Togo - Vue d'ensemble

  • Bordé à l’ouest par le Ghana, à l’est par le Bénin et au nord par le Burkina Faso, le territoire du Togo, étroit et tout en longueur, possède au sud un débouché de 56 kilomètres de long sur le golfe de Guinée. En 2016, sa population était d’au moins 7,6 millions d’habitants.

    Contexte politique

    Le président Faure Gnassingbé a été réélu pour un troisième mandat de cinq ans en 2015 : son gouvernement compte 29 membres, placés sous l’autorité du Premier ministre, Komi Selom Klassou. Le paysage politique togolais est dominé par cinq formations principales, qui siègent toutes au Parlement. En 2017, une série de manifestations ont appelé entre autres au retour de la Constitution de 1992, qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. Des discussions ouvertes sous l’égide des présidents du Ghana et de la Guinée ont conduit en 2018 les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à préconiser l’intégration de cette limite de deux mandats dans les mesures engagées pour mettre fin à la crise politique.

    Situation économique

    Sous le double effet des tensions politiques et des mesures d’assainissement budgétaire, l’économie togolaise a marqué le pas en 2017, à 4,4 % selon les estimations, contre 5,1 % en 2016. Le pays doit ce résultat en grande partie aux performances du secteur agricole, qui représente près de 40 % du PIB et fournit plus de 60 % des emplois. Des précipitations suffisantes, l’introduction de nouvelles techniques de culture et la distribution de semences améliorées aux agriculteurs pauvres expliquent la bonne tenue du secteur. Les activités de construction ont en revanche souffert de la baisse des dépenses publiques d’investissement tandis que les tensions politiques ont retenti sur le commerce privé. Les industries extractives et le secteur des échanges contribuent également à l’économie nationale. Les indicateurs du secteur réel pour le premier semestre de 2018 témoignent d’une stabilisation du rythme de croissance, essentiellement sous-tendue par la hausse des ventes de détail et du taux d’utilisation des équipements.

    L’inflation reste maîtrisée, à -0,7 % en moyenne en 2017, grâce à la politique monétaire prudente menée par les membres de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et au faible niveau des prix alimentaires. Mais le renchérissement des denrées alimentaires et des boissons a fait repasser l’inflation en terrain positif en août 2018, à 0,4 %. Avec le repli des importations de biens d’équipement et la bonne tenue des exportations, le déficit des transactions extérieures est passé de 11,1 % du PIB en 2015 à respectivement 9,3 et 8,2 % en 2016 et 2017. Mais le déficit public reste important, en raison du manque de diversification de l’économie togolaise. Il a été financé par des emprunts publics non concessionnels auprès de banques locales et par les investissements directs étrangers. Avec la prolongation du mécanisme élargi de crédit du FMI approuvé en mai 2017 pour restaurer la viabilité des finances publiques tout en préservant les secteurs sociaux, le gouvernement a engagé un programme d’assainissement budgétaire qui a permis de ramener le ratio de la dette publique au PIB d’un taux record de 81,6% en 2016 à 75,7 % en 2017. Le déficit budgétaire, qui ressortait à 9,6 % du PIB en 2016, s’est amélioré, pour atteindre 0,3 % en 2017.

    Situation sociale

    Bien que le taux national de pauvreté ait reculé de 61,7 % en 2006 à 55,1 % en 2015, la pauvreté reste très élevée et devrait se situer à 47,4 % en 2017. Son incidence est surtout marquée dans les zones rurales, où 69 % des ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2015. En outre, le taux de pauvreté est plus élevé parmi les ménages dirigés par une femme (57,5 %) que chez ceux dirigés par un homme (55 %). Les femmes sont aussi plus vulnérables, parce qu’elles ont moins accès aux opportunités économiques et sont sous-représentées dans les postes à responsabilités.

    Les secteurs de l’éducation et de la santé absorbent une part conséquente des dépenses publiques (respectivement 14 et 7 % en moyenne entre 2009 et 2014). Des efforts supplémentaires sont cependant nécessaires pour remédier aux disparités régionales d’affectation des ressources et optimiser leur utilisation.

    Enjeux de développement

    Le Togo doit redoubler d’efforts pour réaliser les 17 Objectifs de développement durable d’ici 2030, sachant qu’il n’avait progressé que sur six des huit objectifs du Millénaire pour le développement fin 2015. Par ailleurs, le climat des affaires reste difficile, en dépit des avancées accomplies ces dernières années. Les principaux enjeux de développement (tels qu’énoncés dans le Plan national de développement 2018-22) sont les suivants : développement des secteurs à fort potentiel de croissance, dont l’agro-industrie ; renforcement des infrastructures économiques ; consolidation des services sociaux essentiels dans les secteurs de la santé, de l’eau et de l’énergie ; promotion de l’inclusion financière, de l’égalité hommes-femmes et de la protection sociale et environnementale ; et promotion d’un développement plus durable, équilibré et participatif.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Togo

    Le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Togo pour la période 2017-20 vise à jeter les bases d’une croissance inclusive et durable, sous-tendue à la fois par le dynamisme du secteur privé et par des politiques, des investissements publics et des services efficaces. La stratégie met l’accent sur le renforcement de la gouvernance, des institutions et de la responsabilité dans trois domaines d’intervention :

    • performance du secteur privé et création d’emplois ;
    • services publics inclusifs ;
    • soutenabilité écologique et résilience.

    Le cadre intègre les priorités thématiques d’IDA-18, à savoir la transformation économique et la création d’emplois, la fragilité, la gouvernance, l’égalité hommes-femmes et l’atténuation du changement climatique. Actuellement, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo comporte 17 projets et programmes, pour un montant total d’engagements de 397,4 millions de dollars. Ces opérations couvrent les secteurs suivants : agriculture, éducation, santé, énergie et mines, environnement et ressources naturelles, protection sociale, transports et télécommunications, développement urbain et résilience, gouvernance et, enfin, commerce et compétitivité.

    Société financière internationale (IFC)

    La stratégie d’IFC au Togo privilégie des projets dans l’industrie agroalimentaire, les infrastructures et les industries manufacturières. Elle s’emploie à nouer des partenariats avec les banques locales afin de financer ces projets en monnaie locale. De plus, IFC développe des solutions de financement adaptées pour la microfinance et les petites et moyennes entreprises. Afin d’améliorer le climat de l’investissement, elle fournit une assistance technique pour mettre en œuvre des réformes destinées à faciliter les investissements privés.

    Les engagements d’IFC pour le Togo s’élèvent à environ 138 millions de dollars. Les améliorations apportées dans l’environnement réglementaire ont fait progresser le Togo au 137e rang dans le classement 2019 du rapport Doing Business (le pays se situait à la 150e place en 2016). En autorisant la publication des avis de constitution via un guichet unique et en supprimant l’obtention obligatoire d’une certification d’opérateur économique, les autorités ont facilité le processus de création d’entreprise. Parmi les réformes engagées par le gouvernement , l’élaboration d’une feuille de route pour l’amélioration de l’environnement de l’activité économique, l’identification des principales mesures de court terme permettant d’améliorer les performances du Togo, l’alignement du Code des investissements sur les meilleures pratiques internationales et l’adoption de la nouvelle loi sur les zones franches. Le Togo a privatisé certaines entités publiques, notamment une compagnie d’assurance, deux banques, des hôtels et des entreprises de distribution d’énergie et de manutention de conteneurs.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • Améliorer les indicateurs de qualité, de rétention et d’équité dans le système d’éducation du Togo

    La deuxième phase du projet Éducation et renforcement institutionnel (PERI2) a été lancée en 2015 pour conforter les objectifs de la première étape du projet (2011-14), qui a joué un rôle essentiel dans le déploiement du Plan sectoriel de l’éducation de première génération, en particulier sur le front de l’enseignement primaire et de l’alphabétisation. Le Togo a pu ainsi considérablement améliorer la couverture qualitative du système et mettre à disposition les intrants pédagogiques requis pour améliorer la qualité de l’apprentissage. Le PERI2 a pour objectifs de s’atteler aux défis persistants : taux d’achèvement du primaire, qualité de l’apprentissage et réduction des inégalités sociales et géographiques.

    Trois ans après le lancement du projet, les performances s’améliorent, avec un recul des taux de redoublement de 18,5 à 7,6 % et une hausse du taux brut d’admission en CE1 de 93 à 99,7 % dans les 18 préfectures défavorisées du pays. La disponibilité des outils pédagogiques progresse également : 599 231 nouveaux manuels de mathématiques et de français ont été distribués dans toutes les classes de CP des établissements publics ; 14 549 enseignants et directeurs ont été formés aux nouveaux cursus, désormais utilisés par 100 % des enseignants de CP dans les écoles publiques ; des dotations annuelles ont été allouées à 1 650 établissements dans les préfectures défavorisées pour assumer les dépenses de fonctionnement ; et 87,5 % des établissements exécutent leurs budgets comme prévu. Les visites d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques ont été multipliées par deux (de 35 à 70).

    Sur le front de la réduction des inégalités, la distribution de 54 636 uniformes pour les écolières du CP au CM2 et de trousses hygiéniques pour les élèves de CM1 et CM2 a amélioré l’assiduité, avec une hausse, de 45,2 à 46,5 %, de la scolarisation des filles dans les quatre préfectures les plus défavorisées. Les efforts se poursuivent pour améliorer l’accès aux écoles : 150 nouvelles classes ont été construites (sur 240 prévues) et équipées d’infrastructures supplémentaires comme des points d’eau et des latrines. Près de 400 personnes dans 80 communautés ont suivi une formation de base à la gestion et prennent une part active à la construction et à la gestion des établissements.

    Rattraper le retard et révolutionner la filière avicole en Afrique

    Alors qu’elle abrite 13 % de la population mondiale, l’Afrique ne fournit que 4 % des produits aviaires dans le monde. Le déficit de financements appropriés, le manque de compétences techniques de haut niveau et les problèmes d’intrants ont entravé le développement de cette filière. Le centre d’excellence régional sur les sciences aviaires (CERSA) a été créé en 2014 au sein de l’université de Lomé — la seule université d’Afrique de l’Ouest et du Centre qui se consacre à cet enjeu. Le CERSA attire des étudiants de plusieurs nationalités et propose des formations en doctorat et en master ainsi que des cursus professionnels de courte durée pour les techniciens avicoles. Ses 22 doctorants et ses 76 étudiants en master viennent de onze pays d’Afrique pour effectuer des recherches en appui à la filière avicole locale et régionale. Depuis sa création, l’institut a prodigué une formation technique à plus de 300 aviculteurs au Togo et au Burkina Faso. Grâce à plusieurs partenariats avec d’autres universités d’Afrique, d’Europe et de Chine, le CERSA promeut la recherche et le partage des connaissances entre professionnels du terrain. Il a également noué des partenariats stratégiques avec des acteurs importants du secteur privé et de grands industriels pour promouvoir l’industrialisation de la filière en Afrique.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • L’aide financière extérieure n’a cessé de croître depuis le réengagement des bailleurs internationaux au Togo en 2007. L’Union européenne a renforcé ses décaissements et son aide technique tandis que la Banque africaine de développement a préparé et mis en œuvre une nouvelle stratégie-pays pour 2016-20. Les partenaires bilatéraux (Allemagne, Chine, États-Unis et France) augmentent également leur soutien au développement du pays. Le gouvernement a mis en place des comités de coordination sectorielle afin de gérer plus efficacement ces aides financières.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

Api


FINANCEMENTS

Togo: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA



GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business au Togo (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Point de contact principal
B.P. 3915
Lome, Togo
+228-2253-6700
Informations générales et renseignements
Sylvie Nenonene
Chargée de communication
snenonene@worldbank.org
Plaintes et problèmes liés aux projets
togoalert@worldbank.org