Burundi - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Le Burundi est un petit pays enclavé (27 830 km²) qui fait partie des cinq pays les plus pauvres de la planète. Avec une population de 11,2 millions d’habitants et une densité de 470 habitants/km², c’est le deuxième pays d’Afrique le plus densément peuplé. Alors que près de 72,9 % de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté, le Burundi se classe à la 184e place sur 188 pays dans l’indice de développement humain. L’économie burundaise est largement tributaire de l’agriculture, qui emploie 80 % de la population, même si les terres arables sont extrêmement rares. La pauvreté touche principalement les petits agriculteurs en milieu rural.

    Situation politique

    Depuis son indépendance, le Burundi a connu une grande instabilité politique et de nombreux épisodes de violence. À la suite de l’accord de paix d’Arusha, signé en 2000 par les forces politiques rivales, le pays a acquis une relative stabilité qui a favorisé sa reprise économique. En 2015, la réélection de Pierre Nkurunziza à la présidence a cependant déclenché une crise politique qui a fait plusieurs centaines de morts. Selon le recensement effectué par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 275 000 Burundais ont trouvé refuge ou demandé l’asile dans d’autres pays. En mars 2018, le HCR et le ministère burundais de l'Intérieur signalaient une légère inversion de tendance, avec le retour de plus de 20 000 réfugiés depuis septembre 2017.

    Au cours des années 2017 et 2018, le gouvernement burundais s’est attaché à asseoir son autorité, en décidant notamment du retrait du pays de la Cour pénale internationale (CPI) à compter du 27 octobre 2017. Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie), a accru sa mainmise sur l’appareil de l'État en rejetant une résolution des Nations Unies qui aurait ouvert la voie au déploiement de 228 policiers en vue d’assurer la sécurité dans le pays. Les autorités ont mis en place une commission chargée de réviser la Constitution. Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité en juillet 2017, l'envoyé spécial des Nations Unies, Michel Kafando, a plaidé en faveur d’un dialogue plus inclusif au Burundi et du respect de l’accord d’Arusha. En janvier 2018, un nouveau rapport a souligné l’adoption de ces recommandations par la Commission nationale du dialogue inter-burundais (CNDI), tout en faisant état de la persistance de graves accusations de violations des droits de l’homme commises principalement par des agents de l’État ou des personnes proches du pouvoir. Le Burundi a réfuté les conclusions de ce rapport. Une réunion de consolidation de la paix s’est tenue à la fin du mois de janvier 2018, mais la situation politique restait incertaine à l’approche du référendum sur la Constitution, fixé au 17 mai.

    Situation sociale

    La majeure partie de la population burundaise reste pauvre, surtout en milieu rural. Le niveau d’insécurité alimentaire, qui est près de deux fois plus élevé que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, est alarmant : le Burundi arrive dernier au classement de l'indice de la faim dans le monde. Environ 1,76 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, et plus de la moitié des enfants (six sur dix) présentent un retard de croissance en 2017, ce qui correspond au taux le plus élevé du monde. Bien que l’agriculture emploie environ 80 % de la population, ce secteur contribue à seulement 40 % du PIB. L’accès à l’eau et à l’assainissement est très faible et moins de 5 % de la population est raccordée à l’électricité (Banque mondiale, 2016). Le taux de fécondité a cependant baissé de 6,4 à 5,5 enfants par femme en moyenne entre 2010 et 2017.

    Situation économique

    La récession s’est poursuivie en 2017, en raison de la fragilité de l’environnement politique, de la faiblesse de la consommation privée due à la contraction de la production alimentaire causée par de mauvaises conditions climatiques, et des migrations forcées (réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays). L’inflation reste modérée, à 6 %, soit en deçà du niveau de convergence de 8 % convenu au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est. Les réserves de change sont très faibles et restreignent considérablement les importations, même pour les produits que le gouvernement considère comme prioritaires (carburant et médicaments, notamment). Le pays reste vulnérable en ce qui concerne les comptes extérieurs. Le déficit du compte courant, structurellement élevé, a été ramené à 12,6 % du PIB en 2016, contre 13,2 % en 2015, à la faveur de l'amélioration des exportations nettes. Les termes de l'échange se sont globalement améliorés en 2017, même si les tensions sur le marché des changes ont perduré. Les interventions de la banque centrale sur le marché des devises ont limité la dépréciation du taux de change officiel à 5 % en 2016 et 4,6 % en 2017. La surcote sur le marché parallèle a toutefois grimpé de 25 à 60 % entre 2015 et 2016.

    Dernière mise à jour: 01 juin 2018

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Burundi

    L’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, appuie les efforts déployés par le Burundi dans différents domaines : gestion économique, efficacité du secteur public, croissance économique, agriculture, stratégies de protection de l’environnement, infrastructures, électricité et soins de santé. Les engagements actuels de l’IDA totalisent 661,41 millions de dollars, répartis entre dix projets nationaux (416,96 millions) et cinq projets régionaux (244,45 millions).

    Le Groupe de la Banque mondiale a adapté ses interventions en réponse à la crise politique que traverse le Burundi, notamment en ce qui concerne ses opérations à l’appui des politiques de développement. Il renforce également son soutien aux programmes de santé et de protection sociale.

    Au cours de l’exercice 2016, la Banque mondiale a engagé la réalisation d’un diagnostic de la situation économique et sociale du Burundi, qui a été finalisé durant l’exercice 2017. L’examen de fin d'exécution et des enseignements de la stratégie d’aide-pays couvrant les exercices 2013 à 2016, également mené à bien au 30 juin 2017, sert actuellement de base au prochain cadre de partenariat de la Banque avec le Burundi pour la période 2018-2022. Ce cadre de partenariat vient soutenir la « Vision 2025 » du gouvernement burundais, qui vise à infléchir les tendances négatives du PIB par habitant que le pays connait depuis 1993 et à réduire de moitié le taux de pauvreté (estimé 73 %). Il a pour objectif fondamental de renforcer la résilience sociale et économique en améliorant le capital humain et en favorisant l’inclusion sociale, d'une part, et, d’autre part, en exploitant pleinement le potentiel de croissance économique. 

    Dernière mise à jour: 01 juin 2018

  • Agriculture et développement rural. Au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale a supervisé les efforts déployés par les donateurs pour soutenir l’agriculture et le développement rural au Burundi. Ce soutien passe notamment par le Projet de développement des marchés et de la productivité du secteur agropastoral (PRODEMA) (43 millions de dollars), qui a bénéficié d’un financement supplémentaire approuvé en 2017. Le Projet pour la compétitivité du secteur du café (55 millions de dollars), approuvé en 2016, aide 300 000 petits cultivateurs à réaliser des gains de productivité et à améliorer la qualité de leur production. En outre, le Burundi participe au Projet intégré de développement de l’agriculture dans la région des Grands Lacs (75 millions de dollars), approuvé en 2017. Au total, 129 000 personnes (dont environ 50 % de femmes) bénéficient directement de ce projet, et 645 000 indirectement. Un projet de transformation agricole en Afrique de l’Est et en Afrique centrale, d’un montant de 45 millions de dollars, est en cours de préparation dans le cadre du cycle de financement d’IDA-18 (ex. 2017-2020).

    Gestion et gouvernance du secteur public. L’IDA apporte actuellement une assistance technique (22 millions de dollars) pour renforcer, moderniser et réorganiser les ministères des Finances et des Mines, ainsi que l’administration fiscale du Burundi, afin de soutenir les réformes de la gestion des finances publiques et d’accroître la mobilisation des recettes intérieures. La Banque prépare un examen des dépenses publiques pour évaluer l’impact des déséquilibres macroéconomiques sur les dépenses du secteur public, la gestion budgétaire et la fourniture de services publics dans le secteur de la santé.

    Environnement. Le développement socio-économique du pays repose en grande partie sur ses ressources naturelles. Or, la dégradation des terres est le problème environnemental le plus grave au Burundi : on estime qu’un tiers de ses terres sont aujourd’hui fortement dégradées. La Banque mondiale aide actuellement le Burundi à réaliser le Projet d’aménagement durable des zones de caféiculture, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), qui encourage des pratiques de gestion durable des terres, dont notamment la culture de café sous couvert forestier, afin de lutter contre la dégradation des sols. Elle apporte également son soutien au Projet de gestion de l'environnement du lac Victoria (phase 2), qui a pour objectif de réduire la pollution dans cette région.

    Un programme de restauration des terres dégradées dans les régions les plus touchées est par ailleurs en cours d’élaboration. La Banque a entrepris deux nouveaux projets dans le cadre d’IDA-18 : la 3e phase du Projet de gestion de l'environnement du lac Victoria (30 millions de dollars), qui vise à améliorer la gestion des ressources environnementales et naturelles, et le Projet de régénération des paysages et de résilience (30 millions de dollars), approuvé par la Banque en avril 2018 avec l’objectif de restaurer la productivité des sols et de fournir une aide immédiate et efficace en cas de crise ou de situation d’urgence.

    Accès au financement. Le Projet de développement du secteur financier et du secteur privé a permis de moderniser la banque centrale et d’instaurer des systèmes de paiement. Les réformes appuyées par la Banque contribuent à élargir l'accès aux services financiers par le développement de systèmes nationaux de paiement, de centrales des risques, de dispositifs de garantie et de registres publics.

    Développement local et emploi. La crise politique a eu un impact négatif sur la fourniture des services publics essentiels dans les zones rurales et urbaines. Elle a aussi aggravé les obstacles au développement du secteur privé, en particulier au niveau des PME. Le Projet de développement local en faveur de l’emploi, approuvé en 2017, vise à favoriser la création d’emplois à court et à moyen terme, en particulier en milieu urbain.

    Routes. Dans le cadre du Projet d’urgence pour la résilience des infrastructures (25 millions de dollars), la Banque mondiale accompagne le Burundi dans ses efforts pour remettre en état le réseau routier et les ponts endommagés par les inondations de février 2014.

    Énergie. Avec le Projet de développement des centrales de Jiji et Mulembwe, la Banque aide le Burundi à accroître la production et la distribution d'électricité d’origine hydraulique de 49,5 MW supplémentaires, en élargissant ainsi l’accès des habitants à une énergie écologique et bon marché. Le Burundi fait également partie des trois pays qui bénéficient du Projet hydroélectrique régional des chutes de Rusumo.

    Santé. L’IDA, première source de financement du Burundi dans le secteur de la santé, a alloué 25 millions de dollars à un programme de soins maternels gratuits au cours des cinq dernières années. Le Burundi prend part à deux projets régionaux visant à améliorer les diagnostics des laboratoires médicaux, la santé maternelle et la prévention des violences. Ces programmes seront complétés par un projet pilote de 2,7 millions de dollars destiné à financer des programmes de nutrition infantile dans deux provinces.

    Protection sociale. En 2017, l’IDA a alloué 40 millions de dollars pour aider le Burundi à mettre en place un système national de protection sociale et de transferts monétaires, dont bénéficieront 40 000 ménages dans quatre provinces.

    Dernière mise à jour: 01 juin 2018

  • Si la Banque mondiale a suspendu ses opérations d’appui budgétaire et le Fonds monétaire international (FMI) son programme économique et financier, les deux institutions internationales collaborent étroitement pour évaluer l’impact macro-économique de la crise actuelle.

    La Banque mondiale et les agences des Nations Unies cherchent à relancer le processus de consultation avec les institutions multilatérales de développement, dans l’optique de promouvoir le dialogue et d’appuyer des programmes qui favoriseront des avancées socio-économiques pour la population.  Suite à l'Initiative dite de Genève, la coordination des bailleurs a été réactivée, afin de partager des informations et de promouvoir des approches de développement et d’aide conjointes, y compris au niveau régional.

    La Banque mondiale œuvre collabore également avec des organisations non gouvernementales spécialisées et d’autres acteurs du développement pour concevoir et soutenir des programmes d’investissement dans la santé, le développement rural, la protection sociale et l’énergie.

    Dernière mise à jour: 01 juin 2018

Api


FINANCEMENTS

Burundi: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business au Burundi (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

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