Madagascar - Vue d'ensemble

Contexte politique

Après 5 années d’impasse politique et à l’issue d’un processus de médiation mené par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), des élections présidentielles et législatives ont été organisées à Madagascar à la fin de l’année 2013. Le nouveau président élu, Hery Rajaonarimampianina, a pris ses fonctions le 25 janvier 2014.

Au cours des 18 derniers mois, il y a eu un remaniement de gouvernement en janvier 2015, et un processus de réconciliation nationale a été lancé sous la direction du président de la République avec le soutien du Conseil des églises chrétiennes (FFKM).

La  conférence organisée par le FFKM a élaboré une série de recommandations, dont un appel à la dissolution de certaines des institutions de l'Etat. Ces propositions ont entrainé des tensions entre l’exécutif et le législatif, conduisant l'Assemblée Nationale à demander la destitution du président et la démission du gouvernement. Les deux motions ont échoué, mais les tensions demeurent.

Les élections municipales visant à choisir les maires et les conseiller(e)s municipaux pour 1 693 municipalités ont eu lieu le 31 juillet 2015, marquant la réalisation d'une autre étape de la Feuille de route de SADC.  Le taux de participation, d'environ 30 % au niveau national, a été l'un des plus faibles jamais constaté à Madagascar. Le HVM, le parti du président, a remporté des sièges de maires dans plus de 60 % des municipalités. Deux autres grands partis (le MAPAR, présidé par l'ancien président de la transition Rajoelina, et le TIM, dirigé par l'ancien Président Marc Ravalomanana) ont remporté les Mairies dans plusieurs grandes villes.

Le gouvernement de Madagascar a fait la « lutte contre la pauvreté grâce à une croissance inclusive » son objectif principal et a élaboré une stratégie centrée sur trois piliers : l'amélioration de la gouvernance, la promotion de la relance  économique, et élargissement de l'accès aux services sociaux de base. Cette stratégie a été définie dans le Programme général de l'Etat (PGE) et traduite dans un Programme national de développement 2015-2019 (PND), assorti d’un plan de mise en œuvre.

De nombreux partenaires internationaux qui ne reconnaissaient pas la légitimité du régime de transition arrivé au pouvoir en dehors des voies constitutionnelles en 2009, ont rétabli leurs relations avec Madagascar à la suite des dernières élections présidentielles.

Situation économique

La dernière mise à jour  sur la situation macro-économique publiée par le bureau de la Banque mondiale révèle une lente reprise économique qui se reflète dans la baisse de la création de nouvelles entreprises, la création d’emplois, et la consommation de produits pétroliers. Les catastrophes climatiques ont également eu un coût élevé sur l'économie, entraînant une hausse de l'inflation et une réduction du pouvoir d'achat des ménages.

L'ariary, la monnaie locale de Madagascar, s’est fortement dépréciée en mars par rapport au dollar américain, après avoir été stable depuis la mi-décembre 2014. Le déficit commercial de Madagascar s’est réduit et la valeur des importations a diminué de 17 % au premier trimestre de 2015 par rapport à la même période en 2014, en raison de la baisse des prix internationaux de l'énergie et la réduction des importations de riz. La valeur des exportations a augmenté de 12 %  grâce au volume de nickel et de cobalt exportés, qui ont compensé la baisse des prix et la production de clous de girofle et la vanille. La performance de ces produits a compensé la baisse de la valeur des exportations de crevettes, de thon et de textile, le pilier de la zone franche.

En matière de climat des affaires, le pays continue d’être mal classé: 163ème sur 189 pays selon le rapport Doing Business 2015 de la Banque mondiale. Le gouvernement a fixé comme objectif d’améliorer sa performance et a identifié une série de réformes à adopter au cours des 18 prochains mois.

La croissance du PIB est estimée à 3,4 % en 2015 (3,3 % en 2014), principalement générée grâce à l'industrie extractive et au secteur tertiaire. L'inflation a été maintenue à 6 %, malgré la suppression progressive des subventions sur les produits pétroliers.

Contexte social

Le pays occupe la 155ème place sur 187 pays du Rapport sur le développement humain 2014 des Nations Unies et n’atteindra pas les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’échéance de 2015, en particulier ceux relatifs aux taux de mortalité infantile, de scolarisation nette et d’achèvement du cycle primaire et, surtout, l’élimination de l’extrême pauvreté, alors que cet objectif semblait être à sa portée en 2007.

Madagascar est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles (cyclones, épisodes de sécheresse et inondations). On estime qu’un quart de la population, soit cinq millions de personnes, vit actuellement dans des zones fortement exposées aux catastrophes naturelles. 

Dernière mise à jour: 23 sept. 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale à Madagascar

Le partenariat entre la Banque mondiale et Madagascar date de septembre 1963.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale à Madagascar est composé de neuf opérations d'investissement avec un engagement total de 532 millions de dollar. Le commerce et la compétitivité représentent la plus grande partie des engagements (27 %), suivis par l'éducation (20 %), le transport, et les technologies de l'information (15 %).

En décembre 2014, le Conseil d'administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé deux projets pour un total de 95 millions de dollars. Ces projets vont soutenir les efforts de Madagascar pour améliorer la fourniture de services publics et stimuler la création d'emplois. La première opération, un appui budgétaire d’un montant de 45 millions de dollars financé par un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) accompagne les efforts de consolidation du retour à l'ordre constitutionnel, et fournira un soutien budgétaire au gouvernement afin d’améliorer l'efficacité et la transparence de la fourniture de services publics. La seconde opération, est un crédit IDA de 50 millions de dollars pour financer la première phase du Second Programme intégré de Pôles et Corridors de croissance (PIC2). Ce projet aidera à accroître les opportunités économiques et l'accès aux infrastructures dans trois régions.

La Banque mondiale développe depuis plusieurs années un important programme de travaux d’analyse. Elle a notamment publié une série de 18 notes d’orientation couvrant tous les secteurs et reposant sur l’expertise qu’elle a acquise au cours de ces dix dernières années d’engagement avec Madagascar. Cette collection d’ouvrages économiques a été lancée officiellement en mai 2014. Chaque note d’orientation a par ailleurs fait l’objet de nombreuses discussions avec les différentes parties prenantes malgaches, le secteur privé, la société civile et des universitaires. En outre, la Banque a réalisé des études sectorielles majeures sur les sujets suivants : économie politique de la gouvernance et de l’efficacité de l’aide, santé et nutrition, urbanisation et commercialisation agricole.

Dernière mise à jour: 23 sept. 2015

La stratégie d’aide de la Banque mondiale pour Madagascar cherche à favoriser le développement des investissements et de la croissance tout en améliorant les indicateurs sociaux. Ce programme d’activités a notamment abouti aux résultats suivants:

  • la création de 5 550 centres de nutrition communautaires dans tout le pays où plus d’un million d’enfants âgés de moins de cinq ans (soit pratiquement un tiers de ce groupe d’âge) sont régulièrement pesés tandis que leurs mères bénéficient de conseils sur la santé alimentaire de leurs enfants ;
  • la progression de 100 % du trafic dans le port d’Ehoala, nouvelle infrastructure construite dans le Sud-Est et en partie financée par la Banque mondiale ;
  • le raccordement à l’eau potable de 60 000 habitants de Fort-Dauphin ;
  • la délivrance de 100 000 titres de propriété foncière depuis 2006 ;
  • le projet « argent contre travail » dont ont pu bénéficier 400 000 personnes
  • le raccordement de 114 dispensaires ruraux au réseau électrique
  • la réhabilitation de 2 280 kilomètres de routes entre 2006 et 2011
  • le doublement de la productivité de la riziculture dans les zones couvertes par les interventions de la Banque mondiale.
  • 5 000 familles pauvres représentant 16 000 enfants bénéficiés du programme de transferts monétaires conditionnels en faveur des soins de santé et de l'éducation;
  • le taux d’accès à la téléphonie mobile a augmenté de 10 %, la Banque mondiale ayant aidé à financer l'installation de pylônes de télécommunications dans les régions reculées.

Depuis 1990, la Banque mondiale et un grand nombre de partenaires au développement coopèrent pour aider Madagascar à mettre en œuvre son Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE). Il a été mis en œuvre en trois tranches de 400 millions de dollars. Parmi les bons résultats obtenus, on peut citer :

  • une réduction de 75 % du taux de déboisement au cours des 20 dernières années ;
  • la création de 2,4 millions d’hectares de parcs nationaux ;
  • l’aménagement durable de 4,5 millions d’hectares de paysages, principalement par des organisations non gouvernementales (ONG).

Dernière mise à jour: 23 sept. 2015

Avant la crise politique de 2009-2013, l’aide extérieure représentait 40 % du budget de l’État et 75 % des investissements publics. Les quatre principaux bailleurs de fonds de Madagascar (Banque mondiale, Commission européenne, États-Unis et Banque Africaine de Développement) représentaient environ 80% de l’aide officielle sur l’île.

Pendant la crise politique, la plupart des bailleurs de fonds ont suspendu tout nouvel engagement mais maintenu les programmes humanitaires existants, dont l’exécution était assurée par l’intermédiaire d’organismes spécialisés ou d’organisations non gouvernementales. La Banque mondiale a toutefois maintenu son portefeuille de projets en raison de son mandat technique de lutte contre la pauvreté. À la lumière des récentes élections, les bailleurs envisagent à nouveau de soutenir financièrement Madagascar et de mettre en œuvre de nouveaux projets.

Depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2014, la plupart des bailleurs de fonds ont d’ailleurs lancé un signal fort en rétablissant leur soutien budgétaire après cinq années d’interruption.

Dernière mise à jour: 23 sept. 2015


FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA