République Centrafricaine - Vue d'ensemble

  • Ce pays enclavé d’Afrique centrale, de près de 4,9 millions d’habitants a entamé un long redressement après une crise sécuritaire majeure en 2013 qui a délité son tissu social et déplacé plus de 25 % de sa population.

    Contexte politique

    Les élections de 2016 ont apporté trois années de transition politique pour tourner progressivement la page aux années de troubles.

    La Centrafrique est dirigée par le président Faustin-Archange Touadéra et le Premier ministre Simplice Sarandji depuis 2016. Les prochaines élections présidentielles devrait se tenir entre décembre 2020 et mars 2021.

    Le 6 février 2019, le gouvernement centrafricain a signé un accord de paix avec 14 groupes armés sous la médiation de l’Union africaine. Cet accord bénéficie du soutien de la communauté internationale. Il est également garanti par l’Union africaine et la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEMAC), tandis que la mission de maintien de la paix de l’ONU (MINUSCA) apporte un soutien essentiel en arrière-plan. 

    Situation économique

    • La croissance économique de la RCA a ralenti à 3,7 % en 2018, la reprise de l'insécurité ayant entravé l'activité économique en perturbant la production agricole, forestière et minière et en retardant les projets d'investissement. Toutefois, depuis 2015 la croissance économique de la RCA a été supérieure à la performance moyenne des pays de la CEMAC et devrait atteindre 4,8 % en 2019.
    • La Centrafrique doit maintenir sa discipline budgétaire, car elle est toujours exposée à un risque élevé de surendettement. Les efforts du gouvernement continuent de donner des résultats positifs avec un ratio de la dette au PIB qui a baissé à 49 %. À moyen terme, les indicateurs d'endettement devraient s'améliorer progressivement. Selon les estimations, le déficit global devrait se creuser, passant de 1,6 % du PIB en 2017 à 2,7 % en 2019. Représentant 9 % du PIB en 2018, les recettes intérieures restent parmi les plus faibles d’Afrique subsaharienne. Les dépenses publiques ont augmenté pour atteindre 16,3 % du PIB en 2018 à mesure que les dépenses en biens et services ont augmenté. Les dons restent élevés à 7,8 % du PIB en 2018 et devraient atteindre 11 % en 2019, grâce au soutien des partenaires de développement à l'accord de paix.
    • Si la situation sécuritaire ne se dégrade pas, les perspectives à moyen terme pour la RCA sont positives. La croissance devrait atteindre 4,8 % en 2019, grâce au rétablissement progressif attendu de la sécurité, au rétablissement progressif des services publics vers les provinces, à l'augmentation des investissements publics et privés et à la mise en œuvre des réformes.

    Situation sociale et enjeux de développement

    • La pauvreté reste élevée et on estime qu'environ 71 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté international (1,90 dollar par jour, en parité de pouvoir d’achat) en 2018.
    • Près de 643 000 personnes sont encore déplacées à l'intérieur du pays tandis que 575 000 réfugiés centrafricains ont trouvé refuge dans les pays voisins. Selon les estimations, en 2019, 2,9 millions de Centrafricains, soit plus de la moitié de la population du pays, devraient avoir besoin d'une aide humanitaire, dont 1,6 million sont dans une situation d’extrême urgence. Afin de répondre aux besoins humanitaires, le gouvernement centrafricain et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont officiellement lancé le 7 janvier 2019 un Plan d'intervention humanitaire de 430,7 millions de dollars pour l'année 2019.
    • La RCA demeure l'un des pays les plus pauvres au monde avec de nombreux défis à relever sur le plan du capital humain. Elle se classe tout en bas du classement de l’Indice de développement humain de l’ONU (188e rang sur 189 pays en décembre 2018) ce qui risque d’avoir de graves conséquences graves pour sa future génération. Si plus de 71 % de la population est pauvre selon les dernières estimations, on constate des améliorations dans la fourniture de services publics essentiels dans le sud-ouest du pays.
    • La mortalité maternelle est l'une des plus élevées au monde (882 pour 100 000 naissances vivantes), tandis que le taux important de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans (179 pour 1000) illustre la gravité de la situation sanitaire. 
    • La RCA fait partie des pays qui affichent les plus faibles indicateurs d’instruction et d’égalité homme-femme. La faible qualité de l'enseignement primaires et le manque d’enseignement secondaire pour les filles, ainsi que les nombreuses violences à l'égard des femmes et des filles, avec 11 000 incidents signalés chaque année (2016), dont 74 % sont des enfants, constituent un défi urgent pour le pays.
    • L'espérance de vie moyenne est de 53 ans. Les niveaux de malnutrition sont élevés, 41 % de la population souffrant de malnutrition chronique (retard de croissance). Le taux de fécondité est élevé avec de 6,2 enfants par femme.

    Dernière mise à jour: 25 nov. 2019

  • Pendant la crise, la Banque mondiale a alloué 100 millions de dollars à des opérations d’urgence grâce à un don de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres.

    La Banque mondiale a également coréalisé une évaluation du redressement et de la consolidation de la paix et joué un rôle clé dans la Conférence internationale des bailleurs de fonds en Centrafrique de novembre 2016, qui a permis de mobiliser 2,2 milliards de dollars de promesses de dons, incluant 2 milliards destinés à la reconstruction et 200 millions à l’aide humanitaire.

    L’action de la Banque mondiale en Centrafrique pour les cinq prochaines années sera  déterminée par un cadre de partenariat qui est en train d’être finalisé et met avant tout l’accent sur le renforcement du capital humain.

    Ce nouveau cadre de partenariat est aligné sur les trois priorités du gouvernement : 

    • soutenir la paix, la réconciliation et la sécurité afin de créer un environnement propice à la mise en œuvre des politiques de développement ;
    • rétablir le lien social entre l’État et la population : en réglants tous les griefs et  en répartissant équitablement la fourniture de services publics ;
    • favoriser la reprise économique et la création d’emplois.

    À ce jour, la Banque mondiale finance un programme de redressement économique de 250 millions de dollars pour soutenir les efforts de stabilisation à court terme et les activités de développement à long terme. Ce programme comporte :

    • un projet de réforme financière pour consolider les capacités de l’État et améliorer l’allocation des ressources ;
    • un soutien à la réinsertion des anciens combattants et aux populations déplacées ;
    • des financements destinés à améliorer la distribution d’eau et d’énergie, les services sociaux et les TIC. Ainsi que l’appui aux secteurs agricole, minier et sylvicole et pour favoriser l’accès aux principaux bassins de production devrait créer les indispensables emplois.

    Dernière mise à jour: 25 nov. 2019

  • Gouvernance

    Grâce au Projet d’urgence de rétablissement des services publics qui remet sur pied les systèmes de rémunération des fonctionnaires et de gestion opérationnelle des finances publiques :

    • plus de 17 000 fonctionnaires en ont bénéficié
    • le délai entre la date prévue de la paie et la date effective a été ramené de 30 à 13 heures (pour un objectif de 10 heures).
    •  en 2015, le pourcentage du personnel des douanes ayant repris le travail est passé de 10 à 86 % et celui des enseignants et du personnel de santé ayant repris le travail dans les districts sécurisés a augmenté de 0 à 89 %.

    Sécurité, rétablissement de l’administration et des infrastructures

    Vaste projet de travail contre rémunération, le projet Londo vise à consolider la paix et à favoriser la cohésion sociale et l’activité économique en organisant des travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre :

    • Dans 54 des 74 districts du pays plus de 34 500 bénéficiaires vulnérables (dont 36 % de femmes) ont obtenu un emploi temporaire sur un chantier ;
    • Plus de 2 048 km de routes rurales ont été réhabilités ouvrant l’accès aux marchés et services essentiels. 

    Grâce au projet de fourniture de services et de soutien aux communautés touchées par les déplacements (PACAD) :

    • 15 800 ménages vulnérables des zones sensibles de Bambari, Bangassou, Kaga-Bandoro et Paoua reçoivent des transferts monétaires.

    Avec ses travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre, le projet d’urgence de connectivité locale a :

    • fourni des emplois temporaires à 10 037 bénéficiaires, dont 27 % de femmes pour réaliser 32 000 mètres de bas-côtés et entretenir 333 kilomètres de routes ;
    • réalisé 116 conduites de drainage ; 12 ponts ont été remis en état et 12 barrières anti-inondation ;
    • établi 14 unités d'entretien le long de la route ;
    • réhabilité et rééquipé 2 bureaux locaux du ministère des Travaux Publics et de l'Entretien Routier ;
    • entretenu 333 km de routes rurales ;
    • construit le pont de Bamingui (portée de 45 m), achevé en mai 2019.

    Dans le cadre du Projet de connectivité rurale :

    • environ 500 km de routes rurales sont en cours de réhabilitation grâce à une combinaison de travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre (LIPW) et d'une approche mécanisée ;
    • près de 575 personnes ont été embauchées pour ces travaux , dont 28% sont des femmes ;
    • 60 km de routes rurales ont déjà été entretenues dans l'Ouham et le bassin de l'Ouham Pende depuis le début des travaux le 7 janvier 2019.

    Renforcement du capital humain

    Le projet d’appui au système de santé qui vise à accroître le recours à des services améliorés de santé maternelle et infantile dans les zones rurales visées a :

    • soutenu plus de 6,2 millions de personnes (dont 56 % de femmes) ;
    • fourni des soins médicaux gratuits à plus d’un million de personnes ;
    • réintégré plus de 260 professionnels de santé pour travailler dans les centres de santé soutenus par le projet ;
    • équipé plus de 250 centres de santé de mini panneaux solaires ;
    • fourni de nouveaux lits et du matériel médical à plus de 180 centres de santé. 

    Le Projet d’urgence de réhabilitation et d’entretien des infrastructures urbaines (achevé en septembre 2016) a amélioré l’accès des habitants des districts les plus défavorisés de Bangui aux infrastructures et services urbains. Près de 85 000 personnes ont un meilleur accès au système d’évacuation des eaux usées et plus de 37 000 personnes ont un meilleur accès à l’eau.

    Dernière mise à jour: 25 nov. 2019

  • Dans un climat d’instabilité où les menaces sécuritaires sont encore bien réelles, le Groupe de la Banque mondiale collabore étroitement avec les agences des Nations Unies (MINUSCA), l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les États-Unis.

    Cette collaboration a donné lieu à des évaluations menées conjointement avec les Nations Unies, l’Agence britannique du coopération internationale (DFID) et l’Agence française de développement, en concertation avec les autorités centrafricaines. La Banque mondiale élabore ses nouveaux projets en s’assurant qu’ils soient alignés sur l’action des autres partenaires au développement.

    Dernière mise à jour: 25 nov. 2019

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FINANCEMENTS

République Centrafricaine: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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