Guinée - Vue d'ensemble

  • Située en Afrique de l’Ouest, la Guinée est bordée, au nord, par la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Mali, et, au sud, par la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire. La population guinéenne s’établissait à 12,6 millions d’habitants en 2016.

    Situation politique

    À l’issue d’une élection contestée, le président Alpha Condé a été réélu en octobre 2015 pour un second mandat avec 57 % des suffrages, puis investi au mois de décembre suivant (juste avant que la Guinée ne soit déclarée exempte du virus Ebola). Il a nommé Mamady Youla au poste de Premier ministre. Cet économiste a à son actif une carrière mixte dans le secteur privé et dans la fonction publique. Son gouvernement comprend sept femmes à des portefeuilles clés. Les scrutins locaux qui se sont tenus en février 2018 ont permis d’élire les maires et les conseillers communaux, et de designer les présidents de district au prorata des résultats obtenus par chaque parti. Les prochaines élections législatives se dérouleront en 2018.

    En novembre 2017, une réunion du Groupe consultatif a rassemblé à Paris les dirigeants et les partenaires de la Guinée. Le gouvernement a obtenu 21 milliards de dollars de promesses de financements de la part de ses partenaires et d’entités du secteur privé. Ces fonds viendront soutenir la mise en œuvre du nouveau Plan national de développement économique et social (2016-2020). La Banque mondiale s’est engagée à apporter 1,6 milliard de dollars et la Société financière internationale (IFC), 750 millions. En septembre 2017, les autorités guinéennes ont annoncé avoir obtenu de la Chine un prêt d’un montant de 20 milliards de dollars qui sera débloqué sur les vingt prochaines années, en contrepartie de concessions minières (pour l’exploitation de la bauxite principalement). Sur cette enveloppe, un financement de 3 milliards de dollars était disponible immédiatement. Les investissements prioritaires concernent les secteurs de l’infrastructure, de l’énergie, de la santé et de l’environnement.

    Situation économique

    La reprise économique se poursuit, avec un rythme de croissance qui s’est établi à 6,7 % en 2017 après les 6,6 % enregistrés l’année précédente. Elle repose principalement sur la hausse de la production minière (et de bauxite en particulier), le redressement des activités de construction et les bonnes performances de l’agriculture, ainsi que sur un meilleur approvisionnement électrique.

    La Guinée a mis en œuvre de saines politiques budgétaires et monétaires dans l’objectif de stabiliser l’économie. Le déficit des finances publiques s’est cependant creusé entre 2016 et 2017, pour passer de 0,1 à 0,4 % du PIB. La mobilisation des recettes a progressé de 15 % du PIB en 2016 à 15,4 % en 2017, grâce à la hausse des revenus miniers et des impôts directs. Les recettes fiscales liées à l’activité minière ont représenté 2,9 % du PIB (contre 2.2 % en 2016), reflétant le dynamisme de ce secteur. L’augmentation des recettes fiscales directes — de 2,5 à 3 % du PIB entre 2016 et 2017 — s’explique quant à elle par des mesures administratives qui favorisent la discipline fiscale.

    À la suite de l’achèvement du premier programme conclu entre la Guinée et le Fonds monétaire international (FMI), l’institution financière a approuvé en décembre 2017 une nouvelle facilité élargie de crédit. Celle-ci offre à la Guinée la possibilité de recourir à des prêts à des taux non concessionnels pour financer des projets d’investissement dans l’infrastructure, l’enseignement supérieur et l’eau. Le plafond de cette enveloppe a été fixé à 650 millions de dollars sur la période 2017-2020. Le FMI effectuera sa première revue du programme durant le premier semestre de 2018.

    Selon l’analyse de la viabilité de la dette (a) réalisée par la Banque mondiale et le FMI, la Guinée est exposée à un risque modéré de surendettement, qui s’accompagne cependant d’une vulnérabilité accrue en raison d’un important emprunt non concessionnel contracté par l’État pour financer la construction du barrage de Souapiti. La Guinée prévoit de souscrire des prêts non concessionnels afin de financer le développement d’autres infrastructures, dont notamment la remise en état de la RN1 et du réseau routier de Conakry, la construction d’une ligne d’interconnexion électrique et la rénovation d’un établissement universitaire. Les équipes de la Banque mondiale et du FMI collaborent étroitement avec les autorités guinéennes pour que tous les prêts contractés en 2018 et par la suite aient un caractère fortement concessionnel et un effet marqué sur le développement.

    Situation sociale

    Environ 55 % de la population guinéenne vivait dans la pauvreté en 2012. Ce taux s’est probablement aggravé en 2014 et 2015 en raison de la crise Ebola et de la stagnation de l’activité économique qui en a découlé, particulièrement dans les régions du pays qui ont été les plus touchées par le virus et où le taux de pauvreté dépassait déjà la moyenne nationale. 

    Un sondage par téléphone portable, réalisé en septembre 2015 auprès d’environ 2 500 ménages répartis dans tout le pays, a confirmé que l’épidémie avait eu de graves conséquences sur leur situation. Le niveau de bien-être mesuré en fonction de la possession d’actifs a reculé, ce qui va de pair avec une baisse marquée du revenu (plus de 30 %) dans les ménages ruraux et chez les femmes vivant dans les régions gravement touchées pour le virus. L’enquête a également mis en évidence une baisse de la consommation alimentaire chez ces ménages. Parallèlement, le taux de chômage en milieu urbain a doublé, passant de 8 % en 2012 à 16 % en 2015 ; près de 10 % des ménages ont retiré leurs enfants de l’école, par crainte, majoritairement, du virus Ebola. Contre toute attente, la production agricole a bien résisté à la crise et les prix des aliments sont restés stables.

    La proportion de pauvres reste beaucoup plus élevée en milieu rural (65 % en 2012) qu’en milieu urbain (35 %).

    Enjeux de développement

    L’économie guinéenne est confrontée à deux risques majeurs en 2018 : le pays doit, d’une part, maintenir le cap des réformes macroéconomiques et budgétaires, et, d’autre part, assurer la stabilité sociale et politique. La période électorale des législatives risque en effet d’affaiblir l’élan des réformes structurelles et la rigueur des politiques publiques, au détriment de la croissance économique à moyen terme. Le pays a par ailleurs été confronté à une montée des protestations syndicales, en particulier dans le secteur de l’éducation, avec des revendications de hausse de salaire chez les enseignants. Sur le front extérieur, la baisse des prix des matières premières et le ralentissement de la croissance économique pourraient aussi nuire à l’expansion de l’activité en Guinée.

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

  • La Banque mondiale élabore actuellement un nouveau programme stratégique pour la Guinée, qui couvrira la période 2018-2022. Son portefeuille de projets en cours compte dix opérations, qui représentent un montant total d’engagements de 271,9 millions de dollars. À cela s’ajoutent six projets régionaux d’un montant total de 218,5 millions de dollars. Les engagements de l’IDA (nationaux et régionaux) en Guinée s’élevaient donc à 490,4 millions de dollars à la fin de l’exercice 2017 (30 juin), avec un taux de décaissement de 24,2 %. Ce taux s’établissait à 16,1 % à la fin du mois de janvier 2018 en ce qui concerne le portefeuille d’opérations nationales.

    Au mois de juillet 2017, le gouvernement guinéen et la Banque mondiale ont conclu deux accords de financement portant sur un montant total de 52 millions de dollars. Le premier concerne un projet de renforcement des capacités et d’assistance technique pour la gouvernance économique ; il consiste en un financement additionnel de 22 millions de dollars qui permettra de consolider les avancées obtenues dans le cadre de l’opération initiale mais aussi d’élargir les champs de développement de la Guinée, en appuyant notamment l’Institut national de statistique pour la réalisation d’une nouvelle enquête auprès des ménages. Le second accord, qui porte sur un financement de 30 millions de dollars, a pour objectif d’améliorer l’approvisionnement en eau potable à Conakry.

    Le programme entrepris par la Banque s’attache à mettre en place les fondements de la transformation du pays en privilégiant les secteurs considérés comme prioritaires par les autorités, à savoir l’énergie, l’agriculture, l’exploitation minière, la gouvernance et l’intégration régionale

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

  • En Guinée, le portefeuille de l’Association internationale de développement (IDA) comprend 11 opérations en cours, pour un montant total de 270,9 millions de dollars. Le ratio de décaissement s’élevait à 11 % en février 2017. Le portefeuille regroupe sept projets régionaux représentant 236,5 millions de dollars d’engagements, dont un financement additionnel de 23 millions de dollars destiné au Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest et approuvé par le Conseil des administrateurs en février 2017. Le programme du Groupe de la Banque mondiale contribue à la mise en place d’éléments fondamentaux qui pourront servir de base à la transformation de secteurs prioritaires : l’énergie, l’agriculture, les mines et l’intégration régionale. Le portefeuille s’est nettement étoffé avec l’appui supplémentaire apporté pour faire face à l’épidémie d’Ebola.

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

  • Aux côtés des institutions de Bretton Woods, les principaux bailleurs de fonds du pays sont la Banque africaine de développement, la Commission européenne, la Banque islamique de développement et l’Agence française de développement.

    Cependant, d’autres institutions et partenaires jouent un rôle vital dans des domaines particuliers. Les Nations Unies coordonnent ainsi des interventions visant à améliorer la sécurité ; le pays bénéficie aussi dans ce domaine de mesures d’aide bilatérale ainsi que du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union africaine. L’USAID apporte une contribution décisive pour la mise en place d’institutions démocratiques, complétant le travail de l’Union européenne en la matière. Cette dernière a pris la direction des activités destinées à soutenir l’appareil judiciaire.

    Quant aux nouveaux partenaires de développement — plusieurs pays arabes, la Chine, le Brésil, la Russie et l’Inde — ils privilégient les secteurs dans lesquels le pays dispose d’un avantage comparatif, à savoir les mines et l’agriculture, ou ceux où des partenariats public-privé pourraient se transformer à brève échéance en activités à capitaux strictement privés. 

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

Api


FINANCEMENTS

Guinée: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business en Guinée (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Contact bureau principal
Immeuble de l'Archeveche
Face baie des Anges
BP 1420
Conakry, Guinee
+224-624-933-000
Informations générales et renseignements
Mamadou Bah
Chargé de communication
+224-624-933-008
mbah3@worldbank.org
Plaintes et problèmes liés aux projets
guineaalert@worldbank.org