République démocratique du Congo - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Plus grand pays d’Afrique francophone, la République démocratique du Congo (RDC) possède d’immenses ressources naturelles et une population de près de 80  millions d’habitants, dont moins de 40 % vivent en milieu urbain. Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et plus de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC pourrait devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs de croissance si elle parvenait à surmonter son instabilité politique et à améliorer sa gouvernance.

    Situation politique

    Le pays se remet encore d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 90 et généré un marasme économique et social persistant. Joseph Kabila a été à la tête de la RDC de 2001 à 2019. Après avoir été reportées afin de procéder à la révision du fichier électoral, les élections présidentielle et législatives qui devaient se tenir en novembre 2016 ont eu lieu le 30 décembre 2018. Felix Antoine Tshisekedi, fils de l’opposant historique de la RDC, Etienne Tshisekedi a été proclamé vainqueur par la Commission électorale nationale indépendante avec 38, 5% des voix.  Cette victoire a été contestée, notamment par la Conférence des évêques congolais (CENCO), qui avait déployé 40 000 observateurs. Selon les données de la CENCO, Martin Fayulu, serait le vainqueur avec 62,8% des voix, devant le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, crédité de 17,99 % des suffrages, et Felix Tshisekedi en troisième position avec 15 % des voix.

    Situation économique

    En 2018, la RDC est sortie de la récession économique occasionnée par la chute, des cours mondiaux de ses principaux produits d’exportations entre 2015 et mi-2017. La croissance économique a continué de progresser pour atteindre 4,1 % en 2018, contre 3,7 % en 2017 et 2,4 % en 2016 – la plus faible performance enregistrée par le pays depuis 2001. Ce regain d’activité a principalement été porté par la reprise de la production minière et la bonne tenue des cours mondiaux du cuivre et du cobalt consécutive à la relance de la demande mondiale de ces produits.

    La situation des finances publiques s’est également améliorée en 2018 dans un contexte de poursuite d’une gestion budgétaire sur basse caisse et grâce à l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures. L’excédent budgétaire global de 0,4 % du PIB en 2017 s’est ainsi accru à 1,3 % du PIB en 2018, après trois années successives de déficits. Cette performance tient à la fois au renforcement du contrôle des dépenses publiques – malgré l’accroissement des dépenses liées au processus électoral – et à la hausse des recettes fiscales directes issues du secteur minier. Toutefois, le niveau des dépenses publiques sociales et d’investissement est resté faible et insuffisant pour soutenir un rythme de croissance à moyen et long terme plus soutenu et inclusif.

    Le déficit du compte courant s’est creusé à 3,9 % du PIB en 2018 contre 2,9 % en 2017 en dépit de la hausse des exportations de produits miniers. Cette détérioration de la position extérieure du pays résulte essentiellement de la plus forte augmentation des importations de biens et services liée à la hausse des investissements dans le secteur minier et aux dépenses électorales effectuées au cours du second semestre 2018. Le déficit du compte courant a toutefois été plus que compensé par les entrées nettes de flux financiers, principalement au profit du secteur minier – sous la forme d'investissements directs étrangers –, induisant un excédent de la balance des paiements de 1,3 % du PIB. Cela a favorisé le maintien du niveau des réserves internationales et une stabilisation du taux de change du franc congolais contribuant à fortement résorber les tensions inflationnistes observées au cours des deux dernières années. Le Franc Congolais ne s’est déprécié que de 5,9% en 2018, contre 31% en 2017 tandis que l'inflation chutait à 7,2% contre 54,8% en 2017.

    Le gouvernement a par ailleurs initié plusieurs réformes sectorielles visant à renforcer la gouvernance dans la gestion des ressources naturelles et améliorer le climat des affaires. La quasi-totalité des contrats signés par le gouvernement pour l’octroi des titres miniers, pétroliers et forestiers sont désormais accessibles au public. La RDC prend part à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) et publie dans ce cadre des rapports réguliers sur les recettes tirées des ressources naturelles. De plus, la législation sur les mines et les hydrocarbures a été amendée afin de permettre à l’État de tirer davantage profit de l’exploitation de ces ressources. Le gouvernement doit toutefois fournir des efforts supplémentaires pour systématiser les mécanismes de mise en concurrence dans l’attribution des contrats miniers, pétroliers et forestiers. Quant aux réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, elles incluent notamment les lois sur le partenariat public-privé, la libéralisation du secteur des assurances et les télécommunications.

    Situation sociale

    La croissance économique observée au cours de la période 2005 et 2012, a été associée à une réduction modérée de la pauvreté en RDC. Au cours de cette période, le taux de pauvreté a diminué de 5,3 points de pourcentage, passant de 69,3 % en 2005 à 64 % en 2012. Bien que la pauvreté soit un phénomène rural dans la plupart des pays d’Afrique, la réduction de la pauvreté en RDC a été légèrement plus importante dans les zones rurales ; 5,6 points de pourcentage contre 4,1 points de pourcentage dans les zones urbaines.

    En 2012, 77 % de la population vivait en situation d’extrême pauvreté, avec moins de 1,9 dollar par jour. Selon les dernières prévisions de la Banque mondiale, le taux d’extrême pauvreté serait d'environ 73 % en 2018, ce qui place la RDC parmi les pays d’Afrique subsaharienne avec la plus forte pauvreté après le Nigéria.  L'extrême pauvreté se concentre dans les régions du nord-ouest et des Kasaï.

    Par ailleurs, depuis août 2018 le pays fait face à une épidémie d’Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’instabilité et l’insécurité qui règnent dans cette région rendent difficile la riposte. Au 13 juin 2019, l’Organisation mondiale de la santé recensait 2084 cas, dont 1990 confirmés et 94 probables. Au total, on compte 1405 décès, en particulier chez les femmes (57 % des victimes) et les enfants (29 % des victimes).

     

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale en RDC

     

    La Banque a repris ses engagements en RDC en 2001, après avoir suspendu ses activités pendant près d’une décennie.

    Son portefeuille de projets pour la RDC a évolué au cours de ces dernières années, pour passer d’une aide d’urgence à une stratégie de développement durable. Il comprend actuellement 29 opérations (dont des projets d’intégration régionale) et 57 fonds fiduciaires. Ces engagements représentent un montant total de 4,12 milliards de dollars, dont 45,53 % ont déjà été décaissés (pour des projets nationaux). Ce portefeuille se reparti dans différents secteurs : 63 % pour l’infrastructure (transport, énergie, développement urbain et eau), 16 % en faveur du développement humain, 15 % pour le développement du secteur privé et l’agriculture, et 6 % destinés à la gouvernance et au secteur minier.

    L’actuelle stratégie de partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et la RDC a fait l’objet d’une évaluation. En novembre 2016, la Banque a conduit des consultations avec les différentes parties prenantes pour réaliser une étude approfondie de la situation du pays. Ce « diagnostic-pays systématique » a été finalisé et soumis à l’avis des autorités. La Banque élabore actuellement un nouveau cadre de partenariat pour 2019-2021.

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • Voici un aperçu des évolutions notables dans des domaines clés :

     

    Santé

    Le secteur de la santé est appuyé par plusieurs programmes financés par la Banque mondiale dont le Projet de développement du Système de santé qui cible la mère et l’enfant dans 11 provinces et couvre près de 30,5 millions d’habitants. Il subventionne 2 990 formations sanitaires à travers 185 zones de santé. Sur l’ensemble des zones d’intervention, 21,3 millions de personnes bénéficient directement de ses interventions. À ce jour, le taux d’accouchement assisté a progressé de 65 % à 90 % entre 2017 et 2018, la consultation parentale est passée de 49 % à 67 % ; la vaccination des femmes enceintes contre le tétanos (VAT2+) est passée de 37 % à 60 %.  La Banque mondiale apporte également un appui  important à la riposte contre le virus Ebola, couvrant plus de 65 % des besoins financiers.

    Éducation

    La réhabilitation de 858 salles de classe, la distribution de plus de 22 millions de manuels scolaires et la création de 35 laboratoires informatisés pour la formation continue et à distance des enseignants ont permis d’améliorer l’accès à une éducation de qualité pour les élèves du primaire.

    Ainsi de 2013 à 2017, le taux d’admission net en première année au primaire est passé de 44,5 % à 85,4 % et de 63,5 % à 80,1 % dans les provinces les plus déscolarisées (Equateur et Kasai). Au cours de la même période, l’indice de parité hommes-femmes a augmenté de 6 % et de 14 %.

     

    Infrastructure

    La réouverture de plus de 3 000 kilomètres de routes nationales dans les provinces septentrionales et orientales de la RDC a permis de relancer l’activité économique dans ces régions. Plus de 6 millions de personnes vivant en milieu rural ont désormais accès à une route praticable en toute saison. À ce jour, 45 % des routes hautement prioritaires dans le pays sont en bon état, contre 15 % en 2009.

    Énergie

    Les financements du Groupe de la Banque mondiale ont permis d’accroître la production d’électricité et d’améliorer son transfert vers certaines grandes villes. Plusieurs groupes de production d’électricité au sein des centrales hydroélectriques d’Inga 1 et 2 ont été remis en état, et un deuxième canal d’amenée avec une prise d’eau a été construit. Ces interventions ont permis d’augmenter la quantité d’électricité produite d’environ 630 MW et de garantir le fonctionnement de la totalité des groupes même en saison sèche, améliorant ainsi l’alimentation en électricité de Kinshasa. La ligne de transport d’électricité de Inga à Kolwezi et Kasumbalesa (frontière avec la Zambie) a été également réhabilitée, avec plus de 2,000 km de fibre optique installée, facilitant ainsi le transfert d’électricité produit vers le Katanga. Le financement de la Banque mondiale a également permis d’initier des travaux d’amélioration du réseau de distribution dans Kinshasa, et de construire et d’alimenter en électricité des écoles, des centres de santé, et des systèmes d’adduction d’eau potable dans 7 villages dans l’ancienne province du Katanga.

     

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

  • Les bailleurs de fonds ont mis en place un Groupe de coordination des donateurs afin de renforcer le dialogue avec les autorités de la RDC et d’harmoniser les actions des partenaires de développement. La Banque mondiale participe activement à ce groupe et développe ses partenariats bilatéraux. Sa collaboration avec l’ONU a permis des avancées importantes dans la démobilisation des anciens combattants, l’éducation et la santé. La Banque, en partenariat avec l’UNICEF et l’USAID, a renforcé les capacités de l’État en matière de services de protection de l’enfance. Elle est aussi parvenue à mobiliser un appui financier auprès des organismes de développement du Royaume-Uni, de la France et de la Belgique pour moderniser la gestion des finances publiques et l’administration congolaise.

    Dernière mise à jour: 15 avr. 2019

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31 oct. 2017

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