Rwanda - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Rwanda est un petit pays enclavé d’Afrique de l'Est, bordé par la République démocratique du Congo (RDC) à l'Ouest, la Tanzanie à l'Est, l'Ouganda au Nord et le Burundi au Sud. Selon les dernières données de la Banque mondiale, le pays recensait près de 11,6 millions d'habitants en 2015, dont 52 % de femmes. Au cours de la dernière décennie, le Rwanda est parvenu à mettre en place d'importantes réformes économiques et structurelles et à maintenir une croissance soutenue, avec l'appui de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Situation politique

Après les évènements de 1994, le gouvernement rwandais a rétabli la stabilité politique dans le pays. Le Front patriotique rwandais a maintenu sa majorité absolue aux dernières élections parlementaires de septembre 2013 où les femmes se sont vues octroyer 64 % des sièges. Les prochaines élections présidentielles devraient avoir lieu en 2017. Suite à l’approbation de la révision de la Constitution par referendum en décembre 2015, le président Paul Kagame, qui était censé effectuer son deuxième et dernier mandat a déjà annoncé qu’il briguera un troisième mandat en 2017.

L’économie en bref

Pays à faible revenu, le Rwanda ambitionne de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici 2020. Pour y parvenir, ses objectifs de développement à long terme sont définis dans sa stratégie intitulée « Vision 2020 » qui entend transformer l’économie, actuellement très orientée sur l’activité agricole, en une économie de services, basée sur le savoir.

À moyen terme, le gouvernement a élaboré une Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS2), dont la principale priorité consiste à accélérer la croissance et à réduire la pauvreté. Elle s’articule autour de quatre axes thématiques : la transformation économique, le développement rural, la productivité et l’emploi des jeunes ainsi que la promotion d’une gouvernance responsable. L’EDPRS 2 vise à réaliser les objectifs suivants d’ici 2018 : porter le produit intérieur brut (PIB) par habitant à 1 000 dollars contre 697,3 en 2015 ; ramener le taux de pauvreté sous la barre des 30 %  et réduire le taux de pauvreté extrême à moins de 9 %.

Ces objectifs se fondent sur les succès remarquables que le pays a enregistrés au cours de la décennie écoulée. Depuis 2005, le pays a en effet enregistré une forte croissance économique, il est également parvenu à réduire rapidement la pauvreté et les inégalités. Entre 2001et 2015, le taux moyen de croissance du PIB réel a atteint environ 8 % par an. L’activité économique, qui se remet d’une diminution de l’aide extérieure en 2012, a augmenté à 7% en 2014, pour s’établir à 6,9 % en 2015 (contre 4,7 en 2013).

Enjeux de développement

À l'avenir, le secteur privé, qui est encore largement informel, devra jouer un rôle plus important pour assurer la croissance économique. Le mauvais état des infrastructures et le manque d'accès à l'électricité font partie des principaux obstacles à l'investissement privé. Comme l'investissement dépend fortement de l'aide extérieure, cette dernière doit absolument être stable et régulière pour maintenir le taux actuel d'investissement élevé, à environ 25% du PIB.

Parallèlement, le pays devra avant tout augmenter ses recettes intérieures pour réduire cette dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure (qui représente 30 % à 40 % du budget national). Même si le Rwanda utilise efficacement l’aide reçue pour assurer son développement, il reste vulnérable aux fluctuations des montants de cette aide.

Situation sociale

Le Rwanda avait déjà atteint la plupart des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à la fin de l’année 2015. La forte croissance économique a été accompagnée par une amélioration impressionnante des conditions de vie, notamment chez les enfants et les femmes. Le taux de mortalité infantile a baissé de deux tiers et le pays a presque atteint l’objectif d’éducation primaire universelle. Le Rwanda a également beaucoup progressé dans l'accès aux services et dans les indicateurs de développement humain, en donnant la priorité aux politiques publiques et aux initiatives endogènes. Le taux de pauvreté a baissé de 59 % en 2001 à 45 % en 2011 tandis que les inégalités, telles que mesurées par le coefficient de Gini, ont reculé, passant de 0,52 en 2006 à 0,49 en 2011. 

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

L'engagement de la Banque mondiale au Rwanda

La Stratégie de Partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Rwanda qui couvre la période 2014-2018, repose sur trois grands piliers :

  1. Accélérer une croissance économique tirée par le secteur privé et créatrice d’emplois ;
  2. Améliorer la productivité et les revenus des populations les plus démunies à travers le développement rural et la protection sociale ;
  3. Instaurer une gouvernance responsable en améliorant la gestion des finances publiques et la décentralisation.

Cette stratégie est élaborée conjointement par l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), dans le but de renforcer la collaboration entre ces institutions et de mobiliser davantage de ressources privées pour soutenir le développement du pays. Elle s’appuie sur la deuxième Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS2) du gouvernement et sur les différentes actions réparties entre les partenaires au développement.

Le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale au Rwanda comprend actuellement 11 projets nationaux représentant un engagement net de 887 millions de dollars. Le Rwanda fait également partie de six projets régionaux représentant un engagement national de 204 millions de dollars. Les projets mis en œuvre au Rwanda ont des objectifs très variés, tels qu’aider les agriculteurs à gérer les cultures en zones marécageuses et à flancs de collines, renforcer le système de protection sociale et fournir de l'électricité aux ménages ruraux.

Société financière internationale (IFC)

Le Programme de la SFI au Rwanda s’étend sur quatre secteurs clés i) le développement des marchés financiers et des capitaux : ii) l’infrastructure et les ressources naturelles : iii), l'industrie agroalimentaire et les services iv) le développement des petites et moyennes entreprises (PME) et l’amélioration du climat d'investissement.

Dans le cadre du Développement de l'entrepreneuriat au Rwanda, la SFI participe à un programme de services de conseil, d’un montant de 6 millions de dollars, qui vise à établir des liens entre le ministère rwandais du Commerce et de l'industrie et les secteurs du tourisme et des emplois non agricoles. La SFI a créé dans ce but un fonds de 8 millions de dollars destiné à soutenir les PME et à financer le Centre for Business Solutions.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

MIGA garantit actuellement le projet énergétique KivuWatt à hauteur de 95,4 millions de dollars. Bien que ce soit le seul projet en cours, auquel participe MIGA en ce moment, l’institution est engagée au Rwanda pour aider les investisseurs et les créanciers en assurant les projets contre les pertes causées par les risques politiques, l’inconvertibilité de la monnaie et les restrictions sur les transferts, les risques d’expropriation, de rupture de contrat, de conflits armés, de troubles civils, ainsi que le non-respect de leurs obligations par les États.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

le Projet pour l’amélioration de l’accès à l’électricité et la promotion de l’approche sectorielle (d’un montant de130 millions), le Projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines (LWH, d’un montant de 69 millions) et le Projet d’appui au système de protection sociale (d’un montant de 70 millions) figurent parmi les principales activités financées par le Groupe de la Banque mondiale.

Pour une agriculture tournée vers le marché

Depuis 2011, le Groupe de la Banque mondiale fournit un appui échelonné sur 3 projets dans le cadre d’un prêt-programme évolutif. Le Projet d’appui au secteur rural, destiné à augmenter le rendement agricole dans les zones marécageuses est suivi par le projet de gestion des terres, de récupération de l'eau et d'irrigation (LWH), qui vise à accroître la productivité des exploitations agricoles en terrasses et à développer l’horticulture irriguée sur certains de ces espaces.

Depuis le lancement de ces deux opérations en 2010, plus de 7 400 hectares de marais ont été remis en état ou développés, tandis que près de 32 500 hectares de collines sont cultivés de manière écoresponsable. La production de maïs a augmenté de 1,6 tonne par hectares (ha) à presque 5 tonnes par ha, celle du riz de 3 à 6,3 tonnes par ha et celle de la pomme de terre de 7 à 20 tonnes par ha. De plus, le projet a permis de construire des infrastructures rurales pour relier les zones de production aux marchés. Actuellement, 2,5 tonnes de produits horticoles haut de gamme sont exportés chaque semaine vers l'Europe grâce aux nouveaux systèmes d’irrigation à flancs des collines.

À ce jour, plus de 43 % des 343 248 bénéficiaires du projet d’appui au secteur rural sont des femmes, tout comme 50  % des 280 666 bénéficiaires du projet LWH. Ces deux programmes ont contribué à transformer les zones rurales du Rwanda.

Élargissement de la distribution d’électricité

Le Groupe de la Banque mondiale soutient le programme national de déploiement de l’électricité via un projet d’un montant de 130 millions de dollars destiné àaugmenter l’accès à l’électricité. Entre 2009 et 2014, le taux de raccordement à l’électricité est ainsi passé de 6 % à 20 %. Les améliorations obtenues par le programme d'électrification ont aussi permis d’étendre les horaires de travail et de mieux conserver les produits frais. « Avant, lorsque nous n’étions pas encore raccordés au réseau électrique, on ne gagnait pas beaucoup d’argent parce qu’on travaillait moins longtemps et quittait le travail tôt. Aujourd’hui nous pouvons travailler aussi tard qu’il le faut », explique Myriam, commerçante à Bugesera. Néanmoins, à 25 centimes de dollars le kWh, le Rwanda a le tarif le plus élevé de la Communauté d'Afrique de l’Est. Cela tient en partie à sa forte dépendance vis-à-vis du diesel qui sert à près de 45 % de la production totale d’électricité. Le Groupe de la Banque mondiale finance les opérations suivantes dans ce secteur : (i) le Projet régional hydroélectrique de Rusumo (d’un montant total de 340 millions de dollars); (ii) Le Projet Kivuwatt qui bénéficie d’une garantie de MIGA (95,4 millions de dollars) sur la production de 25MW d’électricité à partir du gaz méthane. Ce dernier projet augmentera la capacité de génération de 25MW, et plus tard, de 75MW supplémentaire.

Renforcement du système de protection sociale

À travers le Projet de renforcement du système de protection sociale, le Groupe de la Banque mondiale a participé à l’élargissement du programme Vision 2020 Umurenge (VUP), principal instrument du gouvernement rwandais en matière de protection sociale. En 2015, VUP couvrait 312 des 416 secteurs géographiques du pays, contre seulement 30 secteurs au moment de son lancement en 2008. Lors de sa création en 2008, 18 304 personnes ont ainsi pu être employées au cours des campagnes de travaux publics (TP), et 6 850 bénéficiaires ont reçu un soutien direct Aujourd’hui, ces deux composantes bénéficient respectivement à 100 261 et 84 354 ménages. Au total, plus de 200 000 ménages sont ciblés par ces projets, soit plus d'un million de bénéficiaires, si on prend la moyenne de 6 personnes par ménage dans les quintiles les plus pauvres (EICV4).

 Le nombre de bénéficiaires est passé d’environ 75 000 personnes (18 000 ménages) dans les 30 premiers secteurs à plus de 630 000 bénéficiaires dans 216 000 foyers en 2014. Dans le cadre de ce programme, 65 % des ménages bénéficiaires d’allocations sans conditions sont dirigés par des femmes, cette proportion s’établissant à 47 % dans le cas des ménages participant aux programmes de travaux publics.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

Un pourcentage significatif de projets actuellement menés avec l’aide du Groupe de la Banque mondiale au Rwanda bénéficie également du concours d’autres partenaires de développement. C’est notamment le cas du projet d’accès à l’électricité (financé par le Fonds nordique de développement, le Fonds OPEP pour le développement international, et les Pays-Bas), du deuxième projet d’urgence pour la démobilisation et la réinsertion (appuyé par la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas) et du projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines (soutenu par l’USAID, le Canada, le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire).

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016


FINANCEMENTS

Rwanda: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA