Togo - Vue d'ensemble

Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest, bordé à l’ouest par le Ghana, au nord par le Burkina Faso et à l’est par le Bénin. Sa population compte actuellement 6,2 millions d’habitants et enregistre un taux d’accroissement de 2,8 % par an.

Contexte politique

Le paysage politique togolais est dominé par les cinq principales formations représentées au Parlement : l’Union pour la République (UNIR, 62 sièges), qui est le parti du Président Faure Essozimna Gnassingbé ; l’Alliance nationale pour le changement (ANC, 19 sièges) ; le Comité d’action pour le renouveau (CAR, 6 sièges), l’Union des forces du changement (UFC, 3 sièges) et Sursaut national (1 siège).

Suite aux élections présidentielles du 25 avril 2015, le Président Faure Gnassingbé a été réélu pour un troisième mandat de cinq ans, avec 59 % des voix. Le principal candidat de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a obtenu 35 % des voix. Un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Komi Selom Klassou et composé de 24 ministres a été formé en juin 2015.

Situation économique

La croissance du PIB en volume était de 5,4 % en 2013 et 2014. Les performances de l’année 2014 s’expliquent par la bonne tenue des rendements agricoles, des échanges commerciaux et, dans une moindre mesure, par l’essor de l’investissement privé dans le secteur secondaire. La faible inflation enregistrée en 2013 et 2014 (de respectivement 1,8 et 0,2 %) reflète la baisse des prix alimentaires, des biens d’équipement importés et des cours du pétrole. Cette tendance devrait se maintenir en 2015 avec une inflation inférieure à 2%. La croissance du PIB devrait quant à elle ralentir à 5,1%. Les prévisions budgétaires initiales tablaient sur un déficit de 5,3 % du PIB en 2015, en hausse par rapport à 2014 (5 %), mais  sont en cours de révision. Le déficit global devrait augmenter en 2015, en raison des difficultés de fonctionnement du nouvel Office togolais des recettes et de prévisions initiales de recettes pour 2015 trop optimistes.

Selon l’édition 2015 du rapport Doing Business (DB15), l’environnement des affaires a progressé au Togo, avec de nettes améliorations en matière de réglementation : le pays a en effet gagné 15 places dans le classement et se situe désormais au 149ème rang (il était au 164ème rang dans l’édition précédente). Le Togo est aussi classé comme le 3ème pays le plus actif au monde en matière de réformes. Le rapport souligne toutefois que ces efforts doivent être maintenus voire accélérés car de nombreux autres indicateurs demeurent insuffisants Le gouvernement togolais a  lancé d’importantes réformes pour améliorer encore le climat des affaires. Il a par exemple élaboré une feuille de route basée sur les indicateurs du rapport Doing Business pour identifier les principales mesures à prendre à court terme afin d’améliorer la performance économique du pays, de revoir et d’adopter le nouveau code des investissements pour l’aligner sur les meilleures pratiques internationales, et d’adopter un nouveau statut pour les zones franches afin de les rendre plus compétitives et attractives.

Contexte social

Bien que le taux de pauvreté ait baissé pour atteindre 58,7% en 2011 (contre 61,7% en 2006), la pauvreté est encore très répandue au Togo. Elle concerne essentiellement les populations rurales dont 73% des ménages vivaient au-dessous du seuil de pauvreté en 2011. De plus, on constate que les foyers où le chef de famille est une femme sont moins pauvres que ceux avec un homme chef de famille (57% contre 54% en 2011). Cela étant, les femmes sont plus vulnérables économiquement que les hommes. Elles semblent ainsi souffrir d’un manque d’opportunités économiques et sont sous-représentées dans les plus hauts postes de direction. Les dépenses publiques annuelles de santé et d’éducation sont importantes et bien réparties (avec en moyenne, 17,4% alloués à l’éducation et 8,2% à la santé au cours des quatre dernières années). Il faut cependant fournir davantage d’efforts pour réduire les fortes disparités régionales dans la répartition des dotations de l’État et s’assurer que les dépenses de santé soient gérées de manière efficace et efficiente.

Enjeux de développement

En ce qui concerne les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Togo a progressé dans le domaine de l’éducation primaire et de la lutte contre le VIH/sida mais ne pourra pas atteindre six des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici fin 2015. De plus, en dépit des nettes avancées soulignées dans l’édition 2015 du rapport Doing Business, le climat des affaires reste difficile et le pays va devoir redoubler d’efforts dans les 10 indicateurs suivants : création d’entreprise, obtention de permis de construire, accès à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, recouvrement de l’impôt, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité. Les principaux enjeux de développement pour le Togo définis dans sa Stratégie de réduction de la pauvreté sont : (i) le développement de secteurs à fort potentiel de croissance ; (ii) le renforcement des infrastructures économiques ; (iii) le développement du capital humain, des filets de protection sociale et de l’emploi ; (iv) l’amélioration de la gouvernance ; et (v) la promotion d’un développement durable, équilibré et participatif.

Dernière mise à jour: 22 sept. 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Togo

La deuxième note de stratégie intérimaire de la Banque mondiale (NSI-2) pour le Togo a été adoptée en janvier 2012 et est alignée sur trois des piliers de la SCAPE (Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi). Elle vise à soutenir la reprise économique et à promouvoir un développement durable. Elle entend aussi améliorer la gouvernance économique et les capacités de l’administration, à réduire la pauvreté et à répondre aux besoins sociaux urgents. En août 2015, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo s’élevait à près de 300 millions de dollars et comptait 15 projets. Le Groupe de la Banque mondiale a entamé la préparation d’une nouvelle stratégie d’appui aux efforts de développement du Togo. Elle comprend la mise en place d’un Diagnostic systématique du pays (DSP) pour identifier les principaux obstacles auxquels il doit faire face et les opportunités qui s’offrent à lui pour faire reculer la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. Ce DSP servira de base au Cadre de partenariat pays qui sera défini au cours de l’année après consultation du gouvernement et des parties prenantes.   

La Société financière internationale (IFC)

La stratégie de l’IFC au Togo privilégie des projets dans l’industrie agroalimentaire, les infrastructures et l’industrie manufacturière. Elle s’emploie à créer des partenariats avec les banques locales pour soutenir ces projets avec des financements en monnaie locale. De même, l’IFC développe des solutions de financement adaptées à la microfinance et aux petites et moyennes entreprises (PME). Enfin, elle soutient l’amélioration du climat de l’investissement en apportant une assistance technique au gouvernement pour la conception et la mise en œuvre de réformes visant à faciliter les investissements privés. Ses engagements pour le Togo s’élèvent à 137,8 millions de dollars

L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

En 2011, la MIGA a émis une garantie de 4,3 millions de dollars pour couvrir un investissement de la holding suisse Cotecna Inspection S.A. dans le Bureau de liaison du Togo (COINS-Togo). Cette couverture s’étend sur une période de cinq ans et assure l’investisseur contre les restrictions à la cession, l’expropriation, la guerre ou les troubles sociaux, et la rupture du contrat.

Dernière mise à jour: 22 sept. 2015

La protection sociale et les filets sociaux

Le Projet de développement communautaire et filets sociaux a été lancé en juillet 2012 pour améliorer l’accès des communautés pauvres aux infrastructures socioéconomiques de base et aux filets de protection sociale. En août 2015,  les résultats obtenus sont importants et dépassent même parfois les objectifs fixés. Dans le domaine des infrastructures de base, 174 nouvelles structures ont vu le jour, dont 99 écoles primaires (275 classes au total), 14 dispensaires, 52 forages d’eau potable, 5 latrines communautaires, 4 routes de desserte et marchés couverts. 13 000 personnes ont bénéficié de ces infrastructures scolaires et forages d’eau potable (en particulier dans les zones de savanes et dans les régions du centre) dont le pays a avant tout besoin.

La réalisation de ces infrastructures a par ailleurs donné lieu à d’importants travaux publics qui ont accru la demande de main-d’œuvre. Ce projet a ainsi engendré près de 10 4400 emplois temporaires (104,4 % des travaux prévus) qui ont permis à leurs bénéficiaires (dont 43 % environ sont des femmes) d’avoir une source de revenus. Les 27 chantiers qui viennent de débuter laisse présager que l’objectif initial de créer 10 000 emplois temporaires sera largement dépassé et amélioreront directement ou indirectement les conditions de vie de beaucoup plus de personnes que prévu.

Le programme de cantines scolaires suit son cours dans 308 écoles situées dans des zones très défavorisées. Il permet de nourrir gratuitement 47 461 élèves tout au long de l’année scolaire (avec un objectif initial de 35 000). Par ailleurs, 3 526 personnes (contre 2 250 initialement prévues) ont bénéficié de 99,3 % des activités rémunératrices couvertes par le projet.

Enfin, 14 016 personnes (sur les 21 500 initialement prévues) ont pu tirer parti du programme de transferts monétaires déployé à titre expérimental dans les régions de la Kara et des Savanes. Ce programme verse  une allocation mensuelle de 5 000 FCFA aux ménages les plus vulnérables pour de prendre en charge les enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition grave ou exposés à un tel risque. Ce programme cherche aussi à renforcer le capital humain à travers des règles peu contraignantes – comme le fait d’avoir un certificat de naissance pour les enfants, de participer à des sessions de formation et de suivi de la croissance et de scolariser les aînés de la famille.

Dernière mise à jour: 22 sept. 2015

L’aide financière extérieure n’a cessé de croître depuis le réengagement des bailleurs internationaux en 2007. L’Union européenne a renforcé ses décaissements et son aide technique au Togo tandis que la Banque africaine de développement a préparé une nouvelle stratégie-pays pour 2011-2015. Les partenaires bilatéraux (Allemagne, Chine, États-Unis et France) augmentent également leur soutien au développement du pays. Le gouvernement a mis en place des comités de coordination sectorielle afin de maîtriser plus efficacement ces aides financières.

Dernière mise à jour: 22 sept. 2015


FINANCEMENTS

Togo: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA