Guinée - Vue d'ensemble

  • Située en Afrique de l’Ouest, la Guinée est bordée, au nord, par la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Mali et, au sud, par la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire. La population guinéenne s’établissait à 12,4 millions d’habitants en 2016.

    Situation politique

    À l’issue d’une élection contestée, le président Alpha Condé a été réélu en octobre 2015 pour un second mandat, avec 57 % des suffrages, puis investi au mois de décembre suivant (juste avant que la Guinée ne soit déclarée exempte du virus Ebola). En mai 2018, le président a annoncé un remaniement ministériel et nommé Fofana Kassory au poste de Premier ministre.

    Situation économique

    La reprise économique se poursuit, avec un rythme de croissance qui s’est établi à 8,2 % en 2017, en recul par rapport aux 10,5 % enregistrés l’année précédente. Elle repose principalement sur la hausse de la production minière (notamment de bauxite), le redressement des activités de construction et les bonnes performances de l’agriculture, ainsi que sur un meilleur approvisionnement électrique.

    Les déséquilibres budgétaires de la Guinée se sont cependant fortement aggravés en 2017, avec un creusement du déficit des finances publiques, à 2,1 % du PIB, contre 0,1 % l’année précédente. Comparé à 2016, les recettes fiscales en proportion du PIB ont été plus faibles, tandis que les investissements et les transferts publics ont augmenté en 2018, pendant la période postélectorale.

    À la suite de l’achèvement du premier programme conclu entre la Guinée et le FMI, l’institution financière a approuvé en décembre 2017 une nouvelle facilité élargie de crédit et son conseil d’administration a achevé la première revue de cet instrument le 25 juin 2018. Ce nouveau programme offre à la Guinée la possibilité de recourir à des prêts à des taux non concessionnels pour financer des projets d’investissement dans les infrastructures, l’enseignement supérieur et l’eau. Le plafond de cette enveloppe a été fixé à 650 millions de dollars sur la période 2017-20.

    Les équipes de la Banque mondiale et du FMI collaborent étroitement avec les autorités guinéennes pour que tous les prêts contractés en 2018 et par la suite aient un caractère fortement concessionnel et un effet marqué sur le développement.

    L’économie guinéenne est confrontée à deux risques majeurs en 2018 : le pays doit maintenir le cap des réformes macroéconomiques et budgétaires et assurer la stabilité sociale et politique. Les élections législatives prévues en 2019 risquent d’affaiblir l’élan des réformes structurelles et la rigueur des politiques publiques, au détriment de la croissance économique à moyen terme. Le pays a par ailleurs été confronté à une montée des protestations syndicales, en particulier dans le secteur de l’éducation, avec des revendications de hausse de salaire chez les enseignants. Sur le front extérieur, la baisse des prix des matières premières et le ralentissement de la croissance économique en Chine pourraient nuire à l’expansion de l’activité en Guinée.

    Enjeux de développement

     

    L’agriculture, les ressources naturelles mais également les industries de transformation et les services sont autant d’atouts économiques pour la Guinée. Premier employeur du pays, le secteur de l’agriculture joue un rôle clé dans la réduction de la pauvreté et le développement rural : il assure les revenus de 57 % des ménages ruraux et l’emploi de 52 % de la main-d’œuvre.

    L’environnement naturel du pays est favorable mais, pour en tirer pleinement profit et accélérer le processus de transformation structurelle, le pays doit améliorer sa gouvernance. D’autant que la Guinée est de plus en plus vulnérable au changement climatique, avec une hausse globale des températures moyennes et un recul des précipitations annuelles, surtout dans les régions du Nord-Ouest et du Nord-Est.

    Les ressources naturelles, notamment minières et hydroélectriques, sont importantes et pourraient constituer des sources de recettes substantielles. Mais l’expérience montre que l’exploitation minière et l’hydroélectricité peuvent avoir des retombées négatives graves, directes et indirectes, sur la biodiversité et l’environnement. Ces risques potentiels devront être soigneusement gérés.

    Autre grand défi pour la Guinée, les inégalités hommes-femmes, sur le plan de l’éducation et de la productivité agricole mais aussi de l’accès à une activité professionnelle et à des postes de décision. Pris ensemble, ces facteurs fragilisent les perspectives des femmes et la trajectoire de développement du pays. D’autres contraintes importantes demeurent : faiblesse du capital humain (avec un taux d’alphabétisation peu élevé notamment), faible qualité du système de santé, absence d’intrants de qualité pour l’agriculture, manque de capacités de gestion au niveau sectoriel et local, accès restreint aux services financiers et importance du chômage, en particulier chez les jeunes.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • En novembre 2017, une réunion du Groupe consultatif a rassemblé à Paris les dirigeants et les partenaires au développement de la Guinée. Le gouvernement a obtenu 21 milliards de dollars de promesses de financements de la part de ses partenaires et d’entités du secteur privé. Ces fonds viendront soutenir la mise en œuvre du nouveau Plan national de développement économique et social. La Banque mondiale s’est engagée à apporter 1,6 milliard de dollars et la Société financière internationale (IFC), 750 millions.

    Le 7 juin 2018, à l’issue de six mois de consultations auprès des diverses parties prenantes guinéennes, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a validé un nouveau cadre de partenariat de six ans avec la Guinée pour la période 2018-23. Celui-ci s’articule autour de trois piliers :

    • gestion des finances publiques et des ressources naturelles ;
    • développement humain ;
    • productivité agricole et croissance économique.

    L'enveloppe globale envisagée, couvrant IDA-18 et IDA-19, pourrait dépasser 1,5 milliard de dollars, ce qui constituerait une hausse marquée des moyens mis à la disposition du pays. Elle comprend une allocation à la performance, une dotation spéciale au titre du mécanisme d’atténuation des risques et d’autres guichets de financement d’IDA-18, dont le mécanisme de financement complémentaire, le guichet pour le secteur privé et le guichet pour l’intégration régionale.

    Le portefeuille actuel de la Banque mondiale en Guinée s’établit à 803,75 millions de dollars (crédits et dons confondus) pour 13 opérations dans le pays (442,8 millions de dollars) et huit opérations régionales (343,2 millions), avec un solde non décaissé de 505,9 millions (62,94 %).

    En 2018, le gouvernement de Guinée et la Banque mondiale ont signé six accords de financement, pour une enveloppe globale de 294,7 millions de dollars, qui couvre notamment le projet d’interconnexion Guinée-Mali (75 millions de dollars) dans le but d’accroître la fourniture d’électricité dans l’est du pays, favoriser les échanges d’énergie entre les deux pays et renforcer les capacités d’exportation de la Guinée vers les autres pays d’Afrique de l’Ouest membres du système d’échanges d’énergie électrique.

    Les autres projets approuvés au cours de cet exercice sont les suivants : une opération à l’appui des politiques de développement de 60 millions de dollars pour renforcer la stabilité macroéconomique ; le projet d'identité unique pour l'intégration régionale et l'inclusion en Afrique de l’Ouest, doté de 49,70 millions de dollars, afin d’augmenter le nombre de personnes possédant une pièce d'identité reconnue par les autorités et faciliter ainsi l'accès aux services dans les pays participants ; le projet de renforcement des capacités dans le secteur de la santé (45 millions de dollars) pour améliorer le recours aux services de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile dans les régions ciblées ; le projet de développement intégré de l’agriculture (40 millions de dollars) visant à accroître la productivité agricole et l’accès aux marchés des producteurs et des petites entreprises dans les filières visées ; et le projet de rétablissement du secteur de l’énergie (25 millions de dollars) pour améliorer les performances techniques et commerciales de l’opérateur national.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • Engagement citoyen

    Le projet à l’appui des communautés villageoises a été lancé en 2000 par le ministère guinéen de l’administration territoriale et de la décentralisation, avec le soutien de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement. Le programme a entamé sa troisième phase en 2016 et a déjà porté près de 1 500 microprojets dans les 304 collectivités rurales du pays, notamment pour construire des écoles, des marchés et des dispensaires.

    Transformation de l’agriculture

     

    Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest facilite l’adoption de nouvelles variétés culturales, de pratiques optimales de gestion des récoltes et de techniques de transformation des aliments à petite échelle. Il a également renforcé les systèmes nationaux de production et de distribution de semences pour mettre à disposition des graines certifiées et de qualité.

    Ce programme s’inscrit dans un projet régional lancé par la CEDEAO dans le but de soutenir l’agriculture dans les pays membres. Mis en œuvre dans 13 pays, il poursuit deux grands objectifs : créer et diffuser des techniques agricoles optimisées et intensifier leur adoption dans les secteurs considérés comme prioritaires.

    Grâce à un financement initial de 9 millions de dollars, le programme a amélioré les conditions de vie des semenciers en Guinée, qui ont pu ainsi obtenir 4 millions de francs guinéens (440 dollars) de gains supplémentaires par hectare de riz et par saison.

    Plus de 120 000 personnes, dont environ 40 % de femmes, ont bénéficié directement de retombées de ce programme, dont les revenus ont ainsi augmenté de 30 %.

    Le programme a également eu un impact indirect encore plus fort, en créant une demande de main-d’œuvre et d’artisans au-delà des frontières du pays. Le transfert de technologie (à l’image de l’utilisation de kits d’étuvage pour améliorer la qualité des semences de riz) a engendré, grâce à une hausse de la production rizicole, un gain de 675 millions de francs guinéens (74 000 dollars).

    Filets de protection sociale

    Le projet de filets sociaux productifs est désormais mis en œuvre dans quatre régions de Guinée. Depuis 2014, plus de 32 000 personnes ont reçu des versements comptants pour un montant total de 4,2 millions de dollars en appui à l’exécution de 219 microprojets. Depuis 2015, 1 668 bénéficiaires à faible revenu ont reçu au total 333 275 dollars de transferts monétaires.

    Grâce à un financement additionnel de 16 millions de dollars, 25 000 personnes supplémentaires devraient bénéficier de cette initiative. Le projet a également un volet important d’activités pour mobiliser les habitants et former les femmes à exercer des métiers rémunérateurs et participer à des projets communautaires.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

  • Aux côtés des institutions de Bretton Woods, les principaux bailleurs de fonds du pays sont la Banque africaine de développement, la Commission européenne, la Banque islamique de développement et l’Agence française de développement. Cependant, d’autres institutions et partenaires jouent un rôle vital dans certains domaines spécifiques : les Nations Unies coordonnent ainsi des interventions visant à réformer la sécurité ; le pays bénéficie aussi dans ce domaine d’une aide bilatérale et du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union africaine.

    L’USAID apporte une contribution décisive pour la mise en place d’institutions démocratiques, complétant le travail de l’Union européenne, qui a pris la direction des activités destinées à soutenir l’appareil judiciaire. Quant aux nouveaux partenaires de développement — plusieurs pays arabes, la Chine, le Brésil, la Russie et l’Inde — ils privilégient les secteurs dans lesquels le pays dispose d’un avantage comparatif, à savoir les mines et l’agriculture, ou ceux où des partenariats public-privé pourraient se transformer à brève échéance en activités à capitaux strictement privés.

    Dernière mise à jour: 04 déc. 2018

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FINANCEMENTS

Guinée: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business en Guinée (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

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