Burundi - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

     

    Le Burundi est un petit pays enclavé de 27 830 km² et de 10,8 millions d’habitants en 2017 qui figure parmi les pays les plus pauvres d’Afrique avec un taux de pauvreté de 74,7%. Avec 470 habitants au km², c’est aussi le deuxième pays d’Afrique le plus densément peuplé. L’économie est largement tributaire de l’agriculture, qui emploie 80 % de la population, même si les terres arables sont rares. La pauvreté touche principalement les petits agriculteurs en milieu rural.

    Situation politique

    Depuis son indépendance, le Burundi a connu une grande instabilité politique et de nombreux épisodes de violence. En 2015, la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat et sa réélection ont fait basculer le pays dans une nouvelle crise politique. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 400 000 réfugiés et demandeurs d’asile ont fui le pays depuis 2015, la Tanzanie étant le principal pays d’accueil. Si des rapatriements volontaires ont été opérés, au 31 décembre 2018, 348 000 réfugiés restaient enregistrés.

    Par ailleurs, en octobre 2017, le Burundi a décidé de se retirer de la Cour pénale internationale et a rejeté la résolution 2303 de l’ONU, qui autorisait le déploiement sur place de 228 policiers des Nations Unies. Le gouvernement a également contesté les conclusions des différents rapports de l’envoyé spécial de l’ONU au Burundi, qui dénoncent de graves violations des droits de l’homme et une dégradation de la situation sociale et humanitaire.

    Le 17 mai 2018, la victoire du « oui » à un référendum contesté, a permis au président de modifier la Constitution et pour demeurer au pouvoir jusqu’en 2034. Néanmoins, Pierre Nkurunziza a annoncé ne pas vouloir se représenter en 2020.

    En août 2018, le rapport final de la commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi a fait état de graves violations des droits de l’hommes. Un nouveau rapport de la même commission réitère les mêmes conclusions. Un constat que rejettent le gouvernement et les deux chambres du parlement burundais.

    En octobre 2018, 140 organisations non gouvernementales (ONG) étrangères ont été suspendues et ont été soumises à de nouvelles obligations d’enregistrement et seules 93 ont repris leur travail après avoir accepté les nouvelles exigences du gouvernement.

    Situation sociale

    La majeure partie de la population burundaise vit dans la pauvreté, surtout en milieu rural. Le niveau d’insécurité alimentaire est presque deux fois plus élevé que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, avec environ 1,8 million de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et plus de la moitié des enfants (six sur dix) présentant un retard de croissance en 2017.

    Bien que l’agriculture emploie environ 80 % de la population, ce secteur contribue à seulement 40 % du PIB. L’accès à l’eau et à l’assainissement est très faible et moins de 5 % de la population a accès à l’électricité (dont 52,1 % des ménages urbains et 2 % des ménages ruraux).

    La faiblesse de son économie rurale, sa forte dépendance à l’égard de l’aide internationale au développement et une mauvaise répartition des richesses sont autant d’obstacles à la réduction de la pauvreté. En revanche le pays a fait des progrès pour ralentir sa croissance démographique, avec un taux de fécondité qui a baissé de 6,4 à 5,5 enfants par femme en moyenne entre 2010 et 2017.

     

    Situation économique

    Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie se redresse lentement. La reprise économique s'est accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise reste fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier. Après avoir grimpé à 16,1 % en 2017, l’inflation a fortement baissé pour atteindre -2.6 % (déflation) en 2018 grâce à une bonne récolte agricole qui a poussé les prix des denrées alimentaires à la baisse. Les dernières estimations tablent sur une croissance de 1,8 % en 2019, l’instabilité politique et économique empêchant l’économie de revenir à son niveau d’avant la crise.

    Les comptes extérieurs du pays restent vulnérables, avec une très forte augmentation du déficit du compte courant, estimé à 19,2 % du PIB en 2018 contre 11,3 % en 2017.  Cette détérioration est liée à la baisse des exportations, à la hausse des importations et la diminution des transferts aux ONG.

    Les tensions sur le marché des changes ont perduré avec une baisse plus prononcée des réserves de change et des répercussions négatives sur les importations. Les réserves internationales ne couvraient que 0,9 mois d'importations en décembre 2018. La prime du marché parallèle des changes est toujours élevée, à 50 % à la fin décembre 2018. La solidité du secteur bancaire s'est améliorée avec des ratios de capitalisation et de liquidité au-dessus des normes réglementaires et des indicateurs de rentabilité en augmentation. Cependant, la qualité du portefeuille des banques reste préoccupante, le niveau des prêts non performants atteignant 11,8 % en octobre 2018.

    Dernière mise à jour: 13 avr. 2019

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Burundi

     

    ·       L’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, finance à hauteur de 712, 68 millions de dollars, onze projets nationaux (484,03 millions) et quatre projets régionaux (228,45 millions) dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, l’éducation, les infrastructures, l’électricité, la protection de l’environnement, la protection sociale, la gouvernance, la compétitivité et la création d’emplois. 

    ·       Au cours de l’exercice 2016, la Banque mondiale a réalisé un diagnostic de la situation économique et sociale du Burundi et une évaluation de l’impact de sa dernière stratégie d’aide-pays (2013 à 2016). Ces analyses servent à l’élaboration du prochain cadre de partenariat entre la Banque et le Burundi pour la période 2019-2023. L’objectif est de relancer la croissance du PIB pour réduire de moitié le taux de pauvreté, en améliorant le capital humain et en favorisant l’inclusion sociale.

    Dernière mise à jour: 13 avr. 2019

  • Agriculture et développement rural. Au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale a coordonné l’action des différents donateurs pour soutenir l’agriculture et le développement rural au Burundi. Notamment par le biais du Projet de développement des marchés et de la productivité du secteur agropastoral (PRODEMA) (43 millions de dollars), qui a bénéficié d’un financement supplémentaire (25 millions) en 2017. Par ailleurs, le Projet pour la compétitivité du secteur du café (55 millions de dollars), approuvé en 2016, aide 300 000 petits cultivateurs à améliorer leur rendement et la qualité de leur production. Enfin, le Burundi participe au Projet intégré de développement de l’agriculture dans la région des Grands Lacs (75 millions de dollars), approuvé en 2017. Au total, 129 000 personnes (dont environ 50 % de femmes) bénéficient directement de ce projet, et 645 000 indirectement.
     

    ·       Gestion et gouvernance du secteur public. L’IDA apporte une assistance technique (22 millions de dollars) pour renforcer, moderniser et réorganiser les ministères des Finances et des Mines, ainsi que l’administration fiscale du Burundi, afin de soutenir les réformes de la gestion des finances publiques et d’accroître la mobilisation des recettes intérieures. La Banque prépare une revue des dépenses publiques pour évaluer l’impact des déséquilibres macroéconomiques sur les dépenses du secteur public, la gestion budgétaire et la fourniture de services publics dans le secteur de la santé.

    ·       Environnement. Le développement socio-économique du pays repose en grande partie sur ses ressources naturelles. Or, la dégradation des terres est le problème environnemental le plus grave au Burundi : on estime qu’un tiers de ses terres sont aujourd’hui fortement dégradées. La Banque mondiale a aidé le Burundi à mettre en œuvre le Projet d’aménagement durable des zones de caféiculture, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et qui s’est achevé le 30 octobre 2018. Depuis avril 2018, la Banque finance aussi le Projet de régénération des paysages et de résilience (30 millions de dollars), avec l’objectif de restaurer la productivité des sols et de fournir une aide immédiate et efficace en cas de crise ou de situation d’urgence. La Banque mondiale a également apporté son soutien au Projet de gestion de l'environnement du lac Victoria (phase 2) avec l’objectif de réduire la pollution dans cette région. 



    ·       Développement local et emploi. La crise politique de 2015 a eu un impact négatif sur la fourniture des services publics essentiels dans les zones rurales et urbaines. Elle a aussi aggravé les obstacles au développement du secteur privé, en particulier au niveau des petites et moyennes entreprises. Le Projet de développement local en faveur de l’emploi (50 millions de dollars), approuvé en 2017, vise à favoriser la création d’emplois à court et à moyen terme, en particulier en milieu urbain.

    ·       Routes. Dans le cadre du Projet d’urgence pour la résilience des infrastructures (25 millions de dollars), la Banque mondiale soutient la remise en état du réseau routier et des ponts endommagés par les inondations de février 2014 et l’aménagement des rivières traversant le nord de Bujumbura. 

    ·       Énergie. Avec le Projet de développement des centrales de Jiji et Mulembwe, la Banque aide le Burundi à accroître de 49,5 MW supplémentaires la production et la distribution d'électricité d’origine hydraulique, en élargissant ainsi l’accès des habitants à une énergie écologique et bon marché. Le Burundi fait également partie des trois pays qui bénéficient du Projet hydroélectrique régional des chutes de Rusumo.

    ·       Santé. L’IDA, première source de financement du Burundi dans le secteur de la santé, a alloué 50 millions de dollars au projet KIRA approuvé en février 2017, qui s’ajoutent aux 25 millions de dollars alloués au programme de soins maternels gratuits au cours des cinq dernières années. Le Burundi participe aussi à deux projets régionaux visant à améliorer et développer les capacités des laboratoires médicaux, la santé maternelle et la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre. Ces programmes sont complétés par un projet pilote de 2,7 millions de dollars destiné à financer le Projet d’amélioration de la nutrition maternelle et infantile dans les provinces de Rutana et Makamba et dont la mise en œuvre est assurée par World Vision.

    ·       Protection sociale. En 2017, l’IDA a alloué 40 millions de dollars au Burundi pour l’aider à mettre en place un système national de protection sociale et de transferts monétaires à travers le Projet d’appui aux filets sociaux ‘’Merankabandi’’, dont bénéficient 49 000 ménages dans quatre provinces.

    ·       Education. En mai 2018, l’IDA a alloué 40 millions de dollars au Projet d’appui à l’amélioration des apprentissages en début de scolarité (PAADESCO-SHISHIKARA). Son objectif est de réformer l’ensemble du système éducatif pour améliorer le taux d’achèvement scolaire et la qualité de l’éducation avec la création d'un cycle d'enseignement fondamental de 9 ans.

    Dernière mise à jour: 13 avr. 2019

  • Si la Banque mondiale a suspendu ses opérations d’appui budgétaire et le Fonds monétaire international (FMI) son programme économique et financier, les deux institutions internationales collaborent étroitement pour évaluer l’impact macro-économique de la crise actuelle.

    La Banque mondiale et les agences des Nations Unies cherchent à promouvoir des approches conjointes d’aide humanitaire et au développement, y compris au niveau régional.

    La Banque mondiale collabore également avec des organisations non gouvernementales spécialisées et d’autres acteurs du développement pour concevoir et soutenir des programmes d’investissement dans la santé, l’agriculture, le développement rural, la protection sociale et l’énergie.

    Dernière mise à jour: 13 avr. 2019

Api


FINANCEMENTS

Burundi: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

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31 oct. 2017

Doing Business au Burundi (a)

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