Togo - Vue d'ensemble

Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest, bordé à l’ouest par le Ghana, au nord par le Burkina Faso et à l’est par le Bénin. Sa population compte actuellement près de 7 millions d’habitants et croît de 3 % par an.

Contexte politique

Le paysage politique togolais est dominé par les cinq principales formations représentées actuellement au Parlement : l’Union pour la république (UNIR, 62 sièges) qui est le parti présidentiel ; l’Alliance nationale pour le changement (ANC, 19 sièges) ; le Comité d’action pour le renouveau (CAR, 6 sièges) ; l’Union des forces du changement (UFC, 3 sièges) et Sursaut national (1 siège).

Le 25 avril 2015, le président Faure Gnassingbé a été réélu pour un troisième mandat de cinq ans. Le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, est arrivé second avec 35 % des voix. Le nouveau gouvernement formé au mois de juin suivant compte 24 membres, placés sous l’autorité du nouveau Premier ministre, Komi Selom Klassou.

Situation économique

L’économie togolaise a affiché ces dernières années des résultats relativement solides : le taux de croissance du PIB au cours des trois dernières années s’est établi en moyenne à environ 5 %, soit un niveau supérieur à celui de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Bien que le Togo ait été exposé à des chocs négatifs, avec, d’une part, la baisse des prix des matières premières qui a affecté ses principaux produits d’exportation (phosphates et clinker notamment) et, d’autre part, les répercussions du ralentissement de l’économie nigériane, le gouvernement a entrepris un programme d’investissement public ambitieux qui a permis, en 2015/16, de soutenir la demande globale.

La croissance économique a été principalement portée par la production agricole et les industries extractives, ainsi que par les activités de commerce. Le secteur agricole, qui représente près de la moitié du PIB du pays et fournit plus de 60 % des emplois, a bénéficié de bonnes conditions météorologiques. L’inflation reste maîtrisée, à 2,1 % en moyenne en 2016, grâce à la politique monétaire prudente menée par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et au faible niveau des prix alimentaires.

Le déficit des transactions extérieures courantes reste toutefois important : les exportations ont baissé en raison du recul de la demande chez les principaux partenaires commerciaux du Togo, tandis que les soldes des revenus et des services se sont améliorés au cours des 12 derniers mois. Ce déficit a été financé par l’aide internationale, les emprunts non concessionnels et les investissements directs étrangers.

Le déficit budgétaire, qui ressortait à 5,8 % du PIB en 2013, s’est fortement détérioré sur la période 2015-2016, pour se creuser à plus de 9 % du PIB. L’accumulation des arriérés de dépenses publiques s’élevaient à environ 60 milliards de francs CFA à la fin de l’année 2016, soit un montant équivalent à 2,5 % du PIB. Parallèlement, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a connu une hausse rapide, pour s’établir selon les estimations à 77,4 %, un taux qui correspond au niveau le plus élevé en Afrique de l’Ouest et qui dépasse le seuil de 70 % requis par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Au début de l’année 2017, le gouvernement a lancé un nouveau programme économique reposant sur un accord de trois ans avec le Fonds monétaire international (dont l’approbation est prévue ce mois d’avril). Ce programme prévoit une réduction drastique des dépenses de l’État et des efforts accrus pour mobiliser les recettes publiques, en vue de retrouver une marge de manœuvre budgétaire et de réduire le fardeau de la dette.

Dernière mise à jour: 27 avr. 2017

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Togo

La deuxième note de stratégie intérimaire de la Banque mondiale pour le Togo a été adoptée en janvier 2012 et est alignée sur trois des piliers de la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) élaborée par le pays. Elle est destinée à soutenir la reprise économique et promouvoir un développement durable, à améliorer la gouvernance économique et les capacités de l’administration et à réduire la pauvreté et répondre aux besoins sociaux urgents.

Le Groupe de la Banque mondiale élabore actuellement son nouveau cadre de partenariat pour le Togo, qui couvrira la période 2017-2020. Cette nouvelle stratégie de collaboration a pour objectif fondamental d’aider le Togo à s’engager sur une trajectoire de croissance plus inclusive et durable, portée à la fois par le dynamisme du secteur privé et par des politiques, des investissements et des services publics plus efficaces. Elle promeut trois domaines d’intervention :

  • La performance du secteur privé et création d’emplois ;
  • la fourniture de services publics pour tous ;
  • la soutenabilité écologique et résilience.

Pour soutenir ces trois piliers, elle met l’accent sur le renforcement de la gouvernance des institutions et de la responsabilité des pouvoirs publics, condition préalable indispensable. Ces objectifs intègrent par ailleurs les priorités thématiques d’IDA-18, à savoir la transformation économique et la création d’emplois, la fragilité, la gouvernance, l’égalité hommes-femmes et la lutte contre le changement climatique.

En 2016, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo s’élève à plus de 300 millions de dollars et est composé de 14 projets en cours.

Société financière internationale (IFC)

La stratégie d’IFC au Togo privilégie des projets dans l’industrie agroalimentaire, les infrastructures et les industries manufacturières. Elle s’emploie à nouer des partenariats avec les banques locales afin de financer ces projets en monnaie locale. De plus, IFC développe des solutions de financement adaptées pour la microfinance et les petites et moyennes entreprises. Afin d’améliorer le climat de l’investissement, elle fournit une assistance technique au gouvernement pour concevoir et mettre en œuvre des réformes destinées à faciliter les investissements privés. Ses engagements pour le Togo s’élèvent à 138 millions de dollars.

En ce qui concerne le climat des affaires, le classement 2016 du rapport Doing Business de la Banque mondiale fait état de progrès par rapport aux années précédentes, le Togo se situant désormais au 150e rang. Les pouvoirs publics ont en particulier facilité le processus de création d’entreprise en autorisant la publication des avis de constitution via un guichet unique et en supprimant l’obtention obligatoire d’une certification d’opérateur économique. Ils ont par ailleurs engagé des réformes importantes, notamment l’élaboration d’une feuille de route qui identifie les principales mesures de court terme permettant d’améliorer les performances du Togo, la révision et l’adoption d’un nouveau Code des investissements afin de se rapprocher des meilleures pratiques internationales, et l’adoption de la nouvelle loi sur les zones franches. Le Togo a également marqué des points sur le plan de la privatisation des activités de l’État, qui a notamment cédé une compagnie d’assurance, deux banques, des hôtels, des entreprises de distribution d’énergie et de manutention de conteneurs.

Dernière mise à jour: 27 avr. 2017

Situation sociale

Bien que le taux national de pauvreté ait reculé de 59 % en 2011 à 55 % en 2015, la pauvreté reste très répandue au Togo. Son incidence est surtout marquée dans les zones rurales, où 69 % des ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2015. En outre, le taux de pauvreté est plus élevé parmi les ménages dirigés par une femme (57,5 %) que chez ceux dirigés par un homme (55 %). Les femmes sont aussi plus vulnérables, davantage pénalisées par un manque d’accès aux opportunités économiques et sous-représentées dans les postes à hautes responsabilités. Les secteurs de l’éducation et de la santé représentent une part conséquente des dépenses publiques (respectivement 14 et 7 % en moyenne entre 2009 et 2014). Des efforts supplémentaires s’avèrent cependant nécessaires pour accroître ces ressources, remédier aux disparités régionales dans l’affectation de ces ressources et les utiliser avec une meilleure efficacité et efficience.

Enjeux de développement

Alors que le Togo n’est pas parvenu à atteindre six des huit objectifs du Millénaire pour le développement (à la fin de l’année 2015, le pays avait progressé dans les domaines de l’éducation primaire et de la lutte contre le VIH/sida), il devra redoubler d’effort pour réaliser les 17 nouveaux Objectifs de développement durable.Par ailleurs, en dépit de nettes avancées soulignées dans les éditions 2015 et 2016 de Doing Business, le climat des affaires reste difficile et le pays va devoir améliorer les dix indicateurs qui servent de critères au rapport : création d’entreprise, obtention des permis de construire, accès à l’électricité, transfert de propriété, accès au crédit, protection des investisseurs minoritaires, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité.

La stratégie de réduction de la pauvreté élaborée par le Togo illustre ses principaux enjeux de développement, à savoir : le développement de secteurs à fort potentiel de croissance ; le renforcement des infrastructures économiques ; le développement du capital humain, des filets de protection sociale et de l’emploi ; l’amélioration de la gouvernance ; et la promotion d’un développement plus durable, équilibré et participatif.

Dernière mise à jour: 27 avr. 2017

L’aide financière extérieure n’a cessé de croître depuis le réengagement des bailleurs internationaux en 2007. L’Union européenne a renforcé ses décaissements et son aide technique au Togo tandis que la Banque africaine de développement élabore actuellement une nouvelle stratégie-pays qui prendra la suite de l’actuelle stratégie 2011-2015. Les partenaires bilatéraux (Allemagne, Chine, États-Unis et France) augmentent également leur soutien au développement du pays. Le gouvernement a mis en place des comités de coordination sectorielle afin de gérer plus efficacement ces aides financi

Dernière mise à jour: 27 avr. 2017


FINANCEMENTS

Togo: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA