COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

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Moyen-Orient & Afrique du Nord - Vue d'ensemble

  • La pandémie de COVID-19 a un impact dévastateur sur des économies de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) déjà vulnérables. Les difficultés grandissantes en matière de santé publique et les retombées sur l’activité économique des strictes mesures de distanciation sociale sont aggravées par un choc simultané sur les cours du pétrole, qui met sous tension les finances des pays de la région, qu’ils soient exportateurs ou importateurs d’or noir.

    Amplifiés par des problèmes structurels de longue date, ces chocs concomitants accentuent les faiblesses des économies de la région MENA, à savoir notamment la taille et l’inefficacité du secteur public, l’absence de concurrence de l’environnement d’affaires, le poids du chômage des jeunes et des femmes et les défaillances de la gouvernance.

    Tous ces facteurs expliquent l’importance du chômage (surtout parmi les jeunes et les femmes) et l’insécurité économique généralisée. Dans cette région où les deux tiers de la population ont moins de 35 ans, le chômage des jeunes avant la crise ressortait à pratiquement 25 %, dont près de la moitié (40 %) de femmes. Des analyses de l’insécurité économique réalisées avant la crise ont aussi montré que la moitié environ de la population des pays de la région MENA (42 %) vivaient avec moins de 5,5 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2011).

    Les conflits qui sévissent dans la région sont par ailleurs responsables du doublement du taux d’extrême pauvreté (nombre d’individus vivant avec moins de 1,90 dollar par jour), qui est passé de 2,4 % en 2011 à 4,2 % en 2015. De plus, une analyse multidimensionnelle de la pauvreté, qui élargit le cadre, montre que des facteurs comme l’inégalité des résultats éducatifs et l’accès aux infrastructures de base contribuent à un quasi-doublement de ce taux.

    Perspectives de croissance

    Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la réaction de l’économie mondiale, des politiques nationales et des sociétés à la propagation de la pandémie, toute estimation de son coût pour la croissance régionale peut faire l’objet de révisions à quelques jours d’intervalle.

    Selon des prévisions au 1er avril, le produit intérieur brut (PIB) de la région MENA devrait se contracter de 1,1 % en 2020, plombé par le double choc de la propagation du nouveau coronavirus et de l’effondrement des cours internationaux de pétrole — alors même que la croissance régionale en 2019 a déjà été médiocre, à 0,3 %. Le PIB réel par habitant devrait céder 2,6 % en 2020, après le déclin de 1,1 % enregistré en 2019. La désorganisation de l’activité mondiale affaiblit la demande pour les biens et les services de la région, en particulier le pétrole et le tourisme. 

    La propagation du virus et les mesures de distanciation sociale sont aussi à l’origine de chocs négatifs sur l’offre et de la demande intérieures. La production des pays en développement exportateurs de pétrole de la région devrait se contracter de 3,9 %, contre 0,4 % dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Malgré l’effondrement des prix du pétrole, la croissance des pays importateurs devrait rester modeste, à 0,6 %, très en deçà des prévisions annoncées en octobre 2019, qui tablaient sur un rythme de 4,4 %. Les conflits en Libye, en Syrie et au Yémen viendront compliquer la riposte sanitaire de ces pays.

    Selon cette révision à la baisse des prévisions de croissance pour l’année 2020, le coût attendu de la crise pour l’ensemble de la région MENA ressort autour de 3,7 % du PIB régional en 2019 (environ 116 milliards de dollars). 

    L’Égypte, qui a mené à bien de vastes réformes en matière budgétaire et énergétique, affichera un taux de croissance de 5,5 % en 2019. On observe parallèlement des signes encourageants dans d’autres pays. Les efforts de reprise et de reconstruction en Iraq progressent, mais trop lentement, provoquant d’importantes manifestations sociales.

    La Jordanie et le Liban, qui continuent d’assumer le coût de l’accueil de millions de réfugiés syriens, se préparent à engager des réformes économiques malgré les difficultés.

    En Tunisie, les élections ont probablement freiné le rythme des réformes, mais elles ont également permis d’en discuter plus avant. Au Maroc, la situation reste stable, mais la croissance peine à décoller. Avec une croissance de 7 % pour 2019, Djibouti est l’économie la plus dynamique de la région, mais ne parvient pour autant pas à faire reculer une pauvreté endémique.

    Enfin, la croissance dans les pays membres du CCG se maintient autour de 2 %, à la faveur des réformes engagées un peu partout, en particulier en Arabie saoudite. 

    Dernière mise à jour: 21 mai 2020

  • L’assistance de la Banque mondiale dans la région MENA s’articule autour d’une stratégie régionale axée sur des objectifs de développement immédiats et à plus long terme. Élaborée dans le sillage du Printemps arabe pour promouvoir la paix et la stabilité par le biais de l’inclusion économique et sociale, cette stratégie comporte quatre objectifs immédiats :

    • rénover le contrat social ;
    • renforcer la coopération régionale ;
    • accroître la résilience aux chocs climatiques et à la crise des réfugiés ;
    • promouvoir la reprise et la reconstruction dans les pays en proie à des conflits.

    Parallèlement à la priorité accordée aux besoins immédiats, la Banque mondiale aide les pays à élaborer de nouveaux modèles de croissance inclusive et durable adaptés à une économie mondiale toujours plus axée sur la connaissance. En 2019, la Banque mondiale a étendu les priorités de sa stratégie régionale à trois nouveaux domaines : améliorer les performances sur le plan du capital humain, tirer parti des technologies numériques et ouvrir l’environnement des affaires pour permettre au secteur privé d’opérer dans des marchés concurrentiels libres et équitables.

    Exploiter le capital humain de la région — La région est encore loin de tirer tout le parti de son capital humain. L’indice de capital humain s’y établit en moyenne à 49 %, ce qui signifie que les jeunes de la région risquent d'atteindre un niveau de productivité deux fois inférieur à celui auquel ils pourraient aspirer en bénéficiant de conditions de santé optimales et d’une éducation complète de qualité. Les pays de la région MENA se sont mis en ordre de marche pour réduire ce décalage : un certain nombre font œuvre de pionnier en collaborant avec la Banque pour élaborer des plans d’action visant à améliorer leurs investissements dans le développement du capital humain. Il s’agira notamment de s’attaquer à la réforme des systèmes éducatifs, en commençant par l’enseignement préprimaire et en s’attachant à impartir des compétences conformes aux attentes des employeurs du secteur privé.

    Tirer parti des technologies en soutien à une nouvelle économie numérique — La région doit impérativement déployer les infrastructures nécessaires à l’essor d’une économie numérique plus sophistiquée pour libérer le potentiel de sa jeunesse, férue de technologies. Cet effort doit aller de pair avec des réformes réglementaires pour autoriser les paiements dématérialisés. L’accès à l’internet haut débit et aux paiements numériques est la clé d’un recours accru aux appareils mobiles pour un usage productif qui stimulera la croissance économique. La région doit également rendre les systèmes de protection sociale plus flexibles afin de favoriser cette transformation et poser les jalons d’une nouvelle économie numérique.

    Développer le secteur privé en s’attachant à maximiser les financements pour le développement — Cette approche promue par le Groupe de la Banque mondiale fait le lien entre les enjeux du développement et des solutions apportées par les entreprises privées. Lancée à titre pilote dans la région MENA, elle repose sur une coordination entre la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). En Égypte par exemple, les réformes soutenues par ce biais dans le secteur de l’énergie ont permis de débloquer plus de 20 milliards de dollars d’investissements privés dans les énergies renouvelables et le gaz. Parallèlement, la région MENA étend cette approche aux secteurs sociaux.

    Grâce à sa stratégie régionale renforcée, le Groupe de la Banque mondiale pourra aider la région à traverser la crise actuelle, passer d’une phase de stabilisation à une ère de transformation, libérer l’incroyable potentiel économique des jeunes et des femmes et alléger les contraintes étouffant leur énergie créatrice.

    Dernière mise à jour: 21 mai 2020

  • Au cours de l’exercice 2020 (selon des données arrêtées au 17 mai), la Banque mondiale a approuvé une enveloppe de financements de 1,88 milliard de dollars pour la région, au titre de 11 projets, dont 1,83 milliard de prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et 46,9 millions de dollars d’engagements de l’Association internationale de développement (IDA). Elle a en outre assuré 96 opérations de services d’analyse et de conseil dans la région (au 17 mai 2020), tandis que les recettes au titre des accords de services de conseil remboursables ont atteint 27,6 millions de dollars (fin mars 2020), y compris le recouvrement des coûts directs pour les bureaux en Arabie saoudite et au Koweït. L’extension du programme de services de conseil permet de poursuivre l’accompagnement du processus de réforme dans les pays du CCG.

    Au titre de son mécanisme de financement accéléré dédié à la pandémie de COVID-19, la Banque mondiale soutient également la riposte des pays à travers des opérations sanitaires d’urgence axées sur l’approvisionnement en fournitures médicales essentielles des structures de santé. Avec cette réponse immédiate, qui consiste en la fourniture de conseils, d’assistance technique et de financements, il s’agit d’aider les pays à faire face à l’urgence sanitaire liée à la pandémie et à ralentir la propagation du virus.

    Parallèlement et avec d’autres partenaires du développement, la Banque mondiale apporte une aide aux individus, aux communautés et aux entreprises de la région dans le but de stabiliser les revenus, protéger les plus pauvres et les plus vulnérables et stimuler le redressement économique.

    Au 17 mai 2020, la Banque mondiale a décaissé 126,9 millions de dollars pour financer de nouvelles opérations d’urgence sanitaire face à la pandémie, y compris en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, et mobilisé 385 millions de dollars à travers des restructurations, la réaffectation de ressources et l’activation, dans le cadre d’opérations existantes, de composantes d’intervention d’urgence conditionnelle (CERC) et d’options de tirage différé en cas de catastrophe.

    Dernière mise à jour: 21 mai 2020

  • Depuis quelques années, la Banque mondiale intensifie ses partenariats en appui à la nouvelle stratégie du Groupe dans la région MENA. Ils reposent sur des approches collaboratives dans plusieurs domaines : recherches analytiques conjointes, cofinancement de projets, plateformes financières administrées par la Banque mondiale et action collective en soutien aux réformes, menées en étroite concertation avec les pays bénéficiaires.

    Aujourd’hui, la collaboration avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les banques régionales de développement, les institutions financières islamiques et les pays donateurs émergents a été renforcée.

    La Banque mondiale a poursuivi sa coopération de longue date avec les pays du G7, d’autres pays européens et la Commission européenne. Une relation étroite avec différentes agences des Nations Unies lui a permis de s’engager dans des pays en situation de conflit, comme le Yémen, et de financer des programmes à la croisée de l’aide humanitaire et de l’assistance au développement.

    Enfin, la Banque mondiale a redoublé ses efforts de communication avec les partenaires non traditionnels, dont les pays du CCG et les fonds arabes pour le développement, mais également les organisations de la société civile et les acteurs privés.

    Dernière mise à jour: 21 mai 2020

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