urgence au relèvement et au développement du pays. Dans les zones libérées depuis peu, sept ponts et 320 kilomètres de routes ont été remis en état. Par ailleurs, 39 ambulances et 14 dispensaires mobiles ont été mis à disposition du pays. Les villes ciblées ont reçu 167 machines et équipements spéciaux pour la maintenance des services d’eau, des services d’assainissement et des services municipaux, ainsi que de 3 120 conteneurs à ordures pour le système de gestion des déchets solides, ce qui a bénéficié à plus de 500 000 habitants.

    Sur la période 2015-2017, un cadre programmatique de prêts à l’appui des politiques de développement (DPF) de 3,15 milliards de dollars a fourni à l’Égypte une assistance technique et un appui financier, afin d’accompagner les mesures gouvernementales de relance de l’économie, qui s’était contractée en 2011. Le DPF regroupe trois volets : l’assainissement des finances publiques ; le renforcement de la protection sociale des populations défavorisées et la recherche d’une énergie fiable et durable.

    Les réformes ont permis de dégager des excédents énergétiques sur la période 2015-2016, après avoir mis un terme aux pénuries d’électricité et aux pannes de courant récurrentes de 2014. Elles ont également incité le gouvernement à maximiser le financement du développement, avec l’appui intégré du Groupe de la Banque mondiale. Le DPF a soutenu l’action politique en matière de gestion des tarifs d’électricité et des subventions, ainsi que l’adoption d’une loi sur les énergies renouvelables. De son côté, la Société financière internationale (IFC) a participé à l’élaboration de Feed-in-Tariff, un programme d’énergie solaire révolutionnaire destiné à attirer l’investissement privé dans les énergies renouvelables. Sous son impulsion, un consortium de neuf banques internationales a investi 653 millions de dollars dans le solaire, l’Agence multilatérale de garantie des investissements fournissant une assurance contre les risques politiques de 210 millions de dollars.

    La réforme des subventions à l’énergie fait gagner au pays 14 milliards de dollars par an : une grande partie de ces économies sont allouées au renforcement des dispositifs de protection sociale qui ciblent mieux le segment de la population qui en a le plus besoin.

    En Jordanie, le don accordé au titre du Projet d’urgence pour les services et la résilience sociale a permis à 16 municipalités (soit 2 millions de Jordaniens et près de 250 000 réfugiés syriens) de faire face à la demande accrue de services liée à l’afflux massif de réfugiés. Le projet a ainsi financé la collecte des déchets ménagers, la réhabilitation des infrastructures de base, l’amélioration du réseau routier, l’éclairage public et des initiatives destinées à apaiser des communautés toujours plus crispées. Le Projet de développement des PME et micro-entreprises pour une croissance inclusive a contribué à la création de plus de 2 000 emplois dans le secteur privé pour les catégories les plus défavorisées.

    Le deuxième Projet de réforme de l’éducation pour une économie du savoir a permis de développer des écoles maternelles de qualité et de proposer une offre alternative radicalement innovante sur tout le territoire. Grâce à la construction et à l’agrandissement d’établissements scolaires, les taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire ont respectivement progressé de 96,9 à 98,1 % et de 60,4 à 76,9 %.

  • Le Groupe de la Banque mondiale a renforcé sa collaboration avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les banques régionales de développement, les institutions financières islamiques et les pays donateurs émergents. Les partenaires moins traditionnels sont tout aussi essentiels : l’un des enseignements les plus nets du réveil politique de ces dernières années est la nécessité urgente d’aller plus systématiquement au-devant de la société, et notamment des milieux associatifs et universitaires, des ONG et du secteur privé.

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