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Moyen-Orient & Afrique du Nord - Vue d'ensemble

  • Plus d’un an après le début de la pandémie de COVID-19, la plupart des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont plongés dans l’incertitude. Les effets conjugués de la crise sanitaire à l’échelle régionale et mondiale pourraient faire passer le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté de 176 à 192 millions. Pourtant, les gouvernements de la région ont pour la plupart pris des mesures sans précédent pour atténuer l’impact de la pandémie sur les populations, en organisant notamment le versement rapide de transferts sociaux. Pour soutenir le marché du travail, plusieurs pays ont proposé des congés payés aux employés ou subventionné les salaires afin de soulager les difficultés rencontrées. Certains ont même profité de cette crise pour engager des réformes : le Maroc a ainsi pris des initiatives pour renforcer durablement la résilience sociale.

    Dans cette région qui s’étend de l’Atlantique au golfe Persique en passant par la Méditerranée, l’instabilité politique, la fragilité et les conflits accentuent pourtant les difficultés rencontrées par les autorités pour maintenir les services publics et atténuer, avec les moyens à leur disposition, les effets de la pandémie. Au Liban, l’impasse politique et l’effondrement du système financier ont durement fragilisé les moyens de subsistance des habitants et l’économie du pays. Au Yémen et en Syrie, les conflits armés conjugués à l’érosion des transferts d’argent des migrants et au recul de l’aide humanitaire accentuent encore la crise.

    En raison des contraintes d’approvisionnement en vaccins, le déroulement des campagnes de vaccination dans la région, préalable à la sortie de crise, est inégal. Un grand nombre de pays ont signé des accords bilatéraux avec des fabricants mais, bien souvent, les dotations couvrent moins de 10 % de leur population.

    Parallèlement, la désorganisation des services de santé de base, la chute des revenus des ménages, les fermetures d’écoles et la persistance du chômage risquent d’avoir de lourds coûts économiques et sociaux pour la région MENA.

    Perspectives de croissance

    Après une forte contraction du produit intérieur brut (PIB), les prévisions pour 2021 tablent sur un redressement partiel de la région MENA, conditionné notamment au déploiement équitable de la vaccination. Avec des pertes du PIB en fin d’année qui devraient s’élever à 227 milliards de dollars, la reprise risque de ne pas être suffisamment solide pour permettre à la production régionale de renouer avec ses niveaux pré-pandémie.

    Les emprunts considérables que les gouvernements de la région MENA ont dû contracter pour financer en urgence les dépenses vitales de santé et de protection sociale ont considérablement alourdi la dette publique : celle-ci a augmenté en moyenne dans la région de près de 8 points de pourcentage, passant d’environ 46 % du PIB en 2019 à 54 % en 2021. La dette des pays importateurs de pétrole devrait ressortir en moyenne autour de 93 % du PIB en 2021. Et la nécessité de poursuivre les dépenses — et les emprunts — restera forte dans un proche avenir.

    La pandémie et l’effondrement concomitant des cours du pétrole ont durement éprouvé les pays exportateurs de pétrole : le prix de référence du baril de Brent est passé de près de 65 dollars avant la pandémie à environ 20 dollars en avril 2020. Les recettes tirées des exportations de pétrole, principale source de revenus pour de nombreux producteurs de la région, étaient susceptibles de se contracter de 38 % pour l’année 2020.

    En moyenne, le PIB réel par habitant de la région MENA devrait progresser très légèrement en 2021, de 0,6 % — soit, dans l’ensemble, un niveau inférieur de 4,7 % à celui de 2019. Tous les groupes de pays subissent de lourdes pertes de PIB. Pour les pays en développement importateurs de pétrole, les prévisions tablent sur une performance inférieure de 9,3 % au niveau attendu dans un scénario sans pandémie. Ce recul se situe à 7,7 % pour les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et à 4,4 % pour les pays en développement exportateurs de pétrole.

    Dans la plupart des pays, les recettes publiques ont chuté de 24 % en 2020, les exportations — qui s’étaient effondrées au début de la pandémie — n’ayant que partiellement repris depuis. Après avoir plongé de 44 % en glissement annuel au deuxième trimestre de 2020, les exportations de biens ont continué de s’effriter, de 17 % au troisième trimestre et de 10 % au quatrième trimestre.

    Dans l’immédiat, l’atténuation des effets de la pandémie exige de nouvelles dépenses budgétaires. En outre, la relance de la croissance économique dans la région MENA nécessite des réformes structurelles profondes, une transparence accrue et une meilleure gouvernance pour stimuler la productivité et créer des emplois. Cependant, le degré d’incertitude lié à la pandémie et, dans certains pays, à l’instabilité politique risque dans un avenir proche d’empêcher toute reprise économique solide dans la région.

    Dernière mise à jour: 01 juil. 2021

  • Pour sortir plus forts de cette crise, les pays de la région MENA doivent adopter une approche articulée autour de deux axes : répondre aux impératifs sanitaires, sociaux et économiques immédiats imposés par la pandémie de COVID-19 et, dans le même temps, introduire des réformes structurelles en vue de restaurer la confiance des citoyens, renforcer le capital humain, soutenir l’emploi et la transformation économique, faire progresser l’égalité des sexes, remédier à la fragilité et favoriser une croissance verte.

    Afin de les accompagner dans cette entreprise, le Groupe de la Banque mondiale maintient ses programmes de prêts et de services intellectuels. Adoptée en octobre 2015 et étoffée depuis, sa stratégie repose sur quatre piliers :

    i) rénover le contrat social ;

    ii) renforcer la coopération régionale ;

    iii) accroître la résilience aux chocs climatiques et à la crise des réfugiés ;

    iv) promouvoir la reprise et la reconstruction dans les pays en proie à des conflits.

    Les priorités de la Banque à l’avenir viseront à restaurer la confiance des populations dans leurs gouvernements en soutenant les réformes destinées à renforcer la gouvernance et la transparence, améliorer la qualité et l’inclusivité des services, et créer des débouchés économiques tout en s’attachant à lever les obstacles à la participation des femmes à l’économie. La Banque s’emploie également à renforcer le capital humain à travers la modernisation des systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale de la région.

    Elle soutient la création d’emplois en renforçant les politiques favorables à une concurrence accrue et en créant un espace pour le secteur privé, en soutenant la transformation numérique et en facilitant la coopération régionale, notamment à travers l’intégration dans les secteurs de l’énergie, du commerce et des infrastructures. La Banque s’attache également à faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes, un thème au cœur de toutes ses opérations, en accentuant l’engagement direct des pays en la matière à travers des programmes comme le Mécanisme pour l’égalité des sexes au Machreq (MGF) et en intégrant l’analyse des questions de genre dans les diagnostics nationaux et régionaux.

    L’institution s’est employée à atténuer le risque de conflit et aider les pays de la région MENA à relancer leur économie tout en s’attaquant à la fragilité environnementale, ce qui inclut de mettre en place des conditions propices à une croissance verte : s’inscrivant dans ce contexte, son plan d’action contre la fragilité, les conflits et les violences dans la région MENA et son nouveau plan pour l’action climatique sont en cours de finalisation. Ce dernier prévoit notamment d’accompagner les pays de la région MENA dans l’actualisation de leurs contributions déterminées au niveau national. La Banque envisage de lancer des outils de diagnostic pour renforcer les données sur le climat et le développement dans plusieurs pays de la région, à commencer par l’Égypte, la Jordanie et le Maroc.

    Au printemps 2021 (a), la Banque mondiale a détaillé les modalités de déploiement de sa stratégie, à travers des prêts et des activités de conseil aux gouvernements. Il s’agit en priorité de :

    • rétablir la confiance : transparence, recours à la technologie pour assurer les services et gestion de la dette ;
    • renforcer le capital humain : modernisation des systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale ;
    • soutenir la création d’emplois et la transformation : compétitivité du secteur privé, numérisation et intégration régionale ;
    • faire progresser l’égalité hommes-femmes : inclusivité des économies avec démantèlement des obstacles à la participation des femmes ;
    • remédier à la fragilité : redressement et reconstruction, et soutien aux réfugiés et aux communautés d’accueil ;
    • enclencher une croissance verte : lutte contre le changement climatique et promotion d’une croissance résiliente, inclusive et durable.

    Le nouveau Plan d’action sur le changement climatique (a) (2021-2025) de la Banque mondiale identifie les domaines prioritaires de transformation pour accélérer les mesures prises dans la région MENA :

    • systèmes alimentaires, patrimoine naturel et sécurité hydrique ;
    • transition énergétique et mobilité bas carbone ;
    • villes climato-intelligentes et infrastructures côtières résilientes ;
    • finance durable et approche gouvernementale globale.

    Dernière mise à jour: 01 juil. 2021

  • Le portefeuille des opérations de la Banque mondiale dans la région MENA s’établit actuellement autour de 21 milliards de dollars. Il couvre un large éventail de secteurs, de l’agriculture aux transports en passant par l’énergie, l’éducation, l’environnement, la santé, la protection sociale et le commerce. Selon les travaux du Groupe indépendant d’évaluation (IEG), plus de 90 % des opérations récemment achevées ont atteint leurs objectifs.

    Au cours de l’exercice financier clos le 30 juin 2020, la Banque mondiale a approuvé 26 nouvelles opérations pour l’ensemble de la région MENA, comprenant 3,4 milliards de dollars de prêts alloués par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et 202,9 millions de dollars de financements de l’Association internationale de développement (IDA). S’ajoutent à cela 103 millions de dollars de nouveaux dons en faveur de la Cisjordanie et de Gaza.

    Au cours de cette période, la Banque a assuré 140 opérations de services d’analyse et de conseil dans la région, tandis que les recettes au titre des accords de services de conseil remboursables ont atteint 65 millions de dollars. L’extension du programme de services de conseil permet de poursuivre l’accompagnement du processus de réforme dans les pays du CCG.

    La riposte à la pandémie de COVID-19

    Alors que la pandémie de COVID-19 se propageait dans la région MENA, la Banque mondiale a rapidement renforcé son soutien pour aider les pays à affronter les lourds dommages sanitaires et économiques. Cette réponse immédiate comprenait notamment la fourniture de financements, de conseils et d’assistance technique. Elle visait à aider les pays à affronter l’urgence sanitaire provoquée par la pandémie et à déployer des systèmes de protection sociale, entre autres sous la forme de programmes de transferts monétaires.

    Depuis mai 2020, la Banque mondiale a débloqué plus de 2,5 milliards de dollars de nouveaux engagements pour la région MENA — une mobilisation qui aide plusieurs pays de la région à sauver des vies, protéger les plus vulnérables, soutenir l’activité des entreprises viables, contribuer à la création d’emplois et accompagner le redressement des institutions. Elle a également réaffecté plus de 500 millions de dollars de projets en cours pour financer les besoins sanitaires d’urgence.

    En février 2021, la Banque mondiale a alloué son premier financement pour des vaccins contre la COVID-19 : 34 millions de dollars du projet en faveur de la résilience du système de santé libanais ont été réaffectés à l’achat de vaccins pour les citoyens et les réfugiés du Liban. Depuis, des financements additionnels ont été engagés en soutien à des projets de vaccination en Tunisie, en Jordanie et au Yémen, sachant que de nouveaux projets pour l’achat de vaccins sont en cours d’élaboration.

    Dernière mise à jour: 01 juil. 2021

  • Depuis quelques années, la Banque mondiale intensifie ses partenariats en appui à la nouvelle stratégie du Groupe dans la région MENA. Ils reposent sur des approches collaboratives dans plusieurs domaines : recherches analytiques conjointes, cofinancement de projets, plateformes financières administrées par la Banque mondiale et action collective en soutien aux réformes, menées en étroite concertation avec les pays bénéficiaires.

    Cette collaboration est aujourd’hui renforcée dans le cadre de partenariats avec des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, des banques régionales de développement, dont notamment des institutions du monde arabe, et des pays donateurs émergents.

    La Banque mondiale poursuit par ailleurs sa coopération de longue date avec les pays du G7, d’autres pays européens et la Commission européenne. Une relation étroite avec différentes agences des Nations Unies lui a permis de s’engager dans des pays en situation de conflit, comme le Yémen, et de financer des programmes à la croisée de l’aide humanitaire et de l’assistance au développement.

    Enfin, la Banque mondiale a redoublé ses efforts de communication avec les partenaires non traditionnels, dont les pays du CCG et les fonds arabes pour le développement, mais également les organisations de la société civile et les acteurs privés.

    Dernière mise à jour: 15 nov. 2020

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