Sénégal - Vue d'ensemble

  • Le Sénégal est un pays d’Afrique de l’Ouest bordé, du nord au sud, par la Mauritanie, le Mali, la Guinée et la Guinée-Bissau. Il entoure lui-même la Gambie, pays anglophone dont la superficie est l’une des plus petites du continent. Son littoral, au climat relativement sec, est ouvert sur l’océan Atlantique dans la partie la plus occidentale du Sahel. Près de la moitié des 15,4 millions d’habitants (2016) que compte le pays se concentrent autour de Dakar et des autres zones urbaines.

    CONTEXTE

    Situation politique

    Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique. Depuis son indépendance en 1960, il a connu trois grandes alternances politiques, toutes pacifiques. Le dernier scrutin présidentiel, qui s’est déroulé le 24 février 2019, a été marqué par une forte participation (66,23 %) et s’est soldé par la victoire du président sortant, Macky Sall, avec 58,27 % des suffrages, face à l’ancien Premier ministre Idrissa Seck (20 %), Ousmane Sonko (15 %), El Hadj Sall (4,07 %) et Madické Niang (1,48 %). Macky Sall, qui avait exercé auparavant un mandat de sept ans, a été réélu pour cinq ans, en vertu du référendum constitutionnel de mars 2016 qui a réduit la durée du mandat présidentiel.

    Lors des législatives de 2017, la coalition au pouvoir, Benno Bokk Yakaar (« Union autour d’un même espoir » en wolof, l’une des principales langues du pays), a remporté 125 sièges sur 165. Une dizaine d’autres partis siègent également à l’Assemblée nationale, notamment la Coalition gagnante Wattu Sénégal, Manko Taxawu Sénégal et le Parti de l’unité et du rassemblement.

    Les prochaines élections parlementaires sont prévues en 2022, tandis que des élections locales auront lieu en décembre 2019.

    Jusqu’ici, le Sénégal a été épargné par les violences qui secouent la région, mais les agissements des groupes terroristes dans les pays voisins et le flux grandissant de personnes radicalisées entrant dans le pays risquent d’alimenter l’instabilité.

    Situation économique

    Le Sénégal, qui affiche une croissance supérieure à 6 % depuis 2014, devrait conserver cette dynamique dans les années qui viennent, en faveur notamment du démarrage de la production de pétrole et de gaz prévu en 2022. Alors que le taux de croissance du PIB s’était accéléré en 2017 pour franchir la barre des 7 %, les projections indiquent une progression stable de plus de 6 % pour 2018 et les années suivantes. Si tous les secteurs de l’économie ont tiré la croissance en 2018, celle-ci a surtout bénéficié de trois moteurs principaux : l’agriculture, boostée par des programmes de soutien, la demande extérieure, robuste, et les grands investissements d’infrastructure entrepris dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE). Afin de maintenir un rythme de croissance rapide à l’avenir, le pays devra davantage s’efforcer d’améliorer l’efficacité de l’investissement public et de garantir la stabilité de son cadre macroéconomique. Des réformes soutenues visant à réduire les obstacles structurels qui entravent encore la bonne marche de l’économie permettraient également de stimuler l’investissement privé. La mise en service des gisements de pétrole et de gaz offshore, programmé en 2022, ouvre par ailleurs d’importantes perspectives d’accélération de la croissance.

    Malgré des progrès récents, le pays tirerait profit d’efforts supplémentaires en vue de renforcer son cadre macro-budgétaire. La situation des finances publiques reste tendue en raison du renchérissement des cours internationaux du pétrole et du gel des prix de l’énergie au niveau national, qui induisent une réduction des recettes et une hausse du montant des subventions énergétiques. Le déficit budgétaire s’est par conséquent creusé à 3,5 % du PIB en 2018 (contre 3 % en 2017), et l’État a retardé les paiements dus à ses fournisseurs. Alors que le Sénégal aura pour objectif l’année prochaine de continuer à limiter son déficit à 3 %, conformément au critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le cours élevé des matières premières continuera de peser sur son équilibre budgétaire. Afin de respecter ce plafond, le pays devra possiblement poursuivre ses efforts d’accroissement des recettes et de maîtrise des dépenses publiques — sachant qu’à partir de 2022, les revenus de la production pétrolière et gazière devraient commencer à entrer dans les caisses de l’État.

    La dette publique a continué d’augmenter sans pour autant entraîner de risque de surendettement important, grâce entre autres au changement d’année de référence utilisée pour calculer le PIB. Le niveau de la dette est passé de 60,6 % du PIB en 2017 à 64,5 % en 2018, en prenant en compte les entreprises détenues par l’État et les entités parapubliques. Cette progression s’explique en partie par l’émission d’une euro-obligation qui a permis au Sénégal de lever, à de bonnes conditions financières, l’équivalent d’environ 2,2 milliards de dollars en mars 2018. Une partie des ressources tirées de cet emprunt obligataire a été utilisée pour refinancer les dettes onéreuses, ce qui, conjugué au changement de base de la comptabilité nationale et au bond de 30 % du PIB qui en a découlé, a contribué à contenir le risque de surendettement. En 2019 et au-delà, la poursuite de la croissance et de la discipline budgétaire aiderait à réduire le niveau de la dette rapportée au PIB.

    Le déficit de la balance extérieure courante devrait demeurer considérable en 2018, à hauteur de 7,3 % du PIB (soit son niveau de 2017), sous l’effet du volume et du prix élevés des importations énergétiques, mais aussi de l’importance des importations de biens d’équipement et de denrées alimentaires. La hausse des importations est liée elle-même en partie à la forte croissance de l’économie sénégalaise et à la vigueur des investissements. Grâce à la performance soutenue de l’or, de l’acide phosphorique et des produits vivriers, les exportations ont également enregistré une progression rapide, mais insuffisante par rapport à celle des importations. La balance courante devrait se détériorer au cours des prochaines années : les investissements massifs dans le secteur des hydrocarbures, mais aussi le prix élevé des matières premières, vont doper les importations et entretenir un déficit commercial important malgré la bonne tenue des exportations. La situation devrait s’améliorer à partir de 2022, avec le démarrage de l’exploitation et des exportations de pétrole et de gaz.

    Situation sociale

    Selon les derniers chiffres disponibles, le taux de pauvreté était évalué à 46,7 % en 2011 en utilisant le seuil national de pauvreté, et à 38 % en se basant sur le seuil international (de 1,90 dollar en parité de pouvoir d’achat). Aucune donnée sur la consommation des ménages n’a été collectée depuis, mais les bonnes performances sur le plan de la croissance laissent penser que la pauvreté monétaire a reflué, dans les campagnes grâce au secteur primaire et, dans les villes, grâce à la construction et aux services.

    Les indicateurs non monétaires, eux aussi en progression (accès aux services et détention d’actifs), traduisent toutefois une stagnation des inégalités. La question de l’inclusivité reste essentielle, la création d’emplois ne suffisant pas à absorber les flux migratoires internes ni la hausse de la population active. D’autant que le travail est essentiellement informel, d’où des salaires faibles, un sous-emploi et une protection sociale limitée.

    La réduction du taux de pauvreté devrait s’accélérer (de 34 % en 2017 à 31 % en 2020 [seuil international de pauvreté]) et, à l’horizon 2020, la baisse du nombre de pauvres amorcée en 2016 devrait devenir plus rapide grâce au dynamisme du secteur agricole. Les services, les envois de fonds des migrants et les chantiers publics devraient permettre de faire reculer la pauvreté en milieu urbain.

    Avec la poursuite des réformes engagées au titre du Plan Sénégal Émergent, les pauvres devraient progressivement accéder à des secteurs plus dynamiques et à valeur ajoutée, comme l’horticulture ou la transformation agricole. De leur côté, les programmes propauvres renforcés déployés depuis 2014-15 (y compris le système de protection sociale adaptative) devraient atténuer la vulnérabilité et permettre aux pauvres de se constituer une base d’actifs.

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • Le Groupe de la Banque mondiale au Sénégal

    Le portefeuille en cours de la Banque mondiale regroupe, pour l’Association internationale de développement (IDA), 22 projets d’investissement nationaux, pour un montant total de 1,8 milliard de dollars, et neuf opérations régionales à hauteur de 332,55 millions de dollars. Du côté de la Société financière internationale (IFC), le portefeuille atteint actuellement 170 millions de dollars tandis que les engagements bruts de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ressortent à 106,5 millions.

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • Le Groupe de la Banque mondiale a aidé le Sénégal à obtenir des résultats importants, notamment dans les secteurs suivants :

     

    Gestion des eaux pluviales

    Le projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique a permis de protéger les zones peuplées exposées au risque d’inondation. Environ 137 500 personnes en ont bénéficié directement (contre 90 000 ciblées initialement) et 571 hectares (pour 343 au départ) ont été protégés.

    Avec l’abaissement du niveau des nappes phréatiques (à l’origine d’inondations dans de nombreux endroits), l’assainissement s’est amélioré (puisque le niveau de l’eau diminue dans les fosses septiques équipant les quartiers pauvres).

     

    Eau et assainissement

    Plusieurs projets se sont succédé dans ce secteur depuis une vingtaine d’années : le projet pour le secteur de l’eau, le projet d’approvisionnement en eau potable à long terme et le programme national d’eau potable et d’assainissement du millénaire, auxquels s’ajoute l’actuel projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu urbain.

    Grâce à ces activités, 206 160 habitants des zones urbaines ont été raccordés au réseau d’adduction d’eau, 82 260 personnes supplémentaires ont désormais accès à des services d’assainissement améliorés et quelque 95 000 personnes supplémentaires bénéficiaient d’un meilleur accès à l’eau (selon des chiffres d’avril 2017). Dans les zones rurales, 172 370 personnes ont eu accès à l’eau potable, et 193 730 personnes supplémentaires à des services d’assainissement améliorés.

    Agriculture

    Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), un programme régional couvrant 13 pays, a produit les résultats suivants au Sénégal : 423 000 producteurs et transformateurs agricoles, dont 38 % de femmes, ont pu tirer parti du développement, de la diffusion et de l’adoption de technologies agricoles améliorées entre 2012 et 2015.

    Le programme a soutenu la recherche agricole au service d’une agriculture climato-intelligente, contribuant à la mise au point de 14 nouvelles variétés de millet, de sorgho et de niébé à haut rendement, à maturation précoce et résistantes à la sécheresse. Il a permis de moderniser les équipements et installations du Centre national de spécialisation et d’améliorer ses ressources humaines ; il a également mis en place un important dispositif de bourses pour les jeunes chercheurs, qui a permis l’attribution de 170 bourses : 99 pour des doctorats et 71 pour des masters. L’objectif est de renforcer les carrières scientifiques, de combler la pénurie observée dans certains champs de la recherche et de remplacer les chercheurs partant à la retraite.

    Une plateforme en ligne a été créée afin d’améliorer la distribution des intrants subventionnés ; environ 800 000 agriculteurs y sont actuellement inscrits, sur un objectif d’un million.

     

    Protection sociale

    Grâce au projet de filets sociaux, le gouvernement du Sénégal a inscrit 442 019 ménages dans le Registre national unique (environ 30 % de la population), tandis que le Programme national de bourses de sécurité familiale a atteint son objectif final d’environ 300 000 ménages bénéficiaires (près de 20 % de la population).

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • La plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement sont présents au Sénégal. Des progrès ont été accomplis en vue d’harmoniser l’aide au développement, conformément aux principes formulés dans la Déclaration de Paris et dans le Programme d’action d’Accra.

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

Api


FINANCEMENTS

Sénégal: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

POUR APPROFONDIR

La croissance ne décolle pas

Attendue à 2,6 % en 2019, la croissance africaine continue de pâtir d’une conjoncture internationale incertaine.

Booster le potentiel de l’Afrique

Découvrez en quoi consiste notre plan pour aider les pays africains à investir davantage et mieux dans leur population.

L’Association internationale de développement en Afrique

Des millions d’Africains sont sortis de la pauvreté grâce au soutien de l’IDA qui a permis de créer des emplois, améliorer le capital humain et de fournir des services essentiels.

Vidéos de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, podcasts et photos qui illustrent le travail de la Banque mondiale en Afrique.

Évaluation des politiques et des institutions publiques

La qualité des politiques publiques et des cadres institutionnels des pays les plus pauvres d’Afrique s’est peu, voire pas du tout, améliorée ces dernières années.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Point de contact principal
Corniche Ouest X
Rue Léon Gontran Damas
Dakar, Senegal
+221-33-859-41-00
Informations générales et renseignements
Mademba Ndiaye
Chargé de communication
+221-33-859-41-00
mademba@worldbank.org
Plaintes et problèmes liés aux projets
senegalalert@worldbank.org