Madagascar - Vue d'ensemble

  • Contexte politique

    État insulaire d’Afrique australe, situé dans l’Océan indien à l’est du Mozambique, Madagascar, est la 5e plus grande île du monde avec une superficie de 587 000 km2 et 24,24 millions d’habitants en 2016.

    L’instauration en février 2016 du Sénat boucle la mise en place de toutes les institutions démocratiques de la IVème République. Le président du Sénat, M. Honoré Rakotomanana, 82 ans, est désormais le deuxième personnage de l’État. Conformément à la Constitution, il assure l'intérim en cas de démission, destitution ou décès du Président de la République.

    Le Président Hery Rajaonarimampianina et son Premier ministre ont élaboré avec leur gouvernement un Plan national de développement qui s’articule autour de trois piliers : améliorer  la gouvernance, favoriser la relance économique, et élargir l'accès aux services sociaux de base.

    Madagascar a reçu un engagement de 6,4 milliards de dollars pour appuyer ses projets de développement (de 2017 à 2020) lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs organisée par le gouvernement malgache à Paris en décembre 2016, avec l’appui de la Banque africaine de développement, du Groupe de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). S’ajoute à cela une enveloppe de 3,3 milliards de dollars d’investissements annoncée par le secteur privé.

    Situation économique

    Madagascar fait partie des pays les plus vulnérables aux aléas climatiques. Cela fragilise la stabilité macroéconomique et rend difficile la lutte contre la pauvreté. Les mesures de prévention et de réponse aux chocs climatiques devraient être intégrées dans les politiques économiques et budgétaires. De plus, le renforcement de la résilience des secteurs productifs, et surtout de l’agriculture, est crucial pour assurer une croissance économique durable, bénéficiant aux plus pauvres, principales victimes des chocs climatiques. 

    Les deux catastrophes naturelles qui ont touché Madagascar début 2017 ont entraîné des dégâts humains et matériels considérables, estimés à 400 millions de dollars (4 % du PIB), dont la destruction d’un tiers de la production nationale de vanille pour le seul cyclone Enawo. L’arrivée tardive de la saison des pluies a réduit de près de 20 % de la production agricole. Le déficit de production locale de riz a exercé des pressions inflationnistes au premier semestre 2017 et enfin, la capacité de production hydroélectrique a été réduite, entraînant des charges imprévues pour le budget de l’État qui a dû couvrir les dépenses de la compagnie nationale de production et de distribution d’eau et d’électricité (JIRAMA).

    Pour faire face à ces chocs et soutenir la croissance économique, les autorités publiques ont ajusté leurs politiques budgétaires et monétaires. Un budget de 50 millions de dollars est alloué dans la loi de finances rectificative de juin 2017 pour la reconstruction post-cyclonique et pour aider les régions où la sècheresse persiste, notamment pour couvrir des dépenses d’urgence dans la santé, l’éducation, la protection sociale, l’agriculture et les travaux publics. Ces dépenses additionnelles sont principalement financées par des aides exceptionnelles obtenues par le pays pour faire face à ces chocs climatiques. Les subventions à la JIRAMA ont été augmentées pour assurer la fourniture en électricité. Par ailleurs, la politique monétaire a été resserré au mois de mai 2017 pour contenir l’inflation.

    Les perspectives économiques demeurent cependant positives. La croissance du PIB est attendue à 4.3 % en 2017, et devrait dépasser 5 % à moyen terme. Elle devrait être soutenue par les secteurs des bâtiments et travaux publics, ainsi que le textile. La valeur ajoutée dans la branche agriculture devrait par contre diminuer de 0,3 % par rapport à 2016. 

    Contexte social

    Alors que Madagascar possède un grand potentiel, le pays a pris du retard sur plusieurs indicateurs de développement : près de 80 % de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour, un enfant de moins de 5 ans sur deux souffre d’un retard de croissance et Madagascar est le cinquième pays au monde avec le plus grand nombre d’enfants non scolarisés. Par ailleurs, le taux d'accès à l’électricité est de 13 %, soit l’un des plus bas de la planète.

    Madagascar est également l’un des pays les plus exposés aux phénomènes météorologiques et subit en moyenne trois catastrophes naturelles majeures par an. En outre, les crises politiques à répétition, la dernière ayant secoué le pays de 2009 à 2013, remettent souvent en cause les progrès réalisés en matière de développement.

    Dernière mise à jour: 13 oct. 2017

  • Stratégie et Engagement du Groupe de la Banque mondiale

    Le Cadre de Partenariat Pays (CPF) de la Banque mondiale avec Madagascar pour 2017 – 2021 a été approuvé par le Conseil des administrateurs le 27 juin 2017. Élaboré en consultation avec le gouvernement et d’autres parties prenantes, et aligné sur le Plan national de développement, le CPF vise à renforcer la résilience et à réduire la fragilité du pays, tout en promouvant une croissance économique inclusive. Les recommandations tirées du diagnostic de la situation économique et sociale du pays (SCD), publié en 2015, ont servi de base à la formulation des priorités du CPF: (1) améliorer la gouvernance ; (2) renforcer les finances publiques, préalable à l'amélioration des services publics et au financement des investissements structurants ; (3) mettre en place des politiques en faveur du secteur privé ; (4)  développer le capital humain; et (5) lutter contre la pauvreté notamment en améliorant les conditions de vie des pauvres vivant en milieu rural.

    Sur cette base, la Banque mondiale et le gouvernement malgache se sont fixés comme objectifs d’ici à 2021 de :

    • de réduire de 1 point de pourcentage par an le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans, dans les régions où les taux de malnutrition chronique sont les plus élevés ;
    • d’augmenter de 25 % le nombre d’enfants achevant le cycle primaire à l’école ;
    • et d’amener à 20 % le taux d’accès à l’électricité.

    Pour atteindre ces résultats, l’IDA allouera 1,3 milliard de dollars à Madagascar au cours des cinq prochaines années pour financer des interventions dans les domaines de la petite enfance, de l’agriculture résiliente, de l’inclusion financière et de l’énergie.

    Treize opérations d'investissement pour un engagement total de 800 millions de dollars sont actuellement mises en œuvre, dont 400 millions restent à décaisser. Le secteur agricole représente la plus grande partie des engagements (35 %), suivi par les infrastructures, l’énergie, l’appui au secteur privé (30 %), à l’éducation et à la protection sociale (21%), ainsi qu’à l’administration publique (14 %).

    Dernière mise à jour: 13 oct. 2017

  • L’appui de la Banque mondiale à Madagascar vise à développer les investissements et à favoriser une croissance inclusive tout en améliorant les indicateurs sociaux. Les projets mis en œuvre ont notamment abouti aux résultats suivants :

    Education

    • 3,3 millions d’élèves ont débuté l’année avec un nouveau kit scolaire. Grâce à la production et à la distribution de manuels, le nombre de manuels par enfant est passé de 1 pour 25 enfants à 1 pour 2. Depuis trois ans, 12 074 écoles ont reçu des subventions pour acquérir du matériel scolaire, financer des travaux d’entretien et de réparation, ainsi que leurs frais de fonctionnement. Des associations de parents d’élèves surveillent l’usage qui est fait de ces subventions et reçoivent des formations pour se familiariser notamment à l’utilisation de fiches d’évaluation du service rendu.
    • Depuis 2015, près de 600 écoles distribuent des repas à plus de 100 000 enfants. Cette stratégie s’est révélée particulièrement efficace pour que les enfants continuent de fréquenter l’école, en particulier dans le sud du pays touché par de graves épisodes de sécheresse.
    • En 2015 et 2016, 47 684 enseignants ont suivi une formation pendant l’été.

     Santé et protection sociale

    • Plus de 500 000 femmes enceintes ou allaitantes et 1,8 million d’enfants de moins de cinq ans ont bénéficié de soins de santé gratuits grâce à un système de coupons ou d’exonérations.
    • Environ 1,8 million d’enfants en âge d’aller à l’école ont bénéficié d’un traitement préventif contre les maladies tropicales négligées, notamment les infections par les helminthes. Les enseignants ont noté un recul de l’absentéisme depuis la mise en place de ce traitement.
    • 286 194 enfants âgés de moins de 1 an ont été vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, et la polio (DTP3). D’ici fin 2017, environ 100 000 ménages recevront tous les deux mois des prestations en espèces les incitant à envoyer leurs enfants à l’école primaire à travers les programmes de transfert monétaire et 32 000 autres participeront à des activités d’argent contre travail.
    • Dans les neuf régions d’intervention du projet, 347 centres de santé dispensant des soins élémentaires ont été rénovés (installation de réfrigérateurs fonctionnant à l’énergie solaire pour conserver les vaccins, par exemple)

    Développement du secteur privé

    • 142 500 titres de propriété foncière ont été délivrés depuis 2006
    • Entre 2015 et 2017, six réformes relatives à l’amélioration du climat des investissements ont été adoptées et mises en œuvre, réduisant de manière tangible les obstacles à l’entreprenariat et à la croissance des entreprises. Le nombre total de bénéficiaires directs du second projet de Pôles Intégrés de Croissance (PIC2) est estimé à près de 400 000. Dans les 77 communes d’intervention du PIC 2, on constate une augmentation de 51 % des revenus communaux, enregistrée entre 2015 et fin 2016, et de 85 % du nombre des entreprises nouvellement formalisées dans les 77 communes d’intervention du PIC 2. Huit kilomètres de routes urbaines ont pu être réhabilitées au niveau des communes urbaines d’intervention du PIC 2 et le trafic de passagers, y compris des touristes voyageant par air et mer a augmenté de 37 % dans les principaux pôles touristiques du PIC 2.

    Agriculture

    • Depuis fin 2015, l’ensemble de la production de cacao malgache a obtenu la désignation « cacao fin ». Grâce à l’appui du PIC 2, Madagascar est devenu, en 2016, membre de l’Organisation internationale du cacao. Afin de préserver ce niveau de qualité et cette désignation, un Conseil national du cacao a été mis en place en août 2016 pour réguler la filière afin d’accroître sa productivité et sa compétitivité à l’échelle internationale.
    • En 2016, l’appui du PIC 2 a permis de mettre en place un Conseil interprofessionnel du coton, une plateforme sectorielle de dialogue public-privé destinée à réguler la filière et en particulier réduire les pratiques anticoncurrentielles.
    • Réduction du taux de déforestation de 0,13 % par an entre 2005 et 2013 dans les aires protégées. Soit un chiffre nettement inférieur à celui des aires non protégées qui est de 1,71 % par an sur la même période. 

     

    Dernière mise à jour: 13 oct. 2017

  • Tout au long de la crise (2009-2014), les partenaires de développement se sont efforcés d’harmoniser leurs conseils stratégiques et leurs opérations, dans le cadre du processus de résolution piloté par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et l’Union africaine.

    Ils sont intervenus particulier dans les domaines de la gestion économique, du développement rural, de l’éducation, de la santé et des transports. Cette coopération intensive se poursuit aujourd’hui et, depuis la fin de la crise, les autorités malgaches sont encouragées à assurer la coordination sectorielle.

     En outre, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale travaillent ensemble pour évaluer le système de passation des marchés publics à Madagascar et pour le renforcer afin qu’il puisse être utilisé dans le cadre des projets financés par l’aide internationale.

    Dernière mise à jour: 13 oct. 2017

Api


FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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