Madagascar - Vue d'ensemble

Contexte politique

Après cinq années d’impasse politique empêchant la tenue de tout scrutin, des élections présidentielles et législatives ont été organisées à Madagascar fin 2013. Le nouveau président élu, Hery Rajaonarimampianina, a pris ses fonctions le 25 janvier 2014. Jean Ravelonarivo a été nommé premier ministre en janvier 2015 après la démission de son prédécesseur.

Les dernières élections municipales organisées dans 1 693 municipalités le 31 juillet 2015 ont enregistré un des plus faibles taux de participation jamais constaté à Madagascar, avec environ 30 % d’électeurs au niveau national. La Force Nouvelle de Madagascar (HVM), le parti du président, est arrivé en tête dans plus de 62 % des municipalités. Les mairies restantes ayant été remportées par les deux autres grands partis (le MAPAR, présidé par l'ancien président de la transition Rajoelina, et le TIM, dirigé par l'ancien président Marc Ravalomanana).

Des élections sénatoriales se sont tenues le 29 décembre 2015. Une fois le Sénat instauré, (le pays n’avait plus de Sénat depuis le coup d’État de 2009), toutes les institutions démocratiques mentionnées dans la Constitution seront désormais établies. Le Parlement comprend désormais une Assemblée nationale et un  Sénat. La constitution prévoit par ailleurs que le président du Sénat assure l'intérim en cas de démission, destitution ou décès du président de la république.

Les tensions observées entre l’exécutif et l'Assemblée nationale au cours du dernier semestre semblent s’être apaisées. La dernière session parlementaire s’est achevée en décembre 2015 avec l’adoption de plusieurs projets législatifs : la loi de finances 2016, le nouveau tribunal sur le trafic de bois précieux, et la loi sur les partenariats public-privé (PPP).

La stratégie du gouvernement malgache dont la  « lutte contre la pauvreté grâce à une croissance inclusive » est l’objectif principal, s’articule autour de trois piliers : améliorer  la gouvernance, favoriser la relance économique, et élargir l'accès aux services sociaux de base. Cette stratégie est définie dans le Programme général de l'État (PGE) et traduite dans un Programme national de développement 2015-2019 (PND), assorti d’un plan de mise en œuvre.

Situation économique

Selon la dernière évaluation économique publiée par la Banque mondiale la reprise économique a été lente en 2015, en raison de la faible de croissance des secteurs du tourisme et de l'exploitation minière. Les conditions météorologiques hostiles au cours du premier semestre 2015 ont également pesé sur l'économie, entraînant une augmentation de l’inflation et une réduction du pouvoir d'achat des ménages. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 3 % en 2015 et l'inflation annuelle a augmenté à 7,6 %.

La baisse du prix des produits pétroliers a permis au gouvernement de réduire les subventions des prix à la pompe. Cela a permis d’alléger les dépenses publiques et de réduire le déficit commercial. Les subventions aux carburants qui représentaient 8,3 % des dépenses totales du gouvernement en 2014 ont baissé à 1,9 % en 2015. En outre, l'écart entre le prix à la pompe et le prix de référence a été éliminé depuis octobre 2015, et en mars 2016, le gouvernement a formellement introduit un mécanisme d'ajustement automatique mensuel pour les prix à la pompe basé sur les cours internationaux et les fluctuations des taux de change. La baisse des prix internationaux du pétrole a également entraîné une baisse des recettes fiscales sur les produits pétroliers. Les recettes fiscales se sont élevées à 10 % du PIB en 2015, en gardant la performance du pays en-dessous de celles des pays comparables.

Occupant le 164e rang sur 189 pays, Madagascar se trouve en fin du classement Doing Business 2016 qui mesure la réglementation des affaires et son application effective. Le gouvernement a identifié une série de réformes à adopter au cours des dix-huit prochains mois afin d’améliorer le climat des affaires.

Contexte social

Le pays occupe la 154e place sur 188 pays du Rapport sur le développement humain 2015 des Nations Unies et n’a pas atteint les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’échéance de 2015.

Madagascar est très exposé aux catastrophes naturelles, en particulier aux cyclones, à la sécheresse et aux inondations. Selon les estimations, un quart de la population, soit cinq millions de personnes, vit dans des zones à risques. 

Dernière mise à jour: 09 mai 2016

L’engagement du Groupe de la Banque mondiale à Madagascar

Le partenariat entre la Banque mondiale et Madagascar date de septembre 1963. Le premier projet a été approuvé en 1966.

En février 2016, la Banque mondiale a accordé à Madagascar l’accès au mécanisme de financement Turnaround Facility de l’IDA (Association internationale du développement) destiné à soutenir les pays fragiles qui démontrent une volonté et la capacité de changer leur trajectoire de développement. Par cette décision, la Banque mondiale reconnaît les défis considérables auxquels le pays est confronté pour sortir de la crise politique, mettre fin au cycle historique de la fragilité politique et forger une nouvelle voie vers un développement soutenu, inclusif et résilient. L'allocation annuelle octroyée par l’IDA va plus que doubler au cours des exercices budgétaires 2016 à 2018 (passant de 110 millions de dollars à 230 millions de dollars par an), à condition que Madagascar maintienne sa politique de réformes.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale à Madagascar comprend onze opérations d'investissement pour un engagement total de 618 millions de dollars. Les secteurs du transport et des infrastructures représentent la plus grande partie des engagements (27 %), suivis par l'éducation (25 %) et le développement rural (21 %).

En décembre 2014, le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a approuvé deux projets pour un total de 95 millions de dollars. Ces projets visent à soutenir les efforts de Madagascar pour améliorer la fourniture de services publics et stimuler la création d'emplois. La première opération, un appui budgétaire d’un montant de 45 millions de dollars financé par un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) accompagne les efforts de consolidation du retour à l'ordre constitutionnel, et fournira un soutien budgétaire au gouvernement afin d’améliorer l'efficacité et la transparence de la fourniture de services publics. La seconde opération, est un crédit IDA de 50 millions de dollars pour financer la première phase du deuxième programme intégré de pôles et corridors de croissance (PIC2). Ce projet aidera à accroître les opportunités économiques et l'accès aux infrastructures dans trois régions.

En 2015, le Groupe de la Banque mondiale a publié le Diagnostic systématique de pays (SCD) pour Madagascar. Il est fondé sur des travaux analytiques conduits en 2014 dans 18 secteurs. Il ressort de ce diagnostic que les principaux obstacles à la réduction de l'extrême pauvreté sont la mauvaise gouvernance, le manque d’investissements et la faible croissance économique. Ces facteurs tiennent en partie à des tensions au sein des élites du pays et à l'instabilité politique que connaît Madagascar. Cela affecte la capacité de l'État à recouvrer des recettes et contribue à créer un climat peu propice à l’investissement. La faiblesse de l’investissement empêche Madagascar de gérer correctement ses ressources naturelles. Et le faible niveau des recettes fiscales ne permet de réaliser les investissements pour assurer la transformation structurelle de l'économie et pour fournir des services de base aux populations qui sont indispensables au développement du pays. Dans un contexte de croissance démographique rapide, ce cercle vicieux génère une croissance économique trop faible pour enrayer la baisse ininterrompue du revenu par habitant. Pour compenser ces pertes de revenu, les populations exploitent de manière croissante les ressources naturelles, contribuant ainsi à leur épuisement. Si cette dégradation des ressources naturelles devait se poursuivre, elle nuirait au développement et à la lutte contre la pauvreté. Le rapport SCD formule une série de recommandations organisée autour de cinq axes: (1) améliorer la gouvernance; (2) renforcer les finances publiques, préalable à l'amélioration des services publics et au financement des investissements structurants; (3) mettre en place des politiques de nature à libérer le potentiel du secteur privé; (4)  développer le capital humain; et (5) lutter contre la pauvreté notamment en améliorant les conditions de vie des pauvres vivant en milieu rural.

Dernière mise à jour: 09 mai 2016

L’appui de la Banque mondiale à Madagascar vise à développer les investissements et à favoriser une croissance inclusive tout en améliorant les indicateurs sociaux. Les projets mis en œuvre ont notamment abouti aux résultats suivants :

  • 5 550 centres de nutrition communautaires ont été créés dans tout le pays, permettant de suivre la croissance de plus d’un million d’enfants âgés de moins de cinq ans (soit pratiquement un tiers de ce groupe d’âge) et de dispenser aux mères des conseils sur la santé alimentaire de leurs enfants ;
  • neuf communes minières ont eu recours à l’approche du budget participatif pour renforcer leurs capacités et améliorer la gouvernance ;
  • la construction du port d’Ehoala à Fort-Dauphin, grâce à un partenariat public-privé, a permis d’exporter 648 000 tonnes de marchandises ;
  • 1 166 sous-projets visant à accroître les revenus des exploitants agricoles a permis de soutenir 35 000 producteurs supplémentaires et d’augmenter ainsi la productivité agricole ;
  • 100 000 titres de propriété foncière ont été délivrés depuis 2006 ;
  • 563 communes défavorisées ont été raccordées au réseau haut débit ;
  • 400 000 personnes ont pu bénéficier de projets « argent contre travail »
  • 114 dispensaires ruraux ont été raccordés au réseau électrique
  • les zones couvertes par les projets d’irrigation ont vu leur rendement rizicole augmenter de 2,0 à 4,43 tonnes par hectare
  • 5 000 ménages pauvres ont bénéficiés de transferts monétaires pour offrir des soins médicaux et des études scolaires à leurs enfants (cela concerne en tout16 000 enfants) ;
  • le taux d’accès à la téléphonie mobile a augmenté de 10 % grâce à l'installation de pylônes de télécommunications dans les régions reculées.

Depuis 1990, la Banque mondiale et un grand nombre de partenaires au développement coopèrent pour aider Madagascar à mettre en œuvre son Plan national d’action pour l’environnement (PNAE). Il a été mis en œuvre en trois phases, chacune d’entre elles totalisant environ 400 millions de dollars. Parmi les bons résultats obtenus, on peut citer :

  • une réduction de 75 % du taux de déforestation au cours des 20 dernières années ;
  • la création de 2,4 millions d’hectares de parcs nationaux ;
  • l’aménagement durable de 4,5 millions d’hectares de terres, principalement par des organisations non gouvernementales (ONG).

Dernière mise à jour: 09 mai 2016

Avant la crise politique qui a paralysé le pays entre 2009 et 2013, l’aide extérieure représentait 40 % du budget de l’État et 75 % de l’investissement public. Les quatre principaux bailleurs de fonds de Madagascar (la Banque mondiale, la Commission européenne, les États-Unis et la Banque Africaine de Développement) représentaient environ 80% de l’aide officielle sur l’île.

Pendant la crise politique, la plupart des bailleurs de fonds ont suspendu tout nouvel engagement mais maintenu les programmes humanitaires existants, dont l’exécution était assurée par des organismes spécialisés ou des organisations non gouvernementales. La Banque mondiale a toutefois maintenu son portefeuille de projets en raison de son mandat technique de lutte contre la pauvreté. À la lumière des récentes élections, les bailleurs envisagent à nouveau de soutenir financièrement Madagascar et de mettre en œuvre de nouveaux projets.

Depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2014, la plupart des bailleurs de fonds ont d’ailleurs lancé un signal fort en rétablissant leur soutien budgétaire après cinq années d’interruption.

Dernière mise à jour: 09 mai 2016


FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA