Sénégal Présentation

Le pays en bref

Pays sahélien situé dans la partie la plus occidentale de l’Afrique, le Sénégal a une superficie de 196 722 km². Sa population est estimée à environ 15,3 millions d’habitants en 2016. Selon le dernier recensement de 2013, 23 % des habitants du pays sont concentrés dans la région de Dakar (qui couvre 0,3 % du territoire), et 40 % vivent en zones urbaines.

Situation politique

Le Sénégal, qui compte parmi les pays les plus stables d’Afrique, a considérablement renforcé ses institutions démocratiques depuis son indépendance en 1960. Il a connu trois alternances politiques pacifiques et quatre présidents : Léopold Sédar Senghor (1960-1980), Abdou Diouf (1981-2000), Abdoulaye Wade (2000-2012) et, depuis mars 2012, Macky Sall.

Un référendum constitutionnel a été organisé le 20 mars 2016 ; dans le but de renforcer le système politique en raccourcissant le mandat présidentiel de sept à cinq ans, en créant un Haut conseil des collectivités territoriales, en autorisant la participation de candidats indépendants à tous les types d’élections, en conférant un statut officiel au chef de l’opposition et en garantissant l’intangibilité d’un certain nombre de dispositions de la Constitution (notamment celles relatives à la forme républicaine de l’État, au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandats consécutifs du président de la République). Le prochain scrutin présidentiel devrait se dérouler en 2019, tandis que des élections législatives sont prévues en 2017.

Situation économique

En 2015, le Sénégal a enregistré des résultats macroéconomiques solides, avec un taux de croissance de 6,5 % (le plus haut depuis 2003) qui l’a hissé au deuxième rang des pays les plus dynamiques en Afrique de l’Ouest, derrière la Côte d’Ivoire.

La croissance de l’économie sénégalaise est ressortie à 6,4 % au premier trimestre 2016. Elle est principalement tirée par le secteur primaire et les bonnes performances des industries extractives, de la pêche et de l’agriculture. La bonne performance du secteur agricole, s’explique par des précipitations favorables et les très bons résultats des secteurs bénéficiant de programmes publics ciblés (arachides, riz et horticulture). Le secteur industriel a globalement perdu de la vitesse en dépit de la croissance soutenue des secteurs de la construction, de la chimie et de l’énergie. Enfin, le secteur des services, qui représente plus de la moitié du PIB, continue d’afficher une croissance rapide grâce à l’expansion des secteurs des transports et des communications. Du côté de la demande, tous les secteurs enregistrent des résultats solides ; les exportations connaissent une croissance rapide qui tient principalement à la hausse de la production et des exportations du secteur primaire.

La progression des exportations a profité à la balance courante, dont le déficit a été réduit de près de 9 % en 2014 à 7,6 % en 2015, malgré l’augmentation des importations liée à la vigueur de la croissance. De même, la hausse des recettes a soutenu les efforts d’assainissement budgétaire entrepris par les pouvoirs publics et entraîné une réduction du déficit budgétaire de 8,5 à 7,7 % du PIB entre 2014 et 2015. La dette s’est creusée à près de 57 % du PIB, mais reste soutenable.

Perspectives à moyen terme

Les perspectives de l’économie sénégalaise restent positives, avec une croissance qui devrait atteindre 6,6 % en 2016 et s’accélérer progressivement dans les prochaines années. Le secteur agricole devrait continuer de croître, sous réserve que les secteurs secondaire et tertiaire affichent tous deux des performances robustes. L’économie pourrait tirer profit de la baisse des cours du pétrole (malgré leur remontée récente), mais aussi de la poursuite de la mise en œuvre du « Plan Sénégal émergent » (PSE), qui vise à lever les obstacles structurels à la croissance et à faciliter l’initiative privée. Le déficit de la balance extérieure comme celui des finances publiques devraient poursuivre leur repli sous l’effet de la hausse de la production, des exportations et des recettes budgétaires, et en dépit de la progression des importations et des investissements publics. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB devrait se stabiliser avant de diminuer progressivement à moyen terme.

Enjeux de développement

La mise en œuvre du PSE soulève des difficultés importantes. L’accélération de l’investissement public pourrait desservir la discipline budgétaire, même si le niveau de la dette publique reste gérable. De même, malgré les efforts actuellement déployés pour améliorer la qualité de l’investissement public, les effets structurels du PSE risquent d’être inférieurs aux attentes, et menacer les perspectives à moyen terme. Si le pays tarde à améliorer le climat de l’investissement, cela aura pour conséquence de décourager les investissements privés. Enfin, alors que le Sénégal s’emploie à diversifier peu à peu son économie, la volatilité de la production agricole risque aussi d’influer négativement sur les résultats de la croissance.

Une remontée plus rapide qu’attendu des cours du pétrole et des produits alimentaires risque de peser sur la balance extérieure, tandis que les problèmes de croissance auxquels sont confrontés les principaux partenaires commerciaux du Sénégal (Europe et Chine) pourraient nuire à ses exportations. En outre, les incertitudes liées  à l’insécurité dans la région risquent de retarder la reprise du tourisme et de limiter l’investissement privé. Néanmoins, la mise en exploitation récente de nouveaux gisements de pétrole et de gaz pourraient faire grimper les investissements directs étrangers et permettre ainsi un essor anticipé de la production et des exportations.

Situation sociale

Le taux de pauvreté, qui atteint 46,7 % selon les dernières estimations, reste élevé. Le taux de croissance du PIB est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté, tandis que le poids de plus en plus important des exportations de biens à forte intensité capitalistique, au détriment de secteurs intensifs en main-d’œuvre, limite la création de nouveaux emplois. Une série de chocs enregistrés au cours des dernières années est venue freiner encore davantage les progrès : l’incidence de la pauvreté n’a baissé que de 1,8 point de pourcentage entre 2006 et 2011, tandis que le nombre absolu de pauvres, lui, augmentait, pour atteindre 6,3 millions en 2011.

Le niveau des inégalités reste modéré et se situe au-dessous de la moyenne enregistrée en Afrique subsaharienne. Les disparités géographiques restent cependant très prononcées : deux habitants sur trois vivent dans la pauvreté dans les zones rurales, et en particulier dans le sud du pays, contre un sur quatre à Dakar. Si le pays a enregistré un certain nombre d’avancées en matière d’accès à l’éducation, un nombre important de jeunes ne fréquentent que des établissements coraniques, lesquels ne dispensent pas un enseignement aligné sur les programmes scolaires de l’école publique et sont en outre parfois associés à des pratiques de mendicité enfantine, surtout à Dakar.

Afin d’améliorer le bien-être et le capital humain des plus pauvres, le président Sall s’est engagé à accélérer la mise en œuvre du Programme national de bourses de sécurité familiale.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Sénégal

L’actuelle stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour le Sénégal a été présentée au Conseil des administrateurs le 19 février 2013. Elle couvre la période 2013-2017 et a été élaborée conjointement par l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Pleinement conforme aux stratégies et priorités gouvernementales exposées dans le Plan Sénégal émergent, la nouvelle stratégie propose d’articuler le soutien du Groupe de la Banque mondiale autour d’un axe unique : le renforcement de la résilience grâce à un cadre de gouvernance destiné, d’une part, à accélérer une croissance plus équitable et créatrice d’emplois, et, d’autre part, à améliorer les services publics.

En octobre 2016, le montant total des engagements de l’IDA s’élève à 922,4 millions de dollars. Ce portefeuille, constitué de 19 projets nationaux et sept projets régionaux, concerne principalement l’agriculture (21 %), l’eau, l’assainissement et la lutte contre les inondations (16,35 %), l’administration publique et la gouvernance (15,6 %), et l’éducation (16 %).

Au mois de septembre 2016, les engagements d’IFC au Sénégal atteignaient 138,2 millions de dollars, tandis que les engagements bruts de la MIGA s’élevaient à 326,3 millions de dollars.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale a aidé le Sénégal à obtenir des résultats importants dans les secteurs suivants :

Eau et assainissement

Trois projets se sont succédé dans ce secteur depuis une vingtaine d’années : le Projet pour le secteur de l’eau, le Projet d’approvisionnement en eau potable à long terme (PLT) et l’actuel Programme national d'eau potable et d'assainissement du millénaire (PEPAM). La nouvelle stratégie de la Banque pour le Sénégal prévoit le lancement d’une nouvelle opération pour prendre la suite de ces projets.

Grâce à l’appui de la Banque mondiale, 206 160 habitants dans les zones urbaines ont été raccordés au réseau d’adduction d’eau et 82 260 personnes supplémentaires ont désormais accès à des services d’assainissement améliorés ; dans les zones rurales, 172 370 habitants de plus ont désormais accès à l’eau potable, tandis qu’ils sont 193 730 à avoir eu accès à des services d’assainissement améliorés.

Agriculture

Le Programme de productivité agricole en Afrique de l'Ouest, un programme régional couvrant 13 pays, a produit les résultats suivants au Sénégal :

  • 423 000 producteurs et transformateurs agricoles, dont 38 % de femmes, ont pu tirer parti du développement, de la diffusion et de l’adoption de technologies agricoles améliorées entre 2012 et 2015 ;
  • le programme a permis le bon fonctionnement de la recherche agricole et contribué à la mise au point de 14 nouvelles variétés de millet, de sorgho et de niébé à haut rendement, à maturation précoce et résistantes à la sécheresse, en vue de développer une agriculture climato-intelligente ; il a aussi procédé à la modernisation des équipements et installations de base du Centre national de spécialisation ainsi qu’à la mise à niveau de ses capacités humaines ;
  • le programme a mis en place un important dispositif de bourses destiné aux jeunes chercheurs agronomes : 170 bourses ont ainsi été attribuées, dont 99 pour des doctorats et 71 pour des masters ; l’objectif est de renforcer les carrières scientifiques pour les jeunes chercheurs, de combler la pénurie observée dans certains champs de la recherche, et de remplacer les chercheurs partant à la retraite ;
  • une plateforme en ligne a été créée afin d’augmenter l’efficacité et la transparence de la distribution des intrants subventionnés ; 800 000 agriculteurs y sont actuellement inscrits sur le million visé.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

La plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement ont une présence active au Sénégal. Des progrès considérables ont été accomplis depuis quelques années pour harmoniser l’aide au développement, conformément aux principes formulés dans la Déclaration de Paris et dans le Programme d’action d’Accra.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016


FINANCEMENTS

Sénégal: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA