Bulletin d'information économique de la région MENA — Avril 2024

À PROPOS

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) devrait enregistrer une croissance modeste en 2024, renouant avec la faible croissance observée au cours de la décennie précédant la pandémie. Outre l'analyse des perspectives macroéconomiques de la région, cette édition semestrielle du bulletin d'information économique de la région MENA, intitulée « Conflits et dette au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », comporte deux sections spéciales. La première examine spécifiquement les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient sur l'économie palestinienne, ainsi que sur les économies de la région et au-delà. La seconde se penche sur le fardeau de l'augmentation des niveaux d'endettement dans la région MENA, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontées les économies importatrices et exportatrices de pétrole.

Chapters

Partie I : Perspectives macroéconomiques

D'après les prévisions des économistes de la Banque mondiale, la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait atteindre 2,7 % en 2024, comparé à 1,9 % en 2023. Les pays importateurs et exportateurs de pétrole devraient maintenir des taux de croissance similaires en 2024. L'écart entre les prévisions de croissance des économies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des pays en développement importateurs de pétrole (à l'exclusion de l'Égypte) en 2024 est d'environ un point de pourcentage. En revanche, le CCG a enregistré une croissance plus rapide de 5,6 points de pourcentage en 2022. Cette croissance modeste devrait se traduire par une légère amélioration des niveaux de vie dans la région, avec une progression du PIB par habitant estimée à seulement 1,3 % en 2024. Bien que cela représente une amélioration globale par rapport à 2023, la hausse est principalement attribuable aux économies du CCG.

Partie II : Conflit

Cette dernière édition du Bulletin d’information économique de la région MENA examine l’impact du conflit sur l’économie palestinienne, ainsi que sur les économies de la région et au-delà. À Gaza, l’activité économique est pratiquement à l’arrêt. Au quatrième trimestre 2023, le PIB de la bande de Gaza était inférieur de 86 % à celui des trois derniers mois de 2022. Les perspectives de l’économie palestinienne sont très incertaines et dépendent de l’évolution du conflit. Le rapport souligne comment le conflit a exacerbé l’incertitude dans le reste de la région MENA. Enfin, le rapport examine la manière dont le transport maritime, en particulier via le canal de Suez, a été perturbé, affectant non seulement la région MENA, mais également le commerce mondial.

Partie III : Dette

Au cours de la dernière décennie, la plupart des économies de la région ont enregistré une hause de leur ratio dette/PIB. Le rapport utilise un nouveau cadre comptable pour analyser l'impact de l'évolution de l'encours nominal de la dette, de la croissance et de l'inflation sur le ratio dette/PIB dans les pays et au fil du temps. Le rapport constate que les pays importateurs de pétrole de la région MENA peinent à réduire leur dette, car les épisodes de croissance s'accompagnent souvent d'une augmentation plus rapide de la dette, compensant ainsi la baisse généralement observée du ratio dette/PIB due à la croissance. En outre, les pays importateurs de pétrole de la région n’ont pas été en mesure de réduire leur ratio dette/PIB sous l’effet de l’inflation, principalement en raison des fluctuations des taux de change et d’autres facteurs non budgétaires, souvent appelés ajustements des stocks-flux, soulignant la nécessité d’une plus grande transparence en matière de dette. Parallèlement, pour les pays exportateurs de pétrole de la région MENA, le rapport constate que les périodes de forte croissance du PIB sont généralement associées à des augmentations moins marquées de l'encours de la dette nominale, contribuant ainsi à une augmentation plus lente – voire à une diminution plus rapide – du ratio dette/PIB. En conclusion, les auteurs recommandent aux pays importateurs et exportateurs de pétrole de la région de faire face à l’augmentation de leur dette publique. Une plus grande transparence de la dette est nécessaire, en particulier pour les pays importateurs de pétrole, tandis que la diversification de l’économie est cruciale pour les exportateurs de pétrole de la région.

5 points à retenir du rapport d'avril 2024