République démocratique du Congo - Vue d'ensemble

Le pays en bref

La République démocratique du Congo (RDC) est un pays aux ressources immenses. Sa superficie (2,3 millions de km²) équivaut aux deux-tiers de l’Union européenne. Sur près de 70 millions d’habitants, selon les dernières estimations de l’INS (Institut National de la Statistique), un peu moins de 40% vivent en milieu urbain. Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et un répertoire de plus de 1 100 minéraux et métaux précieux, la RDC a le potentiel de devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs de croissance.

Contexte politique

Depuis 2001, le pays se remet d’une série de conflits qui ont éclaté dans les années 1990 et des conséquences d'un marasme économique et social prolongé. En 1999, à la suite des accords de paix de Lusaka, un gouvernement de transition a été mis en place jusqu’aux élections présidentielles de 2006, qui se sont déroulées sans heurts. De nouvelles institutions comme le Parlement, le Sénat et l’exécutif provincial fonctionnent aujourd’hui. Les élections présidentielles et législatives de novembre 2011 ont vu la victoire de Joseph Kabila et son parti. Elles ont toutefois soulevé des inquiétudes quant à la transparence du processus électoral. Le prochain scrutin présidentiel devrait se tenir en 2016.

La RDC demeure un pays fragile, avec des besoins énormes en matière de reconstruction et de croissance économique, et des institutions faibles. D’un point de vue sécuritaire, la situation  s’améliore  mais reste tendue, en particulier dans les provinces de l'Est. Les efforts de paix et de reprise économique se font dans un contexte social difficile.

Situation économique

Après un ralentissement à 2,8 % en 2009 du fait de la crise financière internationale, la RDC a enregistré un taux de croissance économique moyen de 7,4% par an sur la période 2010-2013, bien au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne, et de 8,7% en 2014.  Cette performance s’explique par la vigueur des industries extractives et par une évolution favorable des cours des matières premières. Les investissements publics ont aussi contribué à stimuler la croissance. L’inflation, qui affichait un taux vertigineux de 53 % en 2009, est tombée à 1% depuis 2013 en raison de la mise en œuvre de politiques budgétaires et monétaires prudentes.

Bien que le contexte politique et sécuritaire demeure fragile, les perspectives économiques semblent toujours favorables. À moyen terme, l’activité économique devrait évoluer à un rythme soutenu avec un taux de croissance estimé à plus de 8%, grâce à l’augmentation de l’investissement et de l’activité dans les industries extractives et du fait de la contribution des travaux publics et du secteur tertiaire.

Le maintien d'une politique monétaire restrictive et de la discipline budgétaire constituent des éléments clés pour contenir l'inflation en dessous de l’objectif de 5%. Les estimations de la Banque mondiale confirment que la stratégie de soutien aux investissements dans les projets d’infrastructure à grande échelle menée par les autorités pourrait accompagner la croissance de manière significative, à condition que la priorité soit donnée aux projets à rendement élevé (transport, électricité).

Le gouvernement s'est engagé depuis 2010 à travailler étroitement avec la Banque mondiale pour mettre en place un mécanisme d'amélioration systématique de la gouvernance économique. Un modèle de gouvernance a été établi et ses progrès sont suivis régulièrement sur une base bimensuelle. Son objectif est de renforcer la gouvernance et la transparence dans les industries extractives (secteurs forestier, minier et pétrolier) et d’améliorer le climat des affaires. Ces mesures visent à consolider les réformes lancées dans le cadre de l’initiative PPTE et à restaurer la confiance des investisseurs privés et des partenaires au développement. Au cours des deux dernières années, des progrès significatifs ont été observés dans la mise en œuvre de ces mesures.  Presque tous les contrats signés par le gouvernement dans les secteurs pétrolier, minier et forestier ont été rendus publics. Le pays respecte les  exigences de transparence en publiant régulièrement des rapports conformes à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Toutefois, des efforts supplémentaires doivent être faits pour généraliser la mise en concurrence pour l’attribution des contrats miniers, pétroliers et forestiers.

Contexte social

Malgré un taux de croissance économique impressionnant, et une baisse du taux de pauvreté de 71 % en 2005 à 63 % en 2012, ce dernier reste élevé en RDC. Le pays se situe à l’avant-dernier rang du classement de l’indice de développement humain (186e sur 187 pays). Son revenu par habitant, qui s’élevait à 220 dollars en 2012, figure parmi les plus bas du monde. Les Nations Unies estiment à environ 2,3 millions le nombre de personnes déplacées et de réfugiés en RDC, et à 323 000 le nombre de Congolais résidant dans des camps de réfugiés en dehors du pays. L’urgence humanitaire est toujours d’actualité dans les zones les plus instables de la RDC et le taux de violences sexuelles reste élevé.

Dernière mise à jour: 07 avr. 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale en République démocratique du Congo

La Banque s’est engagée à nouveau en RDC en 2001, après presque une décennie pendant laquelle les activités de la Banque avaient été suspendues à cause de la corruption généralisée et de l’insécurité croissante.

La nouvelle stratégie d’assistance pays pour la période 2013-2016, a pour objectif (i) d’accroître l'efficacité de l'Etat au niveau central et décentralisé et améliorer la bonne gouvernance ; (ii) de renforcer la compétitivité de l'économie en accélérant la croissance tirée par le secteur privé créateur d’emplois ; (iii) d’améliorer la prestation des services sociaux afin de relever les indicateurs de développement humain (IDH) ; et (iv) d’apporter une réponse aux problèmes de fragilité et de conflits dans les provinces de l'Est de la RDC. En marge des nouvelles opérations, la stratégie va s’appuyer en premier lieu sur le portefeuille existant en renforçant son impact sur le développement.

En mai 2014, le portefeuille de la Banque mondiale en République Démocratique du Congo comprenait 25 projets en cours d’exécution  représentant un engagement global de 3,5 milliards de dollars US dont deux projets régionaux pour un montant total de 1,14 milliards de dollars US. Le portefeuille comprend essentiellement des projets de réhabilitation des infrastructures (routes, chemins de fer, eau potable, électricité) ; de gouvernance dans la gestion des finances publiques dans quatre provinces et dans le secteur des mines ;  de réforme des entreprises publiques et de l’amélioration du climat des affaires ;  de réhabilitation de infrastructures de sante et d’éducation ainsi que de l’amélioration des services de santé, d’éducation et de protection sociale ; de gestion des forêts et parcs nationaux ; et d’agriculture.

Dernière mise à jour: 07 avr. 2015

Depuis 2001, les différents projets financés par la Banque mondiale ont favorisé l'amélioration des conditions économiques et sociales des populations de la RDC. A titre illustratif, l'appui de la Banque mondiale a significativement contribué à des changements notables grâce aux projets ci-dessous:

Sur le plan de la santé : Les campagnes de vaccination contre la poliomyélite, les vastes programmes de vaccination des enfants, la fourniture de millions de dollars de médicaments essentiels, la réhabilitation de plus de 500 centres de centres de santé et d’hôpitaux de référence dans les provinces de l’Equateur, du Katanga, du Maniema et du Bandundu et la distribution de près de 18 millions de moustiquaires imprégnées ont permis d'éliminer la poliomyélite, d’accroitre l’accès aux soins de santé et de réduire en partie la mortalité maternelle.

Sur le plan de l’éducation : Le Projet d’Urgence de Réhabilitation Urbaine et Sociale (PURUS) et le Projet d’Appui à la Réhabilitation du Secteur de l’Education (PARSE) ont permis la construction de 918 salles de classes ainsi que la distribution de 14 millions de manuels scolaires. Le taux d’enrôlement dans les écoles primaires est passé de 64% en 2007 à 93% en 2011, et 43335 enseignant ont officiellement intégré la fonction publique.

Sur le plan des infrastructures : La réhabilitation des infrastructures de base a contribué à la relance de la croissance économique, et ce à travers la réouverture de 1530 kms de routes nationales dans la Province Orientale, le Sud Kivu et le Katanga. A ce jour, 36,1% du réseau de routes à haute priorité ont été jugées en bonne condition (contre 13,8% en 2009)

Sur le plan de l’énergie: L’appui de la Banque mondiale a permis le renforcement institutionnel de la Société nationale d’électricité (SNEL) via la mise en place d’un nouveau conseil d’administration, le recrutement de gestionnaires et d’experts techniques, et la signature d’un contrat de performance avec l’Etat. De ce fait, les revenus de la société ont augmenté de 30% par kWh. L’ objectif du programme de 1,1 milliard de dollars de la Banque mondiale vise à réhabiliter INGA 1&2 ainsi qu’à renforcer le réseau de transport pour les exportations d’électricité vers le SAAP. Le financement de la Banque mondiale a permis la réhabilitation de la première unité (G2) qui est en service et a apporté 55 MW supplémentaires plus un compensateur de Kimwenza (à peu près 30 MW) au réseau, ainsi que 4 turbines sur les 114 que comptent Inga 1 & Inga 2.

Sur le plan de la gouvernance et du renforcement des capacités du secteur public : La matrice de gouvernance adoptée en 2010 constitue le cadre principal de dialogue avec les autorités dans le domaine de la gouvernance. Des progrès significatifs ont été faits ces derniers mois dans la publication des contrats miniers et pétroliers. 100% des contrats pétroliers et près de 80% des contrats sont désormais publiés.

Sur le plan de la compétitivité et de l’emploi le Projet Compétitivité et Développement du secteur privé a permis, entre autres, de réduire de 51% le temps de création d’une entreprise mais a également contribué à réduire le nombre de taxes de 118 à 30. 

Dernière mise à jour: 07 avr. 2015

Depuis de nombreuses années, la Banque mondiale collabore étroitement avec les autres bailleurs de fonds. Elle est membre des différents groupes thématiques créés pour la mise en œuvre du DSRP (document de stratégie pour la réduction de la pauvreté) et fait aussi partie des groupes inter-bailleurs dont elle assure la fonction de chef de file dans les domaines de l’environnement et de la gouvernance.  Cette collaboration est également importante dans plusieurs projets. C’est le cas, par exemple, du fonds multi-bailleurs dénommé PROFIT Congo qui a été mis  en place  par  la Banque mondiale, la Coopération britannique (DFID) et la Coopération Belge, en accord avec le gouvernement congolais.  L’objectif  de ce fonds est de coordonner les financements au profit de la stratégie nationale de réforme des finances publiques en RDC. Ce Fonds multi-bailleurs de près de 31 millions de dollars est géré par la Banque mondiale. 

 

Dernière mise à jour: 07 avr. 2015