Vue d'ensemble

  • Le développement social se concentre sur la nécessité de placer les populations au premier plan des processus de développement. La pauvreté n’est pas seulement une question de revenus : elle est aussi synonyme de vulnérabilité, d’exclusion, d’irresponsabilité des institutions, d’absence de pouvoir et d’exposition à la violence. Le développement social favorise l’inclusion sociale des personnes pauvres et vulnérables en leur donnant les moyens d’agir, en bâtissant des sociétés unies et résilientes et en permettant aux citoyens d’accéder à des institutions qui leur rendent des comptes.

    En associant les gouvernements, les populations locales, la société civile, le secteur privé et les populations marginalisées (notamment les personnes handicapées et les peuples autochtones), le développement social transforme les relations complexes entre la société et l’État en interventions concrètes. Les données empiriques et l’expérience sur le terrain montrent qu’il est propice à la croissance économique et qu’il améliore les interventions et la qualité de vie.

    Dernière mise à jour: sept. 21, 2017

  • Les travaux de la Banque mondiale sur le développement social intègrent la voix des pauvres et des populations vulnérables dans les processus de développement par des contributions à l’élaboration de politiques et de programmes sur la base de données factuelles :

    • en analysant les risques sociaux de manière opportune, notamment en termes d’impact sur les conditions de vie et la pauvreté ;
    • en amplifiant les effets positifs, en limitant les effets négatifs et en gérant les risques sociaux et politiques, notamment en veillant au respect des politiques de sauvegarde sociale de la Banque mondiale concernant les peuples autochtones et les réinstallations forcées ;
    • en approfondissant la connaissance des problèmes et des besoins des populations autochtones, en particulier les relations entre leur résilience culturelle et collective et leurs terres, territoires et ressources naturelles ;
    • en intégrant dans les analyses et opérations les dimensions liées à la fragilité et aux conflits, et en se plaçant dans une perspective de prévention dans les environnements où les niveaux de violence interpersonnelle mettent en péril le développement ;
    • en renforçant la résilience des communautés et des institutions confrontées à des chocs d’origine naturelle ou humaine, et aux changements climatiques ;
    • en encourageant des programmes d’autonomisation socio-économique différenciés selon le sexe pour les jeunes et les groupes défavorisés ;
    • en veillant à ce que les projets financés par la Banque mondiale prennent en compte les personnes handicapées et intègrent l’inclusion du handicap en contribuant à la production de données probantes ;
    • en intégrant les dimensions liées à l’égalité hommes-femmes et en veillant à ce que les opérations en tiennent compte ;
    • en recueillant de nouvelles données relatives à l’exclusion fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ;
    • en associant et en rapprochant les citoyens de leurs représentants politiques, et en encourageant les administrations publiques à rendre des comptes ;
    • en transférant aux populations locales (en milieu rural comme en milieu urbain) le contrôle des décisions de développement et des ressources afin d’améliorer la prestation des services essentiels via le développement piloté par la communauté.

    Initiatives récentes

    Le 4 août 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé l’adoption d’un nouveau Cadre environnemental et social qui élargit les mesures de protection des populations et de l’environnement dans les projets d’investissement financés par l’institution.

    La révision de ses politiques de sauvegarde a donné lieu au plus vaste processus de consultation jamais entrepris par la Banque. Ces travaux sont l’aboutissement de près de quatre années de réflexion et de collaboration avec des gouvernements, des experts du développement et des organisations de la société civile, et ont permis de consulter quelque 8 000 parties prenantes dans 63 pays.

    Pour le Groupe de la Banque mondiale, le nouveau cadre s’inscrit plus largement dans une action d’envergure qui vise à rationaliser ses activités et améliorer l’impact des projets de développement.

    Le nouveau cadre renforce l’harmonisation des mesures de protection environnementale et sociale de la Banque mondiale avec celles des autres institutions de développement, et marque des avancées importantes dans des domaines tels que la transparence, la non-discrimination, l’inclusion sociale, la participation du public et la responsabilisation, en renforçant notamment les mécanismes de règlement des plaintes.

    La Banque mondiale s’est engagée dans une phase intensive de préparation et de formation dans la perspective de la mise en œuvre du nouveau cadre, dont l’entrée en vigueur est prévue au début de l’année 2018. 

    Dernière mise à jour: sept. 21, 2017

  • Voici quelques exemples de résultats obtenus grâce aux projets récents de la Banque mondiale consacrés au développement social :

    • En Azerbaïdjan, le deuxième Projet d’investissement rural (a) appuie la rénovation des infrastructures essentielles et le financement d’activités procurant des moyens de subsistance, avec plus de 1 200 sous-projets et six initiatives pilotes achevés en mars 2016. À la suite de la remise en état des routes rurales, le temps de trajet jusqu’aux établissements scolaires et aux marchés a été réduit de respectivement 47 % et 26 %, et le taux de scolarisation dans les écoles primaires a augmenté de 25 % après la remise en état des écoles.
    • En Égypte, le Projet de réhabilitation du terminal 2 de l’aéroport du Caire (a) a notamment permis d’examiner les aménagements de l’aéroport et de financer la modernisation de ses installations afin de rendre le nouvel aéroport accessible aux personnes handicapées.
    • En Iraq, le Projet d’urgence contre le handicap (a) a amélioré l’accès aux installations et aux services prothétiques pour les personnes handicapées.
    • Au Laos, la deuxième phase du Fonds pour la réduction de la pauvreté (a) a ciblé les populations pauvres, en particulier les peuples autochtones, qui constituent 75 % des bénéficiaires du programme. Ce fonds a aidé quelque 650 000 personnes vivant en zone rurale, soit environ 10 % de la population du pays, par le biais de plus de 1 900 sous-projets. Ces derniers visaient à faciliter l’accès à l’infrastructure, ainsi qu’à améliorer l’assainissement et l’apport alimentaire. Selon une évaluation d’impact du projet, l’accès à l’eau s’est accru de 58 % et le temps de trajet jusqu’au village le plus proche a diminué de 114 minutes durant la saison sèche et de 73 minutes durant la saison des pluies. La troisième phase du projet a été approuvée en mai 2016.
    • Au Myanmar, le Projet national de développement piloté par les communautés (a) constitue la première opération menée par la Banque mondiale depuis son retour dans ce pays en 2012. À ce jour, ce projet compte plus de cinq millions de bénéficiaires, avec plus de 14 000 sous-projets achevés dans 47 townships. Les populations locales ont bâti ou remis en état plus de 1 500 écoles, construit plus de 2 500 km de chemins et de routes, et créé plus de 1,2 million de personnes-jour d’emplois rémunérés. Il est prévu d’étendre ce projet à un total de 63 townships, couvrant 11 000 villages et 7 millions de personnes.
    • Au Nicaragua, le Projet d’administration des terres (a) a nettement accéléré les formalités d’enregistrement et abaissé les coûts de transaction. Les conditions, notamment juridiques, ont été renforcées grâce à l’élaboration d’un Cadre national de politique foncière et le vote de trois lois fondamentales, dont l’une confère aux peuples autochtones pauvres et marginalisés des titres de propriété collectifs sur 15 territoires ancestraux, qui couvrent plus de 22 000 km² (soit près de 19 % du pays).
    • Le Projet pour des municipalités plus sûres au Honduras (a) est la première opération de la Banque mondiale portant exclusivement sur la prévention des violences interpersonnelles. Des données qualitatives montrent que le projet a permis de développer des réseaux sociaux solides dans neuf communautés très instables et violentes et de réduire très fortement les homicides et incidents violents. Dans les trois quartiers ciblés à Choloma, par exemple, le nombre d’homicides a chuté de 40 à 1 entre 2014 et 2016.
    • Au Nigéria, le Projet de développement communautaire et social (CSDP) (a) appuie plus de 350 000 microprogrammes gérés par la population locale, avec des répercussions bénéfiques sur plus de 2,5 millions de personnes, dans 28 États. Selon une évaluation d’impact, il a fait diminuer la mortalité maternelle et infantile, amélioré le taux de scolarisation et de fréquentation de l’école, réduit les distances, coûts et délais pour l’accès à l’eau, aux services de santé et à l’électricité, et augmenté le revenu issu de l’agriculture. Devant ces résultats, plusieurs États et autorités locales ont adopté ce modèle de développement communautaire et alloué un budget plus important à ces activités. La Banque mondiale a approuvé un prêt supplémentaire de 75 millions de dollars afin d’élargir la protection sociale et les services destinés aux localités touchées par la guerre civile dans le nord-est du Nigéria (et tout particulièrement aux personnes déplacées à l’intérieur du pays).
    • Au Népal, le deuxième Fonds de lutte contre la pauvreté (a), doté de 245 millions de dollars, a aidé directement 716 385 ménages et, via des projets d’infrastructure, indirectement 50 663 autres, dont environ 64 % vivent dans l’extrême pauvreté. L’évaluation d’impact fait apparaître une hausse de 22 % de la consommation réelle par habitant sur les trois premières années. Elle révèle également une réduction annuelle de 19 % de l’incidence de l’insécurité alimentaire et une hausse de 17 % du taux de scolarisation des 6-15 ans. Ce programme a été repensé pour faire face aux besoins des habitants des 14 districts touchés par le séisme survenu en avril/mai 2015.
    • Aux îles Salomon, le Projet d’accès rapide à l’emploi (a) a généré plus de 664 000 journées de travail, procuré un emploi de courte durée à plus de 12 400 personnes vivant dans la capitale, Honiara, et transféré au total 2,83 millions de dollars sous forme de salaires. Ce projet, auquel participent 58 % de femmes et 53 % de jeunes, aide les plus vulnérables. Il a amélioré la situation financière des ménages, et 11 % des personnes interrogées (dont trois quarts de femmes) indiquent avoir investi dans des activités commerciales tout ou partie du revenu perçu au titre du projet.
    • Lancé conjointement avec l’Organisation des Nations Unies, le projet pilote portant sur un mécanisme de financement spécial pour le développement local en Somalie (a) vise à renforcer les systèmes d’administration publique, ainsi qu’à améliorer leur visibilité et leur légitimité, par la mise en place d’une infrastructure et de services de base. Il apporte un appui au ministère des Finances pour les marchés publics et la gestion des dons en capital de faible montant alloués à des projets identifiés par des communautés ou par les nouveaux États fédérés, et renforce l’architecture financière d’un pays sortant de 20 années de guerre civile.
    • En Ouganda, un projet de 40 millions de dollars s’attache à soutenir des interventions communautaires pour promouvoir la prévention des violences de genre et à renforcer des secteurs essentiels pour améliorer la qualité de la prise en charge des victimes.
    • Au Viet Nam, un programme de 300 millions de dollars conditionné aux résultats et destiné à développer l’adduction d’eau et l’assainissement dans les zones rurales (a) a intégré des lignes directrices et des indicateurs visant à s’assurer que le projet bénéficie à parts égales aux minorités ethniques dans 21 provinces. 

    Les activités de la Banque mondiale relatives au développement social prennent également la forme de travaux analytiques qui s’intéressent aux grands enjeux de la viabilité sociale. Voici quelques programmes et analyses récents :

    • Le rapport Inclusion Matters: The Foundation for Shared Prosperity (a) est à ce jour l’un des examens de l’inclusion sociale les plus complets. Il donne aux pouvoirs publics, aux universitaires, aux défenseurs des droits et aux partenaires de développement un cadre de référence pour mieux comprendre ce sujet et permettre des avancées dans ce domaine. En Inde, une plateforme sur l’inclusion sociale et le genre applique les recommandations de ce rapport.
    • Un autre rapport, Indigenous Latin America in the Twenty-First Century (a), apporte un éclairage nouveau sur la situation des populations autochtones en Amérique latine. Il conclut que, malgré des progrès importants, celles-ci sont encore les plus touchées par la pauvreté et restent économiquement et socialement exclues.
    • Opening the Black Box: The Contextual Drivers of Social Accountability (a) donne des orientations pour promouvoir stratégiquement la participation citoyenne dans un pays et pour aborder une question ou un problème spécifique dans un contexte national difficile.
    • L’étude Being Fair, Faring Better: Promoting Equality of Opportunity for Marginalized Roma (a) est axée sur les pays d’Europe centrale et de l’Est membres de l’Union européenne qui comptent une importante population rom. Elle observe que les inégalités entre les Roms et le reste de la population sont flagrantes, qu’elles se manifestent généralement dès le plus jeune âge et qu’elles sont souvent associées à un environnement familial défavorisé.
    • En Afrique centrale, la Banque mondiale collabore avec le Réseau des populations autochtones et locales pour la gestion des écosystèmes forestiers d'Afrique centrale (REPALEAC) afin de renforcer les capacités de coopération avec les organismes gouvernementaux, les donateurs et les ONG.
    • Produit conjointement par la Banque mondiale et l’ONU, Securing Development: Public Finance and the Security Sector est un guide d’information qui fournit aux États un cadre d’analyse de la planification budgétaire, de la gestion des finances publiques et de la responsabilité et surveillance financière dans le secteur de la sécurité.
    • Une étude conjointe de la Banque mondiale et du PNUD intitulée Investing in a Research Revolution for LGBTI Inclusion (a) met en évidence les priorités de recherche sur la situation des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (LGBTI), et propose des recommandations d’investissement pour la production de données dans ce domaine.
    • La Banque mondiale soutient plusieurs programmes et interventions qui facilitent la pleine intégration des personnes handicapées, notamment en encourageant l’éducation inclusive, l’accessibilité et la réadaptation, en développant les compétences, en créant des opportunités économiques et en influant sur les politiques publiques et sur le renforcement des institutions. Elle définit actuellement un nouveau cadre de prise en compte du handicap et de responsabilisation, afin d’inclure le handicap dans l’ensemble de ses projets et pratiques.

    Les travaux d’analyse sociale effectués par la Banque mondiale ont été utilisés pour l’élaboration des diagnostics qui servent de base au programme d’action pluriannuel de la Banque dans un pays.

    Dernière mise à jour: sept. 21, 2017

    • Au Burundi, le Projet d’urgence de démobilisation et de réintégration transitoire a mis fortement l’accent sur l’inclusion sociale, en particulier en aidant les ex-combattants souffrant de déficiences mentales ou physiques (interventions chirurgicales, physiothérapie, prothèses, etc.) et en proposant un logement aux personnes gravement handicapées. Pour faciliter l’inclusion sociale des ex-combattants, le projet comprenait également des activités d’atténuation des conflits.

    • En Inde, le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural au Rajasthan (a) et le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural dans le Nord-Est (a) ont élargi les perspectives économiques des populations rurales et des groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes souffrant de handicap physique, par le biais de groupes d’entraide. Une initiative de formation à l’éducation inclusive à l’intention des enseignants a porté sur l’inclusion des enfants souffrant de handicap (y compris de troubles de l’apprentissage), tandis que le Projet d’autonomisation et de réduction de la pauvreté au Tamil Nadu (a) a permis de fournir des services d’assistance aux personnes atteintes de déficiences intellectuelles et de troubles du développement.

    • Au Maroc, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a été lancée en 2005 pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres et vulnérables, en leur assurant de meilleures possibilités de développement économique, un accès plus facile à des services sociaux et essentiels et une gouvernance améliorée. La couverture démographique et géographique de la phase 2 de l’INDH (2011-2015) a été élargie, passant de 667 à 1 234 localités, et son budget initial de 1,2 milliard de dollars a été porté à 2,1 milliards en l’espace de cinq ans. La Banque mondiale a appuyé la seconde phase de l’INDH dans le cadre de sa première opération de « prêt-programme pour les résultats », en mettant l’accent sur l’élargissement et la plus grande qualité des prestations de services ; le renforcement d’une gouvernance locale participative et de la responsabilité sociale ; une plus grande inclusion économique ; et un appui au développement des capacités et des systèmes.

    • Au Nicaragua, le deuxième Projet d’appui au secteur de l’éducation (a) a été conçu pour favoriser l’accès à l’école primaire des communautés rurales et autochtones. Il vise à augmenter les taux de rétention scolaire, à améliorer les infrastructures et les services pour les personnes déplacées et à créer du capital social pour renforcer la confiance. Cette opération s’attache depuis longtemps à intégrer l’inclusion sociale dans le programme de développement.

    • Aux Philippines, le Projet de développement communautaire national (a) effectue un suivi de l’inclusion des groupes exclus dans la planification et la budgétisation locales. Il cherche à autonomiser les communautés dans les municipalités ciblées, à les faire participer à la gouvernance locale et à les aider à développer leur capacité à concevoir, mettre en œuvre et gérer des activités qui font reculer la pauvreté.

    Dernière mise à jour: sept. 22, 2017


Autres ressources:

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