Vue d'ensemble

  • Le développement social se concentre sur la nécessité de placer les populations au premier plan des processus de développement. La pauvreté n’est pas seulement une question de revenus : elle est aussi synonyme de vulnérabilité, d’exclusion, d’irresponsabilité des institutions, d’absence de pouvoir et d’exposition à la violence. Le développement social favorise l’inclusion sociale des personnes pauvres et vulnérables en leur donnant les moyens d’agir, en bâtissant des sociétés unies et résilientes et en permettant aux citoyens d’accéder à des institutions qui leur rendent des comptes.

    En associant les gouvernements, les populations locales (y compris les populations autochtones), la société civile et le secteur privé, le développement social transforme les relations complexes entre la société et l’État en interventions concrètes. Les données empiriques et l’expérience sur le terrain montrent qu’il est propice à la croissance économique et qu’il améliore les interventions et la qualité de vie.

    Dernière mise à jour: mars 29, 2017

  • Les travaux de la Banque mondiale sur le développement social (a) intègrent la voix des pauvres et des populations vulnérables dans les processus de développement par des contributions à l’élaboration de politiques et de programmes sur la base de données factuelles :

    • en analysant les risques sociaux de manière opportune, notamment en termes d’impact sur les conditions de vie et la pauvreté ;
    • en intégrant dans les analyses et opérations les dimensions liées à la fragilité, aux conflits et aux capacités de réaction ;
    • en renforçant la résilience des communautés et des institutions confrontées à des chocs d’origine naturelle ou humaine, et aux changements climatiques ;
    • en encourageant des programmes d’autonomisation socio-économique différenciés selon le sexe pour les jeunes et les groupes défavorisés ;
    • en approfondissant la connaissance des problèmes et des besoins des populations autochtones, en particulier les relations entre leur résilience culturelle et collective et leurs terres, territoires et ressources naturelles ;
    • en promouvant la prise en compte des personnes handicapées par le biais d’une assistance technique axée sur l‘intégration de la question du handicap dans les opérations de la Banque mondiale et en rassemblant des éléments afin mieux inclure le handicap au moment de la conception des projets ;
    • en intégrant les dimensions liées à l’égalité hommes-femmes, en veillant à ce que les opérations en tiennent compte, et en recueillant de nouvelles données relatives à l’exclusion fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ;
    • en rapprochant les citoyens de leurs représentants politiques et en encourageant les administrations publiques à rendre des comptes ;
    • en transférant aux populations locales (en milieu rural comme en milieu urbain) le contrôle des décisions de développement et des ressources afin d’améliorer la prestation des services essentiels via le développement piloté par la communauté.
    • en amplifiant les effets positifs, en limitant les effets négatifs et en gérant les risques sociaux et politiques, notamment en veillant au respect des politiques de sauvegarde sociale de la Banque mondiale concernant les peuples autochtones et les réinstallations forcées.

    Initiatives récentes

    Le 4 août 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé l’adoption d’un nouveau Cadre environnemental et social qui élargit les mesures de protection des populations et de l’environnement dans les projets d’investissement financés par l’institution.

    La révision de ses politiques de sauvegarde a donné lieu au plus vaste processus de consultation jamais entrepris par la Banque mondiale. Ces travaux sont l’aboutissement de près de quatre années de réflexion et de collaboration avec des gouvernements, des experts du développement et des organisations de la société civile, et ont permis de consulter quelque 8 000 parties prenantes dans 63 pays.

    Pour le Groupe de la Banque mondiale, le nouveau cadre s’inscrit plus largement dans une action d’envergure qui vise à rationaliser ses activités et améliorer l’impact des projets de développement.

    Le nouveau cadre renforce l’harmonisation des mesures de protection environnementale et sociale de la Banque mondiale avec celles des autres institutions de développement, et marque des avancées importantes dans des domaines tels que la transparence, la non-discrimination, l’inclusion sociale, la participation du public et la responsabilisation, en renforçant notamment les mécanismes de règlement des plaintes.

    La Banque mondiale s’engage à présent dans une phase intensive de préparation et de formation (12-18 mois) destinée à assurer la transition vers le nouveau cadre, qui doit entrer en vigueur au début de l’année 2018. 

    Dernière mise à jour: mars 29, 2017

  • Voici quelques exemples de résultats obtenus grâce aux projets récents de la Banque mondiale consacrés au développement social :

    • En Azerbaïdjan, le deuxième Projet d’investissement rural (a) appuie la rénovation des infrastructures essentielles et le financement d’activités procurant des moyens de subsistance, avec plus de 1 200 sous-projets et six initiatives pilotes achevés en mars 2016. L’évaluation d’impact montre que la mobilité, l’accès aux services et aux marchés, ainsi que la productivité agricole se sont améliorés une fois que les routes rurales ont été remises en état. Le temps de trajet jusqu’aux établissements scolaires et aux marchés a été réduit de respectivement 47 % et 26 %, et le taux de scolarisation dans les écoles primaires a augmenté de 25 % après la remise en état des écoles.
    • En Égypte, le Projet de réhabilitation du terminal 2 de l’aéroport du Caire (a) a notamment permis d’examiner les aménagements de l’aéroport et de financer la modernisation de ses installations afin de rendre le nouvel aéroport accessible aux personnes handicapées.
    • En Iraq, le Projet d’urgence contre le handicap (a) a amélioré l’accès aux installations et aux services prothétiques pour les personnes handicapées.
    • Au Laos, la deuxième phase du Fonds pour la réduction de la pauvreté (PRF II) (a) cible les populations pauvres, en particulier les peuples autochtones, qui constituent 75 % des bénéficiaires du programme. Ce fonds a aidé quelque 650 000 personnes vivant en zone rurale, soit environ 10 % de la population du pays, par le biais de plus de 1 900 sous-projets. Ces derniers visaient à faciliter l’accès à l’infrastructure, ainsi qu’à favoriser l’assainissement de base et une production de denrées permettant d’améliorer l’apport alimentaire. Selon une récente évaluation d’impact, l’accès à des sources d’eau protégées s’est accru de 58 % et le temps de trajet jusqu’au village le plus proche a diminué de 114 minutes durant la saison sèche et de 73 minutes durant la saison des pluies. La troisième phase du projet, PRF III, a été approuvée en mai 2016.
    • Au Myanmar, le Projet national de développement piloté par les communautés (a) constitue la première opération menée par la Banque mondiale depuis son retour dans ce pays en 2012. À ce jour, ce projet compte plus de trois millions de bénéficiaires, avec plus de 4 700 sous-projets achevés dans 27 townships. Les populations locales ont bâti ou remis en état plus de 1 460 écoles, construit plus de 2 340 km de chemins et de routes, et créé un million de personnes-jour d’emplois rémunérés. Il est prévu d’étendre ce projet à un total de 47 townships, couvrant 8 800 villages et 5,2 millions de personnes.
    • Au Nicaragua, le Projet d’administration des terres (a) a nettement accéléré les formalités d’enregistrement et abaissé les coûts de transaction. Les conditions, notamment juridiques, ont été renforcées grâce à l’élaboration d’un Cadre national de politique foncière et le vote de trois lois fondamentales, dont l’une confère aux peuples autochtones pauvres et marginalisés des titres de propriété collectifs sur 15 territoires ancestraux, qui couvrent plus de 22 000 km² (soit près de 19 % du pays).
    • Au Nigéria, le Projet de développement communautaire et social (CSDP) (a) appuie plus de 350 000 microprogrammes gérés par la population locale, avec des répercussions bénéfiques directes sur plus de 2,5 millions de personnes, dans 28 États. Selon une évaluation d’impact, il a fait diminuer la mortalité maternelle et infantile, amélioré le taux de scolarisation et de fréquentation de l’école, réduit les distances (et, donc, les coûts et délais) pour l’accès à l’eau, aux services de santé et à l’électricité, et augmenté le revenu issu d’activités économiques comme l’agriculture. Devant ces excellents résultats, plusieurs États et autorités locales ont pleinement adopté ce modèle de développement communautaire et alloué un budget plus important à ces activités. La Banque mondiale a approuvé un prêt supplémentaire de 75 millions de dollars afin d’élargir la protection sociale de base destinée aux populations touchées par la guerre civile dans le nord-est du Nigéria (et tout particulièrement aux personnes déplacées à l’intérieur du pays).
    • Au Népal, le deuxième Fonds de lutte contre la pauvreté (PAF) (a), doté de 245 millions de dollars, a aidé directement 716 385 ménages et, via des projets d’infrastructure, indirectement 50 663 autres, dont environ 64 % vivent dans l’extrême pauvreté. L’évaluation d’impact fait apparaître une hausse de 22 % de la consommation réelle par habitant sur les trois premières années. Elle indique également que chaque année de mise en œuvre du PAF a réduit de 19 % l’incidence de l’insécurité alimentaire et relevé de 17 % le taux de scolarisation des 6-15 ans. Ce programme a été récemment repensé pour faire face aux besoins de reconstruction dans 14 districts touchés par le séisme survenu en avril/mai 2015.
    • Aux îles Salomon, le Projet d’accès rapide à l’emploi (REP) (a) a généré plus de 664 000 journées de travail, procuré un emploi de courte durée à plus de 12 400 personnes vivant dans la capitale, Honiara, et transféré au total 2,83 millions de dollars sous forme de salaires. Ce projet, auquel participent 58 % de femmes et 53 % de jeunes, aide les plus vulnérables. Il a amélioré la situation financière des ménages, et 11 % des personnes interrogées (dont trois quarts de femmes) indiquent avoir investi dans des activités commerciales tout ou partie du revenu perçu au titre du REP.
    • Lancé conjointement avec l’Organisation des Nations Unies, le projet pilote portant sur un mécanisme de financement spécial pour le développement local en Somalie (a) vise à renforcer les systèmes d’administration publique, ainsi qu’à améliorer leur visibilité et leur légitimité, par la mise en place d’une infrastructure et de services de base. Il apporte un appui au ministère des Finances pour les marchés publics et la gestion des dons en capital de faible montant alloués à des projets identifiés par des communautés ou par les nouveaux États fédérés. À terme, il renforcera l’architecture financière d’un pays sortant de 20 années de guerre civile.

    Les activités de la Banque relatives au développement social prennent également la forme de travaux analytiques qui s’intéressent aux grands enjeux de la viabilité sociale. Voici quelques programmes et analyses récents :

    • Le rapport Inclusion Matters: The Foundation for Shared Prosperity (a) est à ce jour l’un des examens de l’inclusion sociale les plus complets. Il donne aux pouvoirs publics, aux universitaires, aux défenseurs des droits et aux partenaires de développement un cadre de référence pour mieux comprendre ce sujet et permettre des avancées dans ce domaine. En Inde, une plateforme sur l’inclusion sociale et le genre applique les recommandations de ce rapport.
    • Un autre rapport, Indigenous Latin America in the Twenty-First Century (a), apporte un éclairage nouveau sur la situation des populations autochtones en Amérique latine. Il conclut que, malgré des progrès importants, celles-ci sont encore les plus touchées par la pauvreté et restent économiquement et socialement exclues.
    • Opening the Black Box: The Contextual Drivers of Social Accountability (a) donne des orientations pour promouvoir stratégiquement la participation citoyenne dans un pays et pour aborder une question ou un problème spécifique dans un contexte national difficile.
    • L’étude Being Fair, Faring Better: Promoting Equality of Opportunity for Marginalized Roma (a) est axée sur les pays d’Europe centrale et de l’Est membres de l’Union européenne qui comptent une importante population rom. Elle observe que les inégalités entre les Roms et le reste de la population sont flagrantes, qu’elles se manifestent généralement dès le plus jeune âge et qu’elles sont souvent associées à un environnement familial défavorisé.
    • De plus en plus de travaux sur le développement social ont trait à la lutte contre les violences sociales et sexuelles. La campagne wevolve (a), par exemple, sensibilise aux violences faites aux femmes (a) dans les milieux de la mode et de l’art. Une plateforme mondiale sur les violences sexuelles et sexistes financée par le Fonds pour la construction de la paix et de l’État (SPF) dans cinq pays propose des instruments novateurs pour la prévention et l’aide aux victimes, réalise des échanges Sud-Sud et produit de nouvelles analyses.
    • La Banque mondiale soutient plusieurs programmes et interventions qui facilitent la pleine intégration des personnes handicapées, notamment en encourageant l’éducation inclusive, l’accessibilité et la réadaptation, en développant les compétences, en créant des opportunités économiques et en influant sur les politiques publiques et sur le renforcement des institutions. Elle définit actuellement un nouveau cadre de prise en compte du handicap et de responsabilisation, afin d’inclure le handicap dans l’ensemble de ses projets et pratiques.

    Les travaux d’analyse sociale effectués par la Banque mondiale ont été utilisés pour l’élaboration des diagnostics-pays systématiques en Azerbaïdjan (a), au Bangladesh (a), en Haïti, au Myanmar (a), au Panama (a) et au Sri Lanka (a) (ces diagnostics servent de base au programme d’action pluriannuel de la Banque dans un pays). 

     

    Dernière mise à jour: mars 29, 2017


Autres ressources:

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Washington,
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