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ARTICLE 02 septembre 2020

La viabilité et l’inclusion sociales en cinq points clés

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Une mère et sa fille à Ouarzazate, au Maroc.

Aarthi Sivaraman | Banque mondiale


LES POINTS MARQUANTS

  • Bâtir des sociétés plus inclusives, renforcer l’émancipation citoyenne et favoriser le développement de communautés plus résilientes et apaisées : telle est la nouvelle orientation stratégique du pôle Viabilité et inclusion sociales de la Banque mondiale.
  • La viabilité sociale consiste aussi à élargir les perspectives de chaque individu, aujourd'hui et demain. De même que la viabilité économique et environnementale, elle est essentielle à la réduction de la pauvreté et à une prospérité partagée.
  • Le Cadre environnemental et social de la Banque mondiale est un instrument essentiel de la viabilité sociale.

Les événements de l’année écoulée ont plongé le monde dans des difficultés dramatiques qui sapent les efforts déployés pour réduire la pauvreté et promouvoir une croissance inclusive. Ces derniers mois, la pandémie de COVID-19 et son corollaire, la crise économique, ont mis à mal les progrès accomplis et mis en lumière des inégalités et des phénomènes d’exclusion systémiques et tenaces. Selon les prévisions, la crise pourrait plonger entre 73 et 117 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. Les récentes manifestations contre le racisme et les discriminations persistantes soulignent aussi les obstacles structurels qui barrent l’horizon et l’accès à la prospérité d’un grand nombre d’individus.

Le nouveau pôle mondial d’expertise de la Banque mondiale dédié à la viabilité et l’inclusion sociales, qui succède au pôle Développement social, témoigne de l'importance que nous accordons à la lutte contre ces obstacles au développement et au renforcement de notre action en faveur des personnes qui ont été privées d’opportunités économiques et sociales. Mais que recouvrent exactement ces notions ?

1.

La viabilité sociale repose sur une société inclusive, juste et résiliente, où les citoyens ont voix au chapitre et où les gouvernants les écoutent et leur répondent. Une telle société favorise la croissance et la réduction de la pauvreté, pour aujourd'hui et pour demain.

La viabilité sociale va de pair avec la viabilité économique et environnementale. Par le passé, l’accent a été mis sur la viabilité économique, puis sur les aspects environnementaux en raison des inquiétudes grandissantes autour des changements climatiques et des pertes de biodiversité. Désormais, compte tenu de la prise de conscience plus aiguë des défis que représentent les situations de fragilité, les inégalités persistantes et les discriminations raciales, la viabilité sociale est reconnue comme un élément central de la croissance et de la réduction de la pauvreté. 

Le nouveau pôle d’expertise a pour vocation d’aider les personnes marginalisées et vulnérables à surmonter les obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la société et de soutenir les efforts déployés par chacun pour façonner son propre avenir. Son action s’articule autour de trois axes : bâtir des sociétés plus inclusives, renforcer l’émancipation citoyenne et favoriser le développement de communautés plus résilientes et apaisées.

2.

Les discriminations et l'exclusion persistantes qui frappent les plus marginalisés ont un coût élevé, tant pour les individus que pour l'économie. À l’échelle mondiale, on estime que la perte de richesse en capital humain due aux inégalités entre les sexes atteint 160 200 milliards de dollars (a). Les personnes d’ascendance africaine (a) continuent de connaître des niveaux de pauvreté supérieurs au reste de la population (jusqu'à 2,5 fois plus élevés en Amérique latine). Dans les pays en développement, 90 % des enfants handicapés ne sont pas scolarisés (a). Et dans beaucoup de pays, il est extrêmement difficile de combattre l’exclusion, la discrimination et la violence à l’encontre des personnes LGBTI. Actuellement, l’homosexualité est toujours considérée comme un crime dans 70 pays.

Le pôle Viabilité et inclusion sociales s’attache à favoriser l’accès de toutes les personnes marginalisées aux marchés, aux services et aux technologies et à permettre leur pleine participation à la société. Ainsi, au Panama, cela se traduit par la collaboration avec les communautés autochtones et leurs chefs traditionnels pour améliorer la qualité des services de santé, d'éducation, d'eau et d'assainissement. En Bosnie, le pôle a conduit une étude qui révèle les coûts socio-économiques élevés des discriminations liées à l'orientation sexuelle et l'identité de genre.


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3.

Nos projets accordent une place centrale au développement piloté par la communauté. Ces programmes donnent aux populations locales les moyens de concevoir leurs propres solutions pour favoriser la croissance et la réduction de la pauvreté. Fondés sur des méthodes participatives et sur les valeurs propres à chaque communauté, ils améliorent les services collectifs et les infrastructures de base pour aider les habitants, en particulier les plus vulnérables, à réaliser leur potentiel et à élargir leurs moyens de subsistance. Ils renforcent également la capacité des membres et des responsables des communautés à exprimer leurs besoins et à travailler avec les autorités locales et régionales. Au Cambodge (a), par exemple, cela consiste concrètement à mobiliser les citoyens pour évaluer les performances des écoles primaires, des centres de santé et des autorités locales dans le cadre d'un programme national de décentralisation.

Le pôle travaille aussi avec les équipes de projet pour intégrer des outils de participation citoyenne à nos opérations d’investissement. L’implication des citoyens est particulièrement importante en ces temps de pandémie de COVID-19, car elle permet de mieux appréhender comment la crise affecte les communautés et de réagir en temps réel. En Afghanistan (a) par exemple, cette volonté d'associer les citoyens a consisté à travailler avec les communautés pour diffuser des messages de prévention sur le coronavirus via WhatsApp pour toucher les populations les plus dramatiquement affectées par la crise, à savoir les réfugiés et personnes déplacées, les personnes handicapées, les femmes pauvres et les nomades. Ces canaux de communication sont bidirectionnels : ils permettent à la fois aux citoyens de recevoir de l’aide et de partager des informations sur l’évolution de la situation dans leurs communautés.

4.

L'enjeu est de permettre aux personnes vivant dans ces contextes difficiles de construire des foyers et des communautés solides, capables de résister aux divisions provoquées par les conflits, la violence et les chocs exogènes tels que le changement climatique ou les pandémies. C'est pourquoi la majorité des opérations du pôle se concentre sur le renforcement de la cohésion sociale dans les pays aux prises avec les conflits et la violence. Nous élargissons en outre notre champ d’action afin de mieux prendre en compte les dimensions sociales du changement climatique (a). Dans les pays fragiles, nous soutenons le suivi des projets, la prestation de services participatifs, les processus de consolidation de la paix et de réconciliation, ainsi que les interventions ciblées visant à réduire la violence interpersonnelle.

Ces dernières années, nous avons redoublé d’efforts pour lutter contre la violence envers les femmes (a), en soutenant des opérations d’un montant global de plus de 300 millions de dollars visant à combattre ce fléau. Nos interventions en lien avec les déplacements forcés au Kenya, en Ouganda, en Éthiopie et à Djibouti comportent aussi un volet sur les violences envers les femmes.

Là encore, comment cela se traduit-il sur le terrain ? Au Myanmar, il s'agit d'aider le pays à se reconstruire après de multiples conflits, qui durent parfois depuis des décennies, grâce au projet national de développement piloté par les communautés (a) qui a bénéficié à plus de 7 millions de personnes dans 63 villages. Les communautés ont construit ou réhabilité 5 500 écoles, construit plus de 4 600 systèmes d’adduction d'eau et près de 13 000 kilomètres de sentiers et de routes. Ces travaux ont généré 8,2 millions de journées de travail et 32,8 millions de salaires payés à ce jour (dont 36 % ont rémunéré des femmes). Et, en République démocratique du Congo, nous travaillons avec des organisations comme la Fondation Panzi afin d’apporter des changements forts et positifs dans la vie des victimes de violence, en leur ouvrant l’accès à toute une gamme de services, des soins médicaux à l’assistance juridique.

5.

La gestion des risques sociaux est un élément important de nos activités, qui a pris encore plus d’ampleur avec le nouveau Cadre environnemental et social (CES). Il renforce la protection des personnes et de l'environnement, développe les capacités des pays en matière de gestion sociale et environnementale et favorise des avancées majeures dans des domaines tels que la transparence, la responsabilité, la non-discrimination et la participation citoyenne. Nos spécialistes travaillent sur des projets de la Banque portant sur des questions sociales de premier plan, notamment l'autonomisation des femmes, la violence envers les femmes, les conditions de travail, l'inclusion des groupes défavorisés et vulnérables et la mobilisation des parties prenantes.

Le CES est partie intégrante des trois principaux piliers de la viabilité sociale : l'inclusion, l’émancipation et la résilience. En pratique, et dans le domaine de l’inclusion, la mise en œuvre du CSE au Sénégal ouvre la voie à la conception de services de transport plus inclusifs. Au Bangladesh, il permettra d’offrir aux femmes Rohingya déplacées des espaces sûrs, un soutien psychologique, l’assistance de sages-femmes et des services d’information et d'orientation. Enfin, au Tadjikistan, il garantira que les groupes vulnérables tels que les femmes chefs de famille et les jeunes défavorisés aient plus d’opportunités.



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