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Demande et mobilisation du public

Partout dans le monde, les administrations centrales et locales communiquent plus volontiers leurs données, les mettant librement à disposition, souvent afin de persévérer dans leur volonté de donner corps au concept de gouvernance « ouverte ». Si cette démarche a été accueillie favorablement par les acteurs du développement sur le terrain, les partenaires financiers des pouvoirs publics ainsi que les technologues, le grand public a largement été tenu à l’écart de cette évolution. Résultat : les débats publics portant sur les enjeux liées aux données (du budget à l’efficacité de l’aide octroyée par les donateurs en passant par la qualité des services publics) sont mal informés, même dans les secteurs ayant été l’objet de cette ouverture.

Le fait de faire davantage connaître les Données Ouvertes et leur valeur potentielle intéresse tout particulièrement les organismes du secteur public, les organisations de la société civile, les spécialistes de la technologie et les journalistes. Cependant, la plus grande mise à disposition de données s’accompagne d’un défi majeur : comment susciter l’attention et l’imagination de tout l’éventail possible des utilisateurs/consommateurs de ces données ? Comment impliquer cet autre versant, celui de la demande, au mouvement de l’ouverture des données ? Comment augmenter le nombre de consommateurs de données ouvertes et susciter ainsi l’appropriation de ces données par les médias, les collectivités, les ONG, les syndicats, les associations professionnelles, les universités, etc. ?

Pour une exploitation optimale de l’ouverture des données, il faut mobiliser les « hackers citoyens », c’est-à-dire les programmeurs et les développeurs. Parce que les contenus, les applications et les produits fondés sur les données peuvent améliorer le bien-être de tous, le mouvement mondial porté par ces développeurs, qui ont la volonté de se rapproprier le terme hacker et de mettre en lumière leur apport positif à la société civile, bénéficie aujourd’hui d’une plus large acceptation.

Au moment de déterminer le contenu des activités visant à associer le public, il est nécessaire de prendre en considération deux facteurs primordiaux : le degré de maturité en faveur d’une initiative de données ouvertes et le degré de « culture Open Data » chez les utilisateurs. La stratégie présentée ci-dessous intègre ces deux aspects : au seuil de l’élaboration d’un programme de Données Ouvertes, elle doit permettre de mobiliser une multiplicité d’acteurs, encourager les citoyens à utiliser les données en libre accès et leur en donner les moyens, et, enfin, offrir des solutions concrètes au grand public pour qu’il en tire le plus grand profit. Cette stratégie comprend quatre étapes : les prémices de la mobilisation, le développement des capacités, l’utilisation/réutilisation des données et la pérennisation des interventions.

Étape 1 : Prémices de la mobilisation

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À leur lancement, les stratégies participatives doivent privilégier deux aspects : identifier les fournisseurs et les utilisateurs de données et les encourager à franchir les premières étapes cruciales qui ouvriront la voie à une initiative de Données Ouvertes. Pour mobiliser ceux qui produisent les données, il est souhaitable d’identifier les gestionnaires de données au sein des principaux ministères et organismes du secteur public ; parfois les agents administratifs ont besoin d’aide pour connaitre les données en leur possession. Du côté des utilisateurs, il s’agira de recenser les organisations motivées qui disposent des moyens pour une utilisation immédiate des données ouvertes. Impliquer ces deux publics dès le début suppose souvent de les sensibiliser davantage à l’utilisation, et aux opportunités que représente les données ouvertes ; de déterminer les priorités et les demandes selon les utilisateurs ; de renforcer les capacités ; et d’accompagner des communautés Open Data déjà formées. Les types de manifestations suivants ont démontré leur efficacité stratégique à ce stade.

  • Ateliers de sensibilisation à l’Open Data Conçus pour des publics divers, ces ateliers offrent une vue d’ensemble des meilleures pratiques et des avantages procurés par le libre accès aux données, et permettent de témoigner des expériences menées par les pays, les régions et les partenaires. C’est le cas par exemple de l’Open Data Stakeholder Engagement Workshop, un atelier de mobilisation des parties prenantes organisé en janvier 2014 à la faveur de l’annonce par le Nigéria de son initiative de libre accès aux données.
  • Tables ronde en faveur de l’Open Data Les tables rondes de haut niveau permettent d’exposer les avantages liés au libre accès aux données pour la croissance et le développement social, économique et du secteur privé, tout en catalysant un leadership au niveau de l’offre et de la demande. Les informations transmises lors de ce type d’événement sont personnalisées selon les groupes de décideurs (hauts fonctionnaires des ministères, responsables politiques locaux, dirigeants d’entreprise, patrons de groupes de presse, responsables d’organisations de la société civile…) et couplées à des initiatives de soutien offertes par la Banque mondiale et ses plus proches partenaires, à l’instar des sessions de formation intensive à la culture des Données Ouvertes décrites ci-dessous (Étape 2). Parmi les tables rondes organisées, citons celles du Ghana, du Kenya, du Népal, de la Tanzanie et de l’Afrique du Sud, où des dirigeants de médias ont échangé sur l’ouverture des données et l’avenir de l’information.
  • Scrapathons ou marathons informatiques pour la libération de données publiques Ce programme de deux jours convie des développeurs internationaux et sélectionne des programmeurs citoyens locaux afin de collecter des données publiques non structurées, puis de les restructurer dans des formats électroniques exploitables (CSV, par exemple) avant qu’elles puissent alimenter une plateforme de données en accès libre temporaire ou naissante. Grâce à ce type de programme (connu sous le terme anglais de scrape-a-thon), le processus de données ouvertes prend corps dès son lancement : il tire profit des données déjà disponibles et les exploite afin de créer une dynamique pour inciter les ministères à diffuser les leurs. Un de ces événements s’est déroulé au Chili : les données collectées sont hébergées gratuitement sur des centres documentaires citoyens, gérés de manière participative, comme OpenAfricaData.org et OpenDataLatinoAmerica.org.

Étape 2 : Développement des capacités

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Pour qu’une donnée soit utile, les utilisateurs doivent maîtriser certaines notions : comprendre les données, savoir comment les acquérir et comment les exploiter à des fins spécifiques. Les stratégies participatives relevant de cette deuxième étape visent à conférer aux utilisateurs potentiels (journalistes, organisations non lucratives, universitaires, concepteurs de logiciels…) une meilleure culture des données et des capacités techniques accrues. Le niveau et le format de ces formations techniques dépendent du public visé. Dans l’idéal, les utilisateurs devraient bénéficier de multiples possibilités de formation, en fonction de leurs besoins, et se rapprocher de groupes d’intérêts et de réseaux de praticiens locaux. Les stages et ateliers suivants répondent précisément à ces objectifs :

  • Sessions de formation intensive à la culture des données Consacrés à l’acquisition de compétences clés, ces ateliers pratiques d’une durée de trois jours sont destinés aux journalistes, aux membres de la société civile et aux programmeurs citoyens. Réunis dans une salle, les participants reçoivent chacun un ordinateur afin de prendre part à des travaux pratiques et dirigés. Ces séances abordent les points suivants : démonstrations de catalogues de données en libre accès ; formation aux tableurs et à Excel ; création de tableaux croisés dynamiques ; collecte de données locales et nationales ; nettoyage de données ; création de représentations graphiques ; initiation à la cartographie SIG et mise en valeur narrative des données (avec conception d’applications et de plans d’action). Ces formations à la lecture et à l’analyse des données, qui contribuent à mobiliser les utilisateurs, ont été organisées dans les pays suivants : IndeMexiqueSingapourSoudan du SudSoudanBolivieGhanaJordanieNépalMalawiMoldovaAfrique du SudTanzanieTunisieÉthiopieVenezuela et Uruguay.
  • Master classes Open Data Ces cours intensifs de haute volée sont répartis sur plusieurs semaines et destinés à des demandeurs de type praticiens en milieu de carrière. Ils approfondissent l’apprentissage par la pratique du déchiffrage des données et renforcent les compétences relatives à l’analyse des données.
  • Formations en ligne sur la culture des Données Ouvertes Ce type de formation d’une durée d’une semaine sera proposé en 2015 et proposera un éventail encore plus large d’instruments d’analyse des données. Deux formats ont été retenus (apprentissage autonome ou encadré) afin d’optimiser l’utilité de la formation à un large public. Ces cours seront gratuits, open source et disponibles sur de multiples plateformes pédagogiques en ligne.

Étape 3 : Utilisation et réutilisation des données

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L’objectif de cette troisième étape est d’exploiter les données ouvertes de manière à les appliquer à des défis et des opportunités précis, et d’utiliser l’ouverture des données pour parvenir à des résultats concrets et apporter une valeur tangible. On peut supposer par exemple qu’un État s’est déjà fixé des priorités dans un domaine particulier et qu’il est à la recherche de solutions relevant notammen des données ouvertes. La stratégie de mobilisation, à ce stade, peut être envisagée comme un moyen d’apporter un début de réponse à cette recherche. Dans d’autres cas, le secteur privé aura peut-être développé ses propres axes de réflexion. Il s’agira alors de favoriser l’innovation, en considérant tous les usages publics possibles. Les événements et les initiatives de mobilisation qui suivent ciblent des difficultés spécifiques et tentent d’apporter des solutions adaptées :

  • Hackathons Ces manifestations sont organisées autour d’enjeux de développement spécifiques, pour lesquelles les données ont déjà été mises au jour, à la faveur de scrapathons par exemple (voir ci-dessus). Les technologues ont pour habitude d’utiliser les données existantes afin de développer et d’alimenter des applications utilitaires pour résoudre des problèmes de développement, en mettant l’accent sur la prestation de services publics. Les lauréats de ces hackathons pourront se voir décerner des subventions d’amorçage pour parachever et déployer des applications utilitaires et pourront bénéficier par la suite d’un parrainage et de conseils pour accélérer le développement et le déploiement de leurs applications, l’objectif principal étant de transposer leurs applications à des besoins analogues dans d’autres pays ou régions. Ces marathons couvrent des aspects clés du développement, comme les violences domestiquesl’accès à l’eau et la qualité de l’eau ou encore l’assainissement.
  • Trophées et concours des meilleures applis Ces concours ressemblent aux marathons informatiques, mais mettent essentiellement l’accent sur l’aspect compétitif (obtention de prix et/ou distinction d’un jury). Le règlement du concours détaille l’éligibilité des produits et des applications considérés afin de répondre aux critères des organisateurs. On citera, à titre d’exemple, l’Open Data ChallengeApps for DevelopmentApps for Climate et le Food Security Open Data Challenge.
  • Fonds prototypes Ce processus fondé sur le partenariat vise à faire coïncider des applications utilitaires au développement abouti et des projets d’utilisation des données (comme ceux qui ont fait l’objet d’un nouveau développement ou d’une refonte, en s’appuyant préalablement sur un mentorat et des retours d’information), afin de solliciter des financements auprès de business angels, dans l’objectif de parachever et déployer des modèles évolutifs. L’Africa News Innovation Challenge constitue un bon exemple de mobilisation axée sur des partenariats.

Étape 4 : Pérennisation

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Une fois les bases d’une initiative de Données Ouvertes bien établies, les stratégies participatives veillent à garantir sa pérennité. Cela passe parfois par le renforcement des efforts déployés aux étapes précédentes, par la diffusion de l’initiative à d’autres échelons de l’administration (en passant du national à l’infranational ou inversement) et par le soutien aux communautés d’utilisateurs de données, au plan local et national. Les exemples de programmes et activités suivants entendent affermir la participation des usagers, les soutenir et les encourager, afin de pérenniser les initiatives :

  • Code for [votre pays] D’une durée de six mois, ce programme de bourse destiné aux meilleurs programmeurs citoyens et axé sur le partenariat et la collaboration a pour objectif de les intégrer à des ministères, afin que leur expertise serve à améliorer les prestations des services publics. Ces développeurs peuvent également rejoindre des groupes de presse et des organisations de la société civile afin de renforcer la création de contenus, produits et services axés sur les données à des fins d’utilisation et d’analyse par le grand public. Vue sous l’angle de la gouvernance, cette initiative conduit également à une transparence et une responsabilisation accrues, parce qu’elle appuie l’identification et l’ouverture de données concrètes, découlant d’une demande, et étaie les analyses et les prises de décision fondées sur les données, à tous les niveaux. Parmi ces programmes, on trouve Code4KenyaCodeforAfricaCode for South Africa et Code for Nepal.
  • Conférences internationales et régionales pour l’ouverture des données Ces conférences qui bénéficient du soutien de diverses organisations se tiennent partout dans le monde. Elles offrent aux producteurs et aux utilisateurs de données la possibilité de se former et de se rapprocher de réseaux affiliés de praticiens. À ce jour, l’on dénombre, par exemple, la première et la seconde conférences internationales sur les données publiques en accès libre, la conférence pour un gouvernement ouvert à Moscou, ainsi que la tenue de deux conférences sur les données ouvertes pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
  • Communautés Open Data Les communautés d’utilisateurs établies peuvent garantir un appui et une mobilisation sur le long terme. Elles peuvent être implantées localement ou appartenir à des consortiums internationaux, à l’instar de Hacks.Hacker chaptersGDGroupsODI NodesOKFN Chapters et Data Cafes.

Communautés Open Data

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Voici une liste d’organisations, groupes d’utilisateurs, blogs et forums qui défendent et soutiennent le libre accès aux données :

  • Open Knowledge Foundation : Réseau à but non lucratif influent, qui s’appuie sur la technologie et la formation pour œuvrer à la liberté d’accès au savoir, à savoir l’accès universel aux informations clés et la possibilité pour chaque individu d’exploiter ces informations en sa faveur.
  • Sunlight Foundation : Fondation à but non lucratif qui plaide pour un gouvernement ouvert et s’attache à rendre les pouvoirs publics davantage comptables de leur action par le biais d’outils technologiques, de recommandations de politique publique, de l’appui journalistique et de subventions.
  • Guardian Datablog : Blog du groupe de presse britannique sur l’actualité des données.
  • Open Data Institute : Organisation basée au Royaume-Uni qui promeut l’ouverture des données publiques par un partage des apprentissages, des travaux de recherche et des formations.
  • Open Data Innovations Network : Groupe d’utilisateurs LinkedIn, qui bénéficie du soutien d’un partenariat sur les connaissances créé à l’initiative de la Banque mondiale et dont l’objectif est de faire naitre et soutenir des initiatives d’ouverture des données publiques et des écosystèmes d’innovation dans les pays en développement en facilitant l’adoption d’instruments, de méthodes et de principes pour l’Open Data.
  • Civic Commons : Plateforme de ressources communautaire et citoyenne dont l’objectif est de stimuler la croissance d’un réseau de technologues qui mettent en commun les informations relatives à leurs applications et leur code d’application afin d’encourager les États à coopérer dans une volonté de résoudre des problèmes communs.
  • European Public Sector Information Platform : « Guichet européen unique » pour la réutilisation des informations du secteur public, découlant d’une initiative de la Commission européenne pour la promotion des informations du service public (directive ISP) et d’un marché de la réutilisation de l’Open Data dans toute l’Union européenne.
  • Global Spatial Data Infrastructure Association : Association qui œuvre en faveur de la coopération et de la collaboration internationales en matière de données spatiales, pour une meilleure approche des enjeux sociaux, économiques et environnementaux
  • Open Data for Development in Latin America and the Caribbean : Projet de production et de diffusion des connaissances relatives à l’Open Data et à leur potentiel, dans le but d’améliorer les politiques publiques dans cette région ; propose une plateforme interactive de données publiques en libre accès pour instaurer un dialogue entre les pouvoirs publics, les citoyens, les développeurs et les universitaires.
  • Open Government Partnership : Initiative multilatérale qui obtient des gouvernements des engagements fermes afin de promouvoir la transparence, d’autonomiser les citoyens, de lutter contre la corruption et de tirer parti des nouvelles technologies pour renforcer la gouvernance.
  • Partnership for Open Data : Partenariat mondial destiné à aider les responsables politiques et les citoyens des pays en développement à mieux saisir et exploiter les avantages du livre accès aux données.
  • School of Data : Organisation qui vise à doter les organisations de la société civile, les journalistes et les citoyens des compétences indispensables à une utilisation efficace des données.
  • Réseaux sociaux: Suivez les hashtags #opendata#opengov et #gov20 sur Twitter.

Pour aller plus loin…

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En cliquant sur ces liens, vous trouverez de plus amples informations sur la demande et les stratégies participatives liées à l’Open Data :