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Corne de l’Afrique : la Banque mondiale débloque 175 millions de dollars en appui à une initiative régionale en faveur des communautés d’accueil des réfugiés

31 mai 2016


WASHINGTON, 31 mai 2016 – Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un financement de 175 millions de dollars pour atténuer l’impact des déplacements forcés sur les communautés d’accueil des réfugiés dans la Corne de l’Afrique.

« Après s’être mobilisée autour de la crise des réfugiés au Moyen-Orient, la communauté internationale doit redoubler d’efforts pour aider les pays africains à gérer, sur le long terme, le déplacement forcé de millions de personnes, indique Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. Cette aide financière aux pays d’accueil dans la Corne de l’Afrique devrait contribuer à stabiliser la région et à offrir plus de débouchés économiques aux habitants de ces régions. »

Les fonds viennent de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres et inclus, $100 million pour l’Ethiopie, $50 millions pour l’Uganda, $20 million pour Djibouti – tous avec un intérêt très faible ou nul – et un don de $5 million pour l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD)

La Corne de l’Afrique, richement dotée en capital humain, social et naturel, est pénalisée par plusieurs problèmes persistants de développement, depuis la faiblesse des structures de gouvernance à la pauvreté, profondément enracinée, en passant par l’insécurité et la dégradation continue de l’environnement. Dans cette région de 242 millions d’habitants, les conflits sont endémiques et aggravés par la pression démographique et les migrations, un chômage des jeunes élevé, une offre de services déséquilibrée, la concurrence pour des ressources naturelles rares et des conditions climatiques particulièrement difficiles, marquées par l’accélération et l’aggravation des sécheresses et des inondations.

Intitulé en anglais Development Response to Displacement Impacts Project (DRDIP), le projet vise à faire face aux conséquences des déplacements de population sous l’angle durable du développement. Il s’emploiera à améliorer l’accès aux services sociaux de base, à élargir les perspectives économiques et à renforcer la gestion de l’environnement pour les communautés d’accueil. Ce projet constitue la première phase d’un programme qui sera étendu à d’autres pays affectés par les déplacements forcés.

Selon les estimations actuelles, la Corne de l’Afrique abriterait 9,5 millions de déplacés, dont plus de 6,5 millions le sont à l’intérieur de leur propre pays, et environ 3 millions de réfugiés. La majorité d’entre eux sont des femmes, qui assument souvent seules des responsabilités familiales, et des enfants. Pour les services publics et le tissu économique des communautés d’accueil, déjà éminemment fragiles, cet afflux met en péril la résilience des populations locales.

« Les migrations forcées sont l’un des pires défis de notre époque, sachant que l’Afrique abrite près d’un quart des personnes déplacées dans le monde », souligne Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, avant d’ajouter : « Ce sont les communautés d’accueil qui subissent le plus gros du fardeau. Avec cette aide, nous voulons mettre en place des solutions de développement à long terme, au-delà de la réponse purement humanitaire. Il s’agit de renforcer la résilience des communautés d’accueil, favoriser l’insertion économique et sociale des réfugiés et des déplacés et relancer le développement local. C’est un scénario gagnant pour tous. »

Épargné par l’instabilité propre à bon nombre de ses voisins, Djibouti connaît néanmoins des difficultés majeures, avec un taux de pauvreté et de chômage particulièrement élevé et les contrecoups des menaces transfrontalières. L’afflux massif de réfugiés fuyant la guerre et les conflits aggrave les défis économiques et sociaux. Dans ce pays, le projet s’attèlera aux vulnérabilités que constituent la pauvreté et le chômage, les retards de développement humain et les failles des services sociaux ou encore l’accès réduit aux infrastructures, tout en favorisant une résilience accrue.

« Malgré une situation complexe, liée à l’absence de ressources naturelles et aux effets désastreux du changement climatique, Djibouti continue d’accueillir celles et ceux qui fuient un conflit. Notre programme viendra améliorer les conditions économiques et sociales dans les communautés d’accueil, en aidant les populations locales et les réfugiés », indique Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

À travers ses interventions ciblées sur les communautés d’accueil, le projet étaye l’initiative régionale de la Banque mondiale en faveur de la Corne de l’Afrique. En s’attaquant aux conséquences écologiques et économiques délétères et en investissant dans les infrastructures pour améliorer les débouchés économiques des populations locales et des réfugiés, il cherche à renforcer la résilience sachant que plus ils sont indépendants, mieux les exilés sont préparés à retourner chez eux. Le projet soutient également une collaboration resserrée avec le HCR pour trouver des solutions durables à la crise des réfugiés.

L’Éthiopie et l’Ouganda sont respectivement le premier et le troisième pays d’accueil des réfugiés en Afrique. Les campements sont installés à proximité des frontières internationales dans des communautés extrêmement démunies. Le projet améliorera l’accès des populations locales aux services sociaux de base et aux infrastructures économiques et contribuera à favoriser l’autonomisation économique et le développement social des réfugiés. Il exploitera de manière innovante les systèmes de financement, les structures et les institutions de chaque pays pour apporter aux déplacements forcés une réponse ancrée dans le développement.

Le don à l’IGAD contribuera à la création d’un secrétariat régional pour les déplacements forcés et les flux migratoires mixtes afin de trouver une réponse régionale globale étayée par des données probantes, dans le but de peser sur les opérations destinées aux pays d’accueil et aux pays d’origine. Ce secrétariat encouragera le dialogue entre États membres, universités et centres de recherche autour de solutions provisoires et progressives. Il contribuera au renforcement des capacités nationales et institutionnelles dans la Corne de l’Afrique et favorisera les partenariats entre acteurs humanitaires et organisations de développement. Les moyens de l’IGAD seront augmentés pour lui permettre d’intervenir à l’échelle régionale et internationale sur des problèmes concernant la Corne de l’Afrique.

Contacts médias
À Washington
Aby Toure
Téléphone : (202) 473-8302
akonate@worldbank.org
À Djibouti
Homa-Zahra Fotouhi
Téléphone : (20)2 473-6452
hfotouhi@worldbank.org
En Ethiopie
Gelila Woodeneh
Téléphone : (+251) 115-176010
gwoodeneh@worldbank.org


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2016/389/AFR

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