Mauritanie - Vue d'ensemble

  • Situation politique

    À la suite de la proclamation de son indépendance en 1960-, la Mauritanie a été politiquement stable jusqu’au coup d’État militaire de juillet 1978, qui a renversé sans effusion de sang son premier président, Mokhtar Ould Daddah. Le dernier coup d’État en date, qui remonte à août 2008, a porté au pouvoir le général Mohammed Ould Abdel Aziz. Ce dernier a remporté les élections de 2009, puis a été réélu en 2014 pour un second et dernier mandat. En 2017, un référendum constitutionnel a supprimé le Sénat, créé des conseils régionaux pour le développement local, modifié l’hymne et le drapeau national, et fusionné diverses instances au sein d’un Haut Conseil de la Fatwa et des Recours gracieux. Le prochain scrutin présidentiel se tiendra en 2019. Le paysage politique est marqué par une forte polarisation entre l’Union pour la République (UPR), le parti présidentiel à la tête d’une coalition au pouvoir regroupant plusieurs petites formations, et le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), qui rassemble des partis d’opposition (dont notamment le parti islamiste Tawassoul), ainsi que des organisations de la société civile et des indépendants.

    Situation économique

    Grâce à une politique budgétaire prudente et à la remontée progressive des cours mondiaux des minerais, la Mauritanie est sortie de la période de ralentissement provoquée par la chute des prix des matières premières. La croissance du PIB réel s’est accélérée à 3,5 % en 2017, contre un taux de 2 % l’année précédente, sous l’effet principalement des meilleures performances affichées par les secteurs de la pêche, de l’élevage, de l’industrie manufacturière et du commerce. Mais, compte tenu de la croissance démographique (environ 3%), la reprise économique reste insuffisante et ne se traduit que par une hausse de 1,1 % du revenu réel par habitant. Cette situation compromet les progrès accomplis en matière de réduction de la pauvreté entre 2008 and 2014.

    La rigueur budgétaire, conjuguée au rebond des exportations minières, ont ramené le déficit des transactions courantes de 15,8 à 11 % du PIB entre 2016 et 2017. Ce redressement a permis de réduire les tensions liées aux financements extérieurs et de maintenir le niveau des réserves de la banque centrale à hauteur de 5,1 mois d’importations. L’ampleur du déficit continue cependant de poser un problème structurel au niveau des politiques macroéconomiques. À cela s’ajoutent la concentration des ressources extérieures dans des investissements directs étrangers portant sur les industries extractives et le recours à l’emprunt extérieur pour financer l’investissement public.

    Situation sociale

    La Mauritanie a connu une période de croissance soutenue entre 2008 et 2014, qui s’est accompagnée de progrès significatifs sur le plan du bien-être des ménages. La croissance réelle des dépenses des ménages s’élevait en moyenne à 1,52 % par habitant et par an. Toutes les catégories de revenu en ont bénéficié, et le pays a enregistré une nette réduction du taux de pauvreté, qui a reculé de 44,5 à 33 % sur cette période. L’amélioration des niveaux de vie a été plus marquée pour les populations vivant dans la pauvreté et l’extrême pauvreté que pour le reste de la population. Les inégalités ont par conséquent diminué : le coefficient de Gini, qui mesure les disparités de revenu dans une population donnée, a baissé de 35,3 à 31,9 entre 2008 et 2014. Ces avancées s’expliquent par la hausse de la production, de la productivité et des revenus enregistrée dans les zones rurales à la suite de la restructuration du secteur de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que par d’autres facteurs tels que les migrations internes et l’évolution des prix relatifs.

    Certaines catégories de la population mauritanienne n’ont toutefois pas bénéficié de ce processus, tandis que le pays est à la traîne en ce qui concerne un grand nombre d’indicateurs sociaux. La pauvreté n’a pas reculé à Nouakchott, en raison probablement des migrations vers les zones urbaines, la capitale attirant les plus pauvres d’entre les pauvres. Les taux d’activité et d’emploi n’ont pas progressé, et ceux qui sont exclus du progrès social, à savoir notamment les jeunes, les femmes et les travailleurs pauvres, sont de plus en plus marginalisés. Les taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans est de 55 % seulement, un tiers des ménages vivent dans des logements précaires, et 38 % de la population s’éclaire à l’électricité.

    Enjeux de développement

    La Mauritanie souffre de nombreux problèmes de développement et va devoir s’atteler à trois freins majeurs si elle veut transformer un modèle de développement jusqu’ici basé sur les exportations du secteur minier en une dynamique durable de diversification économique et de création d’emplois.

    La gestion médiocre de la rente des industries extractives constitue à court et moyen termes le premier obstacle à une croissance large et inclusive, puisqu’elle empêche une utilisation des recettes optimale et favorable aux pauvres et compromet la diversification de l’économie. Le pays est richement doté en ressources minérales, mais ses difficultés pour attirer des investissements privés, les performances médiocres de l’entreprise paraétatique de production de minerai de fer et la production relativement faible de revenus limitent l’exploitation des ressources naturelles du pays. Même les analyses les plus favorables font le constat que la plupart des grandes entreprises du secteur extractif ne créent que peu d’emplois en proportion de leur taille. Ce qu’illustre l’exemple mauritanien.

    Ensuite, l’incapacité du pays à tirer parti de ses autres richesses naturelles que constituent l’élevage et la pêche limite ses perspectives de diversification et de création d’emplois. Le potentiel économique des exportations de bétail reste largement inexploité, malgré l’importance de la part de ce secteur dans l’économie nationale, estimée au bas mot à 16 % sur la période 2005-2015. Cette filière représente 75 % de la valeur ajoutée du secteur agropastoral, procure des revenus à environ 1 million d’habitants, joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire et la résilience, et permet, surtout aux plus pauvres, d’accumuler du capital et de s’assurer. Si le secteur a profité de la hausse des prix des produits de l’élevage, la production a stagné. La tendance à la hausse pourrait bien s’interrompre, surtout si le recul des rentes minières retentit sur la demande de denrées alimentaires dans les zones urbaines. Sans compter que le secteur de l’élevage est confronté à une désertification sévère et des chocs climatiques. Alors que le pays est l’un des mieux dotés au monde sur le plan des ressources halieutiques, le secteur de la pêche est également loin d’atteindre son potentiel du fait de difficultés considérables sur le plan de la gestion durable des stocks et de la production de revenus et d’emplois pour les habitants.

    Enfin, l’urbanisation galopante interdit la constitution de pôles urbains de croissance productifs et inclusifs. La Mauritanie affiche le deuxième taux d’urbanisation du continent. L’afflux massif dans les villes de ruraux et de nomades chassés par la sécheresse pose des problèmes de planification et de fourniture des services. Les effets positifs habituellement associés à l’urbanisation ne se font guère sentir. Les centres urbains se caractérisent par la prédominance de l’économie informelle et de l’auto-emploi, des infrastructures et une couverture des services médiocres et un capital humain limité — autant de caractéristiques qui ne sont propices ni à l’investissement privé ni à la création d’un environnement porteur pour permettre l’émergence d’un secteur tertiaire et de services plus productifs.

    Dernière mise à jour: mai 16, 2018

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale en Mauritanie

    C’est en 1963 que le Groupe de la Banque mondiale a mené son premier projet de développement en Mauritanie, avec le financement de la MIFERMA, une multinationale du secteur minier. Cette collaboration a été progressivement étoffée à compter de 1985. Actuellement, le portefeuille de la Banque en Mauritanie comporte huit opérations financées par l’Association internationale de développement (IDA), dont cinq projets régionaux et un mécanisme de garantie, représentant un engagement total de 370,3 millions de dollars. Ce portefeuille est complété par plusieurs fonds fiduciaires, pour un engagement totalisant 27 millions de dollars. Outre ce programme de financements, la Banque fournit à la Mauritanie des analyses et une assistance technique portant sur le secteur de la santé et les modes de financement basés sur les résultats, l’efficacité fiscale, l’intégration commerciale et les dépenses publiques.

    La stratégie de partenariat (a) de la Banque avec la Mauritanie pour les exercices budgétaires 2014 à 2016 correspond aux grands axes du troisième Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP-3) (a) établi par les autorités mauritaniennes. Elle s’attache à approfondir certaines des réformes essentielles qui sont nécessaires à la création d’emplois et au renforcement de la résilience dans le pays.

    Société financière internationale (IFC)

    L’IFC promeut le crédit-bail comme source de financement alternative dans le cadre d’un dispositif qui couvre l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Les autorités mauritaniennes ont sollicité ses conseils pour structurer un partenariat public-privé (PPP) portant sur un nouveau terminal à conteneurs dans le port de Nouakchott. En 2012, l’IFC a placé 12 millions de dollars dans deux banques commerciales, au titre de son programme de financement du commerce international (GTFP), et a accordé à la Société Générale Mauritanie une ligne de crédit de 127,5 millions de dollars, sur deux ans, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement du pays en énergie.

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    Les activités de la MIGA, qui n’a jamais financé de garantie d’investissement en Mauritanie, sont principalement axées sur l’assistance technique au secteur financier.

    Dernière mise à jour: mai 16, 2018

  • Développer le secteur de l’éducation

    La Banque apporte son appui à deux projets dans le secteur de l’éducation en Mauritanie : un projet pour l’enseignement supérieur (15 millions de dollars) et un projet pour le renforcement des compétences (16 millions de dollars). Ces deux opérations visent à améliorer la pertinence et l’efficacité de la formation technique et professionnelle en permettant à la main-d’œuvre nationale de mieux répondre aux attentes du marché et en consolidant le cadre institutionnel. Parmi les grandes priorités figurent la modernisation des établissements de formation et la qualité des programmes : sept établissements de formation ont déjà négocié des contrats de performance, et plusieurs programmes satisfaisant aux normes internationales sont en cours de certification. Un cadre de réglementation destiné aux établissements de formation privés est actuellement mis en place pour accroître l’offre de programmes à même de répondre à la demande. En mars 2015, la Banque a approuvé un financement supplémentaire de 11,3 millions de dollars pour le renforcement des compétences.

    Donner davantage d’autonomie aux communes

    Le Programme national intégré d’appui à la décentralisation, au développement local et à l’emploi des jeunes (PNIDDLE), est un programme phare du gouvernement mauritanien qui cible les communes les plus démunies à travers le territoire. Financé à hauteur de 52 millions de dollars sur budget de l’État avec un appui de 25 millions de dollars de l’IDA, le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, ce programme, lancé en 2014, vise à promouvoir la gouvernance locale en mettant l’accent sur une approche participative des communes.

    Dernière mise à jour: mai 16, 2018

  • La Mauritanie bénéficie du concours financier de différentes organisations extérieures : Banque africaine de développement, Union européenne, Nations Unies et donateurs bilatéraux. Elle reçoit aussi une aide financière de fonds arabes, tandis que la Chine a récemment accru son soutien.

    Dernière mise à jour: mai 16, 2018

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FINANCEMENTS

Mauritanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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