République démocratique du Congo - Vue d'ensemble

Le pays en bref

La République démocratique du Congo (RDC) possède d’immenses ressources naturelles et s’étend sur un territoire de 2,3 millions de kilomètres carrés. Le pays abrite près de 77 millions d’habitants, selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique, dont moins de 40 % vivent en milieu urbain. Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et plus de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC pourrait devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses leviers de croissance.

Situation politique

Le pays se remet encore d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 90 et généré un marasme économique et social persistant. En 1999, les accords de paix de Lusaka ont ouvert la voie au redressement du pays et à l’établissement de nouvelles institutions (Parlement, Sénat, assemblées provinciales). Les élections présidentielle et législatives de 2006 ont vu la victoire de Joseph Kabila et de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), tout en soulevant des questions quant à la transparence du processus électoral. Le président Kabila a été réélu en 2011, à l’issue d’un scrutin de nouveau contesté. Les efforts de paix et de relance économique se font dans un contexte social difficile.

Les élections présidentielles et législatives qui devaient avoir lieu le 27 novembre 2016 ont été reportées afin de réviser le fichier électoral. Selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI), cette révision pourrait prendre entre 13 et 16 mois. Le 1er septembre 2016, le facilitateur de l’Union africaine, Edem Kodjo, a lancé le dialogue politique national qui doit permettre de débattre du processus électoral et d’organiser des élections pacifiques et transparentes. Alors que plusieurs grands partis d’opposition ont refusé d’adhérer à ce forum, les participants au dialogue national ont convenus le 14 septembre 2016 que le scrutin présidentiel se tiendra au même moment que les élections législatives et provinciales, sans avoir pour autant fixé une date. Le 19 septembre suivant, Kinshasa a été le théâtre d’affrontements meurtriers lors d’une manifestation appelant au départ du président Joseph Kabila, et le pays est en proie à une escalade des violences.

Situation économique

Le taux de croissance économique de la RDC, après avoir chuté à 2,8 % en 2009 du fait de la crise financière internationale, s’est établi globalement à 7,7 % par an sur la période 2010-2015, soit un niveau bien supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette performance s’explique par la vigueur de la croissance des industries extractives et des investissements associés, et, dans une moindre mesure, par le niveau des investissements publics. Le ralentissement de l’économie mondiale et la baisse de la demande et des prix des minéraux, conjugués à l’instabilité politique dans le pays, ont eu des répercussions négatives sur l’économie au dernier trimestre 2015 et au premier semestre 2016. Le taux de croissance du PIB a ralenti à 6,9 % en 2015, contre 9,5 % en 2014. Les autorités de la RDC ont récemment revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2016 et tablent à présent sur une progression de 4,3 %.

Grâce à des politiques budgétaires et monétaires prudentes, elles sont parvenues à maintenir un cadre macroéconomique stable. L’inflation, qui affichait un taux vertigineux de 53 % en 2009, a été ramenée à 9,8 % en 2010 puis 2,8 % en 2012, avant de se stabiliser autour de 1 % sur la période 2013-2015. Le maintien d'une politique monétaire maîtrisée et de la discipline budgétaire constituent des éléments clés pour contenir l'inflation sous la barre de 5 %.

Au cours des cinq dernières années, la monnaie nationale est restée stable par rapport au dollar (avec un cours compris en moyenne entre 920 et 930 francs congolais pour un dollar). Mais la situation semble s’être détériorée en 2016 : les données disponibles pour les sept premiers mois de l’année indiquent une hausse de l’inflation à 2,2 %, une dépréciation du taux de change face au dollar (à 990 francs congolais), et une baisse des réserves de devises, dont le niveau permet actuellement de couvrir 4,5 semaines d’importations. 

Le gouvernement s'est engagé depuis 2010 à travailler étroitement avec la Banque mondiale pour mettre en place un mécanisme d'amélioration systématique de la gouvernance économique. Cette collaboration a donné lieu à l’instauration d’un dispositif conjoint pour suivre les progrès de la mise en œuvre des réformes. L’objectif de ces réformes est de renforcer la gouvernance et la transparence dans les industries extractives (secteurs forestier, minier et pétrolier) et d’améliorer le climat des affaires. Au cours des trois dernières années, des progrès significatifs ont été observés dans l’application de ces mesures. Presque tous les contrats signés par le gouvernement dans les secteurs pétrolier, minier et forestier sont désormais accessibles au public. Le pays prend part à l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE) et publie dans ce cadre des rapports réguliers sur les recettes tirées des ressources naturelles. Il doit toutefois accomplir des efforts supplémentaires en vue d’assurer un processus de mise en concurrence abouti pour l’attribution des contrats miniers, pétroliers et forestiers.

Situation sociale

Malgré une croissance économique très soutenue et une baisse du taux de pauvreté de 71 % à 64 % entre 2005 et 2012, la RDC compte encore parmi les pays les plus pauvres du monde et se situe au 176e rang (sur 187 pays) de l’indice de développement humain calculé par l’ONU. Son PIB par habitant, qui s’élevait à 442 dollars en 2015, figure parmi les plus bas du monde. L’ONU estime à environ 2,3 millions le nombre de personnes déplacées et de réfugiés en RDC, et à 323 000 le nombre de Congolais résidant dans des camps de réfugiés en dehors du pays. L’urgence humanitaire est toujours d’actualité dans les zones les plus instables de la RDC et la prévalence des violences sexuelles reste élevée.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale en RDC

En 2001, la Banque a repris ses engagements en RDC, après près d’une décennie de suspension de ses activités en raison d’une corruption généralisée et d’une insécurité croissante.

Son portefeuille de projets pour la RDC a évolué au cours des cinq à dix dernières années, pour passer du mode de « l’urgence » à une orientation axée sur le « développement durable » et tournée vers le présent et l’avenir du pays. Il comprend actuellement 24 projets (en excluant les opérations régionales, mais en incluant les dons) et 57 fonds fiduciaires ; ces engagements représentent un montant total de 2,51 milliards de dollars, dont 42 % ont été décaissés. La répartition de ce portefeuille entre les différents secteurs est la suivante : 63 % pour l’infrastructure (transport, énergie, développement urbain et eau), 16 % en faveur du développement humain, 15 % pour le développement du secteur privé et l’agriculture, et 6 % destinés à la gouvernance et au secteur minier.

L’actuelle stratégie d’aide de la Banque mondiale pour la RDC (a) a fait l’objet d’un examen des progrès et des enseignements, qui a été finalisé le 12 avril 2016. Cet examen a confirmé la validité de la stratégie par rapport aux objectifs de développement de la RDC , et montré que dix des 14 résultats attendus seraient probablement atteints. La Banque a conduit la première série de consultations prévue dans le cadre de la réalisation d’un diagnostic-pays systématique (a) et prépare la suite des consultations avec ses principaux interlocuteurs gouvernementaux. Ce processus aboutira l’année prochaine à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat avec la RDC.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

Depuis 2001, les différents projets financés par la Banque mondiale ont amélioré les conditions économiques et sociales de la population congolaise. Voici un aperçu de ces évolutions notables dans des domaines clés.

Santé

Grâce à de vastes campagnes de vaccination des enfants et à la fourniture de millions de dollars de médicaments essentiels, la RDC est parvenue à éradiquer la poliomyélite, améliorer l’accès aux soins de santé et réduire la mortalité maternelle. La rénovation de plus de 500 dispensaires et hôpitaux centraux dans les provinces de l’Équateur, du Katanga, du Maniema et du Bandundu et la distribution de près de 18 millions de moustiquaires imprégnées ont également contribué à ces bons résultats.

Éducation

Le projet de Soutien au programme d’éducation de base de la RDC, financé par le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et supervisé par le Groupe de la Banque mondiale, a permis d’améliorer l’accès et l’équité dans l’enseignement primaire et de remettre en état 728 sur 825 salles de classe. Cette opération a aussi apporté 20 millions de dollars pour l’achat de manuels (de français, mathématiques, éducation civique et sciences) et l’établissement de 35 laboratoires informatisés pour la formation continue et à distance des enseignants.

Infrastructure

La réhabilitation des infrastructures de base a contribué à la reprise économique à travers la réouverture de 1 530 kilomètres de routes nationales dans la Province orientale, le Sud-Kivu et le Katanga. À ce jour, 36,1 % des routes hautement prioritaires sont en bon état, contre 13,8 % en 2009.

Énergie

Afin de contribuer au renforcement de la Société nationale d’électricité (SNEL), le Groupe de la Banque mondiale a soutenu la mise en œuvre d’un contrat de performance entre l’État et la SNEL, l’établissement d’un nouveau conseil d’administration, le recrutement d’experts techniques, la mise en œuvre d’un contrat de service avec la firme Manitoba Hydro International et la réalisation d’un plan de relance pour la SNEL. De ce fait, les revenus de la société ont augmenté de 30 % par kWh.

Un programme du Groupe de la Banque mondiale d’un montant de 1,1 milliard de dollars vise à réhabiliter les barrages hydroélectriques d’Inga 1 et 2 ainsi qu’à renforcer les lignes haute tension entre ces sites, Kinshasa et le Katanga, afin d’exporter l’électricité vers le réseau d’interconnexion d’Afrique australe (SAPP). Cette opération contribuera aussi au renforcement du réseau de distribution à Kinshasa et à l’amélioration des performances et de la gouvernance de la SNEL.

Le financement du Groupe de la Banque mondiale a permis de réhabiliter la première unité du barrage d’Inga 1, qui est actuellement en service et à l’origine de 55 MW supplémentaires. Il a aussi contribué à l’installation d’un compensateur à Kimwenza (à peu près 30 MW), à la remise en état de la ligne Inga-Kolwezi-Kassumbalessa et à la mise en place d’un réseau de fibre optique, en plus de la remise en service de 4 turbines sur les 114 que comptent Inga 1 et Inga 2.

Gouvernance et renforcement des capacités du secteur public

L’amélioration de la gouvernance dans la gestion des ressources est d’une importance capitale en RDC et, à cet égard, des progrès remarquables ont été accomplis en ce qui concerne la « matrice de gouvernance économique », dont le suivi est assuré conjointement par les autorités congolaises et la Banque mondiale. Dans le cadre de cette matrice, les autorités publient les données relatives aux contrats et aux revenus miniers, conformément aux exigences de l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE). La RDC a toutefois encore du retard sur certaines réformes « de deuxième génération » ; à l’issue d’un long processus, les projets de loi sur les codes des hydrocarbures et minier sont actuellement en discussion au Parlement. Ces réformes pourraient permettre au pays de disposer d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016

Les bailleurs de fonds ont mis en place un « Groupe de coordination des donateurs » dans le but de renforcer le dialogue avec les autorités de la RDC et de parvenir à des engagements de coopération mutuels et d’améliorer la cohérence au sein de la communauté des partenaires de développement. La Banque mondiale continue de renforcer sa collaboration avec les partenaires de développement dans le cadre de ce groupe ou de relations bilatérales. Sa collaboration avec les Nations unies a par exemple été particulièrement capitale pour la réalisation d’importantes avancées dans le domaine de la démobilisation, de l’éducation et de la santé. En matière de protection sociale, le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec l’UNICEF et l’USAID, a permis de renforcer les moyens d’actions du gouvernement pour surveiller la prestation des services de protection de l’enfance. Il est aussi parvenu à mobiliser un appui financier auprès des organismes de développement du Royaume-Uni, de la France et de la Belgique au profit de ses activités de soutien à la gestion des finances publiques et à l’administration.

Dernière mise à jour: 24 oct. 2016