Comores - Vue d'ensemble

  • L'archipel des Comores se situe dans l'océan Indien, au nord du canal du Mozambique et au nord-est de Madagascar.

    Contexte politique

    Absent de la scène politique depuis dix ans, Azali Assoumani a remporté les dernières élections présidentielles de 2016 et son gouvernement a introduit une série de réformes budgétaires et structurelles. Le congrès national organisé en février 2018, pour faire le bilan de 42 ans d’indépendance, a recommandé de réviser le système de présidence tournante entre les îles. En juillet 2018, la victoire du oui au référendum sur la réforme constitutionnelle qui renforcerait le pouvoir présidentiel annonce probablement une élection présidentielle anticipée dès 2019.

    Situation économique

    Projetée à 2,7 % en 2018, la croissance devrait rester stable par rapport à 2017, notamment à la faveur de la constance des transferts d’argent de la diaspora et de certains développements positifs dans le secteur privé (tels que l'arrivée de Turkish Airways). En revanche, l'incertitude politique, les difficultés persistantes du secteur financier et le retour des pannes d'électricité sont autant de facteurs qui pèsent sur l'activité économique. La croissance devrait toutefois maintenir une bonne trajectoire pour s'établir à environ 3,1 % sur la période 2019-2020, grâce aux transferts d’argent des émigrants qui devraient continuer de soutenir la consommation privée et aux investissements publics dans des projets d'infrastructure, notamment la construction de la route Mutsamudu-Sima et de l’hôpital El-Marouff. À moyen terme, la reconstruction de l’hôtel Galawa, qui était le plus grand hôtel du pays avant sa démolition et, la construction d’une deuxième station d’atterrissage des câbles sous-marins de fibre optique devraient stimuler le secteur privé.

    La capacité de l’État à rembourser ses dettes pourrait se dégrader sous l’effet combiné de facteurs internes, tenant à l’ambitieux programme d'infrastructures et à l’augmentation attendue de la dette non concessionnelle et, de facteurs externes, avec un durcissement des conditions financières lié à la hausse des taux d’intérêts dans plusieurs économies développées et d’une plus forte aversion des investisseurs internationaux aux risques. En outre, la situation financière dégradée de la Banque postale (SNPSF - Société nationale des postes et services financiers) pourrait rapidement se détériorer si aucun financement n’est trouvé rapidement pour la recapitaliser et risque d’affecter l’ensemble du système financier comorien.

    Contexte social

    Avec près de 400 habitants au km², les Comores sont densément peuplées et plus de la moitié de la population (53 %) a moins de 20 ans.

    Selon la dernière enquête des ménages de 2014, près de 18 % de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté fixé à 1,9 dollar par habitant et par jour. L'incidence de la pauvreté qui varie considérablement d’une île à l’autre, semble plus forte dans les zones rurales et sur l’île de Mohéli. Les inégalités sont importantes, avec un indice de Gini de 44,9.

    Enjeux de développement

    Les Comores, qui se situaient au 158e rang (sur 188) du classement de l’indice de développement humain de l’ONU en 2016, doivent surtout lutter contre la famine et la malnutrition.

    En 2012, près de 30 % des enfants de moins de 5 ans, souffraient de malnutrition chronique et accusaient un retard de croissance.

    En outre, la mortalité infantile reste élevée : en 2017, elle était de 69 pour 1 000 naissances (chez les enfants de moins de 1 an) et de 52,2 pour 1 000 (chez les enfants de moins de 5 ans).

    Le taux de mortalité maternelle est de 335 décès pour 100 000 naissances en 2015.

    Dernière mise à jour: 11 janv. 2019

  • Révisée en décembre 2017, la stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (SCA2D) du gouvernement couvre la période 2017-2021 et entend faire des Comores un pays émergent à l'horizon 2030. Pour y parvenir, un Plan d’investissement quinquennal pour la période de 2016-2021 donne la priorité aux investissements dans les infrastructures y compris dans le secteur de l’énergie et des routes.

    Adoptée en 2014, la stratégie de partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et les Comores (CPS) repose sur deux priorités :

    • renforcer la capacité du secteur public ;
    • favoriser une croissance inclusive et  la création d’emplois dans le secteur privé.

    Avec un financement total de 60 millions de dollars octroyé par l'Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, les objectifs de cette stratégie sont alignés sur ceux de la SCA2D.

    En octobre 2017, la Banque a lancé des consultations nationales pour faire le bilan de son action et établir un diagnostic de la situation économique et sociale des Comores (SCD) afin de préparer un nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) en 2019. L’IDA étudie la possibilité d’augmenter le montant de son aide pour le porter à 20 millions de dollars.

    La Banque mondiale a développé plusieurs projets pour lever les obstacles au développement de l’activité économique. Elle finance des projets de redressement du secteur de l'électricité (RES – 5 millions de dollars), et de cogestion des ressources côtières et des moyens de subsistance durables (CoreCSuD – 2,7 millions de dollars).

    Elle soutient également le projet d'infrastructure régionale de communication (RCIP4 – 22 millions de dollars), la mise en place d’aides sociales (6 millions de dollars) afin d’augmenter les revenus des communautés les plus pauvres, ainsi que la gestion durable des ressources halieutiques dans l’océan indien du Sud-Ouest (SWIO Fish - 9,5 millions de dollars).

    Fin 2016, la Banque mondiale a approuvé un don de 2,5 millions de dollars pour renforcer le système de statistiques aux Comores pour réaliser notamment le quatrième recensement général et la nouvelle enquête sur les ménages et la pauvreté.

    La Banque mondiale est en train de préparer de nouveaux projets dans les secteurs de l’énergie solaire, chaînes de valeurs, santé, finance et compétitivité.

    Elle fournit enfin un important programme d’assistance technique en matière de politiques économiques et budgétaires et de nombreux travaux analytiques. 

    Dernière mise à jour: 11 janv. 2019

  • La Banque mondiale a contribué aux réformes récentes de la gestion des finances publiques et au renforcement des services publics. Son assistance technique a permis de finaliser le recensement des fonctionnaires dont le paiement des salaires est désormais effectué par un système centralisé. Le Trésor public a été réorganisé et vient de se doter d’un nouveau système de gestion de l’information financière.

    Le Groupe de la Banque mondiale appuie le programme de filets sociaux et d’autres projets de développement local pour réduire la pauvreté en milieu rural. Ce programme permet de financer de nombreuses activités de protection sociale et de nutrition au profit des groupes les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes. À ce jour, 22 372 femmes enceintes, 2 292 adolescents et adolescentes, 8 250 mères et 11 830 enfants âgés de moins de cinq ans ont bénéficié de service de nutrition de base. Au moins 5 341 enfants de moins de 24 mois reçoivent une aide alimentaire et 5 000 personnes reçoivent une aide sociale.  

    Des progrès importants ont été réalisés dans le secteur des télécommunications à travers le Projet RCIP-4 qui finance le câble sous-marin FLY-LION3. Le projet a permis de faciliter les réformes en faveur de la libéralisation progressive du marché local des télécommunications avec  l’adoption de la Loi sur les Communications en 2014, l'autorisation d'un deuxième opérateur en 2015 (Telma Comores) et la libéralisation partielle du marché des Fournisseurs de Services Internet (FSI).

    Depuis lors, le nombre d’utilisateurs mobiles a plus que doublé (par rapport aux chiffres enregistrés au début du projet), le secteur des télécoms connaît pour la première fois une croissance rapide tirée par le secteur privé, avec de meilleures perspectives pour les investissements directs étrangers (IDE). Le Projet RCIP4 a bénéficié d’un financement additionnel de 10 million de dollars en octobre 2018 pour développer les services publics en ligne (e-Gouvernement).

    Depuis le démarrage du projet de redressement du secteur de l’énergie (PRSE), la performance commerciale de l’entreprise publique de distribution d’électricité (MAMWE) s’est améliorée de manière substantielle. Fin 2017, le recouvrement des factures d’électricité, jusque-là trop faible et qui contribuait aux pertes commerciales de la MAMWE a augmenté de 55 % à près de 79 % (compteurs à prépaiement exclus) ou 88,7 % (compteurs à prépaiement inclus).

    Grâce au projet de Cogestion des ressources côtières pour une subsistance durable (CoreCSuD), financé par le Japanese Social Development Fund (JSDF), 30 villages pilotes ont bénéficié de la construction d’infrastructures de pêche ; 75 ouvrages communautaires ont été réalisés ; 17 accords de cogestion des ressources côtières auront été signés ; et les capacités des institutions de gestion des pêches ont été renforcées. Toujours dans le même secteur, 31 collectivités ont bénéficié des micro-projets dans le cadre du projet SWIOFish1 .

    En 2018, le Projet d’Appui au Développent des Statistiques aux Comores a achevé avec succès le quatrième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Le projet appuie la réalisation d’une enquête sur la pauvreté et le niveau de vie des ménages et soutient le renforcement des capacités de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED).

    Dernière mise à jour: 11 janv. 2019

  • Une bonne coordination des bailleurs de fonds est essentielle pour maximiser les résultats de développement dans un pays aux capacités très limitées. La Banque travaille en étroite collaboration avec l’Union européenne (UE), la France, le Fonds monétaire international (FMI), les différentes agences de l’ONU ainsi que la Banque africaine de développement (BAD) pour harmoniser les efforts des bailleurs. 

    Dernière mise à jour: 11 janv. 2019

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FINANCEMENTS

Comores: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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