Madagascar - Vue d'ensemble

  • État insulaire d’Afrique australe, situé dans l’Océan Indien à l’est du Mozambique, Madagascar, est la 5e plus grande île du monde avec une superficie de 587 000 km2 et 25,5 millions d’habitants en 2017.

    Contexte politique

    Ayant quitté le pouvoir en septembre 2017, pour se représenter aux élections présidentielles de novembre 2018, conformément à la Constitution, le président Hery Rajaonarimampianina a été battu au premier tour par deux anciens chefs d'État, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. La Commission électorale publiera les résultats définitifs du second tour en janvier 2019, mais selon les résultats provisoires, Andry arriverait en tête avec 55,6 % des voix. En attendant, l’intérim est assuré par le président du Sénat, Rivo Rakotovao, jusqu’à l’installation du nouveau président de la République.

    Situation économique

    La croissance du PIB a accéléré entre 2013 et 2017, passant de 2,3 % à environ 4,2 %, pour s’établir à 5 % en 2018. Les petites industries et entreprises du secteur privé ont stimulé l’économie malgache. Les exportations de biens et services dans les zones franches économiques réalisent également de bonnes performances. Au court de la période récente, le fort dynamisme de l’investissement public tire également la croissance du secteur de la construction dans les zones urbaines. En conséquence, les principaux moteurs de croissance sont concentrés dans les secteurs de l’industrie et des services, qui profitent largement à la population urbaine, tandis que la population rurale continue d’exercer des activités agricoles exclues de la reprise économique.

    En effet, entre 2014 et 2017, le secteur agricole s'est contracté en moyenne de 0,8 % par an. Or dans un pays où près de 80 % de la population exerce une activité agricole, cela indique que la croissance économique de ces dernières années n’a pas eu de répercussions positives sur les conditions de vie de la population rurale. 

    Projetée à 5,4 % en 2019, la croissance devrait rester dynamique. La politique monétaire devrait continuer de se concentrer sur le contrôle de l'inflation, estimée à 6,4 % en 2019 et projetée à 5,4 et 6,0 %, en moyenne entre 2020 et 2022. À moyen terme, les dépenses publiques devraient aussi se stabiliser, avec une réduction de la part des dépenses courantes et une augmentation des dépenses d’investissement.

    Malgré ces projections assez positives, il est essentiel de donner la priorité à une croissance plus inclusive pour réduire les fortes inégalités et la pauvreté. D’autant que les projections actuelles suggèrent une baisse de la proportion de la population malgache vivant sous le seuil de pauvreté. En effet, l’incidence de pauvreté, basée sur un seuil de 1,90 dollar par jour et par parité de pouvoir d’achat, devrait baisser de 75 % 73 % entre 2018 et 2020. Il est donc important de maintenir cette tendance. Par ailleurs, l'augmentation des recettes fiscales et la réduction des transferts aux entreprises publiques peu performantes permettraient de débloquer davantage de ressources pour la fourniture des services publics d’éducation, de santé, et d’infrastructures en milieu rural.

    Contexte social

    Madagascar a pris du retard sur plusieurs indicateurs de développement. Un enfant sur deux (de moins de 5 ans) souffre d’un retard de croissance et il s’agit du cinquième pays au monde avec le plus grand nombre d’enfants non scolarisés. Par ailleurs, le taux d'accès à l’électricité est seulement de 13 %, soit l’un des plus bas de la planète.

    En 2018, Madagascar a légèrement amélioré son indice de développement humain (IDH) de 0,512 à 0,519, mesuré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le pays a cependant reculé de trois rangs dans le classement mondial, passant de la 158e à la 161e place. 

    Dernière mise à jour: 03 janv. 2019

  • Lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs organisée par le gouvernement malgache à Paris en décembre 2016, avec l’appui de la Banque africaine de développement, du Groupe de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Madagascar a reçu un engagement de 6,4 milliards de dollars pour appuyer ses projets de développement sur la période 2017 à 2020. Cette somme comprend 2,1 milliards de dollars de fonds déjà engagés mais à décaisser et 4,3 milliards de nouveaux engagements. S’ajoute à cela une enveloppe de 3,3 milliards de dollars d’investissements annoncée par le secteur privé.

    En juin 2017 la Banque mondiale a approuvé son nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPF) avec Madagascar pour la période 2017-2021. Élaboré en consultation avec le gouvernement et toutes les autres parties prenantes (société civile, secteur privé etc.) et, aligné sur le Plan national de développement, le CPF vise à renforcer la résilience et à réduire la fragilité du pays, tout en promouvant une croissance économique inclusive. Les recommandations tirées du diagnostic de la situation économique et sociale du pays (SCD), publié en 2015, ont servi de base à la formulation des cinq priorités du CPF :

    • améliorer la gouvernance ; 
    • renforcer les finances publiques, améliorer les services publics et le financement des investissements structurants ;
    •  mettre en place des politiques en faveur du secteur privé ; 
    • développer le capital humain;
    • et lutter contre la pauvreté, notamment en  en milieu rural.

    Sur cette base, la Banque mondiale et le gouvernement malgache se sont fixé trois priorités d’ici 2021 :

    • réduire de 1 point de pourcentage par an le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans, dans les régions où les taux de malnutrition chronique sont les plus élevés ;
    • augmenter de 25 % le nombre d’enfants achevant le cycle primaire à l’école ;
    • amener à 20 % le taux d’accès à l’électricité.

    Pour atteindre ces résultats, l’Association internationale de développement (IDA), filiale de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète, allouera 1,3 milliard de dollars à Madagascar au cours des cinq prochaines années pour financer des interventions dans les domaines de la petite enfance, de l’agriculture résiliente, de l’inclusion financière et de l’énergie.

    Le Groupe de la Banque mondiale finance en tout la mise en œuvre de 17 opérations représentant un engagement total de 1,14 milliard de dollars, dont 372 millions ont déjà été décaissés. Le secteur agricole représente la plus grande partie des engagements (35 %), suivi par les infrastructures, l’énergie, l’appui au secteur privé (30 %), à l’éducation et à la protection sociale (21%), ainsi qu’à l’administration publique (14 %).

    Dernière mise à jour: 03 janv. 2019

  • L’appui de la Banque mondiale à Madagascar vise à développer les investissements et à favoriser une croissance inclusive tout en améliorant les indicateurs sociaux. Les projets mis en œuvre ont notamment abouti aux résultats suivants :

    Education

    • Depuis octobre 2016, 5,1 millions d’élèves ont débuté l’année avec un nouveau kit scolaire. Grâce à la production et à la distribution de manuels, le nombre de manuels par enfant est passé de 1 pour 25 enfants à 1 pour 2. Depuis trois ans, 12 074 écoles ont reçu des subventions pour acquérir du matériel scolaire, financer des travaux d’entretien et de réparation, ainsi que leurs frais de fonctionnement. Des associations de parents d’élèves surveillent l’usage qui est fait de ces subventions et reçoivent des formations pour se familiariser notamment à l’utilisation de fiches d’évaluation du service rendu.
    • Depuis 2015, près de 600 écoles distribuent des repas à 103 368 enfants. Cette stratégie s’est révélée particulièrement efficace pour que les enfants continuent de fréquenter l’école, en particulier dans le sud du pays, touché par de graves épisodes de sécheresse.
    • En 2015 et 2016, plus de 50 000 enseignants ont suivi une formation pendant l’été.
    • 266 salles de classe ont été construites grâce au Projet d’Appui d’urgence à l’éducation pour tous (PAUET)

    Santé et protection sociale

    • 508 000 femmes enceintes ou allaitantes et plus de 1,7 million d’enfants de moins de cinq ans ont bénéficié de soins de santé gratuits grâce à un système de coupons ou d’exonérations.
    • Environ 1,8 million d’enfants en âge d’aller à l’école ont bénéficié d’un traitement préventif contre les maladies tropicales négligées, notamment les infections par les helminthes. Les enseignants ont noté un recul de l’absentéisme depuis la mise en place de ce traitement.
    • 286 194 enfants âgés de moins de 1 an ont été vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, et la polio (DTP3).
    • D’ici fin 2017, environ 100 000 ménages recevront des allocations bimensuelles en espèces pour les inciter à envoyer leurs enfants à l’école primaire, à travers les programmes de transfert monétaire et 32 000 autres participeront à des activités d’argent contre travail.
    • Dans les neuf régions d’intervention du projet, 347 centres de santé dispensant des soins élémentaires ont été rénovés (installation de réfrigérateurs fonctionnant à l’énergie solaire pour conserver les vaccins, par exemple).

    Développement du secteur privé

    • 142 500 titres de propriété foncière ont été délivrés depuis 2006.
    • Entre 2015 et 2017, six réformes relatives à l’amélioration du climat des investissements ont été adoptées et mises en œuvre, réduisant de manière tangible les obstacles à l’entreprenariat et à la croissance des entreprises. Le nombre total de bénéficiaires directs du second projet de Pôles Intégrés de Croissance (PIC2) est estimé à près de 400 000. Dans les 77 communes d’intervention du PIC 2, on constate une augmentation de 51 % des revenus communaux, enregistrée entre 2015 et fin 2016, et de 85 % du nombre des entreprises nouvellement formalisées dans les 77 communes d’intervention du PIC 2. Huit kilomètres de routes urbaines ont pu être réhabilitées au niveau des communes urbaines d’intervention du PIC 2 et le trafic de passagers, y compris des touristes voyageant par air et mer a augmenté de 37 % dans les principaux pôles touristiques du PIC 2.

    Agriculture

    • Depuis fin 2015, l’ensemble de la production de cacao malgache a obtenu la désignation « cacao fin ». Grâce à l’appui du PIC 2, Madagascar est devenu, en 2016, membre de l’Organisation internationale du cacao. Pour préserver ce niveau de qualité et cette désignation, un Conseil national du cacao a été mis en place en août 2016 pour réguler la filière afin d’accroître sa productivité et sa compétitivité à l’échelle internationale.
    • En 2016, l’appui du PIC 2 a permis de mettre en place un Conseil interprofessionnel du coton, une plateforme sectorielle de dialogue public-privé destinée à réguler la filière et en particulier réduire les pratiques anticoncurrentielles.
    • Entre 2005 et 2013, le taux de déforestation a baissé de 0,13 % par an dans les aires protégées. Soit un chiffre nettement inférieur à celui des aires non protégées qui est de 1,71 % par an sur la même période.
    • Entre 2013 et 2017, 41 700 hectares de terres irriguées ont été remises en état. Et le rendement de la culture du riz a augmenté de 2,5 tonnes par hectare à près de 5 tonnes par hectare, profitant directement à plus de 76 000 ménages agricoles.

    Dernière mise à jour: 03 janv. 2019

  • Les partenaires au développement poursuivent leur coopération intensive avec les autorités malgaches qui sont encouragées à assurer la coordination sectorielle.

    En outre, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale travaillent ensemble pour évaluer et renforcer le système de passation des marchés publics à Madagascar et afin qu’il puisse être utilisé dans le cadre des projets financés par l’aide internationale.

    Dernière mise à jour: 03 janv. 2019

Api


FINANCEMENTS

Madagascar: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business à Madagascar (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Point de contact principal
1 Rue Andriamifidy
BP 4140
Antananarivo 101, Madagascar
+261-20-22-560-00
Informations générales et renseignements
Diana Styvanley
Chargée de communication
+261320500127
dstyvanley@worldbank.org
Plaintes et problèmes liés aux projets
madagascaralert@worldbank.org