Vue d'ensemble

  • Le développement social se concentre sur la nécessité de placer les populations au premier plan des processus de développement. La pauvreté n’est pas seulement une question de revenus : elle est aussi synonyme de vulnérabilité, d’exclusion, d’irresponsabilité des institutions, d’absence de pouvoir et d’exposition à la violence. Le développement social favorise l’inclusion sociale des personnes pauvres et vulnérables en leur donnant les moyens d’agir, en bâtissant des sociétés unies et résilientes et en permettant aux citoyens d’accéder à des institutions qui leur rendent des comptes.

    En associant les gouvernements, les populations locales, la société civile, le secteur privé et les populations marginalisées (notamment les personnes handicapées et les peuples autochtones), le développement social transforme les relations complexes entre la société et l’État en interventions concrètes. Les données empiriques et l’expérience sur le terrain montrent qu’il est propice à la croissance économique et qu’il améliore les interventions et la qualité de vie.

    Dernière mise à jour: avr. 09, 2019

  • Les travaux de la Banque mondiale sur le développement social intègrent la voix des pauvres et des populations vulnérables dans les processus de développement par des contributions à l’élaboration de politiques et de programmes sur la base de données factuelles :

    • en analysant les risques sociaux de manière opportune, notamment en termes d’impact sur les conditions de vie et la pauvreté ;
    • en amplifiant les effets positifs, en limitant les effets négatifs et en gérant les risques sociaux et politiques, notamment en veillant au respect du Cadre environnemental et social de la Banque mondiale, et notamment aux mesures concernant les peuples autochtones et les réinstallations forcées ;
    • en s’associant aux populations locales (en milieu rural comme en milieu urbain) et en leur confiant le contrôle des décisions de développement et des ressources afin d’améliorer la prestation des services essentiels via des initiatives de développement pilotées par la communauté.
    • en approfondissant la connaissance des problèmes et des besoins des populations autochtones, en particulier les relations entre leur résilience culturelle et collective et leurs terres, territoires et ressources naturelles ;
    • en intégrant dans les analyses et opérations les dimensions liées à la fragilité et aux conflits, et en se plaçant dans une perspective de prévention dans les environnements où les niveaux de violence interpersonnelle mettent en péril le développement ;
    • en renforçant la résilience des communautés et des institutions confrontées à des chocs d’origine naturelle ou humaine, et aux changements climatiques ;
    • en encourageant des programmes d’autonomisation socio-économique différenciés selon le sexe pour les jeunes et les groupes défavorisés ;
    • en veillant à ce que les projets financés par la Banque mondiale prennent en compte les personnes handicapées et intègrent l’inclusion du handicap ;
    • en intégrant les dimensions liées à l’égalité hommes-femmes et en veillant à ce que les opérations en tiennent compte ;
    • en recueillant de nouvelles données relatives à l’exclusion fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ;
    • en associant et en rapprochant les citoyens de leurs représentants politiques, et en encourageant les administrations publiques à rendre des comptes ;

    Cadre environnemental et social

    Le 4 août 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé l’adoption d’un nouveau Cadre environnemental et social qui élargit les mesures de protection des populations et de l’environnement dans les projets d’investissement financés par l’institution et promeut un développement durable.

    La révision de ses politiques de sauvegarde a donné lieu au plus vaste processus de consultation jamais entrepris par la Banque. Ces travaux sont l’aboutissement de près de quatre années de réflexion et de collaboration avec des gouvernements, des experts du développement et des organisations de la société civile, et ont permis de consulter quelque 8 000 parties prenantes dans 63 pays.

    Le cadre permet de prendre plus largement et plus systématiquement en compte les risques environnementaux et sociaux, en s’attachant davantage à la situation des populations les plus pauvres et vulnérables. Il exige également de prêter attention aux problèmes environnementaux et sociaux tout au long de la préparation et la mise en œuvre d’un projet. Le Cadre environnemental et social couvre explicitement une plus large gamme d’aspects sociaux, en faisant notamment référence à des questions telles que la santé et la sécurité des communautés, les conditions d’emploi et de travail, ainsi que la santé et la sécurité au travail. Il met en outre l’accent sur un plus grand nombre de questions environnementales, comme le changement climatique et la gestion des ressources naturelles (dont l’eau, notamment).

    Le Cadre environnemental et social est entré en vigueur le 1er octobre 2018. Tous les projets d’investissement dont la note conceptuelle a été approuvée à cette date ou ultérieurement doivent l’appliquer en lieu et place des anciennes politiques de sauvegarde.

    Dernière mise à jour: avr. 09, 2019

  • Voici quelques exemples de résultats obtenus grâce aux projets récents de la Banque mondiale consacrés au développement social :

    • En Égypte, le projet de réhabilitation du terminal 2 de l’aéroport du Caire (a) a notamment permis d’examiner les aménagements de l’aéroport et de financer la modernisation de ses installations afin de rendre le nouvel aéroport accessible aux personnes handicapées.
    • Le projet pour des municipalités plus sûres au Honduras est la première opération de la Banque mondiale portant exclusivement sur la prévention des violences interpersonnelles. Des données qualitatives (a) montrent que le projet a permis de développer des réseaux sociaux solides dans neuf communautés très instables et violentes et de réduire très fortement les homicides et incidents violents.
    • Au Laos, la deuxième phase du fonds pour la réduction de la pauvreté (a) a ciblé les populations pauvres, en particulier les peuples autochtones, qui constituent 75 % des bénéficiaires du programme. Ce fonds a aidé quelque 650 000 personnes vivant en zone rurale, soit environ 10 % de la population du pays, par le biais de 1 931 sous-projets. Ces derniers visaient à faciliter l’accès à l’infrastructure, ainsi qu’à améliorer l’assainissement et l’apport alimentaire. Selon une évaluation d’impact du projet, l’accès à une eau salubre s’est accru de 61 % chez les ménages les plus pauvres, et le temps de trajet jusqu’au village le plus proche a diminué de 114 minutes durant la saison sèche et de 73 minutes durant la saison des pluies. La troisième phase du projet a été approuvée en mai 2016.
    • Au Myanmar, le projet national de développement piloté par les communautés (a) constitue la première opération menée par la Banque mondiale depuis son retour dans ce pays en 2012. Ce projet compte plus de sept millions de bénéficiaires, avec plus de 18 000 sous-projets achevés dans 61 townships. Les populations locales ont bâti ou remis en état plus de 3 300 écoles, construit plus de 8 000 km de chemins et de routes, et créé plus de 6,4 millions de journées de travail rémunérées.
    • Au Népal, le deuxième fonds de lutte contre la pauvreté (a), doté de 245 millions de dollars, a aidé directement 317 450 foyers et, via 4 360 projets d’infrastructure, indirectement 56 832 autres, dont environ 64 % vivent dans l’extrême pauvreté. Le projet comptait 988 879 bénéficiaires directs en juillet 2018. L’évaluation d’impact fait apparaître une hausse de 19 % de la consommation réelle par habitant sur les trois premières années. Elle révèle également une réduction annuelle de 19 % de l’incidence de l’insécurité alimentaire et une hausse de 15 % du taux de scolarisation des 6-15 ans.
    • Au Nicaragua, le projet d’administration des terres (a) a nettement accéléré les formalités d’enregistrement et abaissé les coûts de transaction. Les conditions, notamment juridiques, ont été renforcées grâce à l’élaboration d’un Cadre national de politique foncière et le vote de trois lois fondamentales. L’un de ces textes confère aux peuples autochtones pauvres et marginalisés des titres de propriété collectifs sur 15 territoires ancestraux, qui couvrent plus de 22 000 km² (soit plus de 20 % du pays) ; plus de 100 000 personnes en ont bénéficié.
    • Au Nigéria, le projet de développement communautaire et social (a) appuie plus de 9 300 microprogrammes gérés par la population locale, avec des répercussions bénéfiques sur plus de 2,6 millions de personnes, dans 28 États. Selon une évaluation d’impact, il a fait diminuer la mortalité maternelle et infantile, amélioré le taux de scolarisation et de fréquentation de l’école, réduit les distances, coûts et délais pour l’accès à l’eau, aux services de santé et à l’électricité, et augmenté le revenu issu de l’agriculture. La Banque mondiale a approuvé un prêt supplémentaire de 75 millions de dollars afin d’élargir la protection sociale et les services destinés aux localités touchées par la guerre civile dans le nord-est du Nigéria (et tout particulièrement aux personnes déplacées à l’intérieur du pays).
    • Au Pérou, le Mécanisme spécial de dons en faveur des peuples autochtones et des populations locales (DGM) a permis d’obtenir la reconnaissance légale de 208 communautés autochtones en mars 2019. Le projet apporte son soutien à 88 communautés pour mener les enquêtes de terrain et les procédures administratives nécessaires à la reconnaissance officielle de leurs droits sur leurs terres ancestrales, ce qui a déjà abouti, à ce jour, à la délivrance de titres fonciers pour 14 communautés. Il a fourni en outre un appui technique et financier à 56 communautés autochtones pour la réalisation de 40 sous-projets forestiers, gérés pour dix d’entre eux par des femmes.
    • Lancé conjointement avec l’Organisation des Nations Unies, le projet pilote portant sur un mécanisme de financement spécial pour le développement local en Somalie (a) vise à renforcer les systèmes d’administration publique, ainsi qu’à améliorer leur visibilité et leur légitimité, par la mise en place d’une infrastructure et de services de base. Il apporte un appui au ministère des Finances pour les marchés publics et la gestion des dons en capital de faible montant alloués à des projets identifiés par des communautés ou par les nouveaux États fédérés, et renforce l’architecture financière d’un pays sortant de 20 années de guerre civile.
    • Au Viet Nam, un programme de 300 millions de dollars conditionné aux résultats et destiné à développer l’adduction d’eau et l’assainissement dans les zones rurales (a) a intégré des lignes directrices et des indicateurs visant à s’assurer que le projet bénéficie à parts égales aux minorités ethniques dans 21 provinces. 

    Les activités de la Banque mondiale relatives au développement social prennent également la forme de travaux analytiques qui s’intéressent aux grands enjeux de la viabilité sociale. Voici quelques programmes et analyses récents :

    • Le rapport Inclusion Matters: The Foundation for Shared Prosperity (a) est à ce jour l’un des examens de l’inclusion sociale les plus complets. Il donne aux pouvoirs publics, aux universitaires, aux défenseurs des droits et aux partenaires de développement un cadre de référence pour mieux comprendre ce sujet et permettre des avancées dans ce domaine. En Inde, une plateforme sur l’inclusion sociale et le genre applique les recommandations de ce rapport.
    • Un documents de travail publié en mai 2018 et intitulé Community-Driven Development: Myths and Realities (a) se penche sur les dernières données disponibles mettant en évidence l’utilité des programmes de développement piloté par les communautés pour aider les pouvoirs publics à améliorer les conditions de vie et les perspectives des populations pauvres.
    • Un autre rapport, Indigenous Latin America in the Twenty-First Century (a), apporte un éclairage nouveau sur la situation des populations autochtones en Amérique latine. Il conclut que, malgré des progrès importants, celles-ci sont encore les plus touchées par la pauvreté et restent économiquement et socialement exclues.
    • Le rapport Afro-descendants in Latin America: Toward a Framework of Inclusion (a), publié en août 2018, marque un jalon important dans l’analyse des conditions de vie des populations d’ascendance africaine en Amérique latine, en vue de favoriser leur inclusion social et d’améliorer leur situation économique.
    • Opening the Black Box: The Contextual Drivers of Social Accountability (a) donne des orientations pour promouvoir stratégiquement la participation citoyenne dans un pays et pour aborder une question ou un problème spécifique dans un contexte national difficile.
    • L’étude Being Fair, Faring Better: Promoting Equality of Opportunity for Marginalized Roma (a) est axée sur les pays d’Europe centrale et de l’Est membres de l’Union européenne qui comptent une importante population rom. Elle observe que les inégalités entre les Roms et le reste de la population sont flagrantes, qu’elles se manifestent généralement dès le plus jeune âge et qu’elles sont souvent associées à un environnement familial défavorisé.
    • Une publication conjointe de la Banque mondiale et du PNUD intitulée A Set of Proposed Indicators for the LGBTI Inclusion Index (a) fournit un cadre pour mesurer l’inclusion des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes.
    • La Banque mondiale soutient plusieurs programmes et interventions qui facilitent la pleine intégration des personnes handicapées. En juin 2018, elle a adopté un Cadre de responsabilité et d’inclusion du handicap afin d’intégrer les enjeux du handicap dans l’ensemble de ses projets et pratiques. Au mois de juillet suivant, elle a annoncé dix engagements qui visent à poursuivre les efforts déjà engagés et à accélérer et amplifier les initiatives en faveur d’un développement intégrant pleinement les personnes handicapée.

    Les travaux d’analyse sociale effectués par la Banque mondiale sont utilisés pour l’élaboration des diagnostics qui servent de base au programme d’action pluriannuel de la Banque dans chaque pays.

    Dernière mise à jour: avr. 09, 2019

    • Au Burundi, le Projet d’urgence de démobilisation et de réintégration transitoire a mis fortement l’accent sur l’inclusion sociale, en particulier en aidant les ex-combattants souffrant de déficiences mentales ou physiques (interventions chirurgicales, physiothérapie, prothèses, etc.) et en proposant un logement aux personnes gravement handicapées. Pour faciliter l’inclusion sociale des ex-combattants, le projet comprenait également des activités d’atténuation des conflits.

    • En Inde, le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural au Rajasthan (a) et le Projet sur les moyens de subsistance en milieu rural dans le Nord-Est (a) ont élargi les perspectives économiques des populations rurales et des groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes souffrant de handicap physique, par le biais de groupes d’entraide. Une initiative de formation à l’éducation inclusive à l’intention des enseignants a porté sur l’inclusion des enfants souffrant de handicap (y compris de troubles de l’apprentissage), tandis que le Projet d’autonomisation et de réduction de la pauvreté au Tamil Nadu (a) a permis de fournir des services d’assistance aux personnes atteintes de déficiences intellectuelles et de troubles du développement.

    • Au Maroc, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a été lancée en 2005 pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres et vulnérables, en leur assurant de meilleures possibilités de développement économique, un accès plus facile à des services sociaux et essentiels et une gouvernance améliorée. La couverture démographique et géographique de la phase 2 de l’INDH (2011-2015) a été élargie, passant de 667 à 1 234 localités, et son budget initial de 1,2 milliard de dollars a été porté à 2,1 milliards en l’espace de cinq ans. La Banque mondiale a appuyé la seconde phase de l’INDH dans le cadre de sa première opération de « prêt-programme pour les résultats », en mettant l’accent sur l’élargissement et la plus grande qualité des prestations de services ; le renforcement d’une gouvernance locale participative et de la responsabilité sociale ; une plus grande inclusion économique ; et un appui au développement des capacités et des systèmes.

    • Au Nicaragua, le deuxième Projet d’appui au secteur de l’éducation (a) a été conçu pour favoriser l’accès à l’école primaire des communautés rurales et autochtones. Il vise à augmenter les taux de rétention scolaire, à améliorer les infrastructures et les services pour les personnes déplacées et à créer du capital social pour renforcer la confiance. Cette opération s’attache depuis longtemps à intégrer l’inclusion sociale dans le programme de développement.

    • Aux Philippines, le Projet de développement communautaire national (a) effectue un suivi de l’inclusion des groupes exclus dans la planification et la budgétisation locales. Il cherche à autonomiser les communautés dans les municipalités ciblées, à les faire participer à la gouvernance locale et à les aider à développer leur capacité à concevoir, mettre en œuvre et gérer des activités qui font reculer la pauvreté.

    Dernière mise à jour: sept. 22, 2017


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