- Qu’est-ce que le Projet sur le capital humain ?
- Qu’est-ce que le capital humain et pourquoi est-il important ?
- Quelle est la situation du capital humain dans le monde aujourd’hui ?
- Quels effets la COVID-19 a-t-elle sur le capital humain ?
- Que fait le Groupe de la Banque mondiale pour aider les pays à protéger le capital humain ?
- Que peut-on faire pour protéger les populations et investir en elles au-delà de la pandémie ?
- Quels résultats attend-on du Projet sur le capital humain ?
- Qu’est-ce que l’indice de capital humain ? Comment est-il calculé ?
- Pourquoi l’indice ne couvre-t-il pas tous les pays ?
- Comment la méthodologie sur laquelle repose l’indice de capital humain a-t-elle été examinée ?
- Que montre l’indice de capital humain en ce qui concerne les filles et les garçons ?
- Comment l’indice de capital humain a-t-il évolué depuis son lancement en 2018 ?
- Quelle est la différence entre l’indice de capital humain et l’indice de développement humain du PNUD ?
- Comment l’indice de capital humain s’articule-t-il avec les objectifs de développement durable (ODD) ?
- L’indice de capital humain prend-il en compte tous les aspects du capital humain ?
- Comment un pays peut-il participer au Projet sur le capital humain ?
1. Qu’est-ce que le Projet sur le capital humain ?
Le Projet sur le capital humain est une initiative mondiale visant à intensifier et améliorer les investissements dans les populations pour accroître l’équité et accélérer la croissance économique. En janvier 2021, 79 pays de tous les niveaux de revenus collaboraient avec le Groupe de la Banque mondiale sur des approches stratégiques destinées à transformer leurs résultats en matière de capital humain. Nous intensifions les investissements dans le capital humain en Afrique subsaharienne en privilégiant particulièrement l’autonomisation des femmes, l’utilisation de la technologie et l’accélération de l’innovation, entre autres priorités. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nous nous intéressons particulièrement à des domaines comme la petite enfance et le renforcement de la résilience des personnes vulnérables.
Nous avons mis en place un réseau de pays participant au Projet sur le capital humain afin de rapprocher les États pour lesquels le capital humain est une priorité et pour apporter l’expertise là où elle fait le plus défaut. Des points focaux, basés généralement dans les ministères des Finances, de l’Économie ou de la Planification (et quelques fois dans des ministères techniques) se mettent régulièrement en rapport pour échanger les connaissances et les expériences.
Le capital humain est au cœur de notre stratégie mondiale de développement. Protéger les personnes et investir en elles est l’un des trois grands axes des actions que nous engageons pour atteindre nos objectifs, à savoir mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030 et promouvoir une prospérité partagée dans tous les pays. Cette intervention est étroitement liée à nos efforts de promotion d’une croissance durable et inclusive et de renforcement de la résilience dans les pays en développement. C’est aussi une priorité transversale d’IDA19, le cycle de financement actuel (juillet 2020 - juin 2023) de l’IDA, le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres.
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2. Qu’est-ce que le capital humain et pourquoi est-il important ?
Le capital humain correspond à l’ensemble des connaissances et des compétences acquises par les individus tout au long de leur vie et à leur état de santé qui leur permettent de réaliser pleinement leur potentiel en devenant des membres productifs de la société. Investir dans les ressources humaines au moyen de la nutrition, des services de santé, d’une éducation de qualité, des compétences et des emplois favorise le développement du capital humain. C’est une nécessité impérieuse pour mettre fin à l’extrême pauvreté et créer des sociétés plus inclusives.
Comme le souligne le Rapport sur le développement dans le monde 2019 : Le travail en mutation, la transformation rapide des compétences est porteuse à la fois de possibilités et de risques. Il apparaît de plus en plus que si les pays ne renforcent pas leur capital humain, ils ne pourront pas réaliser une croissance économique durable et inclusive, préparer leur main-d’œuvre aux emplois plus qualifiés de demain et faire face à la concurrence dans l’économie mondiale. Le coût de l’inaction sur le développement du capital humain est de plus en plus lourd.
Les ministres des Finances qui se sont réunis pour discuter du capital humain lors des dernières Réunions de printemps et Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale ont insisté sur la place importante qu’occupe le capital humain dans les programmes de transformation de l’emploi et de l’économie dans tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement.
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3. Quelle est la situation du capital humain dans le monde aujourd’hui ?
Malgré les avancées sans précédent réalisées dans le domaine du développement humain au cours des 25 dernières années, des défis importants persistent, particulièrement dans les pays en développement.
En 2019, plus d’un jeune enfant sur 5 souffrait de retard de croissance pour cause de sous-alimentation (trop petits pour leur âge, signe précurseur de carences physiques et cognitives (JME 2020). La pandémie actuelle pourrait accroître davantage le nombre d’enfants en retard de croissance.
La crise des apprentissages freine la croissance de nombreux pays. Les données montrent que dans certains pays, les enfants accusent un retard d’apprentissage important par rapport à d’autres élèves ayant passé le même nombre d’années à l’école. Ce phénomène est accentué par la pandémie, de nombreux enfants étant déscolarisés et perdant des occasions d’apprentissage.
Les populations des pays en développement dépensent 500 milliards de dollars par an — plus de 80 dollars par personne -- de leurs propres poches pour accéder aux services de santé, et ce sont les pauvres qui pâtissent le plus de ces dépenses. La COVID-19 perturbe aussi considérablement les services de santé de base, notamment la vaccination systématique et les soins de santé infantile.
Dans les pays les plus pauvres, quatre personnes démunies sur cinq ne sont pas couvertes par un filet de protection sociale, et se trouvent ainsi dans un état de vulnérabilité extrême.
Près de 300 000 enfants meurent chaque année de diarrhée, faute d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
La première édition de l’indice de capital humain (ICH), publiée par le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2018 et mise à jour en 2020, montre que 60 % environ des enfants nés aujourd’hui seront, au mieux, moitié moins productifs qu’ils le seraient s’ils bénéficiaient d’une éducation complète et d’une santé optimale (tel que défini par l’indice, voir question 5). Cette situation trahit une sérieuse crise du capital humain qui pourrait avoir de graves conséquences sur la croissance économique et sur l’aptitude collective du monde à mettre fin à la pauvreté extrême d’ici 2030.
Les carences du capital humain risquent de s’aggraver de jour en jour face à la rapidité des changements mondiaux dans les domaines de la technologie, de la démographie, de la fragilité et du climat. Les conflits et les pandémies peuvent avoir des effets dévastateurs sur le capital humain en raison des pertes touchant la vie, les moyens d’existence, la nutrition et l’interruption des services de santé et d’éducation de base. Ces effets vont vraisemblablement se répercuter tout au long de la vie de bon nombre d’individus, réduisant leur productivité. Or l’investissement dans les ressources humaines est souvent négligé, malgré de nombreux exemples de transformation rapide du capital humain — dans des pays comme Singapour, la République de Corée et l’Irlande — et les succès inédits enregistrés par quelques-uns des pays les plus pauvres du monde.
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4. Quels effets la COVID-19 a-t-elle sur le capital humain ?
La COVID-19 menace d’effacer une décennie de progrès dans le domaine du capital humain, laissant une génération à la traîne, alors que les gouvernements s’efforcent d’endiguer la propagation du virus, de sauver des vies et de reconstruire leurs économies.
- La plupart des enfants, plus d’un milliard, ont été déscolarisés à cause de la COVID-19.
- À l’échelle mondiale, le manque à gagner sur la durée de la vie de cette cohorte d’élèves pourrait s’élever à 10 000 milliards de dollars, du fait de la baisse des niveaux d’apprentissage, de la fermeture des écoles ou des risques de décrochage.
- Les services de santé de base, notamment la vaccination systématique et les soins de santé infantile, sont fortement perturbés dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
- La pandémie exacerbe les risques de violences à l’encontre des femmes, de mariages précoces et de grossesses chez les adolescentes — autant de facteurs qui limitent les perspectives d’apprentissage et d’autonomisation des femmes et des filles.
En l’absence d’interventions immédiates et massives, à l’instar de celles proposées dans l’analyse sur la protection des populations et des économies, la dégradation des conditions de santé, des connaissances, des compétences et des opportunités en raison de la pandémie qui sévit aujourd’hui aura pour effet demain de fragiliser les chances de reprise économique et de prospérité de nations entières.
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5. Que fait le Groupe de la Banque mondiale pour aider les pays à protéger le capital humain ?
Alors que les pays à travers le monde s’emploient à endiguer la propagation et les conséquences de la pandémie de COVID-19, le Groupe de la Banque mondiale s’est mobilisé avec une ampleur et une rapidité sans précédent pour les aider à mieux faire face à l’urgence sanitaire et à renforcer leurs systèmes de santé.
Face à la propagation rapide de la pandémie dans les pays en développement, le Groupe de la Banque mondiale apporte des niveaux d’aide sans précédent aux pays clients. C’est ainsi qu’il met à disposition pas moins de 160 milliards de dollars de financements jusqu’en juin 2021. Cet appui vient répondre aux chocs sanitaires, économiques et sociaux auxquels les pays sont spécifiquement confrontés et comprend plus de 50 milliards de dollars fournis par l’IDA sous forme de dons et de crédits à des conditions très favorables.
Les opérations de soutien d’urgence lancées par le Groupe de la Banque mondiale aident actuellement plus d’une centaine de pays en développement à sauver des vies, à détecter la pandémie, à la prévenir et à y répondre. Nous aidons aussi les pays à accéder à des fournitures médicales indispensables en intervenant auprès des fournisseurs pour le compte des gouvernements.
En plus du soutien apporté dans le domaine de la santé, les opérations mettent l’accent sur la protection sociale, en procurant notamment des allocations monétaires aux ménages, ainsi que sur la lutte contre la pauvreté et les financements à l’appui de politiques de développement. La Banque mondiale s’efforce par ailleurs de restructurer, redéployer et réaffecter des ressources dans ses projets en cours.
L’action du Groupe de la Banque mondiale face à cette situation de crise est structurée en trois temps : secours, restructuration et reprise résiliente. Ses principaux axes d’intervention sont les suivants :
Sauver des vies – Nous aidons les pays à enrayer la propagation du virus, assurer les services de santé, garantir l’accès aux soins pour les ménages vulnérables et mieux se préparer au risque épidémique. Nous nous engageons à faire en sorte que les pays les plus pauvres aient un accès juste et équitable aux futurs vaccins.
Protéger les populations pauvres et vulnérables – Nous finançons des interventions qui visent à soutenir les revenus et la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables, l’emploi pour les ménages pauvres, les entreprises informelles et les microentreprises. Nous aidons les populations et les autorités locales à faire face aux conséquences de la crise, améliorer et développer les services et renforcer la résilience aux chocs futurs.
Par exemple, la Banque aide l’Inde à étendre ses programmes de transferts monétaires et d’aide alimentaire, en s’appuyant sur un éventail de plateformes et de programmes nationaux existants, afin d’offrir une protection sociale aux travailleurs essentiels participant à la lutte contre la COVID-19. Ce soutien bénéficie aux groupes vulnérables, en particulier les migrants et les travailleurs du secteur informel, très exposés au risque d’exclusion.
Favoriser une croissance durable des entreprises et la création d’emplois – Nous apportons des conseils stratégiques et un appui financier aux entreprises et aux établissements bancaires, afin de contribuer à la protection des emplois et d’aider en particulier les PME à surmonter la crise et renouer avec la croissance.
Renforcer les politiques publiques, les institutions et les investissements – Nous aidons les pays à jeter les bases d’une reprise résiliente en mettant l’accent sur la gouvernance et les institutions. En étroite collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), nous aidons les pays à mieux gérer leur dette publique, procéder à des réformes essentielles dans la gestion des finances de l’État et identifier les possibilités de relance de l’économie porteuses de croissance verte et de développement sobre en carbone.
Des lectures supplémentaires sont disponibles sur la première série de projets d’intervention sanitaire d’urgence financés par le Groupe de la Banque mondiale, et aussi sur l’impact des 100 premiers jours de la riposte globale.
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6. Que peut-on faire pour protéger les populations et investir en elles au-delà de la pandémie ?
Pour la suite, les pays devraient s’employer à mettre leurs ripostes à la COVID-19 en cohérence avec leurs objectifs à long terme en matière de capital humain. Les gouvernements, la société civile, les institutions financières internationales et le secteur privé doivent unir leurs forces afin de soutenir le déploiement des investissements ambitieux et éclairés dont les pays ont besoin pour donner à chacun les moyens de réaliser son potentiel.
- Accroître les dépenses sociales, protéger la marge de manœuvre budgétaire créée par le moratoire sur la dette, afin de garantir que les services de base et l’appui financier bénéficient aux personnes pauvres et vulnérables.
- Investir dans la prestation des services de base
- Renforcer les filets de protection sociale pour se protéger des chocs et faciliter les réformes
- Privilégier davantage les soins de santé primaire et la préparation aux pandémies, la nutrition, le développement de la petite enfance, l’apprentissage et les services de base dans tous les secteurs, en faisant appel à la technologie et en améliorant la gouvernance.
Seules des mesures ambitieuses en faveur de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, reposant sur des données probantes, permettront de regagner le terrain perdu et de donner aux enfants d’aujourd’hui les moyens de dépasser les acquis des générations précédentes en matière de capital humain et de qualité de vie. Jamais la pleine réalisation du potentiel créatif de chaque enfant n’aura eu une telle importance.
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7. Quels résultats attend-on du Projet sur le capital humain ?
Le Projet sur le capital humain aide à faire en sorte que les dirigeants nationaux acquièrent la marge de manœuvre politique nécessaire pour prioriser les investissements porteurs de transformation dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. L’objectif est d’obtenir des progrès rapides, pour permettre aux enfants du monde entier d’arriver à l’école le ventre plein et avec tous les atouts en main, d’acquérir une instruction digne de ce nom, et d’espérer ainsi, à l’âge adulte, arriver sur le marché du travail en bonne santé et dotés des compétences requises pour mener une vie productive.
Le projet repose sur trois piliers :
(i) L’indice de capital humain (ICH) quantifie la contribution de la santé et de l’éducation à la productivité de la prochaine génération de travailleurs. Les pays l’utilisent pour évaluer le manque à gagner résultant de leur déficit de capital humain, et déterminer dans quelle mesure ils pourraient progresser plus vite et transformer ces pertes en autant de gains s’ils agissaient maintenant. Cette vidéo permet d’en apprendre davantage sur cet indice.
L’indice fut lancé en octobre 2018 et mis à jour en mi-septembre 2020. Cette mise à jour a pris en compte les nouveaux résultats du PISA et elle introduit 17 nouveaux pays, pour une couverture de 98 % de la population du globe. L’ICH 2020 propose aussi une ventilation par sexe plus complète.
(ii) Un effort d’évaluation et de recherche important est engagé pour compléter l’indice et aider les pays à prendre des mesures efficaces. Au sein des pays, des mesures crédibles des progrès réalisés dans les domaines de l’éducation et de la santé permettent de mieux reconnaître les réussites et de décider de l’allocation des ressources. Elles permettent par ailleurs aux décideurs de prendre conscience de l’importance d’investir dans le capital humain, donnant ainsi l’impulsion nécessaire à l’action publique. À l’échelle mondiale, les efforts d’évaluation générale et de collecte de données primaires nouvelles sont essentiels pour mettre en évidence les points forts et la possibilité d’améliorer les résultats en matière de capital humain. Le Projet sur le capital humain contribuera à étayer la recherche et les analyses sur les facteurs de promotion du développement du capital humain, par exemple, en appliquant à grande échelle le programme des Indicateurs de prestation de services et l’étude de la Mesure de la qualité et des résultats de l’éducation des jeunes enfants.
(iii) L’accompagnement des pays, basé sur une approche « pangouvernementale », les aide à s’attaquer aux principaux obstacles au développement de leur capital humain. Cette approche stimule l’engagement au plus haut niveau, avec le temps, et permet d’établir des liens entre les programmes sectoriels et de renforcer le corpus de données probantes. Le travail que nous menons auprès des pays met l’accent sur l’efficacité et la qualité, les réformes des politiques et la mobilisation des ressources nationales, afin que ces pays ne se contentent pas de dépenser plus, mais aussi mieux.
La série d’opérations à l’appui des politiques de développement du capital humain à Madagascar constitue une illustration de l’action de la Banque mondiale dans les pays. La première de ces opérations vise à soutenir le Gouvernement de Madagascar dans son investissement dans le capital humain en améliorant les ressources humaines dans les domaines de la santé et de l’éducation, la disponibilité et la prévisibilité des ressources financières dans les secteurs sociaux et les protections légales au profit des femmes et des enfants. La deuxième opération est en cours de préparation.
Le Projet sur le capital humain encourage l’intensification de cette forme de soutien aux réformes des politiques publiques et des institutions, et s’emploie aussi à mettre au point une série d’instruments et de produits destinés à aider les pays à atteindre leurs objectifs, en ce qui concerne par exemple les dépenses publiques sur le capital humain et les revues institutionnelles, ainsi que des études de cas rendant compte des succès et des innovations enregistrés dans les pays.
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8. Qu’est-ce que l’indice de capital humain ? Comment est-il calculé ?
L’indice est un indicateur synthétique du niveau de capital humain qu’un enfant né aujourd’hui devrait pouvoir atteindre à l’âge de 18 ans, compte tenu des risques qu’il court d’être en mauvaise santé et de recevoir une éducation insuffisante dans le pays où il vit. On trouvera sur le site Web de la Banque mondiale intitulé Open Knowledge Repository un exposé détaillé de la méthodologie de l’indice et une vidéo instructive est disponible ici.
L’indice se distingue en particulier par le fait qu’il mesure la contribution de la santé et de l’éducation à la productivité des individus et des pays, en se fondant sur des études microéconomiques rigoureuses.
Il varie entre 0 et 1, et ne prend la valeur 1 que si un enfant né aujourd’hui peut espérer vivre en pleine santé (ne subir aucun retard de croissance et vivre au moins jusqu’à 60 ans) et atteindre son potentiel d’éducation (14 années de scolarité de qualité avant l’âge de 18 ans).
La note d’un pays représente la distance qui le sépare du « seuil ultime », à savoir une scolarité complète et une santé optimale. Une note de 0,70 dans l’indice de capital humain signifie que le niveau de revenu qu’un enfant né aujourd’hui peut espérer atteindre à l’âge adulte sera égal à 70 % de ce qu’il aurait pu atteindre s’il avait suivi une scolarité complète et joui d’une parfaite santé.
L’indice peut être directement lié aux scénarios concernant le niveau de revenu futur des pays et des particuliers. Une note 0,50 signifie par exemple que le pays pourrait atteindre un PIB futur par travailleur deux fois plus élevé s’il atteignait le niveau correspondant à une scolarité complète et à la pleine santé.
L’indice se présente sous forme de moyenne nationale, et est ventilé par sexe pour les pays disposant des données requises.
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9. Pourquoi l’indice de capital humain ne couvre-t-il pas tous les pays ?
L’ indice de capital humain 2018 couvrait 156 pays du Groupe de la Banque mondiale et leurs territoires, ainsi que la Cisjordanie et Gaza. L’ICH 2020 couvre 174 pays représentant 98 % de la population mondiale.
L’ICH agrège les mesures des différentes dimensions du capital humain : la santé (survie des enfants, retard de croissance, espérance de vie à l’âge adulte) de même que la quantité et la qualité de la scolarisation (années de scolarité escomptées et acquis scolaires). De ces cinq composantes, les données sur les acquis scolaires sont les plus difficiles à rassembler, les pays participant peu aux programmes internationaux ou régionaux d’évaluation des acquis des élèves. La participation à l’une des grandes évaluations internationales ou régionales de l’apprentissage est un prérequis et le principal obstacle au calcul de l’indice de capital humain de certains pays.
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10. Que montre l’indice de capital humain en ce qui concerne les filles et les garçons ?
La ventilation par sexe est plus importante dans l’ICH 2020. Dans l’édition 2020, l’ICH peut être calculé séparément pour les garçons et les filles de 153 pays sur 174 compris dans l’indice, contre 126 pays sur 157 pour l’édition 2018. De surcroît, la mise à jour de l’ICH 2020 calcule l’indice pour 2010 et l’ICH peut être calculé séparément pour les garçons et les filles dans 90 des 103 pays inclus dans l’indice de 2010.
L’absence de données sur les notes des tests ventilées par sexe nous empêche de le faire dans les autres pays, qui comprennent un nombre disproportionné de pays à faible revenu, preuve qu’il importe de continuer d’investir dans l’amélioration des systèmes de données.
De nombreux pays sont parvenus à réduire les différences entre filles et garçons dans les résultats relatifs au capital humain. Cependant, dans la plupart des pays, la distance qui sépare l’ensemble des enfants du niveau idoine de capital humain est beaucoup plus grande que les écarts qui subsistent entre les filles et les garçons. Dans le domaine de l’éducation, les filles vivant dans les pays à revenu intermédiaire ou à revenu élevé ont généralement rattrapé, voire dépassé les garçons sur le plan de la scolarisation et des acquis scolaires. Par ailleurs, dans certaines dimensions de l’indice relatif à la santé, les filles devancent légèrement les garçons dans la plupart des pays.
L’édition 2020 de l’indice a une portée limitée et ne rend pas compte de certaines différences importantes entre filles et garçons dans les résultats relatifs au capital humain. Elle ne mesure pas par exemple le nombre d’avortements basés sur le sexe du fœtus ni celui des «filles manquantes». L’indice utilise des indicateurs indirects pour décrire l’environnement, peu précis sur la manière dont le rôle dévolu à chacun des deux sexes et les relations entre hommes et femmes influencent cet environnement. Les filles continuent d’être en butte à des difficultés importantes dans des dimensions dont ne tient pas compte l’ICH. Le mariage des enfants, les responsabilités domestiques, les grossesses chez les adolescentes et les violences sexistes en milieu scolaire empêchent de garder les filles à l’école, particulièrement dans les milieux à faible revenu.
Bien que le taux de scolarisation des filles ait augmenté, les taux de fréquentation et d’achèvement des études – notamment dans le secondaire – laissent à désirer chez les filles comme chez les garçons. Lorsque les filles grandissent et entrent sur le marché du travail, elles ont davantage de difficultés à tirer parti de leur capital humain. Ces difficultés se traduisent par exemple par la discrimination au travail, le manque de services de garde d’enfants et de politiques adéquates en matière de congés, le harcèlement sexuel, l’insécurité des moyens de transport, les disparités dans l’accès aux services financiers et aux marchés, et les obstacles juridiques et réglementaires qui les empêchent de créer et développer leurs entreprises.
Pour permettre à tous, hommes et femmes, de recueillir les fruits de leur investissement dans le capital humain, ces obstacles doivent être éliminés. Le nouvel ICH basé sur l’utilisation tient compte de cet aspect en proposant un ajustement de l’ICH qui prend en compte les résultats en matière d’emploi.
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11. Comment la méthodologie sur laquelle repose l’indice de capital humain a-t-elle été examinée ?
La méthodologie sur laquelle repose l’ICH est décrite dans la brochure du Projet sur le capital humain Téléchargeable ici. La méthodologie a été présentée pour la première fois dans le Rapport sur le développement dans le monde 2019 : Le travail en mutation, qui examine aussi les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail, un aspect essentiel du capital humain.
Certains des postulats analytiques de l’indice sont aussi présentés dans le Rapport sur le développement dans le monde 2018 : Apprendre pour réaliser la promesse de l’éducation, qui a mis en lumière la crise de l’apprentissage. Les deux rapports se fondent sur une vaste consultation d’acteurs nombreux et divers à travers le monde.
David Weil, professeur et spécialiste de la question à la Brown University a aussi collaboré étroitement aux recherches.
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12. Comment l’indice de capital humain a-t-il évolué depuis son lancement en 2018 ?
L’ICH a été rendu public pour la première fois lors des Assemblées annuelles d’octobre 2018 du Groupe de la Banque mondiale. La méthodologie utilisée en 2018 est la même que celle utilisée pour la mise à jour de septembre 2020.
La mise à jour de 2020 comporte des données plus récentes pour l’ensemble des composantes de l’indice. Elle couvre aussi davantage de pays, accentue la ventilation par sexe et permet de mesurer les progrès en matière de capital humain au fil du temps en comparant les données de l’ICH 2020 avec celles de l’ICH antérieur.
Fait important, la mise à jour de 2020 de l’ICH mondial donne un aperçu du capital humain jusqu’à l’apparition de la pandémie de COVID-19.
Outre la mise à jour mondiale qui mesure les données au niveau des pays, les données de l’ICH ont été analysées (désagrégées) plus avant i) au niveau infranational ainsi que ii) par situation socioéconomique. Pour en savoir plus sur ces exercices, consultez le document intitulé : “Insights from Disaggregating the Human Capital Index”.
Les données de l’ICH ont été désagrégées à l’échelon infranational dans 19 pays et l’indice peut être calculé à ce niveau dans tous les pays à l’aide de données pertinentes représentatives.
En ce qui concerne la désagrégation des données socioéconomiques, le document de travail intitulé Policy Research Working Paper 9020 par D’Souza, Gatti, et Kraay est le document original qui décrit entièrement la méthodologie. Actuellement, 50 pays disposent de données, pour la plupart des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, et de la tranche supérieure. (Données SES.)
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13. Quelle est la différence entre l’indice de capital humain et l’indice de développement humain du PNUD ?
L’indice de développement humain du PNUD est un indicateur synthétique précurseur qui mesure le niveau moyen atteint dans les dimensions essentielles du développement humain — vivre longtemps et en bonne santé, acquérir des connaissances et avoir un niveau de vie décent.
Bien que les deux indices attirent l’attention sur l’importance cruciale des capacités humaines pour le développement d’un pays, l’indice de capital humain insiste également sur les raisons économiques d’investir dans le capital humain. Très complémentaires, les deux indices sont cependant formulés différemment.
L’indice de capital humain établit une corrélation entre certains résultats relatifs au capital humain et les niveaux de productivité et de revenu. C’est une mesure prospective de l’incidence de l’état de santé et du niveau d’instruction actuels (y compris une nouvelle mesure des années de scolarité corrigées en fonction de l’apprentissage) sur la productivité de la prochaine génération de
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14. Comment l’indice de capital humain s’articule-t-il avec les objectifs de développement durable (ODD) ?
Les composantes de l’indice (survie, scolarité et santé) ont un lien direct avec au moins trois des objectifs mondiaux que les pays du globe se sont fixés à l’horizon 2030.
Survie jusqu’à l’âge de 5 ans : En intégrant la mortalité des enfants de moins de 5 ans, l’indice de capital humain s’articule avec la cible 2 de l’ODD 3 : ramener la mortalité néonatale à 12 décès pour 1 000 naissances vivantes au plus, et la mortalité des enfants de moins de 5 ans à 25 décès pour 1 000 naissances vivantes au plus.
Années de scolarité corrigées en fonction de l’apprentissage : L’indice de capital humain intègre cette mesure novatrice de l’apprentissage qui contribue à la réalisation de la cible 1 de l’ODD 4 : assurer, entre autres, l’achèvement d’un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire de qualité, sur un pied d’égalité. En suivant l’évolution du nombre d’années de scolarité escomptées, corrigées en fonction de la qualité, les pays pourront surveiller la réalisation de cette cible dans le domaine de l’éducation.
Santé : L’indice intègre le taux de survie des adultes et la prévalence des retards de croissance chez les enfants. Le taux de survie des adultes représente la probabilité qu’un adolescent de 15 ans atteigne l’âge de 60 ans. Pour améliorer cet indicateur, les pays devront principalement s’attacher à réduire les causes de mortalité prématurée, ce qui aidera à atteindre la cible 4 de l’ODD 3. La prévalence des retards de croissance chez les enfants de moins de 5 ans est l’un des principaux indicateurs de réalisation de la cible 2 de l’ODD 2, qui vise à mettre fin à toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030.
L’indice vise à attirer l’attention sur un large éventail de mesures pouvant être prises dans différents secteurs pour développer le capital humain et atteindre plus rapidement les ODD.
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15. L’indice de capital humain prend-il en compte tous les aspects du capital humain ?
Tous les aspects relevés par l’ICH sont importants, mais tout ce qui est important pour le développement du capital humain n’est pas pris en compte par l’ICH. L’indice pourrait être amélioré et élargi avec le temps.
Depuis octobre 2020, les fiches-pays pour l’ICH comprennent un ensemble d’indicateurs complémentaires choisis avec soin, qui rendent compte de l’ICH dans une perspective plus régionale et nationale du capital humain.
Pour le capital humain, comme pour toutes les données ayant trait au développement, le Groupe de la Banque mondiale collabore étroitement avec ses pays membres pour aider à développer les capacités et à améliorer la qualité des données.
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16. Comment un pays peut-il participer au Projet sur le capital humain ?
Tous les pays clients du Groupe de la Banque mondiale ainsi que les pays donateurs peuvent participer au Projet sur le capital humain afin d’accélérer les efforts déployés à l’échelle mondiale pour développer le capital humain. Ce projet vient renforcer la collaboration de longue date entre les pays et le Groupe de la Banque mondiale dans les secteurs qui contribuent au développement humain.
En janvier 2021, 79 pays participaient au Projet sur le capital humain. Ces pays se sont engagés à améliorer leurs performances nationales en cette matière.
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travailleurs.Veuillez adresser vos questions à : humancapital@worldbank.org