Sénégal Présentation

Le pays en bref

Pays sahélien situé dans la partie la plus occidentale de l’Afrique, le Sénégal a une superficie de 196 722 km². Sa population est estimée à environ 13,5 millions d’habitants dont environ 50 % habitent en zones urbaines.

Situation politique

Le Sénégal, qui compte parmi les pays les plus stables d’Afrique, a considérablement renforcé ses institutions démocratiques depuis son indépendance en 1960. Après la démission de son premier président, Léopold Sédar Senghor (1960-1980), et l’arrivée au pouvoir d’Abdou Diouf (1981-2000), le Sénégal a connu deux alternances politiques pacifiques et transparentes : la première en 2000, avec l’élection d’Abdoulaye Wade (2000-2012), et la seconde en mars 2012, avec la victoire de l’actuel président Macky Sall, élu avec 65,8 % des suffrages.

La prochaine élection présidentielle prévue pour 2019, pourrait se dérouler dès 2017 si la proposition de réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, formulée par Macky Sall, est approuvée à l’issue du référendum qui sera organisé en 2016.

Situation économique

Le Sénégal aspire à devenir un pays émergent à l’horizon 2035 mais est confronté à une faible croissance depuis 2006. Alors que le taux de croissance s’est établi en moyenne à 6 % sur cette période dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, celui du Sénégal n’atteint que 3,3 %. L’économie sénégalaise est aussi à la traîne par rapport aux autres pays africains qui, comme lui, ne possèdent pas d’abondantes ressources naturelles. La production par habitant croît à un rythme plus lent que celle des autres États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la croissance du Sénégal se distingue aussi par une plus forte instabilité. Avec un taux de 46,7%, la pauvreté y demeure élevée et le nombre de pauvre est en augmentation depuis 2006. Compte tenu d’un accroissement démographique annuel de 2,6 %, le taux de croissance du PIB est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté.

La croissance est cependant repartie à la hausse en 2014 : le PIB aurait augmenté de 4,5 % selon les estimations, soit son taux de croissance le plus élevé depuis 2008. Les services constituent toujours le secteur le plus dynamique (+5,6 %), et le secteur secondaire, tiré par le bâtiment, a amorcé une reprise de 4,9 % après la baisse enregistrée en 2013. L’irrégularité des précipitations a cependant de nouveau entraîné des récoltes inférieures aux attentes, dont un fléchissement de 20 % de la production de céréales non irriguées, même si la production de riz a progressé de 28 %. On estime que l’insécurité alimentaire touche 30 % des ménages ruraux, dont plus de 55 % vivent dans la pauvreté.

Perspectives à moyen terme

L’économie sénégalaise devrait poursuivre son accélération en 2015. Celle-ci devrait en effet bénéficier des effets favorables de la baisse des cours pétroliers, conjuguée au rebond de l’agriculture et à la fin de l’épidémie d’Ebola. La crise sanitaire a cependant eu d’importantes répercussions négatives sur le tourisme dans les six premiers mois de l’année. La Banque mondiale prévoit une croissance du PIB réel de 4,8 %, avec pour principal moteur le secteur des services, et en particulier les télécommunications et les services financiers. L’imprévisibilité des précipitations pourrait de nouveau contrarier la production agricole, tandis que les chocs dans les pays voisins (persistance de l’épidémie d’Ebola, recrudescence de l’insécurité au Mali) pourraient avoir pour conséquence de freiner le tourisme, les échanges et les transports au Sénégal. La croissance pourrait en outre être pénalisée par la lenteur des réformes dans les secteurs énergétique et agricole.

Enjeux de développement

L’environnement peu favorable à l’investissement, le coût de l’énergie et les défaillances des systèmes de gouvernance sont autant de facteurs qui empêchent le secteur privé de jouer son rôle de moteur de l’économie. En outre, plusieurs chocs exogènes et catastrophes naturelles ont ralenti la croissance et accru la vulnérabilité de l'ensemble de l'économie.

À cela s’ajoute une mauvaise gestion des exportations de produits tels que les arachides, les produits de la pêche et les phosphates, qui a également pour effet de ralentir la croissance. Le secteur du tourisme, qui présente un grand potentiel, a été négligé. Pour rendre l’économie sénégalaise plus résistante aux chocs externes et internes, il est nécessaire de diversifier l’économie en développant davantage des secteurs tels que l’horticulture, les mines, les télécommunications et le secteur manufacturier.

Le programme ambitieux dont s’est doté le nouveau gouvernement, sous le nom de « Plan Sénégal Emergent » (PSE), privilégie précisément la diversification de l’économie et les exportations. Il vise à augmenter la productivité de l’ensemble de l’économie sénégalaise, à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé. La mise en œuvre des projets actuels lancés par les autorités pour accélérer l’investissement public, mettra cependant à l’épreuve la capacité du pays à améliorer la qualité des projets, et risque de conduire à une aggravation de la dette sans pour autant entraîner un impact positif sur le PIB. Les objectifs ambitieux du PSE ne pourront en effet être atteints sans améliorer la qualité de l’investissement public et encourager l’investissement privé national et étranger. Enfin, la capacité du gouvernement à mettre en œuvre des politiques qui permettent d’atténuer efficacement l’impact de chocs récurrents sur les populations pauvres et vulnérables continue de constituer un enjeu de taille.

Situation sociale

Le taux de pauvreté, qui atteint 46,7 % selon les dernières estimations, reste élevé. Le taux de croissance du PIB est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté, tandis que le poids de plus en plus important des exportations de biens à forte intensité capitalistique, au détriment de secteurs intensifs en main-d’œuvre, limite la création de nouveaux emplois. Une série de chocs enregistrés au cours des dernières années est venue freiner encore davantage les progrès : l’incidence de la pauvreté n’a baissé que de 1,8 point de pourcentage entre 2006 et 2011, tandis que le nombre absolu de pauvres, lui, augmentait, pour atteindre 6,3 millions en 2011.

Le niveau des inégalités reste modéré et se situe au-dessous de la moyenne enregistrée en Afrique subsaharienne. Les disparités géographiques restent cependant très prononcées : deux habitants sur trois des zones rurales sont pauvres, en particulier dans le sud du pays, contre un sur quatre à Dakar. Si le pays a enregistré un certain nombre d’avancées sur le front de l’accès à l’éducation, un nombre important de jeunes ne fréquentent que des établissements coraniques, lesquels ne dispensent pas un enseignement aligné sur les programmes scolaires de l’école publique et sont en outre parfois associés à des pratiques de mendicité enfantine, surtout à Dakar. Plus généralement, la plupart des objectifs du Millénaire pour développement ne seront pas atteints.

Afin d’améliorer le bien-être et le capital humain des plus pauvres, le président Sall s’est engagé à accélérer le déploiement du Programme national de bourses de sécurité familiale afin d’en faire bénéficier 200 000 ménages avant la fin de l’année 2015.

Cet objectif exige d’importants engagements financiers, mais aussi et surtout des efforts considérables pour renforcer le programme conformément aux éléments mis en évidence dans le cadre d’une évaluation récente. Les autorités devront notamment améliorer leur méthode de ciblage, mettre en œuvre les mesures de communication et de promotion qui l’accompagnent et améliorer le mécanisme de distribution des aides. Un projet financé par l’Association internationale de développement (40,5 millions de dollars) et consacré aux dispositifs de protection sociale va jouer un rôle-clé à cet égard.

Dernière mise à jour: 07 mai 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Sénégal

L’actuelle stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour le Sénégal a été présentée au Conseil des administrateurs le 19 février 2013. Elle couvre la période 2013-2017 et a été élaborée conjointement par l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Pleinement conforme aux stratégies et priorités du nouveau gouvernement sénégalais, la nouvelle stratégie propose d’articuler le soutien du Groupe de la Banque mondiale autour d’un axe unique : le renforcement de la résilience grâce à un cadre de gouvernance visant, d’une part, à accélérer la croissance sur des bases inclusives et la création d’emplois, et, d’autre part, à améliorer les services publics.

Le montant total des engagements du Groupe de la Banque mondiale est réparti comme suit : 1,1 milliard de dollars pour l’IDA (dont 800 millions alloués à des opérations nationales et 300 millions alloués à des opérations régionales), 143 millions pour l’IFC, et 140 millions pour la MIGA. Les fonds fiduciaires s’élèvent à 185,9 millions de dollars. Le portefeuille du Groupe se compose de 16 projets nationaux et sept projets régionaux financés par l’IDA. Les principaux secteurs concernés sont l’agriculture (21 %), l’éducation (21%), la santé/protection sociale (15 %), le transport (15 %) et l’énergie (10 %).

Société financière internationale (IFC)

Au mois de février 2015, les engagements de l’IFC au Sénégal atteignaient 143 millions de dollars. Afin de promouvoir le développement du secteur privé conformément à la nouvelle stratégie de partenariat, l’IFC s’attache à : i) accroître l’accès au crédit des PME et des micro-entreprises par le biais d’intermédiaires financiers et l’apport de conseils d’investissement et de conseil ; ii) appuyer la prestation de services d’infrastructure par des opérateurs privés, avec un accent particulier sur l’énergie et les transports ; iii) soutenir la filière agroalimentaire, à la fois de manière directe et via des intermédiaires financiers ; et iv) aider le gouvernement à améliorer l’environnement des affaires.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

La MIGA appuie depuis plusieurs années les investissements directs étrangers au Sénégal de même que ceux du Sénégal à l’étranger. Au mois de février 2015, ses engagements bruts au Sénégal s’élevaient à 140 millions de dollars.

Dernière mise à jour: 07 mai 2015

Le Groupe de la Banque mondiale a aidé le Sénégal à obtenir des résultats importants dans les secteurs suivants :

Eau et assainissement

Trois projets se sont succédé dans ce secteur depuis une vingtaine d’années : le Projet pour le secteur de l’eau, le Projet d’approvisionnement en eau potable à long terme (PLT) et l’actuel Programme national d'eau potable et d'assainissement du millénaire (PEPAM). La nouvelle stratégie de la Banque pour le Sénégal prévoit le lancement d’une nouvelle opération pour prendre la suite de ces projets.

L’appui de la Banque mondiale a permis au Sénégal d’atteindre les résultats suivants :

  • La réforme du réseau urbain de distribution d’eau, qui a reposé sur un partenariat public-privé solide, a permis un accès quasi-universel à l’eau potable, principalement sous la forme de raccordements individuels.
  • Le Sénégal est l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne qui dispose d’infrastructures d’assainissement développées (réseaux d’égouts, stations d’épuration d’eau et de boue) et qui est doté d’une entité nationale chargée du développement et de l’exploitation de ces infrastructures.
  • Des interventions plus récentes de la Banque mondiale en zones rurales ont permis d’atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 84,1 %, et de faire évoluer la gestion des aménagements hydrauliques ruraux grâce à l’engagement progressif et fructueux du secteur privé local. Le Sénégal a ainsi dépassé la cible de cet objectif du Millénaire pour le développement, fixée à 82 %

Autoroute à péage Dakar-Diamniado

L’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, qui constitue une infrastructure sans précédent dans la région, a réduit le temps de trajet entre le centre-ville de la capitale sénégalaise et Diamniado de 90 à 30 minutes, de même que le coût des embouteillages, estimé à 4,6 % du PIB sénégalais. Le projet permettra aussi progressivement d’améliorer l’accès à de grands projets d’infrastructure (en cours ou à venir) et concernant le port de Dakar, le transport régional de marchandises, la Zone économique spéciale intégrée, le nouvel aéroport de Dakar et un nouveau centre de conférences.

Le projet a levé 122 millions de dollars auprès du secteur privé via la SENAC S.A., une société qui a été créée pour construire, entretenir et exploiter cette autoroute à péage de 24 km de long dans le cadre d’une concession de 30 ans. Les travaux de rénovation effectués dans la zone de Pikine Irrégulier Sud amélioreront en outre les conditions de vie de plus de 200 000 habitants grâce à une meilleure voirie urbaine, des équipements sociaux collectifs et des systèmes de drainage pour prévenir les inondations récurrentes dans la banlieue de Dakar.

Éducation

La Banque mondiale apporte un soutien important au système éducatif sénégalais, avec des engagements dans ce secteur avec une enveloppe globale de 214 millions de dollars.

Depuis 2000, le Sénégal a accompli des progrès considérables sur le plan de l’accès à l’éducation. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire, qui était de 81 % en 2005, a atteint 94 % en 2013. Les effectifs de l’enseignement secondaire sont aussi en expansion. En 2011, le taux de scolarisation des 15-19 ans était deux fois plus élevé que cinq ans auparavant. Les inégalités de scolarisation ont également été réduites dans l’enseignement primaire : grâce à une politique volontariste et un effort financier soutenu, le taux brut de scolarisation des filles dépasse à présent celui des garçons. Le Sénégal a également réussi à améliorer les conditions d’apprentissage en réduisant la taille des classes, qui comptent à présent en moyenne 37 élèves par enseignant, soit l’un des ratios les plus bas dans la région.

Le pays a par ailleurs entrepris des réformes dans l’enseignement supérieur afin d’aider les universités à générer leurs propres sources de revenus et à instaurer une gestion plus transparente. Un plan d’action pour l’équilibre budgétaire des universités a été mis en place. Dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale (8 millions de dollars), l’université de Dakar (UCAD) et l’université de Saint-Louis (UGB) ont été sélectionnées pour accueillir un « Centre d’excellence » dédié respectivement à la santé maternelle et infantile, aux mathématiques et aux TIC.

Dernière mise à jour: 07 mai 2015

La plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement ont une présence active au Sénégal. Des progrès considérables ont été accomplis depuis quelques années vers l’harmonisation de l’aide au développement, conformément aux principes formulés dans la Déclaration de Paris et dans le Programme d’action d’Accra. 

Dernière mise à jour: 07 mai 2015


FINANCEMENTS

Sénégal: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA