Burundi - Vue d'ensemble

  • Vue d’ensemble

    Le Burundi est un petit pays enclavé (27 830 km²) qui fait partie des cinq pays les plus pauvres de la planète. C’est le deuxième pays d’Afrique le plus densément peuplé (environ 11,2 millions d’habitants et 470 habitants/km²). Avec près de 65% de sa population vivant en-dessous du seuil de pauvreté, le Burundi se classe à la 180eme place sur 186 pays de l’Indice de développement humain. La pauvreté touche principalement les petits agriculteurs en milieu rural. L’économie burundaise est largement tributaire de l’agriculture, qui emploie 90 % de la population, même si les terres arables sont extrêmement rares.

    Contexte politique

    Depuis son indépendance, le Burundi a connu une grande instabilité politique et de nombreux épisodes de violence. Après l’accord de paix d’Arusha, en 2000, le pays a connu une relative stabilité qui a favorisé une reprise économique. Mais, en 2015, la réélection de Pierre Nkurunziza à la présidence a déclenché une crise politique qui a fait des centaines de morts. Le HCR recense 410 000 réfugiés et demandeurs d’asile ayant fuis leur pays. En 2016, la violence a fortement reculé dans tout le pays, y compris à Bujumbura, mais les assassinats ciblés n’ont pas cessé. Le Burundi a décidé de quitter la Cour pénale internationale (CPI)à compter du 27 octobre 2017. Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie), a accru sa mainmise sur l’appareil de l’Etat. Le gouvernement a rejeté la résolution 2303 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui prévoyait de déployer 228 policiers dans le pays pour assurer la sécurité. Les autorités ont mis en place une commission chargée de réviser la Constitution. En avril 2017, Michel Kafando, ancien président par intérim du Burkina Faso, a été nommé nouveau représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Burundi. Son premier rapport, présenté au Conseil de sécurité en juillet 2017 recommande un dialogue plus inclusif, et le respect de l’Accord d’Arusha, tout en soulignant que le processus actuel de révision de la Constitution risque de radicaliser les positions des différents acteurs politiques.

    Contexte social

    La majeure partie de la population burundaise reste pauvre, surtout en milieu rural. L’insécurité alimentaire est alarmante : le Burundi arrive dernier au classement sur l’Indice de la faim dans le monde de 2013. Près d’un ménage sur deux (environ 4,6 millions de personnes) souffre d’insécurité alimentaire, et plus de la moitié des enfants affichent un retard de croissance (PAM, 2014 et 2016). L’accès à l’eau et à l’assainissement est très faible et moins de 5 % de la population est raccordée à l’électricité (Banque mondiale, 2016).

    Le Burundi fait face à de nombreux défis pour parvenir à réduire la pauvreté : faiblesse de l'économie rurale, forte dépendance vis-à-vis l’aide au développement, politique économique qui ne permet pas de répartir équitablement les ressources, vulnérabilité aux chocs environnementaux, et forte croissance démographique avec un taux fécondité de 6,4 enfants par femme.

    Contexte économique

    En 2017, la récession se poursuit, en raison de la fragilité de l’environnement politique, de la faiblesse de la consommation privée, de la contraction de la production alimentaire liées à des chocs climatiques, et des migrations forcées (réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays).

    L’inflation reste modérée, à 6,0 %, soit en-deçà du niveau de convergence de 8 % convenu dans les accords d’intégration régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).

    Les réserves de change sont très faibles et restreignent considérablement les importations, même pour ceux que le gouvernement considère comme prioritaires tels que le carburant et les médicaments. Les autorités essayent d’accroître les ressources domestiques pour palier l’arrêt de l’appui budgétaire extérieur.

    Par ailleurs, les pressions sur les taux de se poursuivent. Les interventions de la banque centrale sur le marché des devises, y compris les injections de liquidités et les restrictions sur les opérations de change, limite la dépréciation du taux de change officiel de 5% en 2016, mais le marché parallèle est passé de 25 % des primes en 2015 à 60% en 2016.

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Burundi

    • L’Association internationale de développement (IDA) appuie les politiques que le Burundi a mises en œuvre afin d’améliorer sa situation dans différents domaines : gestion économique, efficacité du secteur public, croissance économique, agriculture, protection de l’environnement, infrastructures, fourniture d’électricité et de soins de santé. Les engagements actuels de l’IDA totalisent 659 millions de dollars, répartis entre neuf projets nationaux (414millions) et cinq projets régionaux (245 millions).
    • Le Groupe de la Banque mondiale a effectué une Analyse de la performance et des enseignements (PLR), en avril 2015. Sur cette base, il a intensifié ses efforts pour renforcer la compétitivité, la résilience et la gouvernance du Burundi en vue de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir une croissance économique plus équitable. La Banque mondiale donne la priorité aux interventions visant à offrir des opportunités économiques à la population, afin de faire reculer la pauvreté et de favoriser la paix et la stabilité dans le pays.
    • Le Groupe de la Banque mondiale a adapté ses interventions en réponse à la crise politique que traverse le Burundi, tout particulièrement ses opérations d’appui aux politiques de développement. Il renforce également ses appuis aux programmes de santé et de protection sociale.
    • En 2017, la Banque mondiale a réalisé un nouveau diagnostic de la situation économique et sociale du Burundi (SCD) afin d’élaborer sa nouvelle stratégie d’aide au développement. 

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

    • Agriculture et développement rural. Au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale a supervisé les efforts déployés par les donateurs pour soutenir l’agriculture et le développement rural au Burundi. Ainsi, le Projet de développement des marchés et de la productivité du secteur agro-pastoral (PRODEMA) (43 millions de dollars) accroît la productivité des petits exploitants et facilite leur accès aux marchés dans 10 des 18 provinces du pays. Un financement additionnel de 25 millions de dollars a été signé le 12 janvier puis ratifié le 3 avril 2017. Autre exemple : le Projet pour la compétitivité du secteur caféier (55 millions de dollars), approuvé le 19 juin 2016, aide 300 000 petits cultivateurs à réaliser des gains de productivité et à améliorer la qualité de leur production. En outre, le Burundi participe au Projet intégré de développement de l’agriculture dans la région des Grands Lacs (75 millions de dollars). Ce projet, qui a été approuvé le 5 mai 2017, a pour objectif d’accroître la productivité agricole en incitant le secteur privé à investir davantage et en améliorant l’intégration de l’agriculture au niveau régional. Au total, 129 000 personnes (dont environ 50 % de femmes) bénéficient directement de ces projets, et 645 000 indirectement.
    • Gestion et gouvernance du secteur public. L’IDA apporte actuellement une assistance technique (22 millions de dollars) pour renforcer, moderniser et réorganiser les ministères des Finances et des Mines, ainsi que l’administration fiscale du Burundi, afin de soutenir les réformes de la gestion des finances publiques et d’accroître la mobilisation des recettes intérieures.  La Banque prépare une revue des dépenses publiques (PER) pour évaluer l’impact des déséquilibres macro-économiques sur les dépenses du secteur public, la gestion budgétaire et la fourniture de services publics dans le secteur de la santé.
    • Environnement. Le développement socio-économique du pays repose en grande partie sur ses ressources naturelles. Or, la dégradation des terres est le problème environnemental le plus grave au Burundi (on estime qu’un tiers de ses terres sont aujourd’hui fortement dégradées), et le changement climatique amplifie ce phénomène. Pour relever ces nombreux défis, la Banque mondiale aide le Burundi à réaliser le projet Contexte durable pour le café, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), qui encourage la gestion durable des terres – notamment pour la caféiculture à l’ombre – afin de lutter contre leur dégradation, ainsi que le Projet de gestion de l'environnement du lac Victoria (LVEMP2), qui a pour objectif de réduire la pollution dans cette zone. Un programme de restauration des terres dégradées dans les régions les plus touchées est d’ailleurs en cours d’élaboration.
    • Accès au financement. Le Projet de développement du secteur financier et du secteur privé  a permis de moderniser la banque centrale et d’instaurer des systèmes de paiement. Les réformes appuyées par la Banque contribuent à améliorer l'accès aux services financiers par le développement de systèmes nationaux de paiement, les bureaux de crédit, garanties et registres.
    • Développement local et emploi. La crise politique a eu un impact négatif sur la fourniture des services publics essentiels dans les zones rurales et urbaines Elle a aussi aggravé les contraintes auxquelles le secteur privé fait face pour son développement, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME). Approuvé le 23 août 2017, le projet développement local pour l’emploi  vise à favoriser la création d’emplois à court et à moyen terme, notamment en milieu urbain.
    • Routes. Dans le cadre du Projet d’urgence pour la résilience des infrastructures du Burundi (25 millions de dollars), la Banque mondiale participe à la remise en état du réseau routier et des ponts endommagés par les inondations de février 2014. 
    • Energie. Avec le Projet de développement des centrales de Jiji et Mulembwe , la Banque aide le Burundi à améliorer l’accès de ses habitants à une énergie écologique et bon marché, qui représente une puissance totale de 49,5 mégawatts.
    • Santé. L’IDA est la plus importance source de financement dans le secteur de la santé : au cours des cinq dernières années, elle a alloué 25 millions de dollars à un programme de soins maternels gratuits. En outre, le Burundi participe à deux projets régionaux visant à améliorer les diagnostics des laboratoires médicaux et la santé des femmes et la prévention des violences. Ces programmes seront complétés par un projet pilote de 2,7 millions de dollars pour soutenir les programmes de nutrition infantiles dans 2 provinces.
    • Protection sociale. En 2017, l’IDA entend décaisser 40 millions de dollars pour aider le Burundi à mettre en place un système national de protection sociale et de transferts numéraires, dont bénéficieront 40 000 ménages dans quatre provinces.  

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

  • Si la Banque mondiale a suspendu ses opérations d’appui budgétaire et le Fonds monétaire international (FMI) son programme économique et financier, les deux institutions internationales collaborent étroitement pour évaluer l’impact macro-économique de la crise actuelle.

    La Banque mondiale et les agences des Nations Unies cherchent à relancer le processus de consultation avec les institutions multilatérales de développement, dans l’optique de promouvoir le dialogue et d’appuyer des programmes qui favoriseront des avancées socio-économiques pour la population.  Suite à l'Initiative dite de Genève, la coordination des bailleurs a été réactivée, afin de partager des informations et de promouvoir des approches de développement et d’aide conjointes, y compris au niveau régional.

    La Banque mondiale œuvre collabore également avec des organisations non gouvernementales spécialisées et d’autres acteurs du développement pour concevoir et soutenir des programmes d’investissement dans la santé, le développement rural, la protection sociale et l’énergie.

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

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FINANCEMENTS

Burundi: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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