Rwanda - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Rwanda a réalisé des progrès spectaculaires sur le plan du développement depuis le génocide et la guerre civile de 1994. Il entreprend aujourd’hui de consolider ses acquis en veillant à ce que les fruits de la croissance  soient largement partagés afin d’atténuer les risques d’érosion de la stabilité politique et sociale.

Situation politique

Le Rwanda a joui d’une stabilité politique après les évènements de 1994. Les dernières élections parlementaires tenues en Septembre 2013 ont vu 64 % des sièges au parlement occupées par des femmes. Le Front Patriotique Rwandais a maintenu sa majorité absolue dans la Chambre des députés. Le Président Paul Kagame effectue son deuxième et dernier mandat et les élections présidentielles sont prévues en 2017.

L’économie en bref

Les objectifs de développement du Rwanda à long terme sont ancrés dans sa stratégie intitulée « Vision 2020 » qui vise à transformer une économie à faible revenu fondée sur l’activité agricole en une économie de services basée sur le savoir. Objectif ? Accéder au statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2020.

En vue de réaliser ses objectifs de développement à long terme, le gouvernement rwandais a élaboré une stratégie à moyen terme. La deuxième Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté, dont la principale priorité consiste à accélérer la croissance et à réduire la pauvreté, s’articule autour de quatre axes thématiques : la transformation économique, le développement rural, la productivité et l’emploi des jeunes ainsi que la promotion d’une gouvernance responsable. La stratégie du Rwanda vise à réaliser les objectifs suivants à l’horizon 2018 : porter le produit intérieur brut (PIB) par habitant à 1 000 dollars ; ramener le taux de pauvreté sous la barre des 30 % ; et réduire le taux de pauvreté extrême à moins de 9 %.

 Ces objectifs se fondent sur les succès remarquables enregistrés sur le plan du développement au cours de la décennie écoulée, caractérisée par une forte croissance, une réduction rapide de la pauvreté et, depuis 2005, un recul des inégalités. Entre 2001et 2014, le taux de croissance du PIB réel a atteint environ 9 % en moyenne par an. Se remettant du déficit d'aide de 2012, l'économie a crû de 7.1 % (sur un an) en 2014, soit 2.3 % de plus qu'en 2013.

Enjeux de développement

Le développement économique passera, à l’avenir, par l’essor du rôle du secteur privé, qui relève encore largement aujourd’hui du secteur informel. Le mauvais état des infrastructures, de même que le manque d’accès à l’électricité et une capacité de production limitée, constituent des obstacles majeurs à l’investissement privé. Certaines réformes ont été réalisées avec succès dans le but d’améliorer le climat des affaires et de réduire le coût de l’activité économique. Ce faisant, le Rwanda a été classé dans le peloton de tête des pays réformateurs dans l’édition 2015 du rapport Doing Business et occupe désormais la troisième  place en Afrique subsaharienne en ce qui concerne la facilité de faire des affaires.

En outre, la réduction de la dépendance du pays vis-à-vis de l’aide extérieure (qui représente30% - 40 % du budget de fonctionnement) par la mobilisation de ressources internes constitue un objectif primordial. Même si le Rwanda utilise efficacement l’aide reçue pour assurer son développement, il reste à la merci des variations de ses flux. Depuis mi-2012, le pays connaît une baisse soudaine et sensible des apports extérieurs. Grâce aux politiques budgétaires et monétaires judicieuses engagées, l’année 2012 a été une année de forte croissance et de stabilité. L’économie rwandaise a enregistré une progression de 8,8 %, pour un taux d’inflation de 6,3 %. Mais depuis le milieu de l’année 2013, le Rwanda subit le contrecoup de la diminution de l’aide, qui se traduit par une décélération de son rythme de croissance, à 4,7 %. Au cours des dernières années, le gouvernement a réussi à augmenter le ratio des recettes intérieures par rapport au PIB, qui est passé de 11,9% en 2009-2010 à 14,8 % 14,2 % en 2013-2014.

Situation sociale

Le Rwanda est en voie d'atteindre la plupart des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d'ici fin 2015. Une forte croissance économique a été accompagnée par des améliorations substantielles des conditions de vie, notamment pour les enfants et les femmes. Le taux de mortalité infantile a baissé de deux tiers et le pays a presque atteint l’éducation primaire universelle. Un fort accent mis sur des politiques et initiatives endogènes a contribué à un progrès significatif dans l'accès aux services et dans les indicateurs de développement humain. Le taux de pauvreté a baissé de 59 % en 2001 à 45 % en 2011 tandis que les inégalités, telles que mesurées par le coefficient de Gini, ont reculé, passant de 0,52 en 2006 à 0,49 en 2011. 

Dernière mise à jour: 10 avr. 2015

L'engagement de la Banque mondiale au Rwanda

L’actuelle Stratégie de Partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Rwanda, qui couvre la période 2014-2018, repose sur trois grands piliers :

  1. La relance de la croissance tirée par le secteur privé et créatrice d’emplois ;
  2. L’amélioration de la productivité et des revenus des populations les plus démunies  à travers le développement rural et la protection sociale ;
  3. L’installation d’une gouvernance responsable via la gestion des finances publiques et la décentralisation.

Cette stratégie est élaborée conjointement par l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), dans le but de renforcer les synergies et de mobiliser de plus gros volumes de ressources privées à l’appui du développement du pays. Elle repose sur la deuxième stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté définie par le gouvernement, qui établit notamment la répartition des tâches entre partenaires au développement.

À l’heure actuelle, le portefeuille de la Banque Mondiale se compose de 13 projets nationaux et 6 projets régionaux, représentant un engagement net de 751 millions de dollars. Les projets entrepris au Rwanda ont visé des objectifs très divers consistant, par exemple, à aider les agriculteurs à gérer les cultures de marais ou sur pente, à remettre en état les systèmes d’alimentation en eau ou encore à alimenter en électricité les ménages ruraux. Parmi les projets/programmes les plus importants que la Banque mondiale finance au Rwanda figurent le Projet pour l’amélioration de l’accès à l’électricité et la promotion de l’approche sectorielle ($100 millions), le Projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines ($169 millions), Appuis au Système de Protection Sociale ($140 millions) les voies de raccordement ($45 millions).

Société financière internationale (IFC)

La stratégie actuelle de l’IFC pour le Rwanda s’articule autour des axes suivants : i) l'amélioration du climat d'investissement; ii) le renforcement de capacité des petites et moyennes entreprises (PMEs) et des micro-entreprises; et iii) le soutien proactif à l’élaboration de projets à fort impact dans le domaine de la finance, du tourisme, de l'industrie agroalimentaire et de l’infrastructure. Son assistance financière et technique s’étend sur divers domaines tels que le climat d'investissement et le développement de l'entrepreneuriat et l’infrastructure.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

Une garantie MIGA a été octroyée au projet KivuWatt pour un total de 95,4 millions de dollars. La gamme des instruments MIGA reste pertinente au Rwanda au regard des risques politiques, et notamment des restrictions en matière de transferts, des risques d’expropriation, de rupture de contrat, de conflits armés, de troubles civils, ainsi que non-respect des obligations souveraines.

Dernière mise à jour: 10 avr. 2015

Parmi les principaux projets et programmes financés par le Groupe de la Banque mondiale figurent le Projet pour l’amélioration de l’accès à l’électricité et la promotion de l’approche sectorielle ($130 millions), le Projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines ($69 millions) et la troisième phase du Projet d’appui au système de protection sociale  ($70 millions).

Vers une agriculture axée sur le marché

Dans le cadre d’un prêt-programme évolutif en trois phases, le Groupe de la Banque mondiale soutient depuis 2001 le Projet d’appui au secteur rural, qui se concentre sur l’intensification de la production agricole dans les marais ; en 2010, un projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines a été approuvé, qui vise à accroître la productivité des exploitations agricoles en terrasses et à développer l’horticulture irriguée sur certains de ces espaces.

Depuis le lancement de ces deux opérations, plus de 7 200 hectares de marais ont été remis en état ou développés, tandis que près de 30 000 hectares de collines ont fait l’objet d’une mise en exploitation durable. Les rendements du maïs ont augmenté de 1,6 t/ha à presque 5 t/ha, ceux du riz de 3 à 6,3 t/ha et ceux de la pomme de terre de 7 à 20 t/ha environ. De plus, le projet a mis en place des infrastructures rurales afin de relier les zones de production aux marchés.

Sur les 61 000 personnes et plus qui ont bénéficié jusqu’à aujourd’hui des projets d’appui au secteur rural, plus de 47 % étaient des femmes ; la proportion de femmes atteint 50 % dans le cas des 87 000 bénéficiaires du projet de développement de l’horticulture en terrasses. L’impact de ces deux programmes induit des transformations notables dans les zones rurales du Rwanda.

Élargissement de l’accès à l’électricité

Le Groupe de la Banque Mondiale soutient  le programme national de déploiement de l’électricité via un projet d’un montant de 130 millions de dollars visant à faciliter l’accès à l’électricité.  Le taux d’accès à l’électricité au Rwanda est passé de 6 % en 2009 à environ 20 % à la fin de l’année 2014. Le programme d'électrification a aussi mené à une extension du nombre d'heures de travail et permis de mieux conserver les produits frais. Avec 0.2$/kWh, le Rwanda a le tarif le plus élevé de la  Communauté d'Afrique de l’Est du fait notamment de sa dépendance au diesel qui représente environ 45 % du coût de génération. Dans le secteur de l’électricité, le Groupe de la Banque Mondiale recense les opérations suivantes : (i) le Projet régional hydroélectrique de Rusumo (d’un montant total de 340 millions de dollars);  (ii) Le Projet Kivuwatt qui bénéficie d’une garantie de MIGA ($95.4 millions) sur la production de 25MW d’électricité à partir du gaz méthane. Ce dernier projet augmentera la capacité de génération de 25MW, et plus tard, de 75MW supplémentaire.  

Renforcement du système de protection sociale

A travers le Projet de renforcement du système de protection sociale , le Groupe de la Banque mondiale a participé à l’élargissement du programme  Vision 2020 Umurenge (VUP), principal instrument du gouvernement rwandais en matière de protection sociale. En 2013/2014 VUP couvrait  240 des 416 secteurs géographiques du pays, contre seulement 30 secteurs au moment de son lancement en 2008. Le nombre de bénéficiaires est passé d’environ 75 000 personnes (18 000 ménages) dans les 30 premiers secteurs à plus de 630 000 bénéficiaires dans 216 000 foyers en 2014. Dans le cadre de ce programme, 65 % des ménages bénéficiaires des allocations monétaires directes sans conditions sont dirigés par des femmes, cette proportion s’établissant à 47 % dans le cas des ménages participant aux programmes de travaux publics.

 

Dernière mise à jour: 10 avr. 2015

Un pourcentage significatif de projets actuellement menés avec l’aide du Groupe de la Banque mondiale au Rwanda bénéficie également du concours d’autres partenaires de développement. C’est notamment le cas du projet d’accès à l’électricité (financé par le Fonds nordique de développement, le Fonds OPEP pour le développement international, et les Pays-Bas), du deuxième projet d’urgence pour la démobilisation et la réinsertion (Suède, Allemagne, Pays-Bas) et du projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines (USAID, Canada, Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire).

 

Dernière mise à jour: 10 avr. 2015


FINANCEMENTS

Rwanda: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA