Gabon - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Gabon est un pays d’Afrique centrale qui possède d’importantes ressources naturelles. Avec une population de 1,6 million d’habitants pour une superficie de 268 000 km2, c’est un pays peu densément peuplé, 85 % de son territoire étant occupé par la forêt. Son taux d’urbanisation figure parmi les plus élevés du continent : plus de quatre Gabonais sur cinq vivent en milieu urbain. Sa capitale, Libreville, et Port-Gentil, son principal centre économique, recensent à eux seuls 59 % de la population totale du pays.

Contexte politique

Le Parti démocratique gabonais (PDG) domine la vie politique. Après Omar Bongo, qui a présidé le pays de 1968 à 2009, c’est son fils, Ali Bongo Ondimba, qui a remporté l’élection présidentielle d’août 2009 dans un contexte de crise sociale. L’opposition, qui avait boycotté les élections législatives de 2011, a fait son retour pour les municipales et les départementales de décembre 2013 ainsi que pour les sénatoriales de décembre 2014. Tous ces scrutins se sont pourtant soldés par la victoire du parti au pouvoir. La prochaine élection présidentielle aura lieu en 2016.

Le programme politique du nouveau président veut faire du Gabon un pays émergent d’ici 2025. À cette fin, les autorités ont adopté un plan baptisé « Plan stratégique Gabon émergent » (PSGE), articulé autour de trois axes : l’industrie, la gestion durable des ressources naturelles et les services. Le premier pilier, « Gabon industriel », consiste à transformer le pays en un pôle industriel dynamique ; le deuxième pilier, « Gabon vert », permettra de gérer durablement la forêt gabonaise et de faire du pays un leader mondial de la production de bois tropical certifié ; le troisième pilier, « Gabon des services », entend créer des emplois dans des secteurs comme les technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’écotourisme

En janvier 2014, Daniel Ona Ondo, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, a été nommé Premier ministre et s’est vu confier la tâche de mettre en œuvre ce plan stratégique.

Malgré la stabilité politique dont il jouit depuis l’indépendance, le Gabon connaît des problèmes de transparence et d’efficacité de la gouvernance. La situation politique et sociale s’est dégradée depuis les élections contestées d’août 2009, qui ont vu arriver au pouvoir le fils d’un homme ayant longtemps occupé la fonction présidentielle. Tous les secteurs clés de l’économie connaissent depuis cinq ans des grèves périodiques, l’autorité du président Ali Bongo restant contestée par une large partie de l’opposition. Le contexte social s’est nettement durci au début de l’année 2015 quand tous les syndicats de la fonction publique (qui représente plus de 60 % de l’emploi formel) ont annoncé une grève générale illimitée.

Situation économique

Le Gabon fait partie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Cinquième producteur de pétrole d’Afrique, il a enregistré au cours de la décennie passée une forte croissance économique portée notamment par la production de pétrole et de manganèse. Durant les cinq dernières années, le secteur pétrolier a représenté en moyenne 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires. Mais comme le pays est confronté au déclin de ses réserves pétrolières, les autorités ont axé leur nouvelle stratégie sur la diversification économique.

Après quatre ans de croissance soutenue, avec un taux moyen de 6 % entre 2010 et 2013, le rythme s’est tassé en 2015, à 4 %, contre 5,6 % en 2013. Cette évolution s’explique par l’effondrement des cours du pétrole et la baisse associée des investissements publics, rabotés de moitié. Les grands chantiers publics organisés dans le cadre du PSGE ont été les principaux moteurs de la croissance depuis cinq ans. La croissance a continué de fléchir, mais à un rythme plus lent que l’an dernier. La croissance négative dans le secteur de la construction, des travaux publics et de la transformation du bois a été compensée par une production supérieure aux attentes dans les industries extractives et par l’essor continu des services. Les secteurs du pétrole et du manganèse avaient progressé de respectivement 6,6 et 6 % à la fin du premier semestre 2015.

Perspectives à moyen terme

Malgré des cours du pétrole plus bas qu’attendu, les perspectives économiques à moyen terme restent positives. Les filières non pétrolières (en particulier la production de manganèse, la transformation du bois, l’agro-alimentaire et les services) continueront d’assurer l’essentiel de la croissance dans les années à venir. Dans le secteur des mines, le complexe métallurgique de Moanda-Franceville, entré en activité en 2015, va donner un coup de fouet à la production de manganèse. Dans le secteur de l’agriculture et de la pêche, le partenariat public-privé avec la société singapourienne OLAM devrait augmenter la production d’huile de palme, de caoutchouc et de poisson. Le partenariat public-privé avec Tropical Holdings, une société mauricienne, devrait également renforcer la filière halieutique. Le PIB devrait ressortir en moyenne à 5,4 % en 2016-2017 et, sur fond de chute des prix du pétrole, l’inflation devrait rester proche des 2,5 % sur la période.

Enjeux du développement

La piètre qualité du climat des affaires du Gabon — le pays se classe à la 181e place sur 189 pays dans l’édition 2015 du rapport Doing Business — constitue une sérieuse entrave à la diversification de son économie. La stratégie du gouvernement pour promouvoir les filières non pétrolières s’est jusqu’ici résumée à accorder des incitations spécifiques aux investisseurs étrangers. Une récente note de politique de la Banque mondiale a plaidé pour le renforcement du capital humain, la mise en place d’un environnement des affaires équitable et transparent et l’amélioration de la qualité et du prix des infrastructures clés — trois conditions vitales pour assurer la diversification de l’économie et des exportations. Les autorités ont récemment adopté une série de mesures pour améliorer le climat des affaires, avec la création d’un guichet unique pour les investisseurs, l’introduction d’un cadre pour les partenariats public-privé, l’instauration d’un tribunal arbitral national et l’adoption de codes pour les hydrocarbures et les mines.

En dépit d’un taux de croissance soutenu au cours des 40 dernières années (4,5 % par an en moyenne), la création d’emplois n’a pas suivi, le chômage touchant 21 % de la population active en 2010, particulièrement les jeunes, les femmes et les travailleurs peu instruits. Cette incapacité à créer des emplois tient en partie au poids du secteur pétrolier, très gourmand en capital, et à l’inadéquation des profils produits par le système éducatif avec les besoins de l’économie. La rigidité de la législation sociale et du travail constitue une autre forme d’entrave.

En dépit de son revenu par habitant relativement fort (11 571 dollars en 2013), le Gabon présente un taux de pauvreté élevé : un habitant sur trois vit encore sous le seuil de pauvreté (1,25 dollar par jour). Une étude de McKinsey réalisée en 2013 indique qu’environ 30 % de la population sont vulnérables, avec un revenu mensuel inférieur au salaire minimum garanti de 80 000 FCFA. Elle affirme par ailleurs que la situation sociale s’est dégradée en termes d’accès aux services de base (santé, eau potable et électricité) dans 60 % des régions. Fort de ce rapport, le gouvernement gabonais a organisé des Assises sociales en 2014 dans le but de définir la stratégie d’investissement humain du Gabon (SIHG). Cette nouvelle politique sociale fait partie des priorités du gouvernement constitué fin janvier 2014, avec trois grandes missions : i) aider les populations les plus vulnérables (personnes âgées, orphelins, handicapés) grâce à des programmes sociaux intégrés ; ii) aider les personnes à faible revenu à développer des activités rémunératrices ; et iii) réduire les inégalités d’accès aux services publics.

Le Gabon occupe la 112e place sur 189 pays dans l’indice de développement humain 2014. Alors que le taux net de scolarisation en primaire ressort à 96,4 % (l’un des plus élevés d’Afrique), le système éducatif gabonais reste caractérisé par un taux de redoublement élevé et un faible taux d’achèvement du primaire (37,2 %).

Enfin, le pays a beau disposer d’un système national d’assurance maladie, la majorité des adultes n’en bénéficie pas.

Les failles du système statistique font partie des problèmes auxquels le Gabon doit remédier, surtout dans le contexte actuel de déclin des prix du pétrole où il importe de connaître précisément l’impact social des ajustements mis en œuvre par le secteur public. Le pays ne dispose pas de données fiables sur la pauvreté et la distribution des revenus et les derniers comptes nationaux n’ont pas été actualisés depuis 2010. Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation est toujours calculé en fonction d’une structure de la consommation des ménages établie à partir d’une enquête de 2003.

Dernière mise à jour: 04 janv. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Gabon

La stratégie de partenariat avec le Gabon, conçue conjointement par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (IFC) pour la période 2012-2016, a été discutée par le Conseil des administrateurs en 2012. Comme les ajustements proposés, ce texte est conforme aux plans de développement stratégique du pays, y compris le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE).

Cette stratégie s’articule autour de deux thèmes centraux — la compétitivité et l’emploi ; et la vulnérabilité et la résilience — sous-tendus par un pilier relatif à la gouvernance et aux capacités du secteur public. Un examen des progrès et des enseignements est en préparation, qui appréciera la mise en œuvre des projets et proposera des ajustements pour le programme et l’engagement du Groupe de la Banque mondiale au Gabon. Cet examen a pour objectifs de réajuster la stratégie en fonction de l’évolution du contexte national, notamment depuis la chute des cours du pétrole, de tirer les enseignements des programmes mis en œuvre et de réaffirmer les priorités défendues par la Banque mondiale pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.

Dernière mise à jour: 04 janv. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale contribue aux résultats obtenus par le Gabon sur le plan du développement dans les secteurs suivants :

Promotion des investissements et de la compétitivité

Un prêt de la BIRD d’un montant de 18 millions de dollars a été approuvé en mars 2014 afin d’aider le gouvernement gabonais à faire du pays une destination solide et attrayante pour les investisseurs étrangers. Le projet soutient la mise en place de réformes majeures pour améliorer le climat des affaires et stimuler la croissance de petites et moyennes entreprises.

Amélioration du développement des infrastructures locales

Le Projet d’infrastructures locales, doté de 100 millions de dollars, entend améliorer l’accès aux services de base en milieu urbain pour les habitants des quartiers défavorisés. Il contribuera également à renforcer les capacités de gestion des municipalités et à faire émerger des PME privées locales.

Soutenir la gestion durable des écosystèmes humides critiques

Un financement de 8,47 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a pour objectif de renforcer la protection de la biodiversité dans certaines zones humides boisées figurant sur la Liste des sites Ramsar en intensifiant la production de connaissances et en formulant des mesures de conservation pour assurer une gestion durable des zones humides.

Modernisation des TIC

Le Projet de développement de la fibre optique en Afrique centrale, d’un montant total de 58 millions de dollars, est entré en vigueur le 6 mars 2013. Outre qu’il contribue à étendre la portée géographique des réseaux haut débit du pays, il permet également de réduire les coûts des services de communication dans l’ensemble de la région et de faciliter l’accès aux TIC.

Services de conseil remboursables

Les services de conseil remboursables sont un moyen efficace pour s’engager aux côtés des pays. Dans le cas du Gabon, une part considérable de l’engagement de la Banque mondiale s’est concrétisée — et continuera de le faire — sous cette forme. Un accord initial de 2 millions de dollars a été signé en 2010 pour améliorer la gestion des dépenses publiques, identifier des sources de croissance et optimiser la gestion des infrastructures de transport et portuaires existantes. Cet accord s’est poursuivi jusqu’à fin juin 2013. Trois nouveaux accords ont été signés en mars 2014, dans le domaine de la gestion des finances publiques (700 000 dollars), de la réforme du système fiscal (1 million de dollars) et des statistiques (1,4 million de dollars).

Dernière mise à jour: 04 janv. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale, qui dispose d’un bureau permanent à Libreville, figure parmi les grands partenaires de développement du Gabon. Les autres principaux partenaires du pays sont la Chine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et l’Organisation des Nations Unies.

Dernière mise à jour: 04 janv. 2016


FINANCEMENTS

Gabon: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA