Mauritanie - Vue d'ensemble

  • Pays essentiellement désertique, la Mauritanie ne dispose que de 0,5 % de terres arables. Avec environ 4,1 millions d’habitants et une densité de 3,9 personnes au kilomètre carré, c’est le quatrième pays le moins densément peuplé d’Afrique.

    Situation politique

    La Mauritanie a été politiquement stable jusqu’au coup d’État militaire de juillet 1978 qui a déposé sans effusion de sang son premier président, Mokhtar Ould Daddah. Lors du dernier coup d’État du 6 août 2008, le général Mohammed Ould Abdel Aziz, chef d’état-major a pris le pouvoir.

    Contexte social

    Grâce au boom des matières premières, la Mauritanie est parvenu à accélérer la lutte contre la pauvreté. Jusqu’au début des années 2000, le pays ne progressait que lentement sur ce front, avec un recul du taux de pauvreté d’à peine 1 % par an en moyenne. Pendant le « supercycle » des matières premières de 2004-14, le taux moyen de réduction de la pauvreté s’est accéléré, autour de 1,5 point de pourcentage par an. Entre 2008 et 2014, la pauvreté a sensiblement reculé, de 44,5 % à 33,0 % (sur la base du seuil de pauvreté national de 177 200 MRO). Sur la même période, le taux d’extrême pauvreté a été divisé par deux, de 10,8 % à 5,6 % (sur la base du seuil international de pauvreté absolue, fixé à 1,90 dollar en parité de pouvoir d’achat).

    Le recul de la pauvreté a été renforcé par une trajectoire positive sur le front de l’inégalité et de la vulnérabilité. Grâce à une croissance soutenue des dépenses des ménages qui a davantage profité aux pauvres, les inégalités (mesurées par l’indice de Gini) sont passées de 35,3 à 31,9 % entre 2008 et 2014. La part des plus pauvres d’entre les pauvres — ceux qui sont pauvres et devraient le rester à terme — a reculé de moitié, de 32,8 % à 15,6 %. Cette bonne performance est à imputer principalement à l’amélioration de la situation dans les zones rurales, où vivent la majorité des pauvres du pays, contrairement à Nouakchott, où la pauvreté a légèrement augmenté.

    Situation économique

    Après des décennies de croissance atone, le PIB de la Mauritanie a repris des couleurs depuis 15 ans même si la fin du supercycle des matières premières sonne le début du ralentissement. Entre 2003 et 2015, la croissance est ressortie en moyenne à 5,5 %, bénéficiant de la hausse historique des cours internationaux des produits de base.

    Les recettes florissantes tirées du secteur de l’extraction ont été le principal moteur de cette croissance économique dynamique. En valeur, les exportations de minéraux sont passées de 318 millions de dollars en 2003 à 2 652 millions de dollars en 2013, alors même que la production minière était globalement stagnante. En moyenne, le secteur extractif a représenté 25 % du PIB, 82 % des exportations et 23 % des recettes nationales.

    Enjeux de développement

    La Mauritanie souffre de nombreux problèmes de développement et va devoir s’atteler à trois freins majeurs à son essor si elle veut transformer son modèle économique jusqu’ici basé sur les exportations du secteur minier en une dynamique durable de diversification économique et de création d’emplois.

    La gestion médiocre de la rente des industries extractives constitue à court et moyen termes le premier obstacle à une croissance large et inclusive, puisqu’elle empêche une utilisation des recettes optimale et favorable aux pauvres et compromet la diversification de l’économie.

    Ensuite, l’incapacité du pays à tirer pleinement partie de ses vastes richesses naturelles en dehors du secteur extractif, avec notamment l’élevage et la pêche, limite ses perspectives de diversification et de création d’emplois. Le potentiel économique des exportations de bétail reste largement inexploité, malgré l’importance du secteur, estimée selon les comptes nationaux à 16 % en moyenne entre 2005 et 2015. Cette filière représente les trois quarts de la valeur ajoutée du secteur agropastoral, procure des revenus à environ 1 million d’individus, joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire et la résilience et permet, surtout aux plus pauvres, d’accumuler du capital et de s’assurer. Si l’économie pastorale a profité de la hausse des prix des produits de l’élevage, la production a stagné. La tendance à la hausse pourrait bien s’interrompre, surtout si le recul des rentes minières retentit sur la demande de denrées alimentaires dans les zones urbaines. Sans compter que le secteur est confronté à une désertification sévère et des chocs climatiques. Alors que le pays est l’un des mieux dotés au monde sur le plan des ressources halieutiques, le secteur de la pêche est loin d’atteindre son potentiel du fait de difficultés considérables sur le plan de la gestion durable des stocks et de la production de revenus et d’emplois pour les habitants.

    Enfin, l’urbanisation effrénée et anarchique interdit la constitution de pôles urbains de croissance productifs et inclusifs. La Mauritanie affiche le deuxième taux d’urbanisation du continent. L’expansion accélérée des centres urbains, provoquée par l’afflux massif de ruraux et de nomades chassés par la sécheresse, pose d’énormes défis en termes de planification et de fourniture de services. Les effets positifs habituellement associés à l’urbanisation sont encore loin de se faire sentir.

    Dernière mise à jour: mai 02, 2017

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale en Mauritanie

    C’est en 1963 que le Groupe de la Banque mondiale a mené son premier projet de développement en Mauritanie, avec le financement de la MIFERMA, une multinationale du secteur minier. Cette collaboration a été progressivement étoffée à compter de 1985. Actuellement, le portefeuille de la Banque en Mauritanie comporte huit opérations financées par l’Association internationale de développement (IDA), dont cinq projets régionaux et un mécanisme de garantie, représentant un engagement total de 370,3 millions de dollars. Ce portefeuille est complété par plusieurs fonds fiduciaires, pour un engagement totalisant 27 millions de dollars. Outre ce programme de financements, la Banque fournit à la Mauritanie des analyses et une assistance technique qui concernent actuellement une concertation sur l’action à mener en vue de l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale pour le secteur de la santé axée sur des modes de financement basés sur les résultats ; l’efficacité fiscale ; une étude sur la situation de l’intégration commerciale et un examen des dépenses publiques. En septembre 2013, son Conseil des administrateurs a examiné la stratégie de partenariat (a) avec la Mauritanie pour les exercices budgétaires 2014 à 2016. Cette stratégie correspond aux grands axes du troisième Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP-3) (a) établi par les autorités mauritaniennes, et offre l’opportunité d’approfondir certaines des réformes essentielles qui sont nécessaires à la création d’emplois et au renforcement de la résilience dans le pays.

    La Société financière internationale (IFC)

    Dans le domaine des services-conseil, l’IFC promeut le crédit-bail comme source de financement alternative dans le cadre d’un dispositif qui couvre l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Les autorités mauritaniennes ont sollicité ses conseils pour structurer un partenariat public-privé (PPP) destiné à concevoir un nouveau terminal à conteneurs pour le port de Nouakchott. En 2012, l’IFC a placé 12 millions de dollars dans deux banques commerciales, au titre de son programme de financement du commerce international (GTFP), et a accordé à la Société Générale Mauritanie une ligne de crédit de 127,5 millions de dollars, sur deux ans, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement du pays en produits énergétiques.

    L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    Les activités de la MIGA, laquelle n’a jamais financé de garantie d’investissement en Mauritanie, sont principalement axées sur l’assistance technique dans le secteur financier.

    Dernière mise à jour: mai 02, 2017

  • Développer le secteur de l’éducation

    La Banque mondiale apporte son appui à deux projets dans le secteur de l’éducation en Mauritanie : un projet pour l’enseignement supérieur (15 millions de dollars) et un projet pour le renforcement des compétences (16 millions de dollars). Ces deux opérations visent à améliorer la pertinence et l’efficacité de la formation technique et professionnelle en permettant à la main-d’œuvre de mieux répondre aux attentes du marché et en consolidant le cadre institutionnel. Parmi les grandes priorités figurent la modernisation des établissements de formation et la qualité des programmes. Sept établissements de formation ont déjà négocié des contrats de performance, et, d’ici 2016, au moins trois programmes satisfaisant aux normes internationales devraient être certifiés. Un cadre de réglementation destiné aux établissements de formation privés va être mis en place pour accroître l’offre de programmes à même de répondre aux besoins des entreprises. En mars 2015, la Banque a approuvé un financement supplémentaire de 11,3 millions de dollars pour le renforcement des compétences.

    Dernière mise à jour: mai 02, 2017

  • La Mauritanie bénéficie du concours financier de différentes organisations extérieures : la Banque africaine de développement, l’Union européenne, les Nations Unies et des donateurs bilatéraux. Elle reçoit aussi une aide financière de fonds arabes et de la Chine, et cette dernière a récemment accru son soutien. 

    Dernière mise à jour: mai 02, 2017

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FINANCEMENTS

Mauritanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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