Madagascar - Vue d'ensemble

Contexte politique

Après 5 années d’impasse politique et à l’issue d’un processus de médiation mené par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), des élections présidentielles et législatives ont été organisées à Madagascar à la fin de l’année 2013. Le nouveau président élu, Hery Rajaonarimampianina, a pris ses fonctions le 25 janvier 2014.

Suite à la démission du Premier ministre Roger Kolo (qui était en poste depuis Avril 2014) et de son gouvernement le 12 Janvier 2015, le Président de la République a désigné le général Jean Ravelonarivo comme Premier ministre le 14 Janvier 2015. Le nouveau gouvernement a été présenté le 25 Janvier 2015, et comprend 29 ministres et un secrétaire d'Etat chargé de la gendarmerie. Les trois-quarts des ministres du précédent gouvernement ont été reconduits.

De nombreux partenaires internationaux qui ne reconnaissaient pas la légitimité du régime autoproclamé de la Haute autorité de transition en 2009 ont rétabli leurs relations avec Madagascar à la suite des  élections de 2013.

Le Gouvernement a fait de la « lutte contre la pauvreté grâce à une croissance inclusive » son objectif principal et identifié trois priorités : l'amélioration de la gouvernance, la relance économique, et un meilleur accès aux services sociaux de base. Cette stratégie a été définie dans le Programme Général de l'État (PGE) et traduite dans un Programme national de développement 2015-2019 (PND).

Situation économique

La situation macro-économique est restée généralement stable à la fin de 2014. La croissance du PIB est estimée à 3% en 2014, principalement tirée par l'industrie extractive et le secteur tertiaire. L'inflation a été contenue à 6%, malgré la suppression progressive des subventions sur les produits pétroliers. Les recettes fiscales par rapport au PIB restent faible (10,1%), bien en dessous de l’objectif du budget révisé de l'État. Les dépenses courantes continuent à consommer une grande part (75%) du total des dépenses publiques.

En matière de climat des affaires, le pays continue d’être mal classé (163ème sur 189 pays selon le rapport Doing Business 2015), et a même perdu quelques places par rapport  au classement de l'année précédente (157/189).

L'économie de Madagascar est très fragile et sa capacité à absorber de nouveaux chocs est limitée.  L’économie ouverte de Madagascar, rend le pays particulièrement vulnérable à l'évolution de la zone euro, à laquelle il est particulièrement exposé – pour 80% de ses revenus du tourisme, 50% de ses exportations de biens, 15% de ses investissements directs étrangers (IDE), et d'autres filières.

Enjeux de développement

Le pays occupe la 155e place sur 187 pays du Rapport sur le développement humain 2014 et n’atteindra pas les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’échéance de 2015, en particulier ceux relatifs aux taux de mortalité infantile, de scolarisation nette et d’achèvement du cycle primaire et, surtout, l’élimination de l’extrême pauvreté, alors que cet objectif semblait être à sa portée en 2007.

Madagascar est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles (cyclones, épisodes de sécheresse et inondations). On estime qu’un quart de la population, soit cinq millions de personnes, vit actuellement dans des zones fortement exposées aux catastrophes naturelles. En 2008, les cyclones avaient provoqué des pertes économiques d’un montant équivalant à 4 % du PIB.

Dernière mise à jour: 12 mai 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Madagascar

Le partenariat entre la Banque mondiale et Madagascar date de septembre 1963.

Après la crise de 2009 et la mise en œuvre de la politique opérationnelle, PO 7.30 (avec le gouvernement de facto), la Banque mondiale a entrepris des opérations d'urgence pour aider à répondre à certains des besoins les plus pressants et financer la réhabilitation de certaines infrastructures essentielles. Elles sont présentées dans la Note de stratégie intérimaire 2012 qui restera en vigueur jusqu'à ce que le Cadre de Partenariat, actuellement en préparation, soit présenté au Conseil d’administration dans le courant de cette année.

Le portefeuille actuel Madagascar est composé de 9 opérations d'investissement  avec un engagement total de 531,50 millions de dollars, dont 231,290 millions de dollars ont déjà été décaissés. Cela représente un taux de décaissement de 43,5%. Le commerce et la compétitivité représentent la plus grande partie des engagements (27%), suivis par l'éducation (20%), puis le transport et les TIC (15%).

En décembre 2014, le Conseil d'administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé deux projets pour un total de 95 millions de dollars. Ces projets  vont soutenir les efforts de Madagascar pour améliorer la fourniture de services publics et stimuler la création d'emplois par des interventions dans des domaines clés. La première opération, un appui budgétaire d’un montant de 45 millions de dollars financé par un crédit de l’Association internationale de développement (IDA)* accompagne les efforts de consolidation du retour à l'ordre constitutionnel, et fournira un soutien budgétaire au gouvernement afin d’améliorer l'efficacité et la transparence de la fourniture de services publics. La seconde opération, est un crédit IDA de 50 millions de dollars  pour financer la première phase du Second Programme intégré de Pôles et Corridors de croissance (PIC2). Ce projet aidera à accroître les opportunités économiques et l'accès aux infrastructures dans trois régions.

La Banque mondiale développe depuis plusieurs années un important programme de travaux d’analyse. Elle a notamment publié une série de 18 notes d’orientation couvrant tous les secteurs et reposant sur  l’expertise qu’elle a acquise au cours de ces dix dernières années d’engagement avec Madagascar. Cette collection d’ouvrages économiques a été lancée officiellement en mai 2014. Chaque note d’orientation a par ailleurs fait l’objet de nombreuses discussions avec les différentes parties prenantes malgaches, le secteur privé, la société civile et des universitaires. En outre, la Banque a réalisé des études sectorielles majeures sur les sujets suivants : économie politique de la gouvernance et de l’efficacité de l’aide, santé et nutrition, urbanisation et commercialisation agricole.

Dernière mise à jour: 12 mai 2015

La stratégie d’aide de la Banque mondiale pour Madagascar cherche à favoriser le développement des investissements et de la croissance tout en améliorant les indicateurs sociaux. Ce programme d’activités a notamment abouti aux résultats suivants:

  • la création de 5500 centres de nutrition communautaires dans tout le pays où plus d’un million d’enfants âgés de moins de cinq ans (soit pratiquement un tiers de ce groupe d’âge) sont régulièrement pesés tandis que leurs mères bénéficient de conseils sur la santé alimentaire de leurs enfants ;
  • la progression de 100% du trafic dans le port d’Ehoala, nouvelle infrastructure construite dans le Sud-Est et en partie financée par la Banque mondiale ;
  • le raccordement à l’eau potable de 60 000 habitants de Fort-Dauphin ;
  • la délivrance de 100 000 titres de propriété foncière depuis 2006 ;
  • le projet « argent contre travail » dont ont pu bénéficier 400 000 personnes
  • le raccordement de 114 dispensaires ruraux au réseau électrique
  • la réhabilitation de 2280 kilomètres de routes entre 2006 et 2011
  • le doublement de la productivité de la riziculture dans les zones couvertes par les interventions de la Banque mondiale.
  • 5000 familles pauvres représentant 16 000 enfants bénéficié du programme de transferts monétaires conditionnels en faveur des soins de santé et de l'éducation;
  • le taux d’accès à la téléphonie mobile a augmenté de 10%, la Banque mondiale ayant aidé à financer l'installation de pylônes de télécommunications dans les régions reculées.

Depuis 1990, la Banque mondiale et un grand nombre de partenaires au développement coopèrent pour aider Madagascar à mettre en œuvre son Plan d’action national pour l’environnement (PANE). Il a été mis en œuvre en trois tranches de 400 millions de dollars. Parmi les bons résultats obtenus, on peut citer :

  • une réduction de 75% du taux de déboisement au cours des 20 dernières années ;
  • la création de 2,4 millions d’hectares de parcs nationaux ;
  • l’aménagement durable de 4,5 millions d’hectares de paysages, principalement par des organisations non gouvernementales.

Dernière mise à jour: 12 mai 2015

Avant la crise politique de 2009-2013, l’aide extérieure représentait 40% du budget de l’État et 75% des investissements publics. Les quatre principaux bailleurs de Madagascar (Banque mondiale, Commission européenne, États-Unis et Banque africaine de développement) représentaient environ 80% de l’aide officielle sur l’île.

En raison de la situation politique intérieure, la plupart des bailleurs ont suspendu tout nouvel engagement mais maintenu les programmes humanitaires existants, dont l’exécution est assurée par l’intermédiaire d’organismes spécialisés ou d’organisations non gouvernementales. À la lumière des récentes élections, les bailleurs envisagent à nouveau de soutenir financièrement Madagascar et de mettre en œuvre de nouveaux projets.

Depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2014, la plupart des bailleurs de fonds ont d’ailleurs lancé un signal fort en rétablissant leur soutien budgétaire après cinq années d’interruption.

 

Dernière mise à jour: 12 mai 2015


FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA