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Le Rwanda a réalisé des progrès spectaculaires en termes de développement depuis le génocide et la guerre civile de 1994. Il entreprend aujourd’hui de consolider ses acquis sur le plan du développement social et de l’accélération de la croissance, en veillant à ce qu’ils soient largement partagés de manière à atténuer les risques d’érosion de la stabilité politique et sociale qu’il a chèrement conquise. L’un de ses objectifs fondamentaux est d'assurer un développement inclusif et de fournir des services équitables, efficaces et favorables aux pauvres, tout en promouvant le développement local dans un cadre de bonne gouvernance Le Rwanda est également soucieux d’accroître la participation et l’autonomisation des citoyens, ainsi que la transparence et la responsabilité du sommet à la base et vice versa. Cette démarche de promotion d’une politique et d’une gouvernance inclusives et stables semble porter ses fruits. Le pays est en paix, et est l’un des plus stables du continent.
Économie et développement
Les objectifs de développement du Rwanda à long terme sont ancrés dans sa « Vision 2020 », dont l’ambition est de transformer une économie à faible revenu fondée sur l’activité agricole en une économie de services basée sur le savoir. Elle prévoit une croissance réelle de 8 % par an, et se donne pour objectif d’approfondir les réformes, notamment pour améliorer le climat des affaires, d’investir dans les grandes infrastructures (électricité, transports, TIC), d’accroître le niveau de productivité agricole et d’investir dans le renforcement des compétences nécessaires à la modernisation de l’économie.
Dans le contexte de cette vision à long terme, la stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté définie par le gouvernement accorde le plus haut degré de priorité à une accélération de la croissance dans l’optique de la création d’emplois et du développement des exportations. Cette stratégie s’articule autour de trois programmes-phares stratégiques :
Premier programme-phare : la croissance
Ce programme vise à assurer des gains de productivité dans l’ensemble de l’économie. Son objectif est de transformer l’économie rwandaise pour qu’elle ne repose plus autant sur l’agriculture de subsistance mais davantage sur l’agriculture commerciale, ainsi que l’activité manufacturière et les services.
Deuxième programme-phare : la « Vision 2020 Umurenge »
Ce programme a pour objectif d’assurer une croissance partagée en créant des opportunités économiques pour les plus pauvres. Il a trois composantes : travaux publics, enveloppes de crédit et appui direct aux revenus.
Troisième programme-phare : la gouvernance
Ce programme cherche à renforcer la gouvernance sur le plan à la fois politique et économique, et à développer les institutions et les capacités de l’État. Il envisage toute une série de réformes pour renforcer les institutions et capacités du secteur public, et englobe aussi les éléments nécessaires à l’établissement d’un environnement porteur pour les affaires, notamment le renforcement des systèmes de justice commerciale, les cadres administratifs et réglementaires, et la promotion de principes de bonne gouvernance d’entreprise.
Le gouvernement reconnaît également le rôle essentiel joué par le secteur privé pour accélérer la croissance et réduire la pauvreté, et c’est pour cela qu’il recherche à présent des moyens novateurs pour financer son développement en débordant du cadre des partenaires et instruments traditionnels. Il a donc engagé des réformes en vue d’améliorer le climat des affaires et de réduire le coût de l’activité économique. Classé dans le peloton de tête des pays réformateurs dans l’édition 2013 du rapport Doing Business, le Rwanda figure parmi les dix économies affichant les progrès les plus marqués ; il occupe la troisième place en Afrique subsaharienne en ce qui concerne la facilité de faire des affaires.
L’économie rwandaise continue d’afficher de bonnes performances mais elle reste vulnérable du fait de sa dépendance à l’aide extérieure. Avec une progression de 8 % en 2012, elle s’est inscrite dans la continuité d’une décennie de forte croissance. L’expansion de l’économie s’explique par le dynamisme du secteur privé, en particulier le secteur des services tandis que les taux de croissance dans les secteurs industriel et agricole ont reculé en 2012. Le taux d’inflation a chuté de 8,3 % à 3,9 % entre 2011 et 2012.
Le déficit budgétaire du Rwanda s’est considérablement réduit, tombant de 3,7 % du PIB en 2010/2011 à 1,5 % en 2011/2012, grâce à une amélioration sensible des recettes. Le recouvrement des recettes intérieures a atteint 14,4 % du PIB en 2011/012, soit le deuxième taux le plus élevé dans l’histoire récente du pays, grâce à la bonne croissance du PIB et aux réformes administratives qui ont continué d’élargir l’assiette de l’impôt et contribué à améliorer le respect des obligations fiscales.
La position extérieure du Rwanda s’est en revanche détériorée en 2012. Le déficit du compte courant (transferts publics inclus) s’est creusé à la suite de retards dans les versements de l’aide et de la hausse de la facture des importations résultant de l’augmentation rapide de la valeur des importations non pétrolières (biens d’équipement et matières premières notamment). Malgré une expansion de plus de 20 % des exportations rwandaises attribuable à des produits non traditionnels, la hausse des importations n’a pas été neutralisée. Cette situation a entraîné une pénurie de devises et par la suite une dépréciation du taux de change, contraignant la banque centrale à puiser dans les réserves extérieures. Les réserves brutes ont été réduites à 690 millions de dollars en février 2013.
Principaux défis du développement
La forte croissance enregistrée ces dernières années par le Rwanda a permis au pays de réduire considérablement la pauvreté et de réaliser des avancées vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les bonnes performances macroéconomiques se sont accompagnées d’améliorations substantielles des conditions de vie, comme en témoignent la baisse de deux tiers de la mortalité infantile et les progrès réalisés dans la scolarisation, le pays étant presque sur le point d’assurer un accès universel à l’enseignement primaire. La consommation des ménages a connu un essor rapide, ramenant le taux de pauvreté de 59 % en 2001 à 45 % en 2011.
Les années à venir réservent cependant un certain nombre de grands défis à relever. Le pays devra, entre autres, poursuivre la dynamique de croissance amorcée au cours de la décennie écoulée. Il devra pour cela renforcer le rôle du secteur privé dans l’économie et sa contribution au développement et à la croissance. Le secteur privé relève encore dans une trop grande mesure d’activités informelles et il ne joue qu’un rôle limité dans l’activité économique. Bien que le Rwanda soit parvenu à instaurer de bonnes conditions d’investissement, les investissements directs étrangers demeurent peu élevés. Les investissements privés sont estimés à 10,9 % du PIB alors que la moyenne régionale se chiffrait en 2010 à 14,4 %. Les mauvaises infrastructures rwandaises et les problèmes d’accès à l’électricité constituent des obstacles majeurs à l'essor et à la diversification des biens et services d'exportation ainsi qu'à l'amélioration de la compétitivité. Le Rwanda est également confronté à des déficits de capacités et de compétences dans le secteur privé et au sein des organismes publics qui ont un rôle important dans l’instauration d’un environnement propice au développement du secteur privé.
Dernière mise à jour : avril 2013
La stratégie d’aide-pays du Groupe de la Banque pour la période couvrant les exercices 2009-2012 a été élaborée conjointement par l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) dans le but de renforcer les synergies et de mobiliser de plus gros volumes de ressources privées à l’appui du développement de ce pays. Venant en soutien à la stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS) définie par le gouvernement pour la période 2008-2012, la stratégie d’aide adoptée par la Banque cherche à avoir le plus d’impact possible en faisant preuve de sélectivité sur la base des préférences de collaboration exprimées par les autorités, tout en s’efforçant d’optimiser l’harmonisation avec les autres donateurs. La période d’exécution de l’EDPRS ayant été prolongée d’un an pour permettre l’élaboration de la stratégie qui lui fera suite, celle de la stratégie d’aide de la Banque a dû être prorogée en conséquence. Le programme de soutien de la Banque durant l’exercice 2013 est resté largement conforme aux objectifs de l’EDPRS.
La stratégie d’aide-pays s’articule autour des deux thèmes stratégiques suivants.
Promouvoir la transformation et la croissance de l’économie
L’objectif premier est d’aider le pays à parvenir à dégager des facteurs de croissance nouveaux et durables. La plus grande part de l’enveloppe financière allouée pour la période considérée vise ainsi à atteindre quatre séries de résultats essentiels : accroître la production agricole de manière durable, améliorer l’accès aux services clés d’infrastructure économique ainsi que leur niveau de qualité, établir un environnement plus favorable au développement du secteur privé et renforcer la gestion des ressources publiques à l’échelon central et au niveau local.
Réduire la vulnérabilité sociale
Un objectif secondaire est de prendre appui sur les progrès accomplis jusqu’ici pour la réforme des mécanismes de prestation des services de base, et de contribuer ainsi à assurer que les groupes les plus vulnérables bénéficient des fruits de la croissance, tout en aidant le pays à avancer encore dans le processus d’édification d’une société plus stable. Une enveloppe financière plus réduite sera consacrée aux aspects suivants : soutenir le programme-phare Vision 2020 Umurenge, contribuer à réduire le degré de vulnérabilité des mères et des enfants à de forts taux de mortalité et aider à promouvoir la paix et la cohésion sociale par un processus de démobilisation et de réinsertion.
Selon un récent rapport d’avancement de la stratégie d’aide-pays, la réalisation du programme de prêt prévu de l’IDA est dans l’ensemble en bonne voie. Un problème clé dont fait état ce rapport est la faible capacité d’exécution dont dispose l’administration centrale.
Selon la répartition des tâches que le gouvernement rwandais a établie entre ses partenaires de développement, le programme d’investissement de la Banque porte sur les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des transports et des TIC. À l’heure actuelle, le portefeuille de prêt se compose de 10 projets représentant des engagements nets de 380 millions de dollars. Il se répartit approximativement comme suit : agriculture (43 %), énergie (36 %) et transports (6 %). Les autres secteurs concernés sont l’acquisition de compétences, le développement du secteur privé, la gouvernance du secteur public et la démobilisation/réinsertion des anciens combattants. Par ailleurs, la Banque fournit chaque année un soutien budgétaire au pays. Il convient de noter aussi, et cela témoigne de l’importance du processus d’intégration régionale, que le Rwanda prend actuellement part à cinq projets de portée régionale (représentant un engagement global de 69 millions de dollars), qui sont axés pour 80 % environ sur les programmes d’infrastructure et les questions de facilitation des échanges.
Partenaires
Un pourcentage significatif de projets actuellement menés avec l’aide de la Banque au Rwanda bénéficie également du concours d’autres partenaires de développement. C’est notamment le cas des projets suivants : Projet d’accès à l’électricité (Fonds nordique de développement, Fonds OPEP pour le développement international, Pays-Bas), Deuxième projet d’urgence pour la démobilisation et la réinsertion (Suède, Allemagne, Pays-Bas) et Projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines (USAID, Canada, Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire).
Dernière mise à jour : avril 2013
Vers une agriculture axée sur le marché
La stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté du Rwanda 2008-2013 présentait l’amélioration de la productivité agricole et de la commercialisation de la production comme des éléments clés de la transformation structurelle du pays et du passage d’une agriculture de subsistance à une économie à revenu intermédiaire. Aussi la Banque mondiale a-t-elle commencé par établir un prêt-programme évolutif en trois phases — le Projet d'appui au secteur rural — qui depuis 2001 se concentre sur l'intensification de la production agricole dans les marais. Le Projet de bonne gestion de la terre, de collecte de l’eau et d’irrigation des collines, qui a été initié en 2010, est axé sur l’accroissement de la productivité des exploitations agricoles en terrasses et sur le développement de l’horticulture irriguée sur certains de ces espaces.
Depuis le lancement du projet d’appui au secteur rural, en 2001, plus de 6 500 hectares de marais ont été remis en état ou développés, et près de 26 000 hectares de colline ont fait l’objet d’une mise en exploitation durable. Les rendements du maïs ont augmenté de 1,6 t/ha à presque 5 t/ha, ceux du riz de 3 à 6,3 t/ha et ceux de la pomme de terre de 7 à 20 t/ha environ. De plus, le projet a mis en place des infrastructures rurales afin de relier les zones de production aux marchés.
Sur les 57 000 personnes qui ont bénéficié jusqu’à aujourd’hui des deux phases du projet d‘appui au secteur rural, 42 % étaient des femmes ; la proportion de femmes atteint 48 % dans le cas des 19 828 bénéficiaires du projet de développement de l’horticulture en terrasses.
L’impact généré par ces deux programmes induit des transformations notables dans les zones rurales du Rwanda. Des résultats issus de l’enquête auprès des ménages de 2010/11 indiquent clairement que la réduction de 11,8 % de la pauvreté enregistrée entre 2005/06 et 2010/11 et qui a permis de sortir plus d’un million de personnes de la pauvreté est en grande partie attribuable à l’amélioration de la production agricole, à la hausse du nombre d’entreprises agricoles et à celle des salaires agricoles.
Élargissement de l’accès à l’électricité
La Banque mondiale s’est attachée à aider le Rwanda à renforcer ses capacités de production d’électricité, dans le cadre du Projet de réhabilitation d’urgence du réseau électrique. C’est dans ce contexte que la centrale thermique de Jabana, d’une capacité de 20 mégawatts, est entrée en service en mai 2009. Avec les centrales hydroélectriques que le pays compte par ailleurs à l’échelon national et régional, cette centrale constitue l’élément de base de son approvisionnement en électricité ; elle a également permis aux responsables nationaux de ne plus avoir à procéder à des délestages, et d’éliminer progressivement et partiellement le recours aux groupes diesel de location, tout en maintenant la qualité de l’offre.
Puis, le Projet pour l’amélioration de l’accès à l’électricité a visé à porter le niveau d’accès à 350 000 usagers d’ici 2013 (contre un niveau de départ de 110 000 usagers en 2009). En décembre 2012, troisième année d’exécution de ce projet, le nombre d’usagers était passé à 332 000 ménages environ. Parmi les retombées bénéfiques du programme d’électrification dans les zones rurales figurent l’amélioration de l’éclairage, dont découle une augmentation du nombre d’heures travaillées, et une meilleure préservation des produits frais grâce à la disponibilité d’équipements de réfrigération et de refroidissement.
L’électrification rurale a aussi grandement contribué à améliorer la qualité des services, notamment dans les secteurs de l’éducation, de l’administration et de la santé (vaccinations et essais en laboratoire non disponibles auparavant). « Avant que l’électricité n’arrive jusqu’à nous, les accouchements qui se déroulaient après la tombée de la nuit se faisaient souvent dans l’obscurité et sans les équipements nécessaires ; aujourd’hui toutes les machines sont opérationnelles et le laboratoire fonctionne à merveille», témoigne Spéciose Mukabadege, directrice adjointe du dispensaire de Nyange.
Aujourd’hui, l’accent est de nouveau mis sur l’augmentation des capacités de production. Le projet de maîtrise de l’énergie fournit une aide technique et consultative, avec notamment la réalisation d’études de faisabilité sur les microcentrales hydrauliques. L’IFC a fourni des prêts à des entrepreneurs privés tandis que la MIGA a fourni une garantie pour la centrale au méthane de Kivuwatt (25 MW).
Renforcement du système national de protection sociale afin de protéger les familles vulnérables contre les chocs
À travers la série d’opérations à l’appui du système de protection sociale, qui a elle-même pu bénéficier d’une série de projets précédents axés sur l’amélioration des conditions de vie des communautés, la Banque mondiale a aidé à élargir le programme Vision 2020 Umurenge, principal programme de filets de protection sociale du gouvernement, en étendant sa couverture à 43 % des 416 secteurs géographiques du pays en 2012, contre 7 % au moment de son lancement en 2008. Le nombre de pauvres bénéficiant du programme est passé de moins de 10 000 à plus d’un demi-million de personnes durant la même période. En outre, les projets de la Banque mondiale ont joué un rôle d’appui déterminant en matière de développement et d’amélioration de domaines essentiels tels que l’évaluation d’impact, la recherche de l’efficacité, le système d’information de gestion et l’harmonisation et la coordination des principaux programmes, ce qui a contribué à aider le gouvernement rwandais à accroître l’efficacité de ses systèmes de protection sociale en général et à élargir leur couverture.
Le programme de soutien de la Banque mondiale tient également compte du principe de l’égalité hommes-femmes, conformément à la politique du gouvernement vis-à-vis de la famille et de la promotion des femmes. Dans le cadre du programme Vision 2020 Umurenge, 68 % des ménages bénéficiaires des allocations monétaires sont des ménages dirigés par des femmes tandis que 46 % des participants aux programmes de travaux publics sont des femmes.
Dernière mise à jour : avril 2013
Rwanda : Volume des financements (millions de dollars)
