Burundi - Vue d'ensemble

  • État enclavé d’Afrique centrale, le Burundi est un des pays les plus densement peuplés du continent avec 470 habitants au km². Son économie, largement tributaire de l’agriculture, emploie 80 % de la population, même si les terres arables sont rares. La pauvreté est surtout rurale et touche principalement les petits agriculteurs.

    Situation politique

    Pierre Nkurunziza est à la tête du pays depuis 2005. Après l’organisation d’un référendum, le pays s’est doté d’une nouvelle constitution en juin 2018 inspirée de l’Accord d’Arusha de 2000 pour la paix et la réconciliation au Burundi. Elle instaure, entre autres, un mandat présidentiel de sept ans à partir des prochaines élections générales prévues en mai 2020. Le président sortant a annoncé ne pas y être candidat.

    Le pays dispose également d’une Assemblée nationale et d’un Sénat dont les membres seront élus pour cinq ans. Les élections législatives et communales se tiendront à la même date tandis celles du Senat auront lieu en juillet 2020.

    Situation économique

    • L’économie se redresse lentement, avec une croissance qui devrait atteindre 1,6 % en 2018 contre 0,5 % en 2017, après deux années consécutives de récession en 2015 (-3,9 %) et 2016 (-0,6 %).
    • Une reprise fragile qui reste en dessous des 4,2 % enregistrés de 2004 à 2014 et exposée à de nombreux défis : un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales, la vulnérabilité du secteur financier, l’accroissement des déficits fiscal et courant.
    • Après avoir grimpé à 16,1 % en 2017, l’inflation a fortement baissé pour atteindre -2,6 % (déflation) en 2018. La déflation s’est maintenue en 2019 pour s’établir à -4,2 % en août 2019. Elle s’explique par une bonne saison agricole qui a fait baisser les prix des denrées alimentaires. Cependant, cette déflation persistante pourrait aussi refléter une demande plus faible.
    • Les comptes extérieurs restent vulnérables, avec une très forte augmentation du déficit du compte courant, estimé à 14,3 % du PIB en 2018 contre 11,3 % en 2017.  Cette détérioration est liée à l’aggravation du déficit commercial, combinée à la diminution des transferts d’aide internationale aux ONG.
    • Les tensions sur le marché des changes ont perduré avec une baisse plus prononcée des réserves de change et des répercussions négatives sur les importations. Les réserves internationales ne couvraient que 0,9 mois d'importations en Juin 2019. La prime du marché parallèle des changes est toujours élevée, à 70 % en juillet 2019. La solidité du secteur bancaire s'est améliorée avec des ratios de capitalisation et de liquidité au-dessus des normes réglementaires et des indicateurs de rentabilité en augmentation. Cependant, la qualité du portefeuille des banques reste préoccupante, le niveau des prêts non performants atteignant 9 % en mai 2019.

    Situation sociale et enjeux de développement

    La majeure partie de la population burundaise vit dans la pauvreté, surtout en milieu rural. Le niveau d’insécurité alimentaire est presque deux fois plus élevé que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, avec environ 1,77 million de personnes qui auront besoin d’une aide humanitaire en 2019 selon le plan de réponse humanitaire (HRP), qui se chiffrerait à 106 millions de dollars.

    Les aléas climatiques et la résurgence d’épidémies viennent souvent aggraver cette situation.

    Par ailleurs, l’agriculture qui est le principal pourvoyeur d’emploi (près de 80 % de la population) ne rapporte pas suffisamment de revenus et contribue à seulement 40 % du PIB. L’accès à l’eau et à l’assainissement demeure très faible et moins de 5 % de la population a accès à l’électricité (dont 52,1 % des ménages urbains et 2 % des ménages ruraux).

    Le pays a fait des progrès pour ralentir sa croissance démographique, avec un taux de fécondité qui a baissé de 6,4 à 5,5 enfants par femme en moyenne entre 2010 et 2017.

    En raison de sa proximité avec la République démocratique du Congo, le pays est également exposé à l’épidémie d’Ebola qui y sévit depuis juin 2018 et a pris des mesures de prévention et de lutte contre la maladie, avec l’appui de la Banque mondiale, en installant des centres de dépistage et de traitement près des frontières.

    Dernière mise à jour: 11 nov. 2019

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Burundi

    La Banque mondiale soutient les efforts de développement du Burundi depuis 1957.

    • Son action repose sur un cadre de partenariat avec le Burundi (CPF) pour la période 2019 à 2023 qui vise à relancer la croissance économique afin de réduire de moitié le taux de pauvreté, en améliorant le capital humain (santé maternelle et infantile, éducation, emploi etc.) et en favorisant l’inclusion sociale.
    • Elle finance actuellement 10 projets nationaux et quatre projets régionaux à hauteur de 713, 45 millions de dollars par le biais de dons de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres. Ces projets interviennent dans de nombreux domaines.
    • La Société financière internationale (IFC), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, s’attache également à identifier des opportunités économiques pour les investisseurs privés.

    Dernière mise à jour: 11 nov. 2019

  • Voici quelques-uns des progrès des projets financés par la Banque mondiale :

    Agriculture et développement rural

     Grâce au Projet de développement des marchés et de la productivité du secteur agropastoral (PRODEMA) :

    • 22 842 ménages agricoles ont reçu un soutien pour améliorer leur rendement ;
    • 914 ha de marais ont bénéficié de travaux pour réhabiliter et aménager des systèmes d’irrigation ; 
    • 81 175 km de pistes ont été réhabilités pour faciliter l’accès aux marais.

    Grâce au Projet pour la compétitivité du secteur café  :

    • 144 939 producteurs de café ont reçu du matériel agricole et des intrants ;
    • 6,5 millions de plants de caféiers ont été replantés et 13,9 millions de vieux caféiers recépés.

    Le Projet régionale de développement agricole intégré dans la région des Grands Lacs :

    • bénéficie directement à 129 000 personnes (dont près de 50 % de femmes) et indirectement à 645 000 personnes  ;
    • a distribué des intrants agricoles à 16 928 agriculteurs (dont 8 665 femmes) pour la culture du maïs et du riz
    • a appuyé la scolarisation de 3 110 enfants de la communauté Batwa ;
    • a soutenu la lutte contre la peste des petits ruminants (PPR) en vaccinant plus de 5,9 millions d’ovins et de caprins et en venant en aide aux 4 137 ménages touchés par cette épizootie.

    Gestion et gouvernance du secteur public

    Projet de renforcement des capacités institutionnelles pour l’efficacité gouvernementale (PRCIEG) :

    • assiste techniquement les ministères des Finances et des Mines et l’administration fiscale
    • a réalisé une revue des dépenses publiques pour évaluer l’impact des déséquilibres macroéconomiques sur les dépenses du secteur public, la gestion budgétaire et la fourniture de services publics dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

    Environnement

    Le Projet d’aménagement durable des zones de caféiculture, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et la Banque mondiale a permis de :

    • définir un plan de gestion des aires protégées ;
    • lancer des campagnes de sensibilisation ;
    • promouvoir le recours à des moyens de subsistance durables ;
    • limiter l’érosion.  

    Développement local et emploi.

    Le Projet de développement local en faveur de l’emploi (PDLE) , qui vise à favoriser la création d’emplois à court et à moyen terme, en particulier en milieu urbain a :

    • fourni un emploi temporaire à 145 890 personnes ;
    • construit six marchés ;
    • appuyé quatre communes dans l’élaboration de leur plan de développement.

    Capital humain

    Grâce au Projet d’appui au système de santé (KIRA) qui vise à financer la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes :

    • le taux d’accouchements assistés par du personnel médical qualifié dans les établissements sanitaires a augmenté de 60 % à 75 % entre 2010 et 2018 ;
    • la qualité des soins s’est améliorée dans les centres de santé (avec une note de qualité qui a augmenté de 60 à 67 % entre 2010 et 2018) et dans les hôpitaux de districts ( avec une augmentation de 75 à 81 %) ;
    • 701 établissements sanitaires, 644 centres de santé et 57 hôpitaux (publics, privés et confessionnels) ont bénéficié directement de transferts financiers.

    Le Projet d’Urgence relatif aux Violences sexuelles et basées sur le genre et la santé des femmes dans la Région des Grands-Lacs a permis de :

    • former 500 réseaux collinaires et 74 réseaux communaux de sensibilisation à la lutte contre les violences basées sur le genre ;
    • créer 881 centres de solidarité pour accueillir les femmes survivantes ou vulnérables ;
    • mettre au point un système d’alerte rapide et une Base de données genre nationale (BDGN).

    Le Projet pour l’amélioration de la nutrition chez la mère et l’enfant dans les provinces de Rutana et Makamba a permis de :

    • former et sensibiliser 30 506 femmes enceintes et allaitantes ayant des enfants de 0 à23 mois et de leur fournir des semences de cultures à haute qualité nutritive telles que le haricot bio fortifié et la patate douce à chaire orange pour lutter contre la malnutrition chronique ;
    • dépister et suivre mensuellement 88 263 enfants de moins de deux ans en situation de carence alimentaire à l’aide ;
    • former 1 282 agents de santé communautaire et Maman lumières aux questions de nutrition et de sécurité alimentaire ;

    Le Projet régional de mise en réseau des laboratoires de santé publique en Afrique de l’Est a permis :

    • d’améliorer la qualité des  analyses, 90 % des laboratoires ayant obtenu un label 3 étoiles ;
    • d’augmenter le nombre de patients avec un taux de satisfaction de plus de 80% ;
    • de renforcer les capacités et sensibiliser la communauté, notamment avec la mise en place du centre de traitement Ebola (CTE) provisoire et la création d’un laboratoire ambulant.

    Le Projet d’appui aux filets sociaux « Merankabandi »   :

    • transfère régulièrement une allocation inconditionnelle à 250 040 bénéficiaires des ménages les plus pauvres des zones touchées par la malnutrition chronique pour les aider à subvenir à leurs besoins ;

    Avec l’appui d’autres partenaires, comme le PAM, l’UNICEF, Columbia university, le Centre international d’études pédagogiques de Paris, le Projet d’appui à l’amélioration des apprentissages en début de scolarité a permis de :

    • fournir un repas chaud à 70 000 enfants dans 97 cantines scolaires du pays ;
    • former 14 866 enseignants et responsables pédagogiques provenant de plus de 4 000 écoles fondamentales ;
    • distribuer un kit scolaire à 386 000 élèves des six provinces les plus vulnérables ;

    Dernière mise à jour: 11 nov. 2019

  • Afin d’harmoniser le soutien au développement dans le pays, la Banque mondiale collabore avec le Fonds monétaire international, les différentes agences des Nations Unies, l’Union européenne et la Banque africaine de développement.

    Elle travaille également avec de nombreuses organisations non gouvernementales nationales et internationales et d’autres acteurs du développement pour concevoir et soutenir des programmes d’investissement dans la santé (CORDAID, PATHFINDER, HEALTHNET TPO, World Vision), l’agriculture (IITA, IRRI, ILRI), le développement rural (TWITEZIMBERE, COPED), la protection sociale et la création d’emplois (CARITAS Belgique et Burundi, ABUTIP).

    Dernière mise à jour: 11 nov. 2019

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FINANCEMENTS

Burundi: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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