Mauritanie - Vue d'ensemble

  • Pays essentiellement désertique, la Mauritanie dispose de grandes étendues pastorales et de seulement 0,5 % de terres arables. Avec environ 4 millions d'habitants (2018) selon l'Office national de la statistique et une densité de 3,9 personnes au kilomètre carré, c’est le quatrième pays le moins densément peuplé d’Afrique. En 2020, sa population urbaine sera plus importante que celle rurale avec 52,8 % de citadins, contre 48,3 % en 2013.

    Situation politique

    Au pouvoir depuis 2008, le général Mohammed Ould Abdel Aziz a été réélu en 2014 pour un second et dernier mandat. En 2017, un référendum constitutionnel a supprimé le Sénat, créé des conseils régionaux pour le développement local, modifié l’hymne et le drapeau national et, fusionné diverses instances au sein d’un Haut Conseil de la Fatwa et des Recours gracieux. Lors des élections législatives, municipales et régionales de septembre 2018 qui ont suivi le référendum, le parti au pouvoir, l'UPR, a obtenu 91 députés (sur un total de 157), 12 conseils régionaux (sur 13) et 177 communes (sur 219). Le parti islamiste, Tawassoul, s'est imposé comme le chef de l'opposition. Il convient également de noter la diminution du nombre de femmes à l’Assemblée, qui est passé de 23 % à 21 %. Le président de la République ne briguera pas de troisième mandat lors du prochain scrutin présidentiel prévu en juin 2019.

    Situation économique

    En 2018, la croissance économique a poursuivi sa reprise. La croissance du PIB suit une trajectoire à la hausse depuis 2015, passant de 3 % en 2017 à 3,6 % en 2018. Cette progression a été tirée par l’activité robuste des télécommunications, des transports, de l’électricité et du secteur primaire. En revanche, le secteur extractif continue de freiner la croissance. Compte tenu de la croissance démographique (environ 2,8 %), la reprise économique reste insuffisante et ne se traduit que par une hausse de 0,8 % du revenu réel par habitant. Cette situation compromet les progrès accomplis en matière de réduction de la pauvreté entre 2008 and 2014.

    La situation budgétaire s'est encore renforcée en 2018. La poursuite du rééquilibrage budgétaire a permis de transformer le déficit de 0,2 % du PIB en 2017 en un excédent de 1,5 % en 2018. Cet excédent, est enregistré pour la première fois depuis 2013. En revanche, les termes d’échange défavorables, combinés avec des problèmes de production persistants dans les industries extractives, ont aggravé le déficit du compte courant, qui est passé de 14,3 % du PIB en 2018 à 18 % du PIB en 2018. Malgré le creusement du déficit, le financement a été assuré par une hausse des investissements directs étrangers liés à l’exploration gazière offshore et des flux financiers des secteurs extractifs.

    Perspectives à moyen terme

    Les perspectives économiques à moyen terme sont favorables. La croissance devrait augmenter pour atteindre une moyenne de 6,2 % sur la période 2019-2021. Cette croissance, devrait être tirée par la poursuite de l’expansion du secteur primaire, le renforcement du secteur des services grâce à la mise en œuvre des réformes structurelles, et la hausse de la production minière.

    Ce cadre macroéconomique robuste devrait se renforcer à condition que le gouvernement maintient sa prudence budgétaire, ce qui contribuerait à maîtriser la dette publique. L'amélioration des termes de l’échange grâce à l’augmentation des prix internationaux du fer devraient atténuer les pressions externes et permettre à la banque centrale de répondre aux besoins de financement.

    Situation sociale

    La Mauritanie a connu une période de croissance soutenue entre 2008 et 2014, qui s’est accompagnée de progrès significatifs sur le plan du bien-être des ménages. La croissance réelle des dépenses des ménages s’élevait en moyenne à 1,52 % par habitant et par an. Toutes les catégories de revenu en ont bénéficié, et le pays a enregistré une nette réduction du taux de pauvreté, qui a reculé de 44,5 à 33 % sur cette période. L’amélioration des niveaux de vie a été plus marquée pour les populations vivant dans la pauvreté et l’extrême pauvreté que pour le reste de la population. Les inégalités ont par conséquent diminué : le coefficient de Gini, qui mesure les disparités de revenu dans une population donnée, a baissé de 35,3 à 31,9 entre 2008 et 2014. Ces avancées s’expliquent par la hausse de la production, de la productivité et des revenus enregistrée dans les zones rurales à la suite de la restructuration du secteur de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que par d’autres facteurs tels que les migrations internes et l’évolution des prix relatifs.

    Certaines catégories de la population mauritanienne n’ont toutefois pas bénéficié de ces progrès, tandis que le pays est à la traîne en ce qui concerne un grand nombre d’indicateurs sociaux. La pauvreté n’a pas reculé à Nouakchott, probablement en raison des migrations vers les zones urbaines, la capitale attirant les populations les plus pauvres. Les taux d’activité et d’emploi n’ont pas progressé et, ceux qui sont exclus du progrès social, notamment les jeunes, les femmes et les travailleurs pauvres, sont de plus en plus marginalisés. Les taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans est de 55 % seulement, un tiers des ménages vivent dans des logements précaires, et 38 % de la population s’éclaire à l’électricité.

    Dernière mise à jour: avr. 06, 2019

  • C’est en 1963 que le Groupe de la Banque mondiale a mené son premier projet de développement en Mauritanie, avec le financement de la MIFERMA, une multinationale du secteur minier. Cette collaboration a été progressivement étoffée à compter de 1985.

    Actuellement, le portefeuille de la Banque en Mauritanie comporte sept projets nationaux et huit régionaux, pour un engagement global de 359,36 millions de dollars.  Les engagements de la Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, ont atteint 49, 5 millions en juin 2018, alors que les engagements bruts de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) étaient de 302,7 millions de dollars en mai 2018.

    Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé le 12 juillet 2018 un nouveau cadre de partenariat qui régira ses activités en Mauritanie au cours des six prochaines années, avec l’objectif de créer les conditions d’une croissance durable et équitable.

    Dernière mise à jour: avr. 06, 2019

  • Donner davantage d’autonomie aux communes

    Le Programme national intégré d’appui à la décentralisation, au développement local et à l’emploi des jeunes (PNIDDLE), est un programme phare du gouvernement mauritanien qui cible les communes les plus démunies à travers le territoire. Financé à hauteur de 52 millions de dollars sur budget de l’État avec un appui de 25 millions de dollars de l’IDA, le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, ce programme, lancé en 2014, vise à promouvoir la gouvernance locale en mettant l’accent sur une approche participative des communes. Le Programme qui appuie 100 communes réparties dans 10 Wilayas du Pays a financé la réalisation et l’équipement de près de 563 projets d’infrastructures communales (notamment écoles, centres de santé, hôtels de ville, maisons des jeunes et stades) et un nombre important de services marchands (notamment marchés municipaux, aires d’abattage et gares routières). Il a permis de créer l’équivalent de 1 232 emplois annuels à temps plein et de former 2 000 personnes (élus, personnels communaux et techniques). Le PNIDDLE a également contribué au renforcement des capacités des administrations centrales les plus impliquées dans sa mise en œuvre. Enfin, le PNIDDLE a financé la réalisation d’importantes études et réformes dans le domaine de la décentralisation telles que des études sur les finances locales et la fiscalité, le Fonds rural de développement (FRD), la décentralisation du système de passation des marchés communaux et la Stratégie nationale de décentralisation et de développement local.

    Briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle

    Le Projet d’appui au système de filets sociaux soutient la stratégie gouvernementale de protection sociale pour protéger les ménages pauvres et vulnérables et investir dans leur capital humain afin de briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle. Le projet appuie trois instruments essentiels :

    ·       Le Registre social qui fournit à tout programme social un mécanisme efficace et transparent pour cibler les pauvres et les vulnérables. En avril 2019, près de 100 000 ménages étaient inclus dans ce registre ;

    ·       Le Programme national de transfert social Tekavoul. En avril 2019, environ 30 000 ménages en situation d’extrême pauvreté bénéficiaient de transferts monétaires et de promotion sociale des bonnes pratiques en matière de santé, d’hygiène et de développement de la petite enfance ;

    ·        Le programme de filets sociaux réactifs aux chocs Elmaouna. Depuis 2017, ce programme appuie plusieurs milliers de ménages en situation d’insécurité alimentaire pendant la période de soudure.

    Promouvoir l’autonomisation des femmes au Sahel

    Le Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique au sahel (SWEDD) est une initiative régionale visant à renforcer le niveau d'autonomisation des femmes et des adolescentes en vue d’accélérer la transition démographique dans la région. Le projet cible les filles âgées de 10 à 19 ans qui courent un risque élevé de mariage et de maternité précoces et les accompagne grâce à un paquet d'interventions adaptées à leur âge et fondées sur des données probantes pour mettre fin aux pratiques néfastes, améliorer les compétences de vie, maintenir les filles à l’école et augmenter leur potentiel de gains. Le SWEDD Mauritanie est financé à hauteur de 17 millions de dollars dont 2 millions provenant du budget de l’État et 15 millions d’un don de l’IDA. Sur la base de travail effectué dans le cadre du SWEDD, un chantier a été consacré à la capture du Dividende démographique dans la stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) pour la période 2016-2030. Ainsi, la Mauritanie a lancé une campagne de communication pour changer les comportements qui est menée sur les thématiques de scolarisation des filles, de l’autonomisation économique des femmes, du mariage des enfants et de l’espacement des naissances, bénéficiant de l’appui fort des Imams et chefs religieux ayant enregistré les messages de la campagne en référence à la position de l’Islam.

     

    Dernière mise à jour: avr. 06, 2019

  • La Mauritanie bénéficie du concours financier de différentes organisations extérieures : Banque africaine de développement, Union européenne, Nations Unies et donateurs bilatéraux. Elle reçoit aussi une aide financière de fonds arabes, tandis que la Chine a récemment accru son soutien. 

    Dernière mise à jour: avr. 06, 2019

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FINANCEMENTS

Mauritanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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