Gabon - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Gabon est un pays d’Afrique centrale qui possède d’importantes ressources naturelles. Il est bordé à l’est par le Cameroun, la Guinée équatoriale et la République du Congo, et à l’ouest par l’Océan atlantique. Le pays est peu densément peuplé : 1,7 million d’habitants pour une superficie de 268 000 km2 et 85 % du territoire est recouvert de forêts.

Son taux d’urbanisation figure parmi les plus élevés du continent : plus de quatre Gabonais sur cinq vivent en milieu urbain. Sa capitale, Libreville, et Port-Gentil, son principal centre économique, recensent à eux seuls 59 % de la population totale du pays. Un Gabonais sur deux est âgé de moins de 20 ans, et le taux de fécondité dans les zones urbaines et dans les zones rurales atteint respectivement presque quatre enfants et six enfants par femme, d’après la deuxième enquête démographique et de santé menée en 2012.

Situation politique

Le Parti démocratique gabonais (PDG) domine la vie politique. Après Omar Bongo, qui a présidé le pays de 1968 à 2009, c’est son fils, Ali Bongo Ondimba, qui a remporté l’élection présidentielle d’août 2009 dans un contexte de crise sociale. L’opposition a refusé de participer aux élections législatives de 2011. Elle a fait son retour pour les municipales et les départementales de décembre 2013 ainsi que pour les sénatoriales de décembre 2014. Le parti au pouvoir a néanmoins remporté tous ces scrutins.

Le 31 août 2016, le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’Ali Bongo avait été réélu président. Il aurait obtenu, d’après des résultats provisoires, 49,8 % des suffrages, contre 48,23 % pour Jean Ping. Le taux de participation était de 59,26 %. Les représentants de l’opposition ont contesté ces résultats. Une période d’instabilité politique a suivi ce scrutin et a entraîné de violents affrontements, l’arrêt des télécommunications et plusieurs manifestations aussi bien dans le pays qu’à l’étranger.

Le 23 septembre 2016, la Cour constitutionnelle a confirmé les résultats de l’élection présidentielle. À l’occasion d’une allocution télévisée, Ali Bongo a déclaré rechercher la paix et la discussion avec les autres partis. La situation demeure tendue.

Situation économique

Le Gabon fait partie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Cinquième producteur de pétrole d’Afrique, il a enregistré au cours de la décennie passée une forte croissance économique portée notamment par la production de pétrole et de manganèse. En moyenne, au cours des cinq dernières années, le secteur pétrolier a représenté 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires. Mais comme le pays est confronté au déclin de ses réserves pétrolières, les autorités ont axé leur nouvelle stratégie sur la diversification économique.

Le taux de croissance de l’économie gabonaise a ralenti en 2015, pour s’établir à 3,9 %, malgré les efforts menés pour tenter de compenser la faiblesse persistante des prix du pétrole en intensifiant la production. Après un ralentissement constant en 2013 et 2014, la production de pétrole brut est passée à 87 millions de barils en 2015 (contre 80 en 2014). La situation budgétaire du Gabon s’est détériorée en 2015 : le pays a dû faire face à son premier déficit public depuis 1998, en dépit des efforts des autorités pour maîtriser les dépenses et pour contrebalancer le déclin des recettes pétrolières.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2016 et le déficit atteindre 2,7 % du PIB suite à la baisse des prix et de la production de pétrole, avant d’être ramené progressivement à 1,8 % du PIB en 2018 grâce à la hausse des recettes tirées d’autres secteurs économiques. Le budget de 2016 inclus des mesures destinées à contrer cette réduction des recettes. Pour maîtriser leurs dépenses, les pouvoirs publics gabonais prévoient de recourir à des coupes sèches dans la plupart des secteurs, en particulier dans la santé et les infrastructures. Compte tenu des faibles budgets actuellement alloués aux secteurs sociaux (notamment la santé), cela pourrait menacer la capacité du Gabon à améliorer réellement les conditions de vie de la population.

Perspectives à moyen terme

À moyen terme, les perspectives économiques du Gabon demeurent optimistes, en dépit de la baisse des prix du pétrole. Les secteurs non pétroliers (notamment le manganèse, le bois, l’agro-alimentaire et les services) devraient continuer d’assurer l’essentiel de la croissance dans les années à venir. Dans le secteur des mines, le complexe métallurgique de Moanda-Franceville, entré en activité en 2015, va donner un coup de fouet à la production de manganèse. Dans le secteur de l’agriculture et de la pêche, le partenariat public-privé avec la société singapourienne OLAM devrait augmenter la production d’huile de palme, de caoutchouc et de poisson. Le partenariat public-privé avec Tropical Holdings, une société mauricienne, devrait également renforcer la filière halieutique. Le taux de croissance du PIB devrait atteindre en moyenne 5,4 % en 2016 et 2017. Compte tenu de la baisse des prix du pétrole, l’inflation devrait se maintenir en moyenne à 2,5 % en 2016-2017.

Enjeux du développement

La piètre qualité du climat des affaires du Gabon — le pays se classe à la 162e place sur 189 pays dans l’édition 2016 du rapport Doing Business — entrave sérieusement la diversification de son économie. La stratégie du gouvernement pour promouvoir les filières non pétrolières s’est jusqu’ici résumée à accorder des incitations spécifiques aux investisseurs étrangers. Dans une récente note de politique, la Banque mondiale encourage le renforcement du capital humain, la mise en place d’un environnement des affaires équitable et transparent et l’amélioration de la qualité et du prix des infrastructures clés – trois conditions vitales pour assurer la diversification de l’économie et des exportations. Les autorités ont récemment adopté une série de mesures pour améliorer le climat des affaires, avec la création d’un guichet unique pour les investisseurs, l’introduction d’un cadre pour les partenariats public-privé, l’instauration d’un tribunal arbitral national et l’adoption de codes pour les hydrocarbures et les mines.

Une étude de McKinsey réalisée en 2013 a révélé qu’environ 30 % des habitants du pays étaient vulnérables, avec un revenu mensuel inférieur au salaire minimum garanti de 80 000 francs CFA. Elle a aussi montré que la situation sociale s’était dégradée en matière d’accès aux services de base (santé, eau potable et électricité) dans 60 % des régions. À la suite de la parution de ce rapport, le gouvernement gabonais a organisé des Assises sociales en 2014 dans le but de définir la stratégie d’investissement humain du Gabon (SIHG). Établie fin janvier 2014, cette nouvelle politique sociale sera la principale priorité du gouvernement et vise trois objectifs : i) aider les populations les plus vulnérables (personnes âgées, orphelins, handicapés) grâce à des programmes sociaux intégrés, ii) aider les habitants à faible revenus à développer des activités rémunératrices et iii) réduire les inégalités d’accès aux services publics essentiels. En 2015, le Gabon se trouvait à la 110e place (sur 189) du classement des pays en fonction de leur indice de développement humain.

Bien que le taux de scolarisation de 96,4 % soit l’un des plus élevés d’Afrique, le système éducatif gabonais reste marqué par un taux de redoublement élevé et par un faible taux d’achèvement du cycle primaire (37,2 %).

Le Gabon doit aussi faire face à la faiblesse du système de statistique national, en particulier dans le contexte actuel de baisse des prix du pétrole. Il est en effet essentiel de connaître les conséquences sociales des ajustements en cours dans le secteur public. Il n’existe pas de données fiables sur la pauvreté et la répartition des richesses, et les derniers comptes nationaux datent de 2010. Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation a toujours pour base la consommation des ménages mesurée par une enquête de 2003.

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Gabon

La stratégie de partenariat avec le Gabon, conçue conjointement par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (IFC), pour la période 2012-2016 a été examinée par le Conseil des administrateurs en 2012. Son contenu, de même que les ajustements proposés, sont conformes aux plans de développement stratégique du pays, y compris le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). Il comprend trois piliers : i) la gouvernance et les capacités du secteur public, ii) la compétitivité et l’emploi et iii) le développement humain et une politique environnementale durable.

Le portefeuille de projets de la Banque mondiale au Gabon comprend sept opérations représentant un engagement net de 422,5 millions de dollars, dont 379,8 millions n’ont pas encore été décaissés. Ce portefeuille concerne les secteurs suivants et se répartit comme suit : transports et TIC (32 %), éducation (24 %), infrastructures et développement local (24 %), énergie et industries extractives (14 %), commerce et compétitivité (4 %) et environnement (2 %).

Un examen des progrès et des enseignements à tirer est en cours d’élaboration afin d’évaluer l’exécution des projets et de proposer des ajustements pour le programme et l’engagement du Groupe de la Banque mondiale au Gabon. Cet examen a pour objectifs de réajuster la stratégie en fonction de l’évolution du contexte national, notamment depuis la récente chute des cours du pétrole, de tirer les enseignements des programmes mis en œuvre et de réaffirmer les priorités défendues par la Banque mondiale pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une croissance économique plus équitable.

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale contribue aux résultats obtenus par le Gabon sur le plan du développement dans les secteurs suivants :

Amélioration de l’accès à l’électricité et à l’eau dans les zones rurales

Le Projet d’accès aux services essentiels (BIRD, 60 millions de dollars) a pour but d’améliorer l’accès à l’électricité et à l’eau dans les zones rurales. Il doit être présenté au Conseil des administrateurs en septembre 2015.

Promotion des investissements et de la compétitivité

Un prêt de la BIRD d’un montant de 18 millions de dollars a été approuvé en mars 2014 afin d’aider les pouvoirs publics gabonais à rendre le pays plus attractif aux yeux des investisseurs étrangers. Le projet soutient la mise en place de réformes majeures pour améliorer le climat des affaires et stimuler la croissance de petites et moyennes entreprises.

Amélioration des infrastructures locales

Le Projet de développement des infrastructures locales, doté de 100 millions de dollars, entend principalement améliorer l’accès aux services de base en milieu urbain pour les habitants des quartiers défavorisés. Il contribuera également à renforcer les capacités de gestion des municipalités et à faire émerger des PME privées locales.

Soutien à la gestion durable des écosystèmes humides critiques

Un financement de 8,47 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a pour objectif de renforcer la protection de la biodiversité dans certaines zones humides boisées figurant sur la liste des sites Ramsar, en intensifiant la production de connaissances et en formulant des mesures de protection pour assurer une gestion durable des zones humides.

Modernisation des technologies de l’information et de la communication (TIC)

Le Projet de développement de la fibre optique en Afrique centrale, d’un montant total de 58 millions de dollars, a été lancé le 6 mars 2013. Il contribue à étendre la portée géographique des réseaux haut débit du pays, permet également de réduire les coûts des services de communication dans l’ensemble de la région et de faciliter l’accès aux TIC.

Services de conseil remboursables

Une part considérable de l’engagement de la Banque mondiale au Gabon relève de la fourniture de services de conseil remboursables. Un accord initial de près de 2 millions de dollars a été signé en 2010 pour i) améliorer la gestion des dépenses publiques, ii) identifier des sources potentielles de croissance et iii) optimiser la gestion des infrastructures de transport et portuaires existantes. Cet accord s’est poursuivi jusqu’à fin juin 2013. Trois nouveaux accords ont été signés en mars 2014, dans le domaine de la gestion des finances publiques (700 000 dollars), de la réforme du système fiscal (1 013 951 dollars) et des statistiques (1 384 942 dollars).

Travaux d’analyse et assistance technique

La Banque mondiale a fourni une assistance technique au Gabon dans les domaines du transport (2014) et de la gestion de la dette, et produit un ensemble de notes de politique macroéconomique (2013-2015).

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale, qui dispose d’un bureau permanent à Libreville, la capitale, figure parmi les principaux partenaires du développement du Gabon. Les autres grands partenaires du pays sont la Chine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et les Nations unies.

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016


FINANCEMENTS

Gabon: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA