Maurice - Vue d'ensemble

Situation économique

La progression de l’économie mauricienne est ressortie à 3,5 % en 2015, dans la lignée des 3,4 % enregistrés en 2014, et ce en dépit d’une conjoncture internationale défavorable marquée notamment par l’atonie de la croissance dans la zone euro, dont Maurice est fortement tributaire en ce qui concerne le tourisme, les échanges et les investissements directs étrangers (IDE). La croissance continue d’être portée par le tourisme, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que par les secteurs de la finance et de l’assurance, qui ont progressé respectivement de 8,6 %, 6,9 % et 5,2 %. En revanche, le secteur de la construction a continué de fléchir pour la deuxième année consécutive (avec un déclin de 4,3 %) tandis que le textile perdait 1 %.

Le déficit du compte courant s’est réduit, pour passer de 8,8 % du PIB en 2014 à 7 % en 2015, sous l’effet de la réduction du déficit commercial et de la baisse des flux de revenu sortants. Ce déficit s’explique principalement par des facteurs structurels, notamment le recul de l’épargne privée et le poids des importations de biens d’équipement, auxquels s’est conjugué dernièrement le ralentissement économique enregistré par les principaux partenaires commerciaux du pays. Il continue d’être financé en grande partie par les IDE (notamment dans l’immobilier et l’hôtellerie) et les apports financiers de multinationales.

La banque centrale poursuit une politique monétaire accommodante mais prudente, qui reste en accord avec les exigences de stabilité macroéconomique tout en s’efforçant de soutenir une croissance plus vigoureuse et de résorber l’écart de production. Le taux de prises en pension a été ramené à 4,4 % en novembre 2015 (soit une réduction de 25 points de base) et n’a pas été modifié ultérieurement, du fait notamment d’une inflation globale de seulement 1,3 % en 2015, ce faible taux découlant de la tendance à la baisse des prix des matières premières et du ralentissement persistant de l’économie nationale. La politique budgétaire reste également expansionniste, comme en témoignent les déficits primaires de 2014 et 2015 (0,4 % et 1,6 % du PIB respectivement).

Situation politique

Maurice est une démocratie parlementaire dont la vie politique est marquée par des alternances de coalitions. Le président de la République est le chef de l’État tandis que le Premier ministre est le chef de gouvernement et dispose des pleins pouvoirs exécutifs.

L’alliance Lepep — une coalition qui réunit le Mouvement socialiste militant (MSM), le Parti mauricien social démocrate (PMSD) et le Mouvement pour la libération — a remporté les élections législatives de décembre 2014 avec une confortable majorité, puisqu’elle détient désormais 51 des 69 sièges que compte l’Assemblée nationale. Anerood Jugnauth, fondateur du MSM, a été nommé Premier ministre. Cette victoire décisive de la coalition, qui bénéficie de l’appui des parlementaires, devrait consolider la stabilité politique ; elle l’oblige également à mener à bien son programme de réformes. À 85 ans, l’actuel Premier ministre renoue avec une fonction qu’il aura exercée pendant 16 ans depuis sa première nomination en 1982.

Le 29 mai 2015, à la suite de la démission du président Rajkeswur Purryag, la vice-présidente, Monique Ohsan-Bellepeau, a assuré l’intérim de la présidence de la République jusqu’à ce que l’Assemblée nationale n’élise à l’unanimité, le 4 juin 2015, Ameenah Gurib-Fakim.

Enjeux de développement

Maurice doit principalement s’atteler à accroître sa compétitivité grâce à une plus grande intégration régionale, à instaurer un environnement plus propice à l’innovation, à rendre la croissance plus inclusive en remédiant à la pénurie de ressources humaines qualifiées, et à renforcer la résilience aux catastrophes naturelles et au changement climatique.

Le pays doit accélérer le rythme des réformes pour diversifier son économie, autant sur le plan vertical (en approfondissant les chaînes de valeur) que géographique (en réorientant ses exportations vers les marchés émergents). Cela passe impérativement par une réforme des barrières commerciales, de l’éducation et des infrastructures. En outre, un assainissement budgétaire s’impose pour engranger de substantiels gains d’efficacité et assurer des dépenses efficaces dans les domaines prioritaires, comme le renforcement des systèmes de protection sociale pour pallier l’impact d’un éventuel ralentissement économique. 

Dernière mise à jour: 08 avr. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale à Maurice

Le Groupe de la Banque mondiale a lancé le processus d’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat avec Maurice, qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’exercice 2016. Il a réalisé à cette fin un diagnostic systématique de la situation du pays, qui évalue les freins à la croissance et à la réduction de la pauvreté tout en identifiant les possibles leviers d’action. Ce diagnostic est un jalon essentiel en vue de l’élaboration du nouveau cadre de partenariat.

Le rôle de la Banque mondiale évolue à mesure que le pays gagne un meilleur accès aux marchés financiers. Maurice est l’un des rares pays d’Afrique à pouvoir bénéficier des ressources de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du fait de son niveau de revenu, relativement élevé.

Dernière mise à jour: 08 avr. 2016

La Banque mondiale et les autorités mauriciennes ont récemment conclu un accord de services de conseil remboursables visant à soutenir les réformes dans le secteur de l’eau. Cet accord ouvre la voie à un appui stratégique qui aidera le gouvernement à mettre en place un partenariat public-privé pour les services d’eau potable tout en entreprenant parallèlement et plus largement une modernisation institutionnelle du secteur de l’eau

Grâce à l’aide de la Banque mondiale, Maurice fait désormais figure d’expert auprès des gouvernements africains sur « la manière de mener des réformes », tout en bénéficiant aussi de leurs apports intellectuels sur des domaines propres à leurs programmes de réforme.

Dernière mise à jour: 08 avr. 2016

Le soutien qu’apporte la Banque mondiale aux autorités mauriciennes prend essentiellement la forme d’un transfert de connaissances, et notamment d’assistance technique. Ce type de travaux occupe une place importante dans les activités de l’institution. Les autorités estiment que l’intégration régionale relève à part entière de la stratégie de développement visant à dynamiser la croissance et à installer un développement durable. La Banque mondiale soutient à cet effet les priorités régionales que s’est fixé le pays, y compris dans le domaine de l’économie bleue dont l’objectif est de parvenir à une utilisation durable des ressources maritimes. 

Dernière mise à jour: 08 avr. 2016


FINANCEMENTS

Maurice: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA