Skip to Main Navigation

Madagascar - Vue d'ensemble

Madagascar, un pays insulaire situé dans l'océan Indien au large des côtes de l'Afrique australe, est la cinquième plus grande île du monde, avec une superficie de 587 000 km² et 25,6 millions d'habitants. Malgré des ressources naturelles considérables, Madagascar a un taux de pauvreté parmi les plus élevés au monde.

Contexte politique

  • Les élections présidentielles se sont déroulées dans le calme en janvier 2019, marquant la première alternance politique depuis l'indépendance en 1960. Le président Andry Rajoelina a remporté 55,6 % des voix et dirige le pays aux côtés du Premier ministre Christian Ntsay dans le cadre de l’« Initiative Émergence Madagascar », visant à stimuler l'économie et à réduire la pauvreté. Les élections législatives organisées en mai 2019 ont apporté au programme du président une majorité à l'Assemblée nationale, tandis que les élections communales de novembre 2019 et les élections sénatoriales de décembre 2020 ont encore consolidé le parti au pouvoir, avec une majorité dans les deux chambres du Parlement.
  • À la mi-mars 2022, un léger remaniement ministériel a été effectué, sept mois après le dernier changement d'août 2021. Les postes de vice-ministre de la Reforestation et de vice-ministre de la Jeunesse ont été supprimés. Le nombre de portefeuilles ministériels est donc de 30 (contre 32 auparavant), dont 9 femmes. Cinq nouveaux ministres ont rejoint le Cabinet, deux ministres ont changé de portefeuille et deux anciens ministres sont de retour.

Situation économique

  • Les perspectives de développement à Madagascar continuent d'être entravées par le faible potentiel de croissance du pays et son exposition à des crises fréquentes, profondes et persistantes. La croissance a été d'environ 3,5 % en moyenne entre le retour à l'ordre constitutionnel en 2013 et le début de la pandémie. Cette période de croissance a été suivie d'une récession en 2020 qui était environ trois fois plus marquée que dans le reste de l'Afrique subsaharienne. En conséquence, la crise de la COVID-19 a effacé plus d'une décennie de gains en matière de revenu par habitant et a amené le taux de pauvreté à un nouveau record de 81 % (seuil de pauvreté international de 1,90 $/habitant/jour). La crise a été aggravée dans le sud de Madagascar par des sécheresses historiques qui ont entraîné de mauvaises récoltes généralisées, une insécurité alimentaire croissante et des migrations internes.
  • La croissance a commencé à se redresser en 2021, mais a été interrompue à nouveau en 2022 par une troisième vague de la pandémie, suivie d'une série d'événements météorologiques violents et des effets négatifs du conflit en Ukraine. En particulier, plus de 450 000 personnes ont été touchées par quatre tempêtes tropicales qui ont frappé Madagascar depuis le début de l'année, ce qui en fait la saison cyclonique la plus sévère depuis 2008. L'invasion de l'Ukraine par la Russie devrait également avoir des répercussions importantes car elle aura un impact négatif sur les perspectives économiques dans l'Union européenne, qui est le principal partenaire commercial de Madagascar. Le conflit a déjà entraîné une forte pression à la hausse sur les prix mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires. Ce conflit entraînera un ralentissement de la croissance des exportations, une détérioration des termes de l'échange et une hausse de l'inflation à Madagascar. Dans ce contexte, les projections de croissance pour 2022 ont été revues à la baisse et ramenées à 2,6 % (contre 5,4 % précédemment), ce qui implique que le PIB par habitant stagnera et restera inférieur d'environ 8,5 points de pourcentage aux niveaux d'avant la crise.
  • La croissance devrait s'accélérer en 2023 pour atteindre 4,2 % et 4,6 % en 2024, les contraintes structurelles et le ralentissement de la demande extérieure empêchant un rebond plus rapide. Le potentiel de croissance de l'économie a subi l'impact négatif de la détérioration du capital humain, de l'investissement privé et de la gouvernance du secteur public pendant la crise et ne devrait pas dépasser 4 % à court terme.  Dans ce contexte, le taux de pauvreté devrait rester bien au-dessus des niveaux d'avant la crise. La reprise attendue de l'activité économique se traduira par une baisse progressive du taux de pauvreté, qui passera d'un sommet historique de 81 % en 2020 à 78,8 % en 2023 et 77,9 % en 2024, restant ainsi au-dessus des niveaux d'avant la crise.
  • La politique budgétaire a pu jouer un rôle stabilisateur pendant la crise, le gouvernement ayant augmenté les dépenses publiques, mais la dette publique a considérablement augmenté, et devrait atteindre 54 % du PIB en 2022. Les risques de surendettement sont actuellement évalués comme étant modérés, en supposant des efforts ambitieux pour stimuler la mobilisation des recettes et une gestion prudente de la dette publique et des passifs éventuels. Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé en mars 2021 un nouvel accord de facilité élargie de crédit (FEC) de 40 mois, d'un montant de 320 millions de dollars, qui soutient les réformes visant à améliorer le recouvrement des impôts, la composition des dépenses publiques et la gouvernance. Madagascar bénéficie également d'une allocation de Droits de tirage spéciaux (DTS) de 233 millions de dollars du FMI.
  • En l'absence d'une nouvelle impulsion en faveur des réformes, Madagascar risque de prendre davantage de retard alors que ses pairs continuent de croître plus rapidement et font preuve d'une plus grande résilience aux chocs. Le pays devra maintenir une croissance nettement plus élevée et plus inclusive pour avoir une chance réelle de réduire l'extrême pauvreté dans les années à venir. Cela ne pourra se faire que si le gouvernement lance des réformes profondes qui permettront de nouveaux investissements dans des secteurs susceptibles de favoriser la transformation structurelle et de stimuler la création d'emplois, un meilleur accès aux services et infrastructures de base et une plus grande résilience des populations vulnérables. Plusieurs réformes sont particulièrement urgentes pour la reprise, notamment l'accélération de la campagne de vaccination, le renforcement de la riposte aux récents chocs climatiques, le renforcement de la responsabilité du secteur public, la remise sur les rails des réformes foncières et l'attraction d'investissements indispensables dans les secteurs de l'électricité, du numérique et des transports.

Enjeux de développement

La croissance reste structurellement limitée par l'inadéquation du capital humain et des infrastructures, une forte prévalence de l'informalité et de l'agriculture d'autosubsistance, ainsi que par la faiblesse de la gouvernance et des institutions. En l'absence de réformes audacieuses, Madagascar pourrait mettre une décennie à inverser la perte de revenus moyens survenue pendant la crise de 2020-2022 et plus de 70  ans pour atteindre le niveau de vie actuel au Rwanda, qui est le pair le plus proche de Madagascar.

Le capital humain à Madagascar se classe parmi les plus faibles du monde : le pays a le quatrième taux de malnutrition chronique le plus élevé au monde, avec 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrant d'un retard de croissance. En outre, 97 % des enfants malgaches âgés de 10 ans ne peuvent pas lire et comprendre un texte court adapté à leur âge, soit 16,2 points de pourcentage de moins que la moyenne en Afrique subsaharienne. À l'école primaire, 4 enfants sur 10 abandonnent avant la dernière année. Madagascar dispose d'un système de protection sociale naissant qui ne couvre que 6 % des personnes extrêmement pauvres, ce qui est faible par rapport aux autres pays de la région (28 %), et inférieur à l'objectif national de 15 % de couverture fixé dans la stratégie nationale de protection sociale. Les dépenses liées aux filets sociaux sont très faibles : 0,3 % du PIB, contre une moyenne de 1,2 % du PIB en Afrique subsaharienne.

Les conditions de vie restent difficiles pour la grande majorité de la population, en particulier dans les zones rurales et dans les régions présentant un retard de développement, qui continuent d'afficher de mauvais résultats en matière de mortalité infantile, de fréquentation scolaire, de taux d'alphabétisation et d'achèvement du cycle primaire, de malnutrition, d'espérance de vie, d'accès aux transports, à l'électricité et à l'eau potable. Les régions du Sud, par exemple, ont connu une détérioration de leur accès à l'eau au cours de la dernière décennie et présentent les niveaux de mortalité infantile les plus élevés, n’enregistrant que des améliorations marginales depuis 2008.

Madagascar est l'un des pays africains les plus sévèrement touchés par les effets du changement climatique : une pénurie alimentaire extrême dans le sud de l’île, suite à une sécheresse persistante depuis quatre ans, a conduit le pays au bord de ce que les experts appellent la première « famine due au changement climatique » au monde. En janvier 2022, on estimait que 1,64 million de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et que 30 000 étaient proches de la famine, selon la classification intégrée des phases de sécurité alimentaire. Ce nombre devrait augmenter à mesure que le pays entre dans la « période de soudure » qui précède régulièrement les récoltes.

Dernière mise à jour: 17 avr. 2022

FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA
Image
GALERIE PHOTO
Plus de photos

POUR APPROFONDIR

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Point de contact principal
1 Rue Andriamifidy
BP 4140
Antananarivo 101, Madagascar
+261-20-22-560-00
Informations générales et renseignements
Diana Styvanley
Chargée des relations extérieures
+261320500127
Plaintes et problèmes liés aux projets