Burkina Faso Vue d'ensemble

  • Le Burkina Faso est un pays enclavé d’Afrique subsaharienne, à faible revenu et aux ressources naturelles limitées. Sa population, qui croît au rythme annuel moyen de 3,1 %, était estimée à près de 1 8,6 millions en 2016. L’économie est fortement dominée par l’agriculture qui emploie près de 80 % de la population active. Le coton est la culture de rente la plus importante, même si les exportations aurifères ont pris de l’importance ces dernières années.

    Situation politique

    À l’instar des autres pays de la sous-région, le Burkina Faso, connaît un contexte sécuritaire de plus en plus difficile. Longtemps préservé, le pays est entré dans un cycle d’attaques terroristes de plus en plus fréquentes. En décembre 2018, l’état d’urgence a été décrété dans plusieurs provinces tandis qu’en janvier 2019 les ministres de la défense et de la sécurité ont été remplacés à la suite d’un remaniement ministériel. Depuis février 2018, le président de la République, Roch KABORE, assure la présidence tournante du G5 Sahel.

    Pour accompagner les efforts de ces pays et les aider à stabiliser la région, l’Union européenne, la France et l’Allemagne, le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale ont fondé l’Alliance Sahel en juillet 2017. L’Espagne, l’Italie et le Royaume uni se sont joints à l’Alliance.

    Dans le cadre de la mutualisation des forces et la lutte contre le terrorisme, le Burkina Faso a abrité du 18 février au 1ermars 2019, l’opération Flintlock 2019, un exercice militaire multinational à laquelle ont participé plus de 2000 militaires venant de plus de 30 pays partenaires africains et occidentaux.

    L’économie en bref

    La croissance économique est restée solide à 6 % en 2018 malgré un contexte national sécuritaire difficile et une hausse des prix internationaux du pétrole. L’activité a été tirée par les services, notamment les télécommunications, les services financiers et l’organisation d’évènements internationaux comme le SIAO et le Tour du Faso. Le maintien du dynamisme du secteur minier et le rebond de la production agricole ont également soutenu la croissance économique. Le taux d’inflation était estimé à 2 % en 2018 contre 0,4 % en 2017. Cette hausse étant principalement due à l’augmentation des prix des boissons alcoolisées, du logement et des hydrocarbures.

    Le déficit public s’est réduit de plus de 3 points de pourcentage du PIB entre 2017 et 2018, et devrait atteindre 4,7 % du PIB en 2018 contre 7,8 % en 2017. Les grèves prolongées dans la fonction publique, y compris au ministère de l’économie ont négativement affecté la collecte des impôts et taxes. Mais une plus forte mobilisation des dons extérieurs (4,1 % du PIB) a permis d’atténuer l’effet négatif des mouvements sociaux sur les recettes publiques. 

    Le déficit du compte courant s’est réduit à 8,1 % du PIB en 2018, contre 9,7 % en 2017. Cette baisse s’expliquant par une légère réduction du déficit de la balance commerciale en pourcentage du PIB, engendrée par les effets de l’ajustement budgétaire sur les importations. De même, une hausse des transferts courants officiels a permis de réduire le déficit du compte courant.

    Les perspectives économiques demeurent favorables à moyen terme, avec une croissance du PIB qui devrait se stabiliser autour de 6 % sur la période 2019-21. L’économie devrait être soutenue par les services, les mines et l’agriculture. L’inflation devrait se maintenir en dessous de 3 % conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaines (UEMOA).

    Le déficit du compte courant devrait se maintenir autour de 7,5 % du PIB sur la période 2019-21, car la hausse des exportations devrait permettre de réduire le déficit commercial. Le déficit budgétaire (dons compris) devrait converger à 3 % du PIB et se maintenir à ce taux à moyen terme, conformément à la limite du déficit public défini par l’UEMOA.

    Ces perspectives sont toutefois sujettes à des risques internes et externes importants. Sur le plan extérieur, le pays est vulnérable aux fluctuations des cours de l’or et du coton, et à la hausse des prix internationaux du pétrole. Sur le plan intérieur, la menace terroriste et les mouvements sociaux, y compris les grèves dans la fonction publique peuvent avoir des impacts négatifs sur les investissements et la croissance économique.

    Développement humain

    Malgré une amélioration sensible ces dernières années, les indicateurs de santé maternelle et infantile n’ont toujours pas atteint les taux fixés par les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU et le Plan national de développement économique et social (PNDES). En outre, le pays se situe au 144e rang sur 157 pays dans le nouvel indice de capital humain établi par la Banque mondiale.

    Entre 1998 et 2016, le taux de mortalité maternelle a baissé de 484 pour 100 000 naissances vivantes à 341, tandis que le taux de recours à la contraception moderne a atteint 24 % en 2017, un progrès par rapport aux 15 % de 2010, avec un taux de fécondité de 5,4 enfants par femme, soit environ une demi-grossesse de moins par rapport à 2010. Par ailleurs, le pourcentage d’accouchements assistés a progressé de 66 % en 2010 à 80 % en 2015.

    La mortalité infantile chez les enfants de moins de cinq ans a également diminué de 66 ‰ à 51‰ entre 2010 et 2017, ainsi que la mortalité néonatale qui est passée 31‰ en 2010 à 25 ‰ en 2017. Globalement, ceci donne une mortalité infanto-juvénile qui a baissé de 116‰ en 2010 à 81‰ en 2017.

    Malgré une tendance à la baisse, la malnutrition demeure endémique avec une prévalence de la malnutrition aiguë de 7,6 % en 2016, contre 15% en 2010 et des retards de croissance de 27 % (contre 35% en 2010).

    En 2016, l'espérance de vie à la naissance était de 60 ans.

    Ces dernières années, le Burkina Faso a réalisé des progrès significatifs en matière d’éducation. Au niveau préscolaire, le taux brut de scolarisation (TBS) est passé de 3 à 4 % entre 2011 et 2017.

    En analysant ces statistiques par sexe, on constate que les filles et les garçons ont accès à l'enseignement primaire et achèvent leurs études primaires presque dans les mêmes proportions, avec un taux brut d'admission au primaire : de 100,6 % pour les filles et de 104,5 % pour les garçons. Et un taux d'achèvement du primaire de 64,3 % pour les filles, contre 56,6 % pour les garçons.

    En 2014, le taux d'alphabétisation des adultes était estimé à 34,5 %, le groupe d'âge des 15 à 24 ans atteignant la moitié du niveau de réalisation soit 50 %.

    En 2017, on ne recensait que 554 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur pour 100 000 habitants. Avec seulement 35 410 filles sur un total de 105 404 étudiants (soit 34%).

    Enfin, l'insécurité accrue et le terrorisme dans certaines régions du pays ont eu une incidence négative sur le secteur de l'éducation. Au 15 janvier 2019, environ 1 035 écoles primaires, post-primaires et secondaires étaient fermées dans ces régions, ce qui représente environ 141 000 enfants privés d'éducation. Pour faire face à ce déplacement d’élèves, le gouvernement a élaboré une stratégie pour l’éducation des élèves des zones à forts défis sécuritaire.

    Défis du développement

    Le Burkina reste vulnérable aux chocs climatiques liés aux variations pluviométriques, et à la volatilité des cours mondiaux de ses produits d’exportation.

    Son développement économique et social dépendra en partie de la stabilité politique du pays et de la sous-région, de son ouverture au commerce international et de la diversification de ses exportations. D’où la nécessité de créer de l’espace budgétaire pour accélérer les investissements en infrastructure et en capital humain en vue d’accroître la productivité et la compétitivité de l’économie.

    Dernière mise à jour: 11 mars 2019

  • Le Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020) du pays se chiffre à environ 26,3 milliards de dollars. 

    Pour l’accompagner, le Groupe de la Banque mondiale a adopté en juillet 2018 son Cadre de partenariat (CPF) avec le Burkina Faso pour la période 2018-2023. Aligné sur les objectifs du PNDES, ce cadre guidera le soutien du Groupe de la Banque mondiale au cours des cinq prochaines années.

    Le portefeuille actuel de la Banque mondiale au Burkina Faso comprend une trentaine de projets dont 7 régionaux représentant un engagement total 2,3 milliards de dollars au 31 janvier 2019.

    Société financière internationale (IFC)

    La Stratégie d’IFC, filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au développement du secteur privé, repose sur deux piliers :

    • l’appui au gouvernement pour améliorer le climat des affaires et dynamiser les investissements privés, y compris dans le domaine de la santé ;
    • les financements directs pour accompagner le développement des PME, principalement dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, des services, de l’énergie et des établissements financiers.

    Dernière mise à jour: 11 mars 2019

  • Secteur de l’eau et de l’assainissement

    Le Burkina Faso a obtenu des résultats remarquables dans le secteur de l’eau et de l’assainissement que la Banque mondiale accompagne depuis plus de 15 ans. 

    Le Projet sectoriel eau en milieu urbain (PSEU : 2009–2018).  En décembre 2016, environ 610 000 personnes avaient accès à l’eau courante grâce aux branchements domestiques et aux bornes-fontaines ; près de 440 000 personnes avaient accès à de meilleurs services d’assainissement et quelque 120 000 élèves profitaient de meilleures installations sanitaires à l’école, avec un impact positif sur leur santé et leur taux d’assiduité scolaire.

    Tous les efforts réalisés dans ce secteur bénéficient directement à plus de 1,7 million de personnes. En juin 2018, la Banque mondiale a approuvé un financement d’une ampleur sans précédent de 300 millions de dollars qui devrait permettre d’améliorer l’accès, la pérennité et l’efficacité des services d’eau et d’assainissement en milieu urbain et rural et bénéficier, à terme, à 2,4 millions de personnes.

    Le Programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP)

    Ce projet a permis d’augmenter les revenus de ses bénéficiaires et promouvoir les exportations agricoles. Il a profité directement à quelque 385 000 personnes, dont 30 % de femmes ; près de 66 % de ses bénéficiaires ont vu leurs revenus augmenter d’au moins 50 %. Les exportations agricoles ont atteint 275 000 tonnes (soit un résultat supérieur à l’objectif initial de 106 500 tonnes) sur les marchés internationaux et à 206 000 tonnes (contre 96 000 tonnes prévues) sur les marchés régionaux.

    Dernière mise à jour: 11 mars 2019

  • Le gouvernement coordonne l’action des bailleurs de fonds (dont la Banque mondiale, l’Agence françaises de développement, les Nations Unies et l’Union européenne) et a créé des Cadres sectoriels de dialogue (CSD). Le Plan d’action national pour l’efficacité de la coopération au développement a remplacé le Plan national pour l’efficacité de l’aide.

    Dernière mise à jour: 11 mars 2019

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FINANCEMENTS

Burkina Faso: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA



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