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15 septembre 2022

L’inflation des prix alimentaires intérieurs reste élevée à travers le monde. Les données disponibles entre mai et août 2022 font état d’une forte inflation dans la quasi-totalité des pays à revenu faible et intermédiaire : 93,3 % des économies à faible revenu, 90,9 % des économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 93 % des économies à revenu intermédiaire supérieur ont enregistré des taux d’inflation supérieurs à 5 %, un grand nombre d’entre elles affichant même une inflation à deux chiffres. La part des pays à revenu élevé touchés par la montée de l’inflation a également augmenté sensiblement : environ 85,7 % d'entre eux connaissent une inflation des prix alimentaires.

Téléchargez notre dernière fiche d'information sur la montée de l'insécurité alimentaire et notre action

Depuis la dernière mise à jour datant du 11 août 2022, l’indice des prix des produits agricoles est resté relativement stable, avec une progression d’un point de pourcentage seulement. Les cours du blé, du maïs et du riz sont supérieurs de 17, 29 et 6 % par rapport à ceux de septembre 2021. Par rapport aux prix moyens enregistrés en janvier 2021, les cours du maïs et du blé affichent une hausse de 31 et 34 % respectivement, et ceux du riz une baisse de 15 %. (Se reporter aux fiches de données [a] actualisées tous les mois pour suivre l’évolution des indices des prix des produits de base agricoles et alimentaires)

La guerre en Ukraine modifie la physionomie des échanges, de la production et de la consommation des produits de base (a), ce qui devrait maintenir les prix à des niveaux élevés jusqu’à la fin de l’année 2024, aggravant ainsi l’insécurité et l’inflation alimentaires. Selon les prévisions de la mise à jour semestrielle du Rapport mondial sur les crises alimentaires 2022 (a), le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence devrait atteindre 205,1 millions dans 45 des 53 pays/territoires inclus dans l'étude.

On assiste depuis le début de la guerre en Ukraine à une vague de mesures sur les exportations et les importations de denrées. La crise alimentaire mondiale a été en partie aggravée par l’intensification des restrictions commerciales mises en place par les pays dans le but d'accroître l’offre intérieure et de faire baisser les prix. À la date du 15 septembre 2022, 21 pays avaient imposé 30 interdictions d'exportation sur certains produits agricoles et six pays avaient adopté 11 mesures de restriction des exportations.

 

L’appui de la Banque mondiale

Afin de lutter contre la crise qui touche actuellement la sécurité alimentaire, le Groupe de la Banque mondiale déploie une réponse de grande envergure qui comprend notamment une enveloppe de 30 milliards de dollars sur une période de 15 mois pour des financements dans des domaines tels que l’agriculture, la nutrition, la protection sociale, l’eau et l’irrigation. Ces financements s’attacheront notamment à encourager la production de nourriture et d’engrais, à améliorer les systèmes alimentaires, à faciliter les échanges et à soutenir les ménages et les producteurs vulnérables :

  1. En Bolivie, un projet d’un montant de 300 millions de dollars permettra d’améliorer la sécurité alimentaire, l'accès aux marchés et l’adoption de pratiques agricoles climato-intelligentes.
  2. Un prêt de 315 millions de dollars aidera le Tchad, le Ghana et la Sierra Leone à mieux faire face à l'insécurité alimentaire et à améliorer la résilience de leurs systèmes agricoles.
  3. Le projet d’appui d’urgence pour la sécurité alimentaire et la résilience, d’un montant de 500 millions de dollars, va accompagner les efforts déployés par l’Égypte en vue d'assurer la continuité de l’approvisionnement en pain des ménages pauvres et vulnérables, renforcer la résilience du pays aux crises alimentaires et soutenir des réformes nécessaires pour améliorer les résultats en matière de nutrition.
  4. Un prêt de 130 millions de dollars en faveur de la Tunisie vise à atténuer les répercussions de la guerre en Ukraine en finançant des importations de blé tendre qui sont vitales pour le pays et en fournissant un soutien d’urgence pour couvrir les importations d’orge pour la production laitière et les besoins en semences des petits exploitants agricoles pour la prochaine campagne céréalière.
  5. Le programme de résilience des systèmes alimentaires pour l'Afrique de l’Est et australe, doté de 2,3 milliards de dollars, aide les pays de la région à accroître la résilience de leurs systèmes alimentaires et leur capacité à agir contre la montée de l'insécurité alimentaire. Il permettra d’améliorer les stratégies interorganisations de riposte aux crises alimentaires, d’intensifier les efforts à moyen et long terme en faveur d'une production agricole résiliente, d'un développement durable des ressources naturelles et d'un accès élargi au marché, et de mettre davantage l'accent sur la résilience des systèmes alimentaires dans l'élaboration des politiques.

Au mois de mai, le Groupe de la Banque mondiale et la présidence du G7 ont officialisé le lancement de l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire (a), une initiative conjointe qui vise à mobiliser une action immédiate et concertée face à cette crise.

Dernière mise à jour: sept. 15, 2022

Le point sur l'inflation alimentaire

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