Maurice - Vue d'ensemble

Située au large de la côte sud-est de l’Afrique et voisin de La Réunion, Maurice est un État insulaire de 1,2 million d’habitants et d’une superficie de 1 865 km2. Sa situation politique et économique est très stable depuis son indépendance en 1968. En revanche, sur le plan environnemental, le pays, qui possède un domaine maritime immense (plus de 1 million de km2) est très exposé au changement climatique.

Situation politique

Maurice est une démocratie parlementaire stable dont la vie politique est marquée par des alternances de coalitions. Le président de la République est le chef de l’État tandis que le Premier ministre est le chef de gouvernement et dispose des pleins pouvoirs exécutifs.

L’alliance Lepep — une coalition qui réunit le Mouvement socialiste militant (MSM), le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et le Mouvement pour la libération — a remporté les élections législatives de décembre 2014 avec une majorité confortable (elle détient actuellement 53 des 69 sièges que compte l’Assemblée nationale). Anerood Jugnauth, fondateur du MSM, a été nommé Premier ministre. Alors qu’il a occupé ce poste pendant plus de 16 ans depuis sa première nomination en 1982 (dans le cadre de plusieurs mandats non consécutifs), Anerood Jugnauth, aujourd’hui âgé de 86 ans, a récemment annoncé son intention d’abandonner ses fonctions avant les prochaines élections législatives, qui doivent avoir lieu à la fin de l’année 2019 ou au début de 2020. Selon les termes de la Constitution, en cas de démission du Premier ministre en exercice, c’est le responsable du parti majoritaire à l’Assemblée nationale qui doit lui succéder. En l’occurrence, il s’agirait du fils d’Anerood Jugnauth, Pravind Jugnauth, qui est actuellement ministre des Finances et président du MSM ; ce parti détient en effet 33 des 69 sièges du Parlement et est à la tête de l’alliance Lepep, la coalition au pouvoir. Si le président de la République n’est pas en mesure de trouver un remplaçant au Premier ministre au sein de la majorité parlementaire, la Constitution prévoit la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections législatives anticipées.

Situation économique

La croissance de l’économie mauricienne devrait enregistrer une progression modeste en 2016, pour s’établir à 3,8 %, à la faveur principalement d’une reprise des activités d’investissement. Cette progression dépendra cependant de l’ampleur des nouveaux investissements de l’État, sachant que le budget 2016/2017 prévoit une hausse des dépenses d’équipement public à hauteur de 1,2 % du PIB.

Le déficit du compte courant devrait se maintenir à un niveau inférieur à celui des dernières années, sous l’effet conjugué du ralentissement persistant de l’économie, de la bonne tenue des recettes touristiques et de la baisse des prix mondiaux de l’énergie. Si elle est plus prononcée que prévu, la remontée des investissements stimulera la demande d’importations, dans ce cas, la forte participation des investisseurs étrangers devrait assurer un apport de financements en devises. En l’absence d’une montée des prix à l’importation, l’inflation devrait être contenue autour de 3 % environ en 2016.

Si l’on peut s’attendre à ce que la progression modérée de la croissance économique entraîne une baisse de la pauvreté, les difficultés liées à la transformation structurelle en cours auront pour conséquence de creuser les inégalités. Le taux de pauvreté, selon un seuil établi à 3,1 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2011), devrait baisser de 1,3 point de pourcentage entre 2012 et 2018. Selon les dernières prévisions le taux de chômage devrait stagner autour de 8 %.

Enjeux de développement

Pour pouvoir réduire les inégalités et partager davantage sa prospérité économique, Maurice doit afficher des taux de croissance plus soutenus et instaurer un mode de croissance plus équitable vis-à-vis de la population pauvre. Les défaillances structurelles du marché du travail constituent actuellement une préoccupation majeure. Le faible taux d’emploi, malgré l’adoption de programmes publics ciblés pour l’emploi, témoigne d’un décalage entre, d’une part, le niveau et la composition de la demande de main-d’œuvre dans des secteurs à forte croissance, et, d’autre part, l’offre de main-d’œuvre. L’inadéquation entre les compétences recherchées et celles disponibles, tient aux difficultés du système d’éducation et de formation qui n’a pas encore réussi à s’adapter aux mutations structurelles rapides que connaît l’économie mauricienne et qui ont entraîné une baisse de la demande nette de main-d’œuvre dans des secteurs traditionnellement pourvoyeurs d’emplois à faible qualification comme le sucre et le textile.

Le pays devra impérativement remédier aux inégalités hommes-femmes pour améliorer le fonctionnement du marché du travail et installer une croissance économique inclusive. Les écarts de salaire entre les hommes et les femmes restent élevés, tandis que le taux d’activité féminine est remarquablement bas (aux alentours de 50 % environ pour ces deux indicateurs).

Au-delà du marché du travail, le pays pourrait entreprendre des réformes plus larges pour renforcer sa croissance et atténuer ses contraintes budgétaires. Il pourrait notamment accroître l’efficacité des dépenses publiques en réduisant les subventions et en ciblant davantage les programmes d’aide sociale. L’amélioration des services publics et la relance des efforts de réforme de la réglementation des affaires pourraient réduire le coût de l’activité économique, conforter le pays dans sa position de leader dans ce secteur et soutenir son ambition stratégique de devenir une plateforme régionale pour le commerce et les services.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale à Maurice

Le Groupe de la Banque mondiale a entamé l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat avec Maurice, qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’exercice 2017. La réalisation d’un diagnostic systématique de la situation du pays constitue la première étape de ce processus. La nouvelle stratégie du Groupe reposera sur ce diagnostic qui évalue les freins à la croissance et à la réduction de la pauvreté tout en identifiant les possibles leviers d’action.

Maurice est l’un des rares pays d’Afrique à pouvoir bénéficier des ressources de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du fait de son niveau de revenu, relativement élevé. Mais le rôle de l’institution évolue alors que le pays gagne un meilleur accès aux marchés financiers. La Banque a ainsi enregistré une diminution de la demande de financements de la part des autorités mauriciennes — les prêts octroyés par la BIRD à Maurice s’étaient élevés en moyenne à plus de 60 millions de dollars par an entre les exercices 2007 et 2013 —, mais une hausse de la demande de prestations intellectuelles. Un accord de services de conseil remboursables est en cours d’exécution dans le secteur de l’eau tandis que la Banque finance la réalisation de diverses études économiques et sectorielles, et fournit une assistance technique dans les domaines de l’acquisition de compétences, de l’économie bleue et de la finance.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

Le soutien apporté par la Banque mondiale aux autorités mauriciennes consiste principalement en un transfert de connaissances, notamment sous la forme d’une assistance technique. Les autorités estiment que l’intégration régionale relève à part entière de leur stratégie de développement visant à dynamiser la croissance et à installer un développement durable. La Banque mondiale soutient à cet effet les priorités régionales que s’est fixées le pays, y compris dans le domaine de l’économie bleue dont l’objectif est de parvenir à une utilisation durable des ressources maritimes. Elle conduit actuellement à la demande du gouvernement des travaux d’analyse qui permettront de mesurer le potentiel à court, moyen et long termes de l’économie bleue du point de vue de la croissance et de la création d’emplois, tout en mettant en évidence les obstacles à surmonter. La récente Conférence ministérielle africaine sur les économies océaniques et le changement climatique, organisée conjointement par la Banque mondiale et Maurice, confère à ce pays un rôle de chef de file international dans ce domaine.

Grâce à l’aide de la Banque mondiale, Maurice fait désormais figure d’expert auprès des gouvernements africains sur « la manière de mener des réformes », tout en bénéficiant aussi de leurs apports de connaissances sur des domaines propres à leurs programmes de réformes.

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016

Le soutien qu’apporte la Banque mondiale aux autorités mauriciennes prend essentiellement la forme d’un transfert de connaissances, et notamment d’assistance technique. Ce type de travaux occupe une place importante dans les activités de l’institution. Les autorités estiment que l’intégration régionale relève à part entière de la stratégie de développement visant à dynamiser la croissance et à installer un développement durable. La Banque mondiale soutient à cet effet les priorités régionales que s’est fixé le pays, y compris dans le domaine de l’économie bleue dont l’objectif est de parvenir à une utilisation durable des ressources maritimes. 

Dernière mise à jour: 02 nov. 2016


FINANCEMENTS

Maurice: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA