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Maurice - Vue d'ensemble

Maurice est composée de quatre îles ou archipels : Maurice, Saint-Brandon, Rodrigues et Agaléga. Ancienne colonie britannique, elle a obtenu son indépendance en 1968 et est devenue une République en 1992.  D’une superficie de 2040 km², le pays a une population d’environ 1,3 million d’habitants, avec une densité de 635 habitants au km². L’accroissement démographique étant estimé à 0,4 %, Maurice devrait bientôt être confrontée au vieillissement de sa population (selon les projections, ceux qui ont 60 ans et plus vont passer de 9 % en 2000 à 23 % d’ici 2040). Les Mauriciens sont majoritairement d’ascendance indienne mais aussi africaine, européenne et chinoise. Ils parlent l’anglais, le français et le créole mauricien.

Cette République parlementaire est membre de plusieurs organisations régionales, dont l’Union africaine, le Marché commun de l’Afrique australe et orientale (COMESA), le Commonwealth, la Commission de l’océan Indien (COI), l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 11,5 milliards de dollars en 2012, elle appartient aux pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Le  revenu national brut par habitant est de 8750 dollars. Le taux de pauvreté, qu’il s’agisse de la pauvreté relative, absolue ou alimentaire, est faible. Selon la mesure de pauvreté relative (Basé sur les estimations de l’enquête sur le budget des ménages 2006/2007.), le taux de pauvreté  est estimé à environ 8,7 % en 2006/2007, un niveau bas comparé à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. Alors que le pays a une superficie limitée, l’incidence de la pauvreté relative varie fortement d’une région à l’autre, et est plus marquée en milieu urbain.

Le Premier ministre, M. Navinchandra Ramgoolam, est le chef du gouvernement et le dirigeant du Parti travailliste. Ce dernier a remporté les élections générales de mai 2010 avec le soutien du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et d’un nouvel allié, le Mouvement socialiste militant (MSM). En juillet 2011, le MSM a quitté le gouvernement en signe de protestation contre l’arrestation de l’ancien ministre de la Santé, au cœur d’une enquête pour allégations de corruption. Un nouveau cabinet a été constitué en août 2011 et le nouveau programme gouvernemental a été approuvé par le Parlement en mai 2012. L’alliance au pouvoir, toujours placée sous le leadership du Premier ministre Navinchandra Ramgoolam et du chef du PMSD au poste de vice-Premier ministre et de Ministre des Finances et du Développement économique, dispose d’une faible majorité de quatre sièges.

Économie.

Maurice possède de solides fondamentaux économiques : ouverture aux investissements directs étrangers (IDE) (415 millions de dollars en 2012, soit 3,6 % du PIB), économie à vocation exportatrice (6 milliards de dollars en 2012 ou 53 % du PIB), standards élevés de bonne gouvernance (43ème rang dans l’indice 2012 de perception de la corruption de Transparency International) et environnement propice aux affaires (elle occupe le premier rang du classement 2012 du rapport Doing Business de la Banque mondiale dans le domaine du climat des affaires, et le 19ème rang du classement général).

Le pays est très bien placé sur le plan de la compétitivité, du climat des investissements et de la gouvernance. Il figure à la 45ème place sur 148 pays dans le classement 2013-2014 de l’indice de compétitivité du Forum économique mondial, devant tous les autres pays africains. ll ressort en tête de l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine en 2012 et se classe à la 36ème position dans l’indice 2011 AT Kearney de localisation des services mondiaux. Les performances remarquables de l’économie sont attribuées à une saine gouvernance économique, des réformes accélérées pour entretenir une croissance à long terme et des relations fructueuses entre l’État et les entreprises. Ces facteurs, conjugués à des réponses bien ciblées et opportunément apportées, ont aidé Maurice à supporter les effets négatifs de la crise mondiale.

Le pays a engagé un train de réformes plurisectorielles en 2006, dans l’objectif d’améliorer sa compétitivité. Ces réformes ont visiblement réussi à doper la croissance, résorber le chômage et accélérer la diversification, avec le développement de nouveaux secteurs d’activité. Elles ont donné une marge de manœuvre budgétaire aux autorités qui ont pu mener début 2009 une vaste politique anticyclique, bien ciblée et temporaire, afin d’atténuer l’impact de la crise financière. Le plan de relance a permis d’absorber le choc de la crise mondiale de 2007/2008. Il a été renforcé en août 2010, à hauteur de 2 % du PIB, pour lisser les effets de l’affaiblissement de l’euro.

Depuis 2010, le gouvernement s’est lancé dans un deuxième train de réformes destiné à consolider la compétitivité du pays et à accompagner sa transition vers des marchés d’exportation de plus en plus diversifiés, tout en s’assurant que les fruits de la croissance profite de façon inclusive à l’ensemble de la population. Ces réformes s’articulent autour de plusieurs axes : (1) amélioration de la provision de services publics, y compris dans l’administration et les entreprises d’État ; (2) le développement des infrastructures pour lever les obstacles critiques, surtout dans les transports ; (3) le développement des compétences pour accroître la productivité et mieux intégrer les groupes de population restés à l’écart ; (4) le développement de la protection sociale pour permettre aux populations les plus vulnérables de gagner en autonomie ; et (5) la poursuite de la libéralisation des dispositions non tarifaires pour renforcer la compétitivité commerciale.

Le PIB réel a baissé à 3,4% en 2012. Les principaux contributeurs à la croissance du PIB ont été les activités financières et d'assurance (+ 0,6 ppt), l’industrie alimentaire (+0,5 pt), le commerce de gros et de détail ; la réparation de véhicules automobiles et de motocycles (+0,5 pt), et les technologies de l'information et de la communication (+0,4 ppt ), partiellement contrebalancés par la construction (-0,2 pt) et l’industrie du textile (-0,1 ppt). Ce rythme plus modéré de la croissance économique s’est prolongé en 2013, reflétant l'impact du ralentissement économique mondial, en particulier sur le marché européen où Maurice reste très vulnérable. Il n’est donc pas surprenant de constater que le taux de croissance de 2013 va probablement être en deçà des prévisions budgétaires 2013 qui prévoyaient une croissance de 4,1%.

Alors que les perspectives économiques pour l'île Maurice sont globalement positives, un certain nombre de contraintes pourraient potentiellement nuire à la croissance économique, telles que la lenteur des réformes structurelles dans le pays et la vulnérabilité de l'économie aux conditions exogènes. Le gouvernement a adopté une politique budgétaire prudente afin de parvenir à la consolidation de la dette, mais reste engagé à soutenir le développement des infrastructures. La Banque de Maurice a commencé à assouplir sa politique monétaire en décembre 2011 en raison du ralentissement de l'économie nationale et les incertitudes qui persistent au niveau mondial.

Le taux des prises en pension a été réduit à 4,9% en mars 2012 et à 4,65% en juin 2013. Cette orientation plus accommodante de la politique monétaire a été facilitée par la baisse progressive du taux d'inflation annuel de 6,5% en 2011 à 3,6%  en juin 2013, en partie liée au ralentissement des prix des matières premières. Le déficit du compte courant s'est creusé, passant de 7,4% du PIB en 2009 à 13,2% du PIB en 2011, principalement en raison de la hausse des importations financées par les investissements directs étrangers. Cette tendance s'est inversée en 2012 en raison de la croissance des exportations, et malgré une augmentation des importations et le déficit du compte courant a été ramené à 10,2% du PIB. La Banque de Maurice poursuit son programme à moyen terme pour augmenter les réserves de change à six mois d'importations de biens et services, avec en parallèle la stérilisation de la masse monétaire supplémentaire.

Enjeux de développement.

En dépit d’une réussite économique certaine, de nombreux défis persistent. Les chocs extérieurs ont mis en évidence l’extrême dépendance à l’égard d’un nombre restreint de secteurs et de marchés. Pour autant, Maurice n’est pas encore en mesure de tirer pleinement parti du rééquilibrage des marchés d’exportation. Le pays n’est pas encore correctement intégré dans la chaîne de production et les marchés finaux des pays qui seront obligés d’augmenter leurs capacités intérieures d’absorption (surtout en Asie).

Les trois grands enjeux sont les suivants :

  • le système d’infrastructure, notamment pour améliorer la circulation routière et l’approvisionnement en eau ;
  • la rareté des ressources humaines qualifiées en raison des difficultés du pays à réformer le système éducatif traditionnel, à retenir les meilleurs cerveaux et à exploiter pleinement la diaspora ;
  • Les entreprises publiques et parapubliques, trop grandes et relativement inefficaces.

Dans un contexte économique difficile, Maurice doit accélérer le rythme des réformes pour diversifier son économie, à la fois en remontant la chaîne de valeur qu’en réorientant ses exportations vers les marchés émergents (par exemple, la Chine, l’Inde, la Russie et le continent africain). La réforme dans le domaine des barrières commerciales, de l’éducation et des infrastructures seront fondamentales pour y arriver. En outre, le processus de consolidation budgétaire devra s'accélérer pour réaliser des gains d'efficacité substantiels dans le budget et veiller à l'efficacité des dépenses dans les secteurs prioritaires, notamment, par le renforcement des systèmes de protection sociale pour pallier l’impact d’un éventuel ralentissement qui entraînerait une aggravation du chômage.

Dernière mise à jour : octobre 2013

L’actuelle stratégie de partenariat de la Banque mondiale avec Maurice fixe un cadre de coopération jusqu’en 2013. Ce document, élaboré en étroite concertation avec l’Union européenne, s’articule autour des quatre axes de réforme des autorités : (1) l’assainissement budgétaire et l’amélioration de l’efficacité du secteur public ; (2) le renforcement de la compétitivité commerciale ; (3) l’amélioration du climat d’investissement ; et (4) la démocratisation de l’économie, grâce à la participation, l’inclusion sociale et la durabilité. L’examen à mi-parcours de cette stratégie, effectué en 2011, dresse un bilan des évolutions récentes, sur le plan des répercussions de la récession économique mondiale comme de l’avancement de la stratégie elle-même. Si les objectifs stratégiques sont toujours pertinents et alignés sur le programme de développement du pays, les projets ont été ajustés pour refléter l’évolution de l’environnement mondial. Le rapport d’avancement précise le contexte et la raison d’être du programme proposé par le Groupe de la Banque mondiale d’ici l’échéance de sa stratégie de partenariat, repoussée à l’exercice 2015 pour coïncider avec les prochaines élections.

Le rôle de la Banque mondiale évolue à mesure que le pays gagne un meilleur accès aux marchés financiers. Maurice est l’un des rares pays d’Afrique à pouvoir bénéficier des ressources de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du fait de son niveau de revenu relativement élevé. L’institution l’a aidée à mettre en œuvre une série de réformes pour renforcer l’efficacité du secteur public et accroître la compétitivité du secteur privé, grâce à deux séries de DPL de respectivement 20 et 15 millions de dollars. Actuellement, la Banque mondiale finance un prêt à l’investissement d’environ 50 millions de dollars pour les routes et une assistance technique aux projets d’infrastructure dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie, du transport et de la protection alimentaire ainsi que dans la préparation d’un nouveau DPL visant l’accroissement de la compétitivité du secteur privé. Elle prépare aussi un nouveau prêt à l’investissement de 50 millions de dollars environ pour renforcer la sécurité routière et la gestion des actifs dans le secteur des transports. Ces prêts sont complétés par des études économiques et sectorielles ponctuelles sur un large éventail de thèmes : infrastructures, état des dépenses publiques, santé, tourisme, éducation, protection sociale et pauvreté, entreprises publiques et réformes de l’administration, finance, diaspora et renforcement institutionnel avec le gouvernement. Un certain nombre de notes et d’assistances techniques sont en cours sur la surveillance et l’évaluation de la pauvreté et de l’inégalité.

Partenariats

Le gouvernement mauricien a noué d’étroites relations avec la Banque mondiale et d’autres partenaires au développement, bénéficiant de leur assistance technique et financière. Ces partenaires font preuve d’un réel esprit de collaboration, les chefs de délégation et les responsables techniques se réunissant fréquemment pour des échanges de points de vue.

Dernière mise à jour : octobre 2013

La Banque a établi un partenariat très fort avec l'île Maurice, un pays à revenu intermédiaire aux performances élevées qui a mis en œuvre une série de réformes majeures visant à diversifier l'économie et faire face aux chocs extérieurs lors de ces dernières années, avec le soutien d'une série de prêts à l'appui de politiques de développement de la Banque et de prêts pour des projets d'investissement. Les résultats ont été encourageants, mais Maurice reste éloigné des pays à revenu intermédiaire les plus performants dans les domaines cruciaux de développement tels que l'efficacité du secteur public et le niveau adéquat de compétences techniques, et le système d'infrastructure doit se réorienter davantage vers des activités à forte valeur ajoutée et soutenir le développement d’une économie fondée sur la connaissance. Alors que l'île Maurice est un exemple de pays qui a une trajectoire réussie de développement, la compétitivité internationale croissante et la volatilité de l'environnement externe appellent à des réformes continues.

Avec l’aide de la Banque, Maurice est devenue un exportateur d'expertise sur la façon de procéder à des réformes auprès des gouvernements africains, mais aussi comme un importateur de connaissances dans certains domaines de son programme de réforme. Faciliter les transferts de connaissances est une partie importante du travail du bureau de la Banque mondiale.

Dernière mise à jour : octobre 2013

FINANCEMENTS

Maurice: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA

Dans le Groupe Banque mondiale

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