République démocratique du Congo - Vue d'ensemble

Le pays en bref

La République démocratique du Congo (RDC) est un pays aux ressources immenses. Sa superficie (2,3 millions de km²) équivaut aux deux-tiers de l’Union européenne. Le pays abrite près de 70 millions d’habitants, selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique, dont moins de 40 % vivent en milieu urbain. Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et plus de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC a le potentiel de devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs de croissance.

Situation politique

Le pays se remet d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 90 et généré un marasme économique et social prolongé. En 1999, les accords de paix de Lusaka ont ouvert la voie au relèvement du pays et à l’établissement de nouvelles institutions (Parlement, Sénat, assemblées provinciales). Les élections présidentielles et législatives de 2011 ont vu la victoire de Joseph Kabila et de son parti, tout en soulevant des questions quant à la transparence du processus électoral. Le prochain scrutin présidentiel devrait se tenir en 2016.

D’un point de vue sécuritaire, la situation s’améliore mais reste tendue, en particulier dans les provinces de l'Est. Les efforts de paix et de relance économique se font dans un contexte social difficile. Le nouveau découpage territorial est effectif depuis le 30 juin 2015, le pays étant passé de 11 à 26 provinces.

Les élections municipales, locales et provinciales, qui devaient inaugurer le nouveau cycle électoral en octobre 2015, ont été reportées. L’ensemble du processus électoral est de ce fait retardé et la date des élections présidentielle et législatives qui devaient avoir lieu en novembre 2016, n’est pas encore confirmée. À cet égard, le président Kabila a appelé à un dialogue politique national sur les priorités suivantes : l’établissement d’un fichier électoral fiable et inclusif, la révision du calendrier électoral, la sécurisation du processus électoral, le financement des élections et le rôle des partenaires internationaux. L’objectif de ce dialogue est d’aboutir à un consensus sur ces questions afin de préparer les prochaines élections.

Situation économique

Après un ralentissement à 2,8 % en 2009 du fait de la crise financière internationale, la RDC a enregistré une croissance économique ininterrompue avec en moyenne un taux de 7,7 % par an entre 2010 et 2015, soit un niveau bien supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette performance s’explique par la vigueur des industries extractives et des investissements associés, en dépit du ralentissement de l’économie mondiale et de la baisse de la demande et des prix des minerais que le pays exporte. Les investissements publics ont aussi contribué à stimuler la croissance. L’inflation, qui affichait un taux vertigineux de 53 % en 2009, est tombée à 10 % en 2010 et à 3 % en 2012, avant de se maintenir autour de 1 % sur la période 2013-2015 en raison de la mise en œuvre de politiques budgétaires et monétaires prudentes.

L’économie de la RDC devrait évoluer à un rythme soutenu avec un taux de croissance estimé à environ 8 %, grâce à l’augmentation de l’investissement et de l’activité dans les industries extractives et du fait de la contribution des travaux publics et du secteur tertiaire.

Le maintien d'une politique monétaire restrictive et de la discipline budgétaire est indispensable pour contenir l'inflation en dessous de l’objectif de 5 %. Les estimations de la Banque mondiale confirment que la stratégie de soutien aux investissements dans les projets d’infrastructure à grande échelle menée par les autorités pourrait accompagner la croissance de manière significative, à condition que la priorité soit donnée aux projets à rendement élevé (transport, électricité).

Sur le plan des réformes, le gouvernement s'est engagé depuis 2010 à travailler étroitement avec la Banque mondiale pour mettre en place un mécanisme d'amélioration systématique de la gouvernance économique. Ils ont aussi mis en place un dispositif conjoint pour suivre les progrès de la mise en œuvre des réformes. L’objectif de ces réformes est de renforcer la gouvernance et la transparence dans les industries extractives (secteurs forestier, minier et pétrolier) et d’améliorer le climat des affaires. Au cours des deux dernières années, des progrès significatifs ont été observés dans l’application de ces mesures. Presque tous les contrats signés par le gouvernement dans les secteurs pétrolier, minier et forestier ont été rendus publics. Le pays respecte les exigences de transparence en publiant régulièrement des rapports dans le cadre de sa participation à l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE). Toutefois, des efforts supplémentaires doivent être faits pour généraliser la mise en concurrence pour l’attribution des contrats miniers, pétroliers et forestiers.

Situation sociale

Même s’il a baissé de 71 % en 2005 à 63 % en 2012, le taux de pauvreté reste élevé en RDC malgré une croissance économique impressionnante. Le pays, qui compte parmi les plus pauvres du monde, se situe au 176e rang (sur 188 pays) en ce qui concerne l’indice de développement humain. Son revenu national brut, qui s’élevait à 380 dollars par habitant en 2014 (méthode de l’Atlas), figure parmi les plus bas du monde. Les Nations Unies estiment à environ 2,3 millions le nombre de personnes déplacées et de réfugiés en RDC, et à 323 000 le nombre de Congolais résidant dans des camps de réfugiés en dehors du pays. L’urgence humanitaire est toujours d’actualité dans les zones les plus instables de la RDC et la prévalence des violences sexuelles reste élevée.

Dernière mise à jour: 19 avr. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale en RDC

En 2001, la Banque a repris ses engagements en RDC, après près d’une décennie de suspension de ses activités en raison de la corruption généralisée et d’une insécurité croissante.

Sa nouvelle stratégie d’aide pour la RDC, qui couvre la période 2013-2016, a pour objectif i) d’accroître l'efficacité de l'État au niveau central et de décentraliser et améliorer la gouvernance ; ii) de renforcer la compétitivité de l'économie en accélérant la croissance grâce au secteur privé et ses créations d’emplois ; iii) d’améliorer la fourniture des services sociaux afin de relever les indicateurs de développement humain ; et iv) de remédier aux problèmes de fragilité et de conflits dans les provinces de l'Est. En plus de nouvelles opérations, la stratégie s’appuie en premier lieu sur le portefeuille existant pour renforcer son impact sur le développement. En mars 2016, le portefeuille de la Banque mondiale en RDC comprenait 26 projets représentant un montant total de 3,3 milliards de dollars, dont deux projets régionaux de 1,14 milliard. La répartition de ce portefeuille entre les différents secteurs est la suivante : 63 % pour l’infrastructure, 16 % pour la santé, l’éducation et la protection sociale, 15 % pour l’agriculture et le développement du secteur privé, et 6 % pour la gouvernance (notamment dans le secteur minier).

Dernière mise à jour: 19 avr. 2016

Depuis 2001, les différents projets financés par la Banque mondiale ont amélioré les conditions économiques et sociales de la population congolaise. Voici un aperçu des progrès constatés dans des domaines clés.

Santé

Grâce à de vastes campagnes de vaccination des enfants et à la fourniture de millions de dollars de médicaments essentiels, la RDC est parvenue à éradiquer la poliomyélite, améliorer l’accès aux soins de santé et réduire la mortalité maternelle. La rénovation de plus de 500 dispensaires et hôpitaux dans les provinces de l’Équateur, du Katanga, du Maniema et du Bandundu et la distribution de près de 18 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont également contribué à ces bons résultats.

Éducation

Le projet de Soutien au programme d’éducation de base de la RDC, financé par le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et supervisé par le Groupe de la Banque mondiale, a permis d’améliorer l’accès et l’équité dans l’enseignement primaire et de remettre en état 728 sur 825 salles de classe. Cette opération a aussi apporté 20 millions de dollars pour l’achat de manuels (de français, mathématiques, éducation civique et sciences) et l’établissement de 35 laboratoires informatisés pour la formation continue et à distance des enseignants.

Infrastructure

La réhabilitation des infrastructures de base a contribué à la reprise économique à travers la réouverture de 1 530 kilomètres de routes nationales dans la Province orientale, le Sud-Kivu et le Katanga. À ce jour, 36,1 % des routes prioritaires sont en bon état, contre 13,8 % en 2009.

Énergie

Afin de soutenir le renforcement de la Société nationale d’électricité (SNEL), le Groupe de la Banque mondiale a accompagné la mise en œuvre d’un contrat de performance entre l’État et la SNEL, l’établissement d’un nouveau conseil d’administration, le recrutement d’experts techniques, la mise en œuvre d’un contrat de service avec la firme Manitoba Hydro International et la réalisation d’un plan de relance pour la SNEL. De ce fait, les revenus de la société ont augmenté de 30 % par kWh.

Un programme du Groupe de la Banque mondiale d’un montant de 1,1 milliard de dollars vise à réhabiliter les barrages hydroélectriques d’Inga 1 et 2 ainsi qu’à renforcer les lignes haute tension entre ces sites, Kinshasa et le Katanga, afin d’exporter l’électricité vers le réseau d’interconnexion d’Afrique australe (SAPP). Cette opération consolidera aussi le réseau de distribution à Kinshasa et améliorera les performances et la gouvernance de la SNEL.

Le financement du Groupe de la Banque mondiale a permis de réhabiliter la première unité du barrage d’Inga 1 qui est actuellement en service et à l’origine de 55 MW supplémentaires. Il a aussi contribué à l’installation d’un compensateur à Kimwenza (à peu près 30 MW), à la remise en état de la ligne Inga-Kolwezi-Kassumbalessa et à la mise en place d’un réseau de fibre optique, en plus de la remise en service de 4 turbines sur les 114 que comptent Inga 1 et Inga 2.

Gouvernance et renforcement des capacités du secteur public

L’amélioration de la gouvernance dans la gestion des recettes est d’une importance capitale en RDC et, à cet égard, des progrès remarquables ont été accomplis en ce qui concerne la « matrice de la gouvernance économique », dont le suivi est assuré conjointement par les autorités congolaises et la Banque mondiale. Dans le cadre de cette matrice, les autorités publient les données relatives aux contrats et aux revenus miniers, conformément aux exigences de l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE). La RDC a toutefois encore du retard sur la mise en œuvre de la deuxième série de réformes nécessaires. Les projets de loi sur la réforme du Code des hydrocarbures et du Code minier sont actuellement en discussion au Parlement  après un long processus de révision. Ces réformes pourraient permettre au pays de disposer d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire. 

Dernière mise à jour: 19 avr. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale continue de renforcer ses partenariats avec d’autres partenaires de développement dans le cadre du Groupe de coordination des bailleurs de fonds ou de relations bilatérales. Sa collaboration avec les Nations Unies a été particulièrement capitale pour la réalisation d’importantes avancées dans le domaine de la démobilisation, de l’éducation et de la santé. Parmi les partenariats majeurs figure l’initiative PROFIT Congo, un fonds multi bailleurs de 31 millions de dollars mis en place par la Banque mondiale, la Coopération britannique (DFID) et la Coopération belge, en collaboration avec le gouvernement congolais. L’objectif de ce fonds est de coordonner les financements au profit de la stratégie nationale de réforme des finances publiques en RDC. 

Dernière mise à jour: 19 avr. 2016