Maurice - Vue d'ensemble

Contexte politique

Maurice est une démocratie parlementaire qui jouit d’un paysage politique relativement stable. Le président de la République est le chef de l’État tandis que le Premier ministre est le chef de gouvernement et dispose des pleins pouvoirs exécutifs.

L’alliance Lepep — une coalition réunissant le Mouvement socialiste militant (MSM), le Parti mauricien social démocrate (PMSD) et le Mouvement pour la libération — a remporté les élections législatives du 10 décembre 2014 avec une confortable majorité, puisqu’elle détient désormais 51 des 69 sièges que compte l’Assemblée nationale. Anerood Jugnauth, fondateur du MSM, a été nommé Premier ministre. Cette victoire écrasante de la coalition devrait restaurer la stabilité politique. Elle l’oblige également à mener à bien son programme de réformes. À 85 ans, l’actuel Premier ministre renoue avec une fonction qu’il a exercé en 1982 pendant 16 ans. Cette expérience, doublée d’un sens politique aigu, devrait également favoriser la stabilité.

Situation économique

Maurice continue d’afficher une croissance positive en dépit d’une conjoncture internationale incertaine. Mais le ralentissement de la zone euro a rejailli sur ses performances, l’économie nationale dépendant du tourisme, des échanges et des investissements directs étrangers (IDE). La croissance s’est établie à 3,5 % en 2014, en deçà des prévisions initiales (entre 3,7 et 4,0 %), fragilisée par les résultats médiocres du secteur de la construction, en repli de 6,4 %, et par une certaine atonie du secteur textile, qui n’a progressé que de 1,5 % environ. Mais grâce aux évolutions structurelles engagées depuis 10 ans, le secteur tertiaire continue de soutenir la croissance, notamment les services financiers, le commerce et les TIC, qui ont respectivement progressé de 5,4, 3,2 et 6,4 % en 2014. Le tourisme s’est également redressé, à 4,1 % en 2014.

Le ralentissement de 2014 a entraîné une baisse des rentrées fiscales et une aggravation de la dette publique. Le recouvrement des impôts a ralenti, à 20,6 % du PIB au lieu des 22,2 % attendus. Le phénomène est particulièrement marqué pour l’impôt sur les revenus et sur les sociétés (ressorti à 4,2 % du PIB au lieu de 4,4 %) et la TVA (11%,3 contre 12,5 %). Les dons ont eux aussi été inférieurs aux attentes (0,1 % contre 0,6 %). En réaction, le gouvernement a retardé l’établissement du Bureau de recherche sur les traitements (PRB) et a réduit ses dépenses de biens et de services.

Le déficit primaire est cependant ressorti à 0,6 % du PIB (soit plus que les 0,4 % prévus) mais l’endettement net du secteur public (plafond statutaire) s’est aggravé, passant de 54 % du PIB en 2013 à 54,2 % en 2014. Le budget 2015 ne devrait pas consolider la dette publique et le gouvernement devra renforcer les mesures d’assainissement budgétaire pour tenir son objectif de ratio dette/PIB d’ici 2018. Conformément au plafond fixé, ce dernier devrait être ramené à 54,2 % en 2015, sous réserve que la croissance économique reste soutenue et les conditions de financement favorables. Globalement, la dette publique devrait reculer à 58,6 % du PIB, contre 61,5 % en 2014.

La Banque de Maurice a poursuivi sa politique monétaire accommodante, maintenant les mesures d’assouplissement face au ralentissement de l’économie nationale et la persistance d’incertitudes au niveau mondial. Depuis juin 2013, le taux de prises en pension est fixé à 4,65 %, une politique favorisée par le recul de l’inflation en glissement annuel, qui est passée de 3,6 à 2,6 % entre décembre 2013 et décembre 2014, grâce en partie à l’évolution des cours du pétrole et aux subventions des denrées alimentaires. La banque centrale continue d’intervenir sur les marchés des changes pour renforcer ses réserves et  stériliser la masse monétaire additionnelle afin de protéger le pays contre un éventuel coup de frein de l’économie. En 2014, la banque centrale a accumulé environ 4 milliards de dollars de réserves en devises, ce qui représentait, fin 2014, l’équivalent de six mois d’importations (contre 3,3 milliards de dollars, soit 4,8 mois d’importations, en 2013)

Le déficit du compte courant, qui tourne autour de 8 à 9 % du PIB depuis quelques années, est inférieur à son niveau des années 2010-2011, le déficit de la balance des biens et des services s’étant amélioré tandis que les revenus des investissements de portefeuille ont reculé. Les exportations sont restées stables, s’établissant depuis plusieurs années autour de 52 à 55 % du PIB. Des raisons structurelles expliquent le déficit courant, notamment le recul de l’épargne privée, la hausse des importations de biens d’équipement, la décélération dans les principaux pays partenaires commerciaux de Maurice et des termes de l’échange peu favorables. Une part grandissante de ce déficit continue d’être financée par les IDE et les apports financiers de multinationales.

Situation sociale

Les inégalités s’aggravent et le taux de pauvreté relative est en hausse, passant  de 8,5 % en 2007 à 9,8 % en 2012. Résultat, la classe moyenne s’érode depuis 5 ans augmentant ainsi les risques de basculer dans la pauvreté. Les autorités doivent s’efforcer d’améliorer la qualité du système éducatif, y compris les filières professionnelles, pour répondre aux attentes du secteur privé et remédier au problème d’adéquation des compétences. Une meilleure coordination entre des secteurs comme l’éducation et la santé ainsi que des politiques dynamiques en faveur de l’emploi pourraient contribuer à la lutte contre la pauvreté chronique et faciliter la réinsertion professionnelle des laissés-pour-compte.

Enjeux de développement

L’essor économique de Maurice se heurte à plusieurs obstacles : la faiblesse de certaines infrastructures, notamment pour améliorer la circulation routière et l’approvisionnement en eau ; un manque de main-d’œuvre qualifiée, à cause de difficultés à réformer le système éducatif traditionnel ; la fuite des cerveaux et l’incapacité à exploiter pleinement les talents d’une vaste diaspora ; et des entreprises publiques et parapubliques trop grandes et pas assez performantes.

Maurice doit accélérer le rythme des réformes pour diversifier son économie, autant sur le plan vertical (progression dans la chaîne de valeur) que géographique (en réorientant ses exportations vers les marchés émergents). Cela passe impérativement par une réforme des barrières commerciales, de l’éducation et des infrastructures. En outre, un assainissement budgétaire s’impose pour améliorer l’efficience des finances publiques et assurer des dépenses efficaces dans les domaines prioritaires, comme le renforcement des systèmes de protection sociale pour pallier l’impact d’un éventuel ralentissement économique.

Dernière mise à jour: 23 juin 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale à Maurice

La stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec Maurice fixe un cadre à l’engagement de l’institution jusqu’en 2015. Elle s’articule autour de quatre axes de réforme : l’assainissement budgétaire et l’amélioration de l’efficacité du secteur public ; le renforcement de la compétitivité commerciale ; l’amélioration du climat d’investissement ; et la démocratisation de l’économie en incluant davantage les populations et en favorisant une économie sociale et pérenne. La Banque mondiale a lancé le processus d’élaboration du nouveau cadre de partenariat, qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’exercice 2015, et réalisé un diagnostic systématique de la situation du pays, qui évalue plusieurs indicateurs socioéconomiques. Parallèlement, les autorités préparent leur plan stratégique directeur pour détailler le programme de réformes censé porter la croissance du PIB à 6 % et aider Maurice à accéder au statut de pays à revenu élevé d’ici 2020.

Le rôle de la Banque mondiale évolue à mesure que le pays accède davantage aux marchés financiers. Maurice est l’un des rares pays d’Afrique à pouvoir bénéficier des ressources de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du fait de son niveau de revenu, relativement élevé.

Dernière mise à jour: 23 juin 2015

La Banque mondiale aide Maurice à mettre en œuvre une série de réformes visant à renforcer l’efficacité du secteur public et à accroître la compétitivité du secteur privé. Cette aide se décline notamment en deux récentes séries de prêts à l’appui des politiques de développement, de respectivement 20 et 15 millions de dollars. La Banque mondiale finance actuellement un prêt à l’investissement d’environ 50 millions de dollars pour les routes et une assistance technique aux projets d’infrastructure dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie, du transport et de la protection alimentaire. Elle prépare aussi une nouvelle série de prêts à l’appui des politiques de développement en faveur de la compétitivité du secteur privé ainsi qu’un nouveau prêt à l’investissement pour renforcer la sécurité routière et la gestion des actifs dans le secteur des transports.

Ces prêts sont complétés par des études économiques et sectorielles ponctuelles sur un large éventail de thèmes : infrastructures, examen des dépenses publiques, santé, tourisme, éducation, protection sociale et pauvreté, entreprises publiques et réformes de l’administration, finance, diaspora et renforcement institutionnel. Un certain nombre de notes et des opérations d’assistance technique sont en préparation pour analyser et évaluer la pauvreté et les inégalités.

Dernière mise à jour: 23 juin 2015

Le Groupe de la Banque mondiale a noué un partenariat très étroit avec Maurice. Grâce à son intervention, Maurice fait désormais figure d’expert auprès des gouvernements africains sur « la manière de mener des réformes », tout en bénéficiant aussi de leurs apports intellectuels sur des domaines propres à leurs programmes de réforme. Le bureau de la Banque mondiale contribue à l’organisation de ce transfert de connaissances. Les autorités estiment que l’intégration régionale relève à part entière de la stratégie de développement pour dynamiser la croissance et  installer un développement durable. La Banque mondiale soutient à cet effet les priorités régionales que s’est fixées le pays, y compris dans le domaine de l’économie bleue dont l’objectif est de parvenir à une utilisation durable des ressources maritimes. Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale vient d’approuver le financement de 75,5 millions de dollars, du premier Projet sur la gouvernance des pêches et la croissance partagée dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (SWIOFish1) en faveur de Maurice et neuf autres pays : les Comores, Madagascar, les Seychelles, la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, le Mozambique, l’Afrique du Sud et les Maldives. Également financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), il constitue une première pour Maurice.

Dernière mise à jour: 23 juin 2015


FINANCEMENTS

Maurice: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA